Fête du printemps, de l'amour, des étudiants ...

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Where I stayed

Flag of Bolivia  ,
Friday, September 21, 2012


3 semaines au même endroit, un peu de stabilité nous fait du bien. Surtout que nous apprécions la ville, ses habitants, et nous pouvons facilement communiquer avec eux.
Notre séjour à Sucre est également l'occasion d'un peu de travail humanitaire. Grâce à Erik et un peu à la chance, nous avons deux endroits. Le premier est l'orphelinat "Tata San Juan de Dios" et le deuxième la « guarderia Ciruelito », une crèche. Il y a certaines similitudes: à peine arrivés, nous sommes entourés d'enfants qui veulent venir dans nos bras ou s'accrochent à nous. L'orphelinat est financé par l’Église et l’État, avec un très bon équipement pour les enfants. A la crèche, c'est la débrouille: ils s'en sortent surtout avec des dons. Ils accueillent les enfants de familles très pauvres de la banlieue de Sucre, dont les parents doivent aller travailler. Les parents paient un petit peu pour la nourriture, mais ce n'est pas suffisant. Les gens de la crèche sont beaucoup plus sympas que ceux de l'orphelinat, et on s'y sent plus utile. Donc si nous alternions les deux endroits au début, nous finirons par aller uniquement à la crèche. Et tous les jours quand nous partons, Andréa ou Clara viennent avec un grand sourire et des étoiles dans les yeux « vous revenez demain, hein?». Notre travail consistait simplement à nous occuper des enfants, à jouer les instits de maternelle pendant quelques heures le matin, pour faciliter la tâche des employés sur place. Nous avons acheté un peu de matériel scolaire au marché local. Et la plasticine, c'est vraiment super pour capter l'attention des enfants!

Entre sourires et nez qui coulent, les enfants sont adorables, mais très remuants et fatigants. Instit maternelle, c'est un métier difficile! A la crèche, leur hygiène laissait parfois à désirer, surtout avec une chasse d'eau cassée et un évier trop haut pour eux. Notre petite cagnotte humanitaire servira également à leur réparer tout ça. Notre travail à Sucre reste malgré tout plus léger qu'en Tanzanie, où nous logions directement à l'orphelinat. De plus, économiquement la Bolivie a l'air de s'en sortir un peu mieux que l'Afrique, Même si on assiste régulièrement à des situations choquantes comme les femmes qui refont les routes, en plein soleil de midi, ou ces nombreux mendiants en rue, souvent avec des enfants.

Mais pour mieux nous rendre compte du pays, nous avons fait une petite excursion à la campagne, au village Jatun Yampara dans la communauté Jalq'a, descendants directs des Incas. A seulement quelques dizaines de kilomètres de la ville, les gens n'ont pas l'électricité, ne parlent que le Quechua, et vivent très pauvrement au milieu des lamas et des mules. Dans le « bar » local, on nous fait gouter la chicha, un alcool traditionnel de mais, dans des coques de fruits. Mais avant, il faut en verser quelques goutes par terre, en remerciement pour la Pachamama (terre nourricière)!

Dans la série des des détails surprenants de la vie quotidienne à Sucre, nous pouvons citer évidement la langue Quechua, apprise avant l'espagnol dans les familles plus rurales ou pauvres. Tous les enfants de Ciruelito, et le staff également, parlent Quechua à la maison. Il y a aussi ce fameux baluchon en tissu multicolore, que les femmes transportent toujours sur leur dos. Il faut voir à quelle vitesse elles emballent leurs bébés, parfois déjà grands, à même le sol pour se l'attacher sur le dos. Nous commençons aussi à maîtriser la technique du marchandage au marché. Ici, on ne demande pas une réduction, mais plutôt le « Yapa », qui veut dire « mettez-en un peu plus pour le même prix ». Autre détail, plus délicat celui-là: à la crèche, il y a un petit garçon aux yeux bridés, probablement d'origine asiatique. Et son nom: Chino, ou Chin! Tout le monde l’appelle comme ça, même les puéricultrices. En Amérique du Sud, utiliser la race comme surnom n'est pas blessant, c'est dans la mentalité. On se souvient que les brésiliens parlaient beaucoup des « japs ». Et pour les footeux, on comprend mieux le point de vue de Luis Suarez, footballeur Uruguayen de Liverpool, qui a eu de gros problèmes parce qu'il avait traité Patrice Evra, joueur noir français de « negrito ». En Amérique du Sud, c'est tout a fait normal et ça ne choque pas! Mais eu Europe c'est évidemment inacceptable. Pour terminer avec la question des races, les gens d'origine africaine sont rares en Bolivie. Il y a une petite communauté dans les Yungas, descendants des esclaves des plantations de café. Et en Bolivie, si on croise une personne de couleur en rue, il faut pincer son voisin, ça porte chance ! Il y a aussi une statue noire dans les bars traditionnels, pour porter chance.

