Scènes de vie autour de Hoi An

Trip Start May 07, 2012
1
95
102
Trip End May 01, 2013


Loading Map
Map your own trip!
Map Options
Show trip route
Hide lines
shadow
Where I stayed

Flag of Vietnam  , Quảng Nam,
Wednesday, February 13, 2013





Sin Chao tout le monde



Nous sommes toujours à Hoi An pour jouer les prolongations. Avec le Têt, l'horloge tourne au ralenti: l'ambassade de notre prochain pays est fermée, donc il faut attendre pour le visa, les avions sont chers parce que les Vietnamiens rentrent chez eux, il faut être patient, ce qui nous convient parfaitement: il fait beau, la ville, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO est magnifique, plage de cocotiers à 4 km, que demander de plus?



C.H.I.A.



Comme nous restons plus longtemps à Hoi An, nous pensions nous rendre utile et faire un peu de bénévolat. Les associations humanitaires, ce n'est pas ce qui manque au Vietnam. Ce qui arrive souvent, c'est une personne d'Australie en retraite ou pré-retraite, qui se lance dans le grand bain de l'humanitaire et s'installe à Hoi An, pour aider dans divers domaines. ProjectIndochina aide dans des projets d'eau potable au Cambodge et au Vietnam. Pour financer leurs projets, ils ont créé un restaurant à Hoi An, le White Lotus: un de nos endroits préférés, et juste en face de notre hôtel. Mais nous nous sommes plus intéressés au projet C.H.I.A. (Children's Hope in Action). Robyn l'australienne a créé l'association il y a 13 ans. Aujourd'hui ils sont actifs dans la santé, le handicap, l'éducation et le logement. En ce qui concerne l'éducation, ils ont créé un espèce d'internat pour les adolescents dont les parents sont pauvres et vivent trop loin à la campagne, et qui risquaient de devoir arrêter leurs études. Malheureusement ce sont les congés du Têt, tout s'arrête. Les enfants rentrent dans leurs familles, et ceux qui n'ont pas de famille vont avec un ami qui en a, pour avoir un vrai têt traditionnel: seul le concierge Thien reste au centre pendant le têt. Nous voulions leur offrir des vélos avec notre cagnotte « volontariat » : même ça, c'est tombé à l'eau avec le Têt. Le seul petit travail que nous avons pu faire, c'était laver le plafond du réfectoire de l'internat. Un petit job sympa, qui nous a tenu occupés pendant 2 après-midi avec Thien et Vu. A notre façon, nous avons ainsi contribué au grand nettoyage d'avant-têt.

A la pause, nous nous rafraichissons de morceaux de pastèque bien mûre. Je remarque que Thien enlève les pépins, comme beaucoup de gens. Thien est un ancien SDF, qui travaillait avant comme bagagiste dans les hôtels, vivant des pourboires que les touristes lui laissaient. Il a été engagé par CHIA qui voulait lui donner un vrai travail, avec salaire et logement stable. Il est toujours avide de parler anglais, pour apprendre, et il aborde le sujet des fruits, ceux qu'on connait en Europe et ceux qu'on ne connait pas. Le plus mythique est certainement le fruit du dragon, à la belle pelure rose, des écailles à reflets verts qui font penser à une boule de feu. La chair ressemble à un kiwi albinos, blanche avec plein de petits grains noirs. Le goût et la texture ressemblent au kiwi d'ailleurs. 
Je lui demande

- "Tu en manges souvent?"
- " Non, jamais, je n'aime pas", me répond-il
- "Pourquoi?"

Et la il me sort, avec une belle simplicité :
- " Il y a trop de pépins à enlever!" 



A bicyclette


Comme Thien était seul à l'internat de CHIA, nous lui avons rendu visite pour la nouvelle année, avec l'enveloppe de "lucky money » de circonstance, et il nous a proposé une balade en vélo dans les rizières et petits villages reculés, s'évader du vacarme de la ville pour quelques heures de l'autre côté de la rivière. Et c'est au milieu d'un carrefour bondé de voitures et de mobylettes, que nous nous rendons compte que son vélo ...  n'a pas de freins! Ce n'est pas nécessaire, avec l'expérience, il a la technique: il suffit d'arrêter de pédaler pour ralentir un peu avant, freiner avec ses pieds et sauter du vélo pour s'arrêter complètement.

Le ferry pour traverser la rivière valait vraiment la peine, en tant qu'expérience locale. Pas un centimètre carré libre pour charger une mobylette supplémentaire sur le pont du bateau. Et les gens se coincent tant bien que mal entre un pot d'échappement et un guidon. Une sécurité toute relative, mais tout s'est passé sans encombres et pour pas cher! Dans le village, nous avons découvert le jeu du "king". C'est très similaire à notre jeu d'échecs, avec des caractères chinois. En version géante, c'est un grand tableau ou tout le village peut discuter stratégie (ils ne travaillent pas, puisque c'est le Têt). Mais la version de table existe dans beaucoup de "coffee shop", ces café typiques ou les hommes passent tout leur temps. Ces escapades sur deux roues sont également l'occasion de visiter de nouveaux temples et surtout le village de la soie, avec une belle explication de toutes les étapes, depuis les champs de mûriers pour nourrir les vers jusqu'aux étoffes.



