Derniers émois: le tigre et la sauterelle

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Wednesday, March 20, 2013

สวัสดี, sawadee en Thai



La dernière étape de notre tour du monde nous emmène dans le nord de la Thaïlande, à Chiang Mai. L'ambiance y est agréable et, vu qu'il n'y a pas de plage, il y a deux types de touristes : ceux qui atterrissent pour une très courte escale vers des randonnées dans la jungle, à la frontière Birmane qui n'est pas très loin, ou même vers le mythique triangle d'or, jadis plate-forme de narcotiques aux confins des trois pays Laos - Birmanie -Thaïlande. Les autres étrangers viennent pour beaucoup plus longtemps, profiter de la douceur de vie locale pour apprendre le yoga, la cuisine asiatique, les massages thaïlandais, ou travailler dans des ONG : c'est la ville la plus occidentalisée du pays.

De notre côté, très peu d'activités, beaucoup de repos et de soleil. Mais ceux qui ont la patience de lire jusqu'au bout vont quand même découvrir des aventures surprenantes.





Coiffeur ou coiffeuse


Les voyageurs au long cours doivent toujours s'adapter à l'offre locale pour les services, comme le coiffeur. A Chiang Mai, la coupe de cheveux était très intéressante. Quand l'artiste capillaire ne parle pas anglais, la conversation est limitée. Avec un grand miroir devant soi et une cape de Zorro à l'envers, on n'a rien d'autre à faire que d'observer. Par exemple … la personne qui coupe les cheveux, une vingtaine d'année maximum, c'est un garçon ou une fille ? Un ladyboy ? Il/Elle a de long cheveux, mais en regardant bien, il/elle n'a pas de pomme d'Adam, qui trahit souvent les hommes. Il/Elle a une robe tellement courte qu'en Europe, on appellerait ça un t-shirt. En dessous, il/elle a des cuisses de sprinteur de 100m. Pourtant, il/elle a des allures très féminines … mystère, on ne saura jamais.

Le changement de sexe est très courant ici, chirurgical ou juste vestimentaire. Par exemple le « ladyboy show » du Night Bazar est très prisé. Ces espèces de drag queens locales offrent paraît-il un spectacle de danse magnifique et étonnant.

Dans la série « changement d'apparence », nous devons citer l'omniprésente chirurgie esthétique, à laquelle on consacre un demi étage dans le plus grand centre commercial de la Chiang Mai, pour aligner les différents cabinets médicaux. Et il y en a beaucoup d'autres en ville. La palette de services est large : botox, collagène, amincissement, implants, blanchissage de peau à la Michael Jackson, débridage des yeux...




Tiger Kingdom, le royaume des tigres



Pour sortir de notre paisible retraite de 38 degrés à l'ombre, nous avons été visiter le royaume des tigres, excursion presque obligatoire de la région. L'infrastructure et l'organisation sont irréprochables. A l'entrée, il faut payer son billet en fonction de l'age des animaux. Se faire photographier avec les tout petits coûte plus cher qu'avec les adultes. Nous avons craqué pour ces petits tigreaux, mignons et jouettes comme de petits chats, inconscients de l'avenir qui les attends : ce sont des animaux sauvages, mais nés en captivité et destinés à y rester toute leur vie. Quant aux tigres adultes, ils dorment presque tout le temps, donc les photos sont assez faciles à faire du moment qu'on reste derrière et qu'on ne touche ni la tête ni les pattes avant. Mais s'ils décident de se lever et de faire les cent pas dans la cage, avec nous dedans, même accompagnés d'un dresseur, on fait moins le malin.




Vie quotidienne



Il faut bien l'avouer, nous ne sommes pas très actifs dans cette dernière étape. Au bord de la piscine, nos siestes ne sont dérangées que par les vendeurs ambulants (mangues, ananas, autres fruits bizarres dont nous raffolons), les annonceurs de matches quotidiens de box Thaï, ou les moines qui « vendent » leurs bénédictions : un trône à l'arrière d'une jeep, une urne pour déposer les billets, un moine, un peu d'eau bénite et derrière, une autre voiture avec hauts parleurs pour annoncer la venue du bénitier ambulant.


Chiang Mai est également un haut lieu des « couples mixtes », que l'on croise vraiment partout. Typiquement un homme anglais ou australien de 60-70 ans, dont l'estomac proéminent a certainement connu plus de lager et de guiness que de crudités, bras dessus, bras dessous avec une jeune femme Thaïlandaise, dont on dirait qu'elle a 15 ans, mais il faut reconnaitre que les Thaïlandaises ne font pas leur âge. Tout ce qu'on espère, c'est qu'elle soit majeure. Parfois cela devient presque un « business » quand on voit les groupes de jeunes filles qui attendent dans les bars, avec un homme qui va parler aux touristes pour leur présenter ses « amies ». Sans commentaires.




Les longs cous


Une autre activité très populaire dans la région est la visite de villages de femmes au long cou. Les femmes de cette tribu du Nord de la Thaïlande, les Kayan, ont pour coutume de vivre avec plusieurs anneaux de cuivre autour du cou, le plus possible, de sorte qu'on a l'impression que leur cou s'allonge. On a tous vu ça à la télévision. Le problème, c'est que la visite de ce «zoo humain» est tout à fait artificielle. Plus personne ne fait cela par tradition, mais seulement pour que les touristes puissent faire de belles photos. De plus, nous avons appris que la plupart de ces femmes ne sont même pas Thaïlandaises, mais des réfugiées birmanes qui viennent faire ce drôle de «job». Pas très authentique, tout ça. C'est un peu comme si au Fourneau Saint-Michel en plein cœur de l’Ardenne, les figurants du village ancien reconstitué, sarrau bleu et foulard rouge à pois blancs, le costume principal du folklore wallon, étaient … des immigrés flamands, après l'indépendance de la Flandre.  Ce fût notre excuse pour ne pas aller au village des long cous.




Massages Thaïlandais



Chiang Mai est aussi la capitale des massages. Il y a des écoles dans chaque rue, et des salons de massage pratiquement une maison sur deux, en plus des massages en pleine rue et des bains de pieds dans un aquarium pour se faire nettoyer les pieds par des petits poissons. Le massage thaïlandais est très spécifique, et nous nous devions d'essayer. Il se fait sans huile, et le client garde ses vêtements. La masseuse travaille par pressions sur les muscles. Cette petite vieille thaïlandaise passe d'ailleurs toute l'heure sur la planche de travail, puisqu'elle utilise tout son corps pour masser : ses mains, ses pieds, ses coudes, ses genoux. Deux positions sont très spécifiques dans cette torture : le client est couché sur le ventre, et la masseuse appuie ses poings sur les omoplates et ses genoux dans le creux des reins ! (et pendant cette position, la musique était une version zen au piano de … Killing me softly, véridique!) Le deuxième mouvement est peut être plus connue : la masseuse est debout sur l'arrière des cuisses du client, et les masse avec ses talons. Ça fait mal, mais c'est pour ton bien !



Dou you spik ingliss ?



A la fin notre séjour, il y a un tas d'affaires que nous ne voulions pas ramener en Europe : ces vêtements trop portés et achetés sur je-ne-sais-quel-continent, notre pharmacie, qui heureusement ne nous a presque servi à rien, et qui servira encore moins en Europe (il y a encore des risques de malaria en Ardennes?) et des bouquins échangés 10 fois. En fait nous sommes partis avec un livre chacun. A chaque fois qu'il était terminé, nous l'échangions gratuitement dans l'auberge ou l'hôtel suivant : c'est un système qui fonctionne très bien, partout dans le monde. Le seul problème c'est qu'au bout d'un an, on frise l'overdose de James Patterson, John Grisham, Dan Brown et autres polars à deux sous.

Tout ça pour dire que nous avions un beau colis à donner pour une œuvre de charité de Chiang Mai. On se disait qu'il doit certainement y en avoir beaucoup. Nous demandons à la réception de notre hôtel, pour assister encore à un grand moment de surréalisme. La réceptionniste, super gentille, ne comprend pas l'anglais, nous l'avions vite deviné à son grand sourire ingénu. Notre requête étant un peu inhabituelle, aucune chance qu'elle puisse nous aider. Elle appelle un collègue qui sert les petits déjeuners. Lui parle bien anglais. Il vient directement de Birmanie. Par contre, il ne connait pas la région et ... ne parle pas Thaï ! Donc il a compris la question, mais ne peut pas retraduire ce qu'il a compris à la réceptionniste ! On tourne en rond ? Oui, mais il est très sympa, et c'est l'occasion de discuter un peu de son pays. En fait beaucoup d'employés pour les «petits boulots» à Chiang Mai sont birmans. La frontière n'est qu'à 3 heures de route. Et il est fier de parler de son pays et de ce qu'il s'y passe, avec Ang San Su Ky qui porte tous les espoirs d'un peuple pour apporter la démocratie. D'après lui, tout le pays la soutient.


Pour notre colis, nous avons finalement trouvé la Thai Freedom House, la boucle est bouclée puisque l'association s'occupe ... de réfugiés birmans dans le nord de la Thaïlande. Nous tenions à les citer parce qu'ils sont très sympas et l'association est sérieuse. Ils ont également un café-restaurant au centre ville, avec une excellente salade aux feuilles de thé.




Tuktuk



Certains lecteurs raffolent de nos aventures avec les locaux. Le transport est souvent la meilleure occasion. Ici, le tuktuk, véhicule pittoresque à 3 roues et un moteur de tondeuse à gazon qui pétarade bruyamment dans les rues, transporte touristes, mais aussi locaux, aux 4 coins de la ville. Il n'y a, bien sûr, aucun compteur kilométrique, et tout se négocie.

-    combien pour aller au marché ?    
-   120 bahts    
-    Non merci, au revoir

La même question, 3 secondes plus tard, à un autre tuktuk qui attendait juste derrière

-    60 bahts   
-    ok pour 40 ?    
-    ok, montez !


Bon, parfois le voyage est folklorique, et si le véhicule est trop vieux, rempli de rouille et de poussière, il faudra probablement laver ses vêtements après. Mais c'est une expérience sympathique. Pour encore moins cher, il y a les taxis collectifs, avec deux grandes banquettes à l'arrière. Il nous conduira à notre destination, mais si en chemin il peut embarquer d'autres clients, qui ne vont pas nécessairement au même endroit, il ne s'en privera pas. En y réfléchissant, on a du mal à comprendre comment ce genre de taxi peut gagner sa vie, vu son prix au kilomètre.




Et la sauterelle pour conclure



Les marchés de Chiang Mai rythment la semaine de la ville. Night Bazaar tous les soirs à l'Est de la ville, le Saturday Walking Street tous les samedi soirs, au sud de la ville, et enfin le Sunday Market, sur la Tai Pai Gate, très central. Mais au final, ils vendent tous à peu près la même chose. Pour le folklore et la gastronomie, c'est assez amusant de prendre son repas au marché. La soupe servie dans un petit sachet en plastique, le riz sauté dans des feuilles de bananier, des champignons bizarres enroulés dans du bacon, ou les jus de fruits dans des troncs de bambous. La cerise sur le gâteau de cette succulente gastronomie se trouve dans un petit étal un peu à l'écart du marché : celui du vendeur d'insectes. Plusieurs sortes de sauterelles, de vers à bambous. Nous les cherchions depuis plusieurs jours, les voila enfin. Un beau dernier challenge en guise d'apothéose de ce beau voyage. Tout d'abord le vers à bambou. Salé et grillé, pas très charnu, il ressemble un peu à un chips soufflé, fuyant en bouche. Probablement par manque d'habitude et un peu par dégout, on l'avale le plus vite possible. Il ne gardera pas un souvenir impérissable. C'est dommage parce qu'il est facile à se procurer : on vend des boites de vers à bambous grillés dans les magasins de souvenirs de l'aéroport! Deuxième épreuve, la sauterelle. Beaucoup moins agréable, parce qu'on ne peut pas se débarrasser de la sensation. Ni le demi litre d'eau, ni la grande bière, ni le brossage des dents intensif ne parviendront ce soir-là à estomper la sensation d'avoir encore une patte ou une aile de sauterelle coincée quelque part entre les dents ou dans la gorge.






Et voila, nous aurons eu des aventures étonnantes jusqu'à la fin! Mais il est malheureusement déjà l'heure de rentrer, de quitter la canicule Thaïlandaise pour l'hiver tardif Européen.

Nous nous retrouverons très prochainement pour un dernier texte en guise d'épilogue, qui résumera toutes les questions que vous ne manquerez pas de nous poser. Style «quel est le pays ou les gens sont le plus sympa ?» ... Si vous avez déjà ce genre de question, n'hésitez pas à nous les communiquer, par le blog, par email ou encore mieux, de vive voix lorsque nous nous reverrons.


Voici les photos de Chiang Mai et aussi les photos en retard de Bangkok, que nous n'avions pas pu ajouter la dernière fois.


A très très bientôt
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Comments

Jeanine on

Merci pour ce dernier "reportage". Mais franchement, la Thaïlande, ça ressemble à un marché d'esclaves, non ? J'aime bien l'expérience "insectes succulents" Il paraît que là se trouvent nos protéines d'avenir.... Bon retour sur la terre ardennaise.

tibuandtintin
tibuandtintin on

Merci Jeanine, fidèle lectrice! Pour les insectes, c'est peut etre une protéine du futur, mais alors il faut la présenter autrement, mélangée a autre chose pour ne pas qu'on s'en rende compte. Dans de la viande pour des lasagnes par exemple, pourquoi pas? Quant à notre retour en ardenne, heureusement que le printemps est arrivé hier ... pour réduire un peu l'écart de températures avec les 38 degrés quotidiens de Chiang Mai.

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