Les boliviens de la ville enchainent les fêtes et savent vraiment s'amuser. Le 21 septembre, soit seulement 6 jours après l'immense Entrada de la Virgen de Guadalupe, voila une autre grande fête qui se profile: c'est l'arrivée du printemps dans l'hémisphère Sud, la fête des étudiants et écoliers, mais aussi la fête de l'amour, l'équivalent de la Saint Valentin chez nous. Et pour donner encore plus d'importance à cette journée, c'est également l'anniversaire de notre photographe–bloggeuse en langue incompréhensible préférée. Et en plus, c'est notre dernier jour, et le dernier d'Erik aussi. Ce fut grandiose. Mais pour préparer la fête, il y a évidemment les défilés des étudiants ... tous les jours de la semaine, avec fanfare, pétards et masques.

D'abord nous sommes invités la veille du 21 par Fenix, l'école d'espagnol, pour un dîner en l'honneur des étudiants, offert et préparé par les profs. La sopa de Mani, une consistante soupe de cacahuètes (d'après son nom, même si il y a dedans tout sauf des cacahuètes, allez comprendre!), avec deux sortes de patates et des pâtes, fût excellente. Oui, ici en Amérique du Sud ils aiment associer les féculent. Ils ont d'ailleurs plusieurs centaines de sortes de pommes de terre différentes. Ils mangent du riz avec des frites, des pâtes avec de pommes de terre, ... C'était déjà le cas au Brésil. Pour terminer le repas, surprise avec la tradition autour du gâteau d'anniversaire.  Après avoir chanté et soufflé la bougie, on crie « El muerde la torta », pour que le jubilaire mange un peu de son gâteau sans les mains. Tibu, bien aidée par Pati, se fera copieusement entartrée. Et chaque étudiant de recevoir un petit cadeau de son prof. Belle attention.

Le lendemain matin, c'est l'effervescence à la crèche Ciruelito. Et comme d'habitude en Bolivie, on ne fait pas les choses à moitié. Ils ont répété les danses avec les enfants depuis quelques jours, et le spectacle était au point. Tous les enfants avaient revêtu leur plus beaux habits et, après l'hymne national, enchainaient les danses pour terminer avec le couronnement solennel de la reine du printemps: entrée de la garde royale, entrée des princes et princesses, pétales de fleurs représentés par des bouts de papier, entrée du roi et de la reine, du sceptre, et finalement de la couronne. Chaque petit garçon devait inviter une petite fille à danser, mais un petit a préféré inviter Tibu! Tout le monde a reçu des cadeaux. Ensuite, grand repas pour tout le monde, re-soufflage de bougies avec Andréa la responsable du centre et Sébastian, un enfant qui ont aussi leur anniversaire ce jour-là. Et pour terminer, Erik s'est transformé en clown pour la distribution de cadeaux. Les enfants s'en souviendront, et nous aurons du mal à les quitter.

Dernière soirée, et nous retrouvons tous nos amis pour un restaurant suivi d'une sortie en discothèque. Pas besoin de grande organisation, il suffit de prévenir la veille et tout le monde s'arrange pour être la! Ce sont surtout des gens de l'école d'espagnol, mais aussi du groupe de danse Pujllay (on a bien souffert ensemble!) et du couchsurfing. 15 personnes invitées, une vingtaine qui viennent pour un super repas d'adieu.

Voici les dernières photos de Sucre et un album spécial pour notre travail avec les enfants de la crèche.

A bientôt
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Comments

JY on

Very impressive effort, great work !

Jeanine on

Super, tout ce reportage ! Et quel contraste entre ville et campagne ! Il me semble que je préférerais le village, tellement pauvre, mais tellement authentique ! Les lamas ont l'air sympa, mais vous n'avez pas l'air vraiment rassurés...

Jeanine on

Great work with the kids.
And better late than never "Happy birthday to Sirli"

tibuandtintin
tibuandtintin on

Pour les lamas, le capitaine Haddock m'avait prévenu qu'ils crachaient, et je n'avais pas de parapluie! Mais en fait ce sont des animaux tres curieux et sympathiques, faut juste connaitre un peu leurs habitudes. Par contre la vie a la campagne, à cette altitude, c'est très difficile.

tibuandtintin
tibuandtintin on

thank you for the encouragements and the birthday wishes!

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