Terre de contrates

Trip Start Feb 03, 2012
1
69
102
Trip End Aug 15, 2012


Loading Map
Map Options
Show trip route
Hide lines
shadow

Flag of Greece  , Cyclades,
Wednesday, June 6, 2012


Mercredi
Nous partons avec nos sacs à dos en vadrouille dans les îles. Le camion reste sur Paros au camping. Notre première escale sera Santorin, l'île volcanique. Nous y débarquons vers 16 h. Nous sommes, comme je l'avais dit précédemment très attendus... Nous avions une petite idée de l'endroit où nous voulions séjourner, mais il est très difficile de ne pas répondre aux sollicitations...Du coup, nous nous sommes retrouvés embarqués par un professionnel de la pêche aux touristes, dans un petit hôtel à l'Est de l'île près de Karetrados, donc pas très loin de la « capitale » ! Fira, ce qui est plutôt bien, et tout près de l'aéroport, ce qui est moins bien. Les enfants sont contents, il y a une piscine ! Et franchement c'est chouette ! Deux trois jours pour visiter l'île semblent bien peu. Elle est assez grande et offre, outre ses spectaculaires paysages, de nombreuses choses à voire. Nous ferons des choix...


Les villages de Santorin sont vraisemblablement les plus photographiés de toute la Grèce. Tout le monde a déjà vu une photo ou une carte postale d'Oia , village à l'extrémité nord de l'île. Enchevêtrement de maisons blanches, et d'églises aux dômes bleu azur fixées aux parois sombres du volcan, surplombant une mer d'un bleu intense. C'est amusant car ces clichés nous donnent souvent une vision, un angle de vue la plupart du temps idyllique bien sûr mais surtout unique. Si bien que, lorsqu'on arrive on cherche tout de suite le paysage immortalisé dont on a rêvé, et on est surpris de découvrir autre chose autour... Hors Santorin ne peut sans doute pas se résumer à une photo. Il existe certainement une autre Santorin, moins photographiée, hors-champ... Je m'aperçois en écrivant, que depuis le début du voyage, nous avons croisé bon nombres de merveilles que nous connaissions, inscrites dans le patrimoine mondial et la mémoire collective. Il en existe des prises de vue somptueuses, cependant j'avoue avoir toujours ressenti le besoin de faire ma propre photo... C' est peut-être une façon de s'en approprier une partie, un fragment. Dire : « j'y étais ! ». Mais ce qui devient étrange, c'est cette impression que nous faisons tous les mêmes photos de photos ! (enfin, sauf que les miennes à moi, elles sont 'achement mieux of course!)Pour illustrer ces 4 jours, je vous ai choisi une série de photos qui se complètent. L'attendu et l'inattendu, champ et hors-champ, cliché et cachée...


Nous avons sillonné l'île... Du sud et sa plage rouge, au Nord jusqu'à Oia, de l'Est et son volcan à l'ouest et ses plages noires. Santorin est un paradis flottant sur l'enfer, une plume sur une enclume. Sa formation en fait un site exceptionnel. Né de multiples éruptions, l'île volcanique n'a cessé de muer. Le volcan est toujours actif, mais très endormi. Il est cependant surveillé. La plus grande éruption eu lieu en 1650 av J.C. Détruisant une ville entière et sa culture  typiquement Cycladique. Il y eu beaucoup moins de victimes qu'à Pompéi, car les habitants avaient senti les choses venir. Toujours est-il que les fouilles ont mis à jour une société très évoluée tout autant que la civilisation Minoenne vivant en Crête à cette époque. Nous avons visité l'ancienne Thyra qui date elle de 400 av J.C. On reconstruit mentalement aisément les habitations, les rues, l'agora, le théâtre. Le point de vue y est magnifique.


