Jour 26 : Par tous les temps

Trip Start Sep 05, 2008
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Trip End Oct 25, 2008


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Flag of Czech Republic  , Bohemia,
Tuesday, September 30, 2008

Nous étions sept la première nuit dans ma chambre de l'hôtel U Melounu ; hier, nous n'étions que trois. Ca fait des soirées pas mal plus calmes. Après avoir pris mes photos de Prague la nuit, je suis revenu vers 22 heures dans la Nové Mestó ("nouvelle ville", qui date quand même de 1348), et j'ai jasé un bon bout de temps avec la dame Danoise qui part demain. Le tout en sirotant, il le fallait bien, une Budweiser originale brassée à Budvar. Je me devais absolument d'essayer cette bière, vous le savez bien...

Donc, réveil à l'heure des poules ce matin, et étant en grande forme (pour faire changement, aucun British ne m'a réveillé par aucuns moyens la nuit dernière), je quitte l'Auberge tout de suite après avoir bruyamment engouffré mon déjeûner... ben quoi, j'étais tout seul à la cafétéria. Il est donc 8 heures 30 et, à peine conscient qu'on est mardi et que c'est l'heure de pointe pour tout le reste du monde sauf moi, je m'enfonce dans le métro praguois. Et s'enfoncer, c'est le cas de le dire : aux trois endroits dans le réseau où il y a un transfert de ligne possible, la station de métro elle-même semble s'enfoncer au plus profond de la terre ; les escaliers pour embarquer dans le train sont presqu'à 45 degrés pendant cent mètres. Ca me donne donc presque le vertige, de prendre des correspondances de métro à Prague.

Ceci dit, et particulièrement avec ma sortie nocturne d'hier dans la vieille ville, mon appréciation de Prague s'est lentement transformée en amour. Quelle... superbe... ville. La seule d'après moi qui peut rivaliser avec Rome et Paris, si même elle ne les dépasse pas. Ce n'est pas seulement son architecture, sa beauté ou son histoire ; c'est aussi que Prague fait partie de ces rares endroits dans le monde où chaque coin de rue devient une possibilité de découvertes. Comme quelqu'un que j'ai furtivement entendu a dit, on a peine à mettre fin à nos escapades dans la vieille ville, car on ne sait pas si l'on a manqué quelque chose d'encore plus beau, d'encore plus dynamique ou passionnant juste en tournant le coin. Bref, ce matin, le soleil aidant, la température fraiche me revigorant le body, j'ai consciemment décidé de me donner le coup de grâce : je monte au château de Prague, en passant par le belvédère qui surplombe la ville.

Les rues qui montent vers le mont où se trouve la cathédrale Saint-Guy, entourée de l'enceinte plutôt récente qui l'encadre, sont déjà enivrantes, même à cette heure matinale. Mais ô joie, j'atteins sans difficulté le belvédère en premier, déjouant ainsi les prédictions que je m'étais faites avec mon plan de la ville en main (au moins je ne me suis pas perdu). Je jette un long et langoureux regard sur la capitale de la Bohème, ancien centre du Saint Empire Germanique, et je continue sur mon chemin. J'atteins, toujours par surprise, la plus vaste place de la ville, avec à peine une statue et quelques brins d'herbe au centre ; des musiciens jouent des airs classiques plutôt enjoués et tout à fait de circonstance, tandis que plus loin, l'odeur des déjeûners préparés par les restaurants situés sur les terrasses les plus prisées de Prague envoûtent le passant insouciant au ventre un brin trop vide. Dont je fais partie. Je m'extirpe difficilement de la douce étreinte de la tentation gustative, et je passe les soldats stoïques qui gardent l'entrée du château, et qui sans réaction aucune, se laissent photographier par la horde d'Asiatiques qui vient de rappliquer. J'y suis, au château qui s'est si souvent, de loin, retrouvé dans mes clichés dernièrement...

A l'intérieur de l'enceinte, la densité d'Asiatiques au mètre carré triple, au moins ; j'atteins la cathédrale, Olympus en main, pour tenter de capturer virtuellement toute la beauté de l'endroit, en vain bien entendu, quoi que je sois assez satisfait jusqu'à maintenant de mes ersatz photographiques. Bref, j'entre, je clique et reclique, et je ressors, le crime parfait. J'ai admiré, et je suis ressorti, rapidement ; je crois que je deviens un expert de la blitzkrieg touristique. Il est 9 heures 30, et j'ai tout fait ce que j'étais venu faire. Pas que je sois le moindrement déçu, ça non, mais disons que j'avais pensé un avant-midi ce qui ne nécessitait qu'une heure. Qu'à cela ne tienne, Prague est grande, je retourne marcher plus bas. Je redescends donc d'un bon pas les escaliers qui mènent à la vieille ville... ou au château, dépendamment dans quelle direction vous vous dirigez bien sûr. Moi, j'ai conquis le château, alors je vais à la ville.

Je vais voir le métronome de Prague ; cette grande amanchure de métal qui se balance de gauche à droite n'a strictement aucune valeur artistique, et encore moins historique. En fait, ce truc se tient à l'endroit même où, à l'époque du communisme, la plus grande statue de Joseph Staline en dehors de l'URSS était érigée. Celle-ci a été détruite en 1989, et remplacée... par un métronome géant. Je retourne ensuite dans Josefov, ou le quartier juif de Prague. Je refuse toujours, bien plus par principe que par manque de moyens, de payer les 300 et quelques couronnes tchèques pour accéder au vieux cimetière juif et aux synagogues qui se trouvent tout près. Au moins, le quartier est magnifique, peu importe où on tourne la tête, l'architecture est superbe. Je me dirige enfin vers la tour de la Poudrière (sorte de bâtisse multicentenaire entourée d'autres bâtiments bien plus récents mais de bon goût) après avoir traversé le "Old Town Square" ; ensuite direction Wenceslas et le Muzeum, pour diner, et pour prendre une petite pause. Comme d'habitude en début d'après-midi, le ciel se couvre et menace de pleuvoir ; comme d'habitude, il me prend aussi une petite envie de faire une sieste, de recharger les batteries. Je retourne, après donc cette autre longue visite de la ville, vers le U Melounu où, sans gêne aucune, je me repose pendant tout le reste de l'après-midi, finalisant quelques trucs sur le net pour les jours à venir. En soirée, peut-être vais-je écrire un peu dans mon livre, ou s'il arrête de pleuvoir (car oui, il plute un brin présentement), aller marcher dans Prague, m'émerveiller encore un peu de toutes ces surprises qu'elle nous réserve à chaque coin de rue...
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