Cappadoce

Trip Start Feb 03, 2012
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Trip End Aug 15, 2012


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Flag of Turkey  , Cappadocia,
Friday, July 6, 2012


Une bonne journée de route pour atteindre Göreme. Nous traversons la Turquie et ses grandes plaines agricoles : un des greniers du pays. La route ne s’embarrasse pas de virage. Elle trace un sillon quasi rectiligne d'Ouest en Est. Et soudain apparaissent ces fameux paysages lunaires. Nous sommes en Cappadoce, dans un immense canyon où le temps, l'érosion ont dessiné les célèbres cheminées des fées. Nous nous installons dans une petite chambre dans un camping.



Göreme se trouve en plein cœur de la Cappadoce. C'est un point de départ idéal pour les randos. Nous descendons dans la vallée pour rejoindre Çavusin (environ 4km). Le chemin serpente dans le fond,traverse les vergers encaissés (abricots, figues, noix, raisins...). Autrefois ces vallées étaient habitées par de nombreux moines ermites. Ils se creusaient, dans cette roche particulière (entre tuf et basalte) une grotte pour se protéger et vivre dans l’ascétisme.



On trouve également de nombreuses églises catholiques troglodytes qui datent du II ou IIIème siècles après J.C. pour les plus anciennes. Leurs décorations rupestres étaient simples voire primitives. Beaucoup de dessins rappellent d'ailleurs ceux des aborigènes. Les villages troglodytes se sont développés. La confrérie catholique de Cappadoce s'est consolidée. Ainsi au moyen-âge entre le X et le XIIème siècle, de nombreuses cavités ont été creusées ou agrandies pour le culte. Les parois se sont alors couvertes de fresques somptueuses et multicolores relatant la vie de Jésus, et des principaux Saints (Georges, Théodore, et le célèbre ermite Onuphre...). Mais c'est à cette époque que certains représentants de l'église basculent dans l'iconoclasme. Voyant l'islam (qui interdisait toute représentation figurative du divin) se développer de manière rapide et inquiétante, ils ont cru attiser la ferveur de la foie catholique en détruisant toute forme de représentation figurative du christ. Le résultat fût inverse. Pour ne pas subir le dogme, beaucoup ont résisté, d'autres se sont converti à l'Islam. Ce retournement explique le vandalisme quasi systématique qu'ont subi ces édifices... Cependant ils en reste un grand nombre, qui parfois sont de vrais joyaux. C'est également pour ces raisons que les catholiques construisirent des cités souterraines gigantesques pour se protéger.

Nous marchons jusqu'à Çavusin en essayant de voir le maximum de petites églises, mais elles ne sont pas facile à dénicher. Elles le sont encore moins quand vous tomber sur un Naze qui vous envoie à Pétaouchnok pour rigoler...(je m'expliquerai plus loin.). Nous avions séjourné à Çavusin douze ans plus tôt. Nous n'étions alors que deux... Nous décidons d'aller dire bonjour à Ahmet le patron d'In-pension où nous avions dormi. Ils nous reçoit, semble content, nous offre le thé. Il nous explique, lui aussi, qu'il s'en est passé des choses : développement accru du tourisme surtout  ces cinq dernières années. Pour l'exemple, en 2000, chaque matin décollaient 5 montgolfières dans la vallée des roses. Aujourd'hui, c'est plus d'une cinquantaine qui décollent chaque matin pointillant le ciel comme les bulles d' un shweps qu'on aurait trop secoué ! Il me dit également que je n'aurai pas du écouter l'autre Naze (« c'est un vrai c..... ») .


Fort de ses conseils, la petite famille rentre en dolmus, quant à moi, je fais demi-tour, bien décidé à découvrir ce que l'autre Naze nous cachait ! Je n'ai pas regretté, je me suis fais une bonne virée, passant d'une vallée à l'autre, sortant parfois des sentiers. J'ai flâné, crapahuté à la recherche de petites grottes ou d'églises bien cachées. Je me suis régalé. Le must étant cette magnifique chapelle colossale creusée dans la masse à 4 colonnes monumentales. L'extérieur de l'écrin ne peut laisser imaginer le trésor qu'il contient. C'était comme un jeu de piste... Ça avait un p'tit côté Indiana Jones.
Bon sur la fin, Indi s'est pris une bonne pelle ! Mais rien de grave.

De retour au camping, Delphine m'explique que les gars se sont fait des copains !
« tu sais c'est les gens qui s' baladent en bus ! »
Là, ça demande quelques explications. C'est une famille Française (Nico,Isabelle et leurs 4 enfants), qui vit actuellement au Luxembourg. Ils ont tout plaqué, se sont achetés un bus parisien de la fameuse RATP (des années 80-90), qu'ils ont aménagé en maison roulante pour partir faire le tour du monde ! Parallèlement à cela, ils souhaitaient proposer un spectacle (familial) basé sur quelques fables de La Fontaine utilisant les jeux d'ombre et de lumière (langage universel). GENIAL ! Pour des raisons financières, il ont finalement fait transporter le bus jusqu'à Singapour, l'ont rejoint en avion et voyagent depuis en direction de Paris. C'est un projet porteur de rêve. On ne peut y être indifférent...Leur carrosse tape à l'oeil, attise la curiosité, favorise le contact, amuse le passant. Bon d'un autre côté, comme le dit Nico, il tombe très souvent en panne, n'avance pas terrible,consomme comme un Irlandais pendant un match de rugby, et prend un petit peu de place... Mais qu'importe, ils nous ont fait rêver ! Voici sans doute une clé. Je réalise en l'écrivant combien, le rêve peut être moteur en ce qui me concerne. Un antidote à la morosité. Évidemment certains diront, « c'est pas donné à tout l'monde... », mais il suffit parfois de pas grand chose pour s'octroyer le droit de réaliser un rêve. Montrer à nos enfants que tout est possible, n'est-il pas une façon d' abattre le fatalisme ?

Nous dînons tous ensemble avec un autre couple Français :Maxime et Alexandra. Ils ont pris une année sabbatique et ont décidé de voyager. Ils reviennent d'Amérique du sud et continuent leur périple en Europe. Nous passons une soirée super sympa autour d'un barbecue de légumes capable de convertir une hyène affamée au végétarisme... Les enfants dormiront tous ensemble dans une tente sur le toit du bus. Je pense qu'ils se construisent une bonne dose de souvenirs...

Visite du musée en plein air de Göreme. Afin de préserver une partie de ce patrimoine, la Turquie aidée par l’UNESCO a délimité une zone contenant de nombreuses églises et couvents. Cette zone est devenue un musée en plein air. Les fresques sont par endroit remarquablement conservées ou restaurées. On prend conscience de l'importance de la communauté catholique de Cappadoce. Beaucoup de groupes visitent ce musée, c'est une région très touristique qui attire particulièrement les Français...


Deuxième dîner tous ensemble, ce soir c'est « pâtes au poulet ! ». On discute de plein de choses... C'est amusant contrairement aux idées reçues, les gens qui voyagent ne se ressemblent pas tous... Ils peuvent venir de milieux différents. Nous passons de vrais bons et éphémères moments d'échange. Je ne suis pas sûr, (j'en suis même certain) que nous nous serions rencontrés dans nos vies d'avant. Nous fonctionnons tous en réseau ,fréquentant souvent des gens issus de milieu assez proche. C'est sans doute normal, mais j'avoue trouver l'expérience très enrichissante. Elle me bouge, me conforte ou m'interroge sur mes convictions, mes positions...
Aujourd'hui, le bus reprend sa route. Nous nous retrouverons peut-être... Qui sait ?Nous partons marcher dans la vallée aux moines puis dans la vallée du Devrent où se trouvent les plus belles cheminées aux fées. Ces pylônes de pierre sont de vrais catalyseurs d'imaginaire. Comme pour les nuages, on joue très vite à comparer celle-ci à un lion, celle-là à un visage d'homme...On y trouve énormément de grottes, d'abris troglodytes. Pour l'histoire, on apprend que c'est peut-être en Cappadoce qu'est né dans l'église catholique le besoin de fonder des communautés. Beaucoup d'ermites ont ressenti la sécurité et le confort qu'apportait la collectivité. Ici, sont peut-être apparus les premiers monastères et couvents.
Parenthèse météo : il a plu quelques gouttes hier soir !!! Nous retrouvons des nuages que nous n'avions pas vu depuis plusieurs mois. Nous avions totalement oublié le concept de « temps
variable »... C'est amusant.
On reprend notre petit vie tous les quatre.
Belle journée ensoleillée. Nous nous baignons dans la piscine, puis partons vers Avanos. Au delà (à 15 km) se trouve une cité troglodyte découverte par hasard en 1972 par le muezzin du village.Cultivant dans son petit jardin ses salades, il s’inquiéta un jour de la quantité d'eau que buvait sa terre quand il arrosait. Il décida de creuser et tomba sur cette ville souterraine de plusieurs centaines de mètres et sur au moins 4 niveaux. C'est ici que se réfugiaient les catholiques persécutés par les l'église iconoclaste ou par les musulmans. Les enfants ont adoré se balader dans ce labyrinthe. On y rencontre d'ingénieux systèmes d'aération ou de fermeture en cas d'attaque. Nous montons jusqu'au point culminant tout proche. Nous profitons d'un magnifique panorama sur toute la Cappadoce. En redescendant nous tombons sur un monastère restauré par le ministère de la culture. Le sol est jonché de détritus, c'est absolument navrant...

On boit un petit verre à Avanos et nous rentrons manger au camping.















Ce matin je pars faire quelques courses avec François. Ils sont arrivés hier soir de Marseille via Istanbul. Les vacances scolaires ont commencé ! La haute saison et ses tarifs se mettent en place...Les enfants se font à nouveau des potos et restent jouer autour et dans la piscine. Nous achetons du pain, des petites brioches délicieuses, des légumes frais (cucurbitacées en tout genre : courgettes, aubergines, concombres, mais aussi des tomates.) Pas besoin de fruit, le camping et les alentours regorgent de petits abricots dont je vous avais déjà parlé... Ce sont des friandises, des perles de sucre... En rentrant, le boss, m'annonce l'arrivée de nos amis cyclistes ! Nous sommes ravis de nous revoir, on échange en un quart d'heure tout un tas d’anecdotes sur notre itinéraire commun . Nous rencontrons Solange, la mère de Myriam (65 ans) qui les a rejoint en Turquie avec son vélo. Chapeau !


En fin d' après-midi je pars marcher jusqu'au village d'Uçisar avec  Arnaud, les filles nous rejoignent en voiture et on inverse les rôles ! Belle ballade dans la vallée des pigeons. Le soir nous dînons tous ensemble. Le fait de se retrouver entre français m'interroge... On dit souvent que les expatriés se rapprochent. C'est une idée qui ne m'a jamais plu, quand nous avons pensé aller travailler à l'étranger. Mais je constate que c'est assez inévitable, instinctif... L'aimant ne réfléchit pas quand il attire son semblable. C'est un fait. C'est à nous de rester
vigilants, de continuer à échanger avec les gens qui nous entourent. Ne pas se conforter dans un environnement franco-français. D'ailleurs, avant de partir marcher cet après-midi, il s'est passé quelque chose de simple et fort à ce sujet. La patronne, nous a interpellé, nous demandant d'entrer dans son appartement qui jouxte notre chambre. Elle nous offre des baklavas, puis nous essayons d'échanger... Elle ne parle pas un mot d'anglais. Mais cela ne la gêne pas, elle nous parle en turc, fait des gestes, et se met soudain à pleurer. Nous comprenons qu'elle a perdu son mari il y a quelques mois... Nous compatissons sans pouvoir émettre le moindre mot, le moindre son. Le voyage, c'est aussi ça.






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Comments

xavier on

hey finalement les carabouts, vous disiez que vous partiez six mois, mais à ce rythme là, en turquie vous êtes pas près de revenir... le voyage est une drogue c'est cela.. ?

hervy kelly 5b on

bonjour Mr Bellayer, j'espère que vous vous amusez bien et que vous passé de très bonne vacances. Pour la question 25, je dirais que le chant n°1 vient de Turquie et que le chant n°2 vient du Maroc,le chant du Muezzin est l'appel de la prière,il est chanté au moins 5 fois par jour. Ces 2 Muezzins ont une voix qui porte loin mais qui non pas la même tonalité.
Continuer votre séjour en espèrant que vous garderez le soleil jusqu'au bout.
Au revoir.

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