Anniversaire communiste


Le jour anniversaire de votre humble Tintin reporter coïncide avec l'anniversaire du parti communiste vietnamien, fondé en 1930. Encore un jour férié ici, et c'est l'occasion d'une petite réflexion sur le communisme moderne (tant pis si on se fait censurer à la frontière en quittant le Vietnam): l'idéologie se réclame d'une société égalitaire, pourtant nous avons rarement vu un pays avec autant d'individualisme. C'est du chacun pour soi. Probablement à cause de la pauvreté du pays, ils essaient de survivre comme ils peuvent.Il y a souvent 4 ou 5 échoppes l'une à côté de l'autre qui vendent tous exactement la même chose , présenté exactement de la même manière ( le quartier des 36 rues de Hanoï n'était pas une exception), cela reste la compétition entre eux pour hameçonner le client. La circulation c'est pareil: chacun pour soi. Impatients, ils ne connaissent pas le concept de file d'attente non plus. Et ils n'ont pas l'air très endoctrinés par l'omniprésente propagande du pari. Dans certains hôtels, Facebook ne fonctionne pas sur le réseau sans fil, et fonctionne sur les ordinateurs fixes de la réception. Est-ce une espèce de censure? Difficile d'en être certain, mais c'est le seul site qui pose problème, et pas partout.

Parlant de pauvreté, le Vietnam est d'après nous assez mal en point. Parmi les pays que nous avons visités, nous le classerions dans la même catégorie que la Tanzanie, moins développé que la Bolivie par exemple. Les infrastructures sont inadaptées, c'est le tiers monde. Par exemple les inondations de plus de deux mètres sont fréquentes, mais en saison sèche, ils ont des coupures de courant parce qu'il n'y a pas assez d'eau dans les rivières pour alimenter les centrales hydroélectriques



Gastronomie



Pendant que la viande de cheval à l'air de revenir à la mode en Europe dans les plats préparés, nous continuons à nous régaler de ces plats aux libellés poétiques qui donnent envie rien qu'a lire le menu. Cela nous appelle nos restaurants asiatiques d'Europe, à la différence que tout vient du marché local, tout est frais: maquereau au curcuma dans sa feuille de bananier, salade de fleurs de bananier avec wok de fruits de mer, le délicieux liseron d'eau (morning glory), ou les feuilles de moutarde sautées aux champignons, riz sauté avec poulet façon Hoi An, thon blanc grillé avec sauce à la mangue. Et pour améliorer nos techniques culinaires, la leçon du jour: rouleaux de printemps frits façon Hoi An, poisson cuit dans un pot en grès et crêpe vietnamienne.

Ici, la vie se passe en rue, nous l'avons déjà dit. Mais cela reste perturbant quand nous commandons à manger et le plat arrive non pas des cuisines, mais de la rue! Cela nous est arrivé souvent pour une glace et une pizza, ou même pour le Pho Bo, soupe de nouilles au boeuf, qu'on mange au petit déjeuner à Hanoï. Un jour à Hoi An, nous avons vu quelqu'un qui arrivait dans le restaurant avec un bol de soupe... en mobylette! On nous a raconté que pour pouvoir offrir toutes sortes de pizzas sur leur menus, certains restaurants "sous-traitent": si quelqu'un leur commande une pizza, ils se la font vite livrer en mobylette, puis la sortent discrètement du carton et la présente sur une assiette.



Les rizières


En séjournant un peu plus longtemps, on commence à prendre nos aises dans la ville de Hoi An, jogging matinal dans les rizières, vélos, plage, restaurants et promenades dans la vielle ville que nous connaissons presque par cœur maintenant. Les rizières sont magnifiques et précieuses pour l’œil et les photos : les rues du Vietnam sont remplies de magasins, constructions à moitié commencées, d'autres à moitié terminées, temples, déchets...  mais cette cacophonie urbanistique s'arrête aux rizières qui par leur lignes droites et la pureté du vert, donnent de la structure au panorama et permettent de reposer le regard. Par contre il faut reconnaître que le travail pour produire du riz n'est pas facile : les chapeaux coniques sont constamment en train de travailler dans leur champ, le dos courbé.



Aie!


Frapper est dans la culture vietnamienne. C'est assez marrant, ce sont les femmes qui frappent les hommes, pour taquiner. La femme de ménage de l’hôtel a Hoi An m'utilisait systématiquement comme punching-ball, probablement parce qu'elle m'aimait bien. En ville aussi, si une fille aime bien un garçon, elle le frappe, c'est leur technique de drague! Par contre quand les parents frappent leurs enfants, c'est plus triste. Un jour, en rue, un père frappait son enfant de 6 ou 7 ans, avec un bâton. L'enfant pleurait évidement, mais quelques minutes plus tard, il continuait à désobéir et le père s'apprêtait a lui en remettre une deuxième couche, prenant son enfant par la main, son bâton dans l'autre. Et comme la vie se passe toujours dans la rue, une vieille touriste américaine qui avait vu la première scène s'est interposée, empêchant le père de corriger son enfant. C'était une situation assez délicate, parce que c'est dans la tradition ici, et l'homme a été pris par surprise, devant toute sa famille et ses amis, et s'est enfui tout penaud, sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait.

Plus amusant, l'autre "défaut" des vietnamiens est leur curiosité, que ce soit quand on traverse la réception avec un sac de linge "C'est quoi que tu transportes là?" ou dans notre dos quand on est devant un écran d'ordinateur, "Tu fais quoi?".

Mais il est temps de quitter Hoi An, et de nous diriger vers la cité interdite impériale de Hué, encore une étape qui s'annonce palpitante.


Voici les dernières photos de Hoi An


A très bientôt



Slideshow Report as Spam

Comments

torenaga
torenaga on

Our guide in Tanzania told me I should beat my wife more often .... now I see it was probably to show how much I love her :-)

tibuandtintin
tibuandtintin on

qui bene amat, bene castigat

I am not sure if latin is available in Google Translate, but you will figure it out :)

JY on

Pas mal, il fallait le placer en latin dans un sujet sur le Vietnam;-)

Add Comment

Use this image in your site

Copy and paste this html: