Le jour où la terre a tremblé

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Flag of New Zealand  , Canterbury,
Thursday, December 20, 2012

Bonjour tout le monde!

Samedi 4 Septembre 2010, 4h 35 du matin. Un séisme de magnitude 7.1 sur l'échelle de Richter vient de frapper la ville de Christchurch. Les dégâts sont considérables, mais il n'y a pas de victime directe.

6 mois plus tard, le mardi 22 Février 2011 a 12h 51 un autre tremblement de terre de magnitude 6.3 a frappé la ville. Cette fois plus proche du centre-ville, des secousses plus rapides et faisant 185 victimes dans une ville déjà affaiblie.

Repas de Noël

Mais avant d'explorer Christchurch en détails, le road trip qui nous y amène, longeant la côte Est de l'île du Sud, nous offre quelques étapes sympathiques. Le long de la route, il y a des caravanes – restoroutes un peu comme les baraques à frites de la Nationale 4. Au lieu de frites, ils vendent du homard frais pêché sur la côte juste en face. Nous ne pouvions résister à ce plat de Noël avant l'heure. Quelques kilomètres plus tard, il y a une cascade d'eau de source pas banale, à 500m de la mer. En hiver, donc hors saison pour nous, les maman otaries y emmènent leurs bébés pour jouer, le temps qu'elles aillent chercher à manger. Il parait que le spectacle de ces animaux dans la forêt, rejoignant la piscine naturelle de la cascade, est craquant. Une espèce de garderie pour bébés otaries. Les road-trips de Nouvelle-Zélande réservent toujours de belles surprises.

Fromage kiwi?

Un détail qui surprend dans les supermarchés de Nouvelle-Zélande, c'est que les fromages sont très chers, comparé avec les autres produits alimentaires. C'est étonnant quand on voit le nombre de vaches dans la campagne. Ils produisent énormément de lait, mais le prix est biaisé par un système de taxes et d'exportation. Fronterra, la plus grande compagnie laitière du monde, est pourtant Néo-Zélandaise. Nous n'auront donc pas de fromage cette année a Noël. Dans le même style, le vin Néo-Zélandais est presque toujours plus cher que le vin Australien, en Nouvelle-Zélande. Bizarres, ces kiwis.

Comme une autoroute wallonne

En général lorsque nous arrivons dans une ville, nous prenons un plan des rues et naïvement peut-être, nous commençons à rouler en direction du centre. Ici à Christchurch, grosse surprise: la plupart des rues du centre-ville se terminent dans un océan de dévastation par ... une grille de travaux, une voie sans issue et un immeuble détruit devant nous! C'était très émouvant. Et encore, ça a bien changé depuis le dernier tremblement de terre, ces quatiers d'immeubles détruits qu'ils appellent la "red zone" se réduit et depuis peu il y a même une rue pour traverser le centre, mais encore dans un seul sens pour le moment. L'office du tourisme local, toujours logé dans des bâtiments temporaires en préfabriqué, publie régulièrement un nouveau plan de la ville avec une mise a jour de la "red zone". Aujourd'hui, presque 2 ans après le deuxième tremblement de terre, elle fait encore une dizaine de pâtés de maison, au début elle était 5 fois plus grande. Lorsque les ouvriers de construction prennent leur pose, cela ressemble à une ville abandonnée, comme dans les Westerns Hollywoodiens, avant le face-à-face final entre les deux cow-boys.

Les panneaux de signalisation temporaires restent plus fréquents que les permanents. Une portion de rue ombragée, une taque d'égout qui a bougé et bang!, voila un ralentisseur efficace, mais inattendu et pas renseigné! Les routes sont rafistolées à la va-vite. Un vrai contraste avec le reste du pays ou les voies de circulation sont toujours impeccables. Ici, c'est un peu comme une autoroute wallonne, avec feu le ministre des transport Papa Daerden, Dieu ait son âme, qui n'est plus là pour reboucher les trous.

Et si Luxembourg a ses banquiers en ville, Christchurch a ses ouvriers en construction, qu'on croise partout: il reconstruisent la ville. Le centre, qui était plus faible avec toutes les canalisations, à été le plus touché. Mais certaines maisons de la banlieue on vu surgir des rivières souterraines en plein milieu du salon! La côte a également été touchée, et nous avons vu l'effrayant spectacle de ces maisons construites en haut de la falaise, avec vue imprenable sur le grand large. Aujourd'hui la moitié de la maison se retrouve 50 mètres plus bas. Toutes les maisons en bord de falaise sont maintenant vidées, peu importe qu'elles aient été touchées ou pas, c'est devenu trop dangereux. La route en contrebas, qui longe la côte, est protégée des avalanches de pierres par une rangée de containers.

Nick et Helen

Le témoignage local était particulièrement dans cette ville parce que le tourisme catastrophe n'est pas notre tasse de thé, alors la moindre des choses c'est d'essayer de comprendre. A Christchurch c'est impossible de ne pas voir ou ressentir l'émotion qui ressort de ces immeuble détruits et nous avions besoin d'en savoir plus. Nick et Helen, un couple estonio-kiwi, ont été de vrais lutins de Noël avant l'heure pour nous. Le courant passe bien, les discussions sont intéressantes et ils nous accueillent chaleureusement et nous proposent spontanément de faire une lessive et d'utiliser leur accès internet. On termine notre repas de midi sur un "Repassez vers 6 heures, votre linge sera fait et on boira une bonne bière!" qui se terminera par un somptueux barbecue avec cidre estonien.

On se sent un peu gênés de poser toutes ces questions que tout le monde doit leur poser, mais en fait ils sont assez cool avec ça. Qu'avez vous ressenti quand la terre a commencé a tremblé? Vous avez eu des dégâts dans votre maison? Vous étiez à la maison? L'histoire personnelle de chacun colle à l'histoire de la ville. Helen devait faire du shopping au moment de la deuxième secousse. Par chance elle était en retard, parce que son magasin favori s'est effondré, faisant une victime qui aurait pu être elle. Et leur maison venait juste d'être terminée quelques semaines avant le tremblement de terre. Par chance encore, ils étaient un peu à l’écart de l'épicentre, et surtout Nick avait insisté sur les fondations de la maison, donc à part quelques objets tombés des étagères, leur belle maison qui sent bon l'Estonie est intacte. Mais c'est là qu'on comprend l'importance des barres de fer dans le béton des fondations. Les entreprises de construction peu scrupuleuses qui on voulu faire l'économie de pas en mettre, avec ou sans l'aval du propriétaire, en ont vu l'effet immédiat. Le moindre défaut de construction se paie cash.

Et après?

Les assurances ont globalement couvert les dégâts chez tout le monde, même si une petite compagnie locale a du faire faillite sous les demandes de remboursement. Mais aujourd'hui, c'est tout le pays qui voit ses primes d'assurance augmenter: les compagnies savent que ça peut recommencer n'importe ou n'importe quand.

Dans les films style "le jour d'après" ou autres Hollywoodiens, le lendemain d'une catastrophe, il fait toujours beau soleil, et les gens inspectent les dégâts, l'actrice est un peu décoiffée et l'acteur est en marcel sale avec une égratignure sur le biceps saillant. La réalité est un peu différente, puisqu'il y a les répliques, qu'on a parfois tendance à oublier: tous les jours pendant les 6 mois qui ont suivi la catastrophe, Christchurch a connu un mini tremblement de terre, jusqu'à ce que ça se calme. Ça fait froid dans le dos.

Et pour fêter Noël alors? Dans ce décor d'apocalypse, ils ont simplement mis leurs guirlandes sur les chantiers comme ils ont probablement fait l'année dernière et on essaie de penser à d'autres choses plus joyeuses. Si Christchurch nous rappelle l'impermanence des œuvres de la main de l'homme, la vie doit continuer.

Voici les photos de Christchurch

A bientôt!
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Comments

Jeanine on

Pas vraiment joyeux, ces souvenirs de catastrophes. J'espère que vous allez fêter le passage à l'an neuf dans un décor plus heureux et déjà, je vous souhaite une année 2013 à la hauteur de 2012.

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