La cité interdite des empereurs

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013

Flag of Vietnam  ,
Saturday, February 16, 2013



Sin Chao tout le monde


Notre dernière grande étape au Vietnam nous amène à Hué, la ville des empereurs.



Le tombeau japonais


En quittant Hoi An, nous visitons le tombeau japonais du 17ème siècle dans les rizières, et nous avons encore été victimes de la technique de pêche des Vietnamiens. Leur appât se résume en 3 phrases : « Hello, excuse me, how are you ? What's your name ? Where are you from ? ». Si nous répondons à ces 3 phrases, on a mordu à l'hameçon. Avant qu'on ait le temps de réagir, nous sommes dans ses filets : on fait de belles photos dans les rizières, avec son chapeau conique, avec des plants de riz, petites blagues, bâton d'encens sur la tombe. En partant il demande qu'on fasse une donation « pour bouddha » dans une petite urne sur le tombeau. Il s'est bien gardé de nous le dire avant, comme si un pêcheur disait au poisson : «  si tu manges le vers qui est au bout de ma ligne, tu finiras dans mon assiette ». Voyant que le billet était trop petit à son goût, notre pêcheur va le rechercher dans l'urne et il nous le rend en nous disant qu'il faut donner beaucoup plus (on avait donné 1$, il en voulait 10). On refuse, et la, il nous fait le visage qu'on a déjà vu trop souvent, à la fois très fâché et on a l'impression qu'il va se mettre à pleurer. Ils sont durs, ces Vietnamiens. Leurs sourires ne sont jamais gratuits ou désintéressés : s'ils sourient aux touristes, c'est surtout pour leur vendre quelque chose.



Le col des nuages


Après Hoi An et Danang, la route s'élève et on passe par le col des nuages, qui est censé marquer une coupure climatique entre le Nord et le Sud du pays. D'ailleurs le jour où nous y étions, il faisait beau soleil au Sud, à Hoi An, et couvert au Nord, à Hué. Au sommet du col, comme d'habitude beaucoup de vendeurs collants et insistants, pendant qu'on visite quelques fortins chinois et vietnamiens en admirant la magnifique vue sur Danang d'un coté, et Hué de l'autre.

Enfin nous arrivons dans la ville impériale, capitale du pays pendant plusieurs siècles. Formellement, 13 empereurs s'y sont succédé entre 1802 et 1945, mais en pratique le pays était colonisé par les français à cette époque, et les empereurs en étaient les pantins. La citadelle inspirée de la Cité Interdite pékinoise, et les fastueux tombeaux impériaux disséminés dans la campagne autour, entre rizières et collines, lui ont valu d'être inscrite au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Situées sur chacune des berges de la rivière des Parfums, ces oasis de tranquillité valent à Hué un charme décalé, intemporel. La ville est agréable également parce qu'il n'y a pas trop de questions à se poser, tous les hôtels et les restaurants sont bien centralisés sur 2 ou 3 rues. La cité impériale est juste de l'autre côté de la rivière.



La cité interdite


Il faut presqu'une demi journée pour visiter la cité interdite, sous un soleil de plomb. Le site est immense. Les majestueuses portes, avec leur somptueuse architecture orientale, invitent à entrer. A l'intérieur, les palais succèdent aux … ruines des autres palais bombardés pendant la guerre, malheureusement. Mais parmi ceux qui restent, le palais du trône, le théâtre royal, le palais de la Reine Mère, celui de la grand-mère, le temple du culte, le « palais des quatre directions sans problèmes », la porte de la paix. Dans les jardins, des éléphants domestiques assurent le divertissement et remplissent les cartes-mémoire des appareils photo des touristes asiatiques.



