Les fêtes de l'île de Pâques

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Monday, November 12, 2012

Iorana! Pehe koe?  (Bonjour, comment ça va? en langue Rapa Nui)

Voici donc le bout du monde, à 3700 km ou 5 heures d'avion de la ville la plus proche,Santiago, sur une île de 5000 habitants. La route goudronnée qui traverse l'île dans sa grande diagonale, fait 18km de long! Un endroit isolé, découvert par des zollandais le dimanche de Pâques 1722, probablement égarés lors d'une chasse aux œufs. En plein Pacifique, l'île est balayée par des vagues géantes, très appréciées des surfeurs. Et les couleurs sont pures. D'un bleu marine intense à l'horizon, la mer s'éclaircit au fur et à mesure que le mur se forme, la vague se charge d'écume, pour venir s'écraser, blanche comme neige, en parfait contraste sur la roche volcanique noire. Et quand la mer est calme, l'eau est tellement claire qu'on peut voir à plusieurs dizaines de mètres de profondeur.

Anakena, la seule véritable plage de l'île, est entourée de cocotiers importés de Tahiti. A part ça, très peu d'arbres sur l'île, le paysage ressemble souvent aux Highlands écossais, même si les botanistes diront probablement que la flore est tout à fait différente. Et la faune est aussi pauvre à nos yeux de non-spécialistes. A part les tortues géantes des galapagos, qui trainent toujours autour du village de  Hanga Roa, nous n'avons vu que des vaches et des chevaux.

Pourrons-nous quitter Santiago?

La tradition ici est d’accueillir le touriste avec un collier de fleurs. Mais notre départ chaotique de Santiago nous a empêché de faire une réservation d’hôtel, donc personne ne nous attendait. En fait nos billets tour du monde "open" sont valable pendant un an, mais ne sont pas réservés sur un vol en particulier. Un malentendu avec British Airways nous a fait croire que nous étions bien prévus sur le vol, mais nous n'y étions pas, et tous les vols de la semaine étaient remplis. La seule solution était alors de venir à l'aéroport de Santiago deux heures avant le décollage, sans réservation, faire la file et espérer une annulation d'autres personnes pour pouvoir prendre leur place. A répéter tous les jours jusqu'à ce que ça se libère. Et c'est ce que nous avons fait, et par chance nous avons décollé le premier jour.

Les mystérieux Moais

Les Moais sont ces fameuses statues de pierres dressées au bord de la mer. Le symbole de l’île. Ils représentent l'âme d'un défunt, son mana. Et ils ne sont pas tournés vers la mer, mais plutôt vers le village, pour lui apporter abondance et fertilité grâce à la force de son mana. Petit à petit, il y a eu une compétition entre les tribus pour avoir les plus grands Moais. Le plus grand qui ait jamais tenu debout faisait 10 mètres de haut. Le plus grand dans la carrière, qu'on appelle "le géant", pas encore terminé et jamais transporté, fait 21 mètres.

Il y a beaucoup de mystère autour de l'apparition de ces Moais. Mais leur origine est bien de l'île, nous avons visité la carrière, sur les flancs d'un volcan. Ils sculptaient les gros traits directement dans la montagne, puis détachaient la statue de la roche avec un ingénieux processus de quille sous la pierre, vidée progressivement, ils faisaient glisser la statue dans une fosse en contrebas, pour sculpter les détails. Mais c'est pour le transport vers les villages que les théories divergent. Un archéologue a calculé que pour un Moai de 10 mètres, il fallait 20 sculpteurs pendant un an, puis 100 personnes pendant 3 mois pour le déplacer, et enfin 100 personnes pendant 6 mois pour le redresser progressivement. Vous y croyez, vous? Les deux autres théories paraissent plus réalistes: les statues se déplaçaient toutes seules, en marchant, ou bien des extraterrestres les ont déplacées vers les villages.

La pierre appelée "nombril du monde" est un autre mystère de l'île. L'armée chilienne a détecté des anomalies magnétiques autour de la pierre, et nous pouvons le confirmer: les boussoles s'affolent quand elles s'en approchent. Les scientifiques Jack Shepard et Kate Austen cherchent encore une explication (une carte postale au premier qui comprendra l'allusion). L'île habitée la plus isolée de notre planète recèle bien des secrets.

