Jour 33 : Catastrophe photographique

Trip Start Sep 05, 2008
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Trip End Oct 25, 2008


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Flag of Italy  , Veneto,
Tuesday, October 7, 2008

Après une nuit de sommeil assez court (deux jeunes Suissesses étant arrivées vers minuit), je me lève vers 7 heures 30 pour aller déjeûner. Je prévois une longue et ennuyeuse journée aujourd'hui : je dois aller prendre un train vers Feldkirch à Buchs en Suisse vers 11 heures (comme hier), et revenu à cette ville frontalière autrichienne, je dois attendre deux heures avant de prendre un train vers Innsbruck. Trajet : 2 heures. De là, je prends un troisième train vers Verona, qui devrait arriver à 19 heures 01. Quelle joie... Je suis justement un peu sarcastique ce matin, continuant dans la veine de ma mauvaise humeur d'hier.

Mon sac est prêt - et moi aussi - à 9 heures 30. J'estime le trajet à pied vers Buchs à une durée de 45 minutes, mais what the hell, je quitte tout de suite pour atteindre la gare. De toute façon, je suis béni ces derniers temps, j'enfile les journées ensoleillées une après l'autre. Il fait même plus doux, je laisse mon manteau ouvert ; et je pars donc vers Buchs, et vers de nouvelles aventures. Le train part à 11h02, et arrivée, comme une horloge suisse, à Feldkirch seize minutes et des poussières plus tard. Je décide de mettre mon temps d'attente à profit, puisque je ne repars qu'à 13 heures 20 ; je vais aller diner (un bon Big Mac au McDo), et je vais aller au petit café Internet d'hier, question de faire du backup de mes photos. Je n'ai jamais attendu aussi longtemps avant de récupérer mes "oeuvres" ; j'ai près de 260 clichés et une dizaine de petits films, environ 2 gigaoctets en tout. Tout va bien, j'ai une heure pour faire tout ça et pourtant, dix minutes après mon arrivée toutes mes photos sont déjà sur le bureau ("desktop") de l'ordinateur, attendant d'être archivées sur un DVD et sur mon iPod. Je fais toujours deux copies, je me considère plutôt prudent ; cependant, pour sauver du temps, je fais couper-coller au lieu de copier-coller mes photos quand je fais du backup. Ca m'évite d'avoir à effacer manuellement les photos de mes cartes.

Tout est prêt avec 50 minutes à faire ; je me penche pour connecter mon iPod, j'accroche le bouton de Power de l'ordinateur en procédant. Hummm... l'ordinateur redémarre. Je n'aime pas ça ; je regarde, inquiet, le préposé du café, qui me fait signe que j'ai sûrement accroché le bouton de Power, ce qui explique le "reboot". Oui oui je sais, connard... Tant que mes dossiers sont encore là quand... Mais ils n'y sont pas. J'ai un frisson, des sueurs froides, et je me retourne vers l'employé, implorant son aide et ses réponses. Où sont mes photos ? Quelles photos ? MES 260 PHOTOS SUR LE BUREAU !! Elles ne sont pas là ? NON ELLES NE SONT PAS LA, ESPECE DE...
Je sors dehors prendre l'air, les larmes aux yeux, pendant que je le regarde fixer l'écran de mon ordinateur comme un poisson mort, totalement inefficace. Et si je ne récupère pas ces photos, je n'ai que moi à blâmer : j'ai accroché le bouton, je n'ai pas fait de copies avant de vider mes cartes... La peine m'étouffe ; et le temps, qui n'était pas un problème jusque-là, devient un élément de plus contre moi. L'employé, parlant à peine anglais, finit, à ma demande, par agir, appeler quelqu'un, faire quelque chose ; il rejoint le fournisseur lui-même, qui lui confirme que toutes les données sur chaque ordinateur sont effacées à chaque redémarrage, point à la ligne. Il hausse les épaules, je me retourne... J'ai le regard qui s'embue... je n'ai plus que quelques minutes pour aller attraper mon train vers Innsbruck, je dois partir, il n'y a plus rien que je puisse faire ici. Sur le chemin vers la gare, je ne peux m'empêcher de me torturer, de me maudire de n'avoir pas eu la présence d'esprit de prendre un peu plus de temps mais de faire les choses correctement. Je ressasse dans ma tête ce que j'aurais dû faire pour éviter cette catastrophe... Et je me fais à l'idée que ces images, toutes celles que j'ai prises dans les cinq derniers jours, sont perdues à jamais. Plus rien de Salzbourg, des Alpes, du Liechtenstein, de la Suisse, de Feldkirch... 

Quand j'embarque dans le train pour Innsbruck, j'ai encore peine à réaliser ce qui vient d'arriver. C'est qu'une partie du voyage que je fais présentement est justement pour faire de la photographie, une passion que j'ai développée dans les deux dernières années. Néanmoins, je reprends un peu de contenance, et j'essaie de me changer les idées dans un trajet sans histoires ; mon transfert à Innsbruck avec le train suivant est dans la même veine. J'use mon iPod jusqu'à la fin de la batterie, et je regarde défiler dehors les paysages de l'Italie du nord. Je tente de m'attarder à mon prochain petit problème ; tenter à mon arrivée de trouver comment me rendre à ce Bed & Breakfast que j'ai réservé voilà quelques jours, et avec un minimum d'indications pour m'y rendre.

J'arrive à 19 heures à Verona ; la première chose que je fais est d'aller récupérer mon billet de train Verona-Firenze ("Florence" en italien), et acheter mon billet Firenze-Genova ("Gênes") pour dimanche le 12. Le personnel de TrenItalia est très sympathique ; l'homme qui me vend mon billet pour Genova est un petit comique, et la dame qui me montre comment fonctionnent les distributeurs pour récupérer mon billet acheté par Internet est tout à fait charmante et d'une grande patience. Je sors ensuite devant la gare, et attends, selon les instructions de Matteo (l'homme qui dirige le Bed & Breakfast où je vais), le bus 72 direction Giardino Giusti, arrêt Via Volta qui, selon Google Maps, n'existe pas, d'où mon brin d'inquiétude. Finalement, comme d'habitude, tout se passe à merveille : le bus arrive à 19 heures 37 comme mentionné, et m'emmène à un arrêt qui se nomme bien Via Volta, carrément devant le B&B, où je vois un grand homme mince, Matteo, me faire de grands signes : il attendait ma venue par le bus. Quelle belle attention.

Matteo me montre la chambre, me présente à mon colocataire pour la nuit (un jeune homme péruvien nommé Juan, très sympathique), et me fait le tour du propriétaire. L'homme parle très bien français, une langue que je n'ai pas beaucoup prononcée dernièrement ; il me donne les derniers détails sur le fonctionnement de l'endroit, puis nous quitte. Il fait noir à présent ; étant déterminé à remettre mon voyage "sur la track" malgré les éprouvants événements de la mi-journée, je pars avec Juan, lui en quête d'un bon petit restaurant pour, selon ses propres mots, manger enfin autre chose qu'un sandwich, et moi pour prendre des photos de cette jolie petite ville de nuit, avant même de l'avoir vue de jour (comme je l'avais fait à Salzbourg, d'ailleurs). Verona est vraiment superbe (je sais que je dis tout le temps ça, mais c'est pourtant vrai), et je tombe en plus complètement par hasard sur ses plus grandes attractions touristiques : l'Adige (rivière qui la traverse en faisant une boucle), la statue de Juliette (c'est ici que se déroulait la pièce de Shakespeare, Romeo i Julietta) et l'Arena (qui date d'environ 2000 ans). Donc, de bien jolies photos. Celles-ci j'y ferai attention.

Vers 21 heures 45, je reviens vers le B&B, et finis par trouver un café Internet ouvert ; j'en profite pour envoyer mon message de détresse à mes lecteurs, pour voir s'il est possible par n'importe quel moyen de récupérer mes photos perdues. Et c'est avec un brin d'espoir que j'attends demain... Un brin d'espoir, c'est déjà un brin de plus que cet après-midi.
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