Le pont couvert de Than Toan


Au cours d'une chouette ballade en vélo, nous avons découvert le pont couvert de Than Toan, un petit bijou à 10 kilomètres de la ville, en traversant une nouvelle fois de magnifiques rizières. Le pont ressemble à celui de Hoi An, qui est plus célèbre, beaucoup plus touristique et plus photographié. Nous avons apprécié l'ambiance de ce petit village, les habitants qui paraissent sur le seuil de leur maison, d'autres qui jouent sur la place centrale à cet espèce de « loto » aux caractères chinois que nous avions déjà vu lors du Têt. Certaines femmes s'activent au bord de la rivière: elles font la lessive ou la vaisselle dans l'eau de la rivière! Nous avons l'habitude maintenant de ces scènes d'un autre temps, comme le passage à niveau manuel, qui offre un métier qu'on imaginerait plus chez nous. Ou la charrette tirée par un âne, si doucement rurale et romantique qu'elle manque à nos campagnes trop rapides. Plus moderne mais tout aussi amusante, les immenses bottes de canne à sucre ou de riz transportées sur le siège arrière d'une mobylette, vues de dos, ont des airs camouflage.



Les tombeaux impériaux


Impossible de venir à Hué sans faire la « tournée des grands-ducs », ou tournée des mausolées des empereurs dans ce cas précis. Chacun rivalisait de grandeur, beauté et démesure avec son prédécesseur pour définir lui même les plans de sa tombe. Nous en avons visité 3 : Khai Dinh, Minh Mang et Tu Duc. Des similitudes, mais des différences. L'un est presque en ville, l'autre est étalé sur plusieurs hectares à la campagne, et le troisième est à flanc de colline. Encore de grandes et belles portes, une succession de cours intérieures, des allées de mandarins en statues de pierres, comme pour garder l'endroit. Ils ont également tous une grande et magnifique « stèle ». Puis la dernière cour donne sur la tombe. Pour Khai Dinh, dernier empereur a avoir construit un tombeau, la pièce même du tombeau frise le délire ! Statue en bronze grandeur nature de l'empereur, soleil couchant pour symboliser la disparition du souverain, et un festival de mosaïques. Pour les mosaïques, les empereurs encourageaient certainement les scènes de ménage, parce qu'elles sont constituées de morceaux de vaisselle cassée : assiettes, bols, cuillers en porcelaine étaient brisées, et les morceaux collés bout à bout d'après leur couleur pour donner un bel effet d'ensemble.



Quelques jours en ville


En ville, la Boulangerie Française est parfaite pour changer un peu de nos omelettes ou soupes de nouilles au bœuf qu'on nous sert au petit déjeuner depuis les 4 semaines que nous sommes au Vietnam. Enfin des croissants, des pains au chocolat, de la confiture! En plus la Boulangerie Française de Hué est de nouveau une entreprise socialement responsable, puisqu'elle enseigne la boulangerie à des jeunes de la rue, pour leur donner un vrai métier. Raison de plus pour en parler.

Comme ailleurs dans le pays, Hué déborde de magasins de souvenirs, vêtements et autres babioles. Le service au Vietnam est particulièrement agressif: à peine posé l’œil sur un étal, une marchandise, que la vendeuse vient nous voir « Hello, How are you ? Where are you from ? What's your name ? » pour essayer de nous vendre quelque chose. C'est un peu l'extrême de certains magasins en Europe, ou il faut parfois insister pour que la vendeuse lève enfin les yeux de son téléphone portable et vienne nous servir.

Et à l'image des karaokés, si populaires en rue, du vacarme des locaux au restaurant, ou des inoubliables klaxons, le Vietnam est un pays de bruit. C'est dommage parce que c'est aussi un pays d'oiseaux en cage, nous en avons vu beaucoup ici. En plus d'enfermer ces pauvres animaux, on n'a même pas le plaisir de les entendre chanter.

Nous avons également vu beaucoup de papillons au Vietnam. Trop rapides pour les photographier, comme pour nous rappeler que les plus belles images de notre grande aventures sont gravées à jamais dans notre mémoire à défaut de l'être dans la pellicule. Nous proposons déjà beaucoup de photos à nos lecteurs, mais il y a encore beaucoup plus de magnifiques images que nous garderons pour nous.


Voici les photos de Hué


A très bientôt pour un texte dédié à la guerre du Vietnam.


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Comments

JY on

Is this the new JP style with the hat ?

tibuandtintin
tibuandtintin on

Et encore, tu n'as pas vu mon gros tatouage maori sur le mollet gauche! :)

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