Petit billet d'humeur : avenir de la musique

Trip Start Mar 27, 2008
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Trip End Apr 02, 2008


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Tuesday, April 1, 2008

Il est 9h, j'entends Timoté jouer avec son train, il se prépare pour partir à la crèche et est un peu fatigué parce que nous sommes sommes sortis au pub irlandais hier soir, il a mangé « les meilleures frites d'Uppsala » et s'est endormi sur la banquette (il préfère les pubs parce qu'il y a des banquettes pour dormir).
Je prends tranquillement un thé (fumé et trop fort comme les aime Prune) quand j'ai la mauvaise idée d'ouvrir mon Tecknikart aux pages musicales.
Première bonne surprise : je découvre qu'il y a un article entier consacré au nouveau projet Hercule and the love affair que nous avions découvert il y a un mois à RCP (une disco poignante, emplie de très beaux samples électro et magnifiée par la voix d'Antony d'Antony and the Johnsons).
Seconde bonne surprise : l'interview d'Andy Butler - des clubs underground de Denver, dj depuis 15 ans, et initiateur du projet - est (pour une fois) bien construite et très intéressante. Andy aime la disco, la vraie profonde, sensible, émotive, violente ; pas la lourdingue du dernier film d'Onteniente avec ce vieux schnoque de Dubosc. Et Andy en parle magistralement, il ne cache pas son amour pour Chic, Gino Soccio ou Klaus Nomi. La dernière question de l'entretien reçoit une réponse à laquelle j'adhère et me bat un peu trop seule pour la faire respecter :
« Tec : Une étude révèle que vos auditeurs sont également de grand consommateurs de sexe, de cocaïne et de champagne, votre réaction ?
Andy Butler : Je dirais : vous avez choisi le meilleur de la vie... en écoutant mon disque ! »
Voilà enfin quelqu'un qui ose affirmer tout haut dans un climat il semble falloir se droguer et boire pour ne pas être un has-been, que Non, l'amour de la danse et de la musique n'a pas besoin de ces accessoires de pacotille pour être profond, classe et respectable.
J'aimais déjà sa musique, je respecte d'autant plus le personnage à présent.

Et soudain c'est irrépressible, je veux l'album tout de suite, pas en rentrant à Paris, non, là-maintenant... direction Stockholm !
Je préviens Prune rapido, je fonce à la gare attraper le train (un toute les heures seulement), je ne me trompe même pas de billet :-), et une heure plus tard, à moi la capitale !

Durant le trajet, je réfléchis à ce qu'est devenue la fête à Paris : un milieu aseptisé mais où tout le monde se défonce sans même se cacher (on prenait des rails, maintenant on skie dans la poudreuse !), où danser à un concert est quasiment un crime de lèse-majesté, où profiter du concert dans son intégralité est un manque de savoir vivre (« J'ai autre chose avant / après... », « C'est génial hein, on y va ? »), où être souriant et enjoué est systématiquement interprété comme une déficience mentale...
Des espaces underground, alternatifs ? Le punk est mort et enterré depuis longtemps, seul reste un effet d'image. Un A barré ou un chat noir ont la même valeur qu'un crocodile ou Gucci.
Ca a de nombreux avantages dont je ne me plaindrai pas (toilettes qui sentent bons, pas trop de douche à la bière, pas trop de pogos), mais cela manque un peu d'âme... Je réalise que j'ai tendance à me faire happer par le mouvement, cela ne me ressemble pas.

Qu'en est-il de l'accès à la culture ?
Jusqu'il y a moins de 10 ans, la musique était taxée à 33% en Suède, ce qui explique probablement en partie le boom récent des groupes suédois.
Les musées qui étaient tous gratuits il y a encore un an et demi, sont devenus payants avec le changement de gouvernement (le modèle social suédois est libéral ne l'oublions pas). Conséquence directe : baisse drastique de la fréquentation des musées !
La France suit la même pente malheureusement, et ça ne s'arrangera pas...

Je n'ai pas trouvé le disque que je voulais mais j'ai entendu pas mal de musique française sur les différentes radios : Yelle, Plasticines, Cali, Vincent Delerm... Est-ce là toute la musique qui sort des presses françaises ? On est mal barré...
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