Tapati Rapa Nui

Tous les ans en février se déroule la fête de Tapati Rapa Nui. Elle attire énormément de touristes, l'île fait le plein à ce moment. Nous n'aurons pas l'occasion d'y assister mais on en a beaucoup parlé, et elle mérite une petite description. Pendant deux semaines, des compétitions se déroulent pour élire la reine de l'île, style miss Île de Pâques. Chaque compétition rapporte des points à la candidate, basé sur des vieilles traditions: cuisiner le poisson, travailler des fibres de plante pour obtenir un papier, danser ... Et chaque candidate a son équipe. Les hommes font un triathlon traditionnel sur le cratère du volcan Rano Raraku (celui de la carrière des Moais): traverse en canoë, course autour du lac avec des régimes de bananes sur les épaules, et nage avec le flotteur en roseau, pour apporter des points à la candidate de leur camp. Il y a aussi des groupes de danse, avec costumes folklorique. Plus le groupe est grand, plus les costumes sont beaux, et plus cela rapporte de points à la candidate. Toute l'île s'y met: la police, l'armée et l'hôpital sont tirés au sort pour savoir quelle candidate ils vont supporter! C'est toujours pratique de pouvoir utiliser les camions de l'armée pour transporter du matériel. Bref, la grosse organisation pour ces deux semaines. Ces dernières années, des sponsors se sont joints à la fête. La gagnante reçoit une voiture, des bijoux, et fait de la représentation internationale, comme une vraie miss. Mais comme l'île est petite et l'organisation coute cher, il y a en fait ... seulement deux candidates!

La compétition de l'homme-oiseau.

Autrefois, le temps fort de l'année culturelle à Rapa Nui était l'homme-oiseau; mais la compétition a disparu depuis 1870. Pour marquer le début du printemps, les chefs de tribu se réunissaient à Orongo, un magnifique village construits sur les flancs d'un volcan, qui tombent en falaises dans la mer, au sud de l'île. Chaque chef, ou son représentant, nageait jusqu'à Motu Nui, un petit îlot au large. Ils y restaient quelques semaines, attendant que le manutara, une espèce de mouette, revienne de sa migration hivernale pour y nicher. Celui qui trouvait le premier œuf de cet oiseau avait gagné le prestige pendant un an.

La fête de la langue Rapa Nui.

Rapa Nui est le nom de l’île, mais aussi de la langue locale, très proche des langues de Polynésie. Et ici nous avons de la chance puisque nous pouvons assister à la fête de la langue. Le Chili protège bien ses langues traditionnelle, comme le Aymara et Quechua au nord, le Mapudungun des indiens Mapuche au centre, et le Rapa Nui ici. Il est enseigné dans les écoles primaires, ce qu'ils veulent faire aussi en Bolivie. C'est un peu une "fête des écoles". Toutes les classes se succèdent sur scène pour leur petit spectacle, des tout petits jusqu'aux ados et même des groupes d'adultes. Mais dans une ambiance polynésienne, avec des stands gastronomiques et culturels autour du site. Les invités de marque cette année sont des voisins: un groupe de Maoris des îles Marquises si chères au grand Jacques. A plusieurs milliers de kilomètres, c'est l'île la plus proche d'ici. Les Marquisiens se chargent des percussions pour la fête, et offriront, en apothéose, un spectacle de clôture haut en couleurs. Dans le style du haka d’Océanie, avec instruments et costumes traditionnels. Pour les hommes, il est composé tout simplement d'un petit cache-sexe du plus bel effet, décoré de plumes, colliers et tatouages. Les polynésiens ne sont pas vraiment "bâtis" comme nous. Dans le style de rugbymen Samoan, grands et musclés, plein de tatouages, et de longs cheveux en chignon. Ceux qui parlent français ont un délicieux accent polynésien, rrroulant les rrrr avec sourrrrirrre, Tahiti n'est plus très loin. Pour les femmes, le costume traditionnel se compose de bikinis en coquillages ou demi noix de coco, et colliers de fleurs comme on peut se l'imaginer. La fête des écoles n'est pas prévue pour les touristes. Ici, ils parlaient en rapa nui tout le temps, à peine quelques mots en espagnol. C'est de la vraie culture locale, et on en redemande!

Voici les photos de l'île de Pâques

A très bientôt.
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Comments

torenaga
torenaga on

Hi guys,
Happy Easter! Strange to think you're in such a remote place, and still sending blogs ;-)
Cheers
James

tibuandtintin
tibuandtintin on

Hi James. Actually internet was better in Easter Island than on some less remote places we have visited! And all the holidays are messed up for us this year: easter in november, christmas under the sun, no difference between a weekend and a week day ... but is it a bad thing? :)

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