L'homme a ceci de remarquable, qu'on qualifiera parfois de folie inconsciente dans d'autres contextes... c'est sa capacité à s'adapter à son environnement. La première image qui n'appartient qu'à Santorin et qui marque tous les regards qui se sont promenés ici, c'est cette neige éternelle au sommet des falaises... Petites maisons blanches, et minuscules églises aux dômes bleu intense enchevêtrées les unes aux autres accrochées au dessus du vide... Les caméras chauffent, les cartes mémoire saturent, les flashs crépitent, les appareils photo deviennent fous... L'image est exceptionnelle. Une des sept, huit, neuf... millièmes merveilles du monde... Nous nous sommes promenés à Fira (la capitale), Oia (au nord), Pyrgos, Akrotiri. C'est absolument magique. Nous découvrons chaque fois une vue différente sur ce qu'on appelle la Caldeira (le cratère géant qui s'est autrefois empli d'eau de mer provoquant un raz de marée en Crête). Les pentes de Santorin sont comme celle de Naples, couvertes de vignes. La terre volcanique est fertile, les grecs comme les romains le savaient déjà durant l'antiquité. J'ai même lu une interprétation mythologique de ce « mariage » cette union vigne-volcan Dyonisos-Héphaïstos.



Nous avons pris le bateau pour rejoindre l'actuel volcan. En fait au centre de la caldeira, se trouvent deux îlots « néa kameni » et « paleo kameni ». Ce sont tous deux des formations récentes (deux centaines d'années en gros, ce qui fait de ces îlots, les plus jeunes terres Méditerranéennes). La cheminée principale enfouie sous des centaines de mètres d'eau, continue de rejeter épisodiquement quelques concrétions rocheuses qui viennent agrandir nos deux petits cailloux volcaniques. On peut observer de temps à autre quelques fumerolles... On a eu l'impression de marcher sur la lune. Collines de roches rouges, noires, sombres, paysage
désolé... Les garçons ont apprécié l'expérience. Nous sommes ensuite aller nous baigner à quelques encablures dans des sources chaudes... qui prouvent que les chambres magmatiques ne sont pas si loin que ça...















J'ai pu prendre le temps de marcher de Fira jusqu'à Oia par la ligne de crête (environ 10 km). Une balade à « tomber » dans les senteurs de thym, câpres et romarin. Je vous avais déjà dit mon penchant pour la marche et ses vertus. Certains attendent peut-être de savoir où mon esprit, que certains de mes potos qualifieraient de « résolument malade » a-t-il pu encore une fois me conduire. Dans quelles divagations méta-physiquo-politico-fumeuse ? Et bien pas grand chose... Mon ordinateur central est resté concentré sur le chek-up de la machine, tout tendu sur la récupération physique des derniers jours, quelque peu mouvementé au niveau du ventre... Mais la fatigue aidant la traversée de Oia, m'a plongé dans une vieille série américaine que vous devez connaître « le prisonnier ». Pour vous faire une idée, j'ai longé des centaines de mètres d'hôtels, tous plus luxueux les uns que les autres, avec spa individuel attenant à chaque suite, piscine et vue panoramique sur la caldeira. Dans les ruelles pentues et étroites, je n'ai croisé que des garçons d'hôtel, tout de blanc vêtus, élégants, plutôt costauds, leur job consistant à porter deux, trois ruelles plus haut ou plus bas les valises des clients ( il est à noter que  certains embarquent l'équivalent de tout mon garde-fûte pour une semaine). Cette vie vouée au luxe, calme et volupté encadrée par un personnel attentif et physiquement baraqué, a quelque chose d’irréel, d’aseptisé... l'impression d'être dans un village-vacances tout clean, paradisiaque fait pour te vider la tête. C'est là que tout bascule. Je croise à nouveau un de ces bonhommes de neige, le dépasse mais je sens son regard insistant dans mon dos. Il me dévisage tel un intrus. La parano continue, s'auto-alimente...Les chats omniprésents dans tous le village semblent postés au point stratégiques. Ce sont des sentinelles. Comment vais-je sortir de là ? Lancer une bouteille à la mer ? Tenter la traversée à la nage ? Pour aller où ? Je suis coincé ! Je suis Patrick Mc Goohan !!!

[
Bon il faut raison-gardée, mais nous avons eu la même impression Delphine et moi d'une île aux paysages incroyables mais totalement abandonnée aux tourisme... A noter : Les cyclades semblent moins pâtir de la crise que la Grèce continentale...
Slideshow Report as Spam

Use this image in your site

Copy and paste this html: