La Grande Entrada de la Virgen de Guadalupe

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Saturday, September 15, 2012

Holà, còmo esta?

Nous nous sommes quittés la semaine dernière sur une question: allons-nous participer à la grande entrée de la Vierge de Guadalupe ou non? Ne reculant devant aucun sacrifice pour vivre la culture locale, et vu que le ridicule ne tue pas au-delà de 2700 mètres d'altitude, nous nous lançons. Et puis, le rose me va si bien...

Pour commencer, il y a les répétitions: les hommes ont 11 chorégraphies différentes à apprendre et à mémoriser, plus les enchainements, les filles un peu moins. C'est Josh, un grand blond de Nouvelle-Zélande qui va m'apprendre, avec Alvaro un des jeunes responsables du groupe. La scène était particulièrement drôle: deux grands gringos (étrangers) qui font le mariole sur le trottoir, synchronisés tant bien que mal, avec leurs grands foulards roses. Les passants dans la rue ont bien rigolé. La deuxième répétition, le lendemain, sur un grand parking de la ville, s'est faite avec plus de monde, et d'autres débutants.

L'histoire de Josh est originale: militaire super sympa, il a appris le français en Afghanistan, où les divisions de Nouvelle-Zélande et de France travaillent ensemble à former la police locale. Il a des histoires passionnantes à raconter sur son expérience d'une année la bas. Et avec la prime de risque d'une mission aussi dangereuse, il se paie de grandes vacances en Amérique du Sud.

Progressivement, la ville de Sucre se prépare pour la grande entrée de la Vierge de Guadalupe, la plus grande fête de l'année. L'effervescence grandit. On parle maintenant de 78 groupes le vendredi et 58 le samedi, avec une centaine de personnes par groupe. Et tout le pays arrive pour assister au spectacle. Toutes les radios et télévisions seront présentes. Un matin de la semaine précédente, nous voyons une file énorme étalée sur deux rues: ils attendaient pour acheter leurs billets. En fait les trottoirs du parcours sont marqués tous les mètres. Et les gens achètent un ou deux mètres de trottoir pour leur famille. L'idée est bonne, elle permet une meilleure organisation dans la rue. Ils en font ce qu'ils veulent: des bancs, chaises, certains y installent des gradins de fortune ou plus ou moins sophistiqués, d'autres remettent leur mètre en vente immédiatement au marché noir.

Les danses sont les mêmes qu'aux répétitions (voir les photos et vidéos de la semaine dernière), mais avec les costumes. Malheureusement, notre participation se fera aux détriments des photos des autres groupes: on ne peut pas être partout. Dommage parce qu'on aurait bien voulu voir danser le groupe des Yungas, avec leur cirage sur le visage. Cette région du nord de la Bolivie a une grande communauté de noirs, venus d'Afrique pour les plantations de café à l'époque de l'esclavage. Leurs costumes avaient l'air sympas. Sur le lieu de départ, c'est tout un petit monde en effervescence. Outre les habituels vendeurs de nourriture et boissons au milieu de la rue, de nouveaux apparaissent pour vendre épingles de sûreté, épingles à cheveux, lacets, ... pour faire tenir tous les costumes et les réparations de dernière minute. Notre costume se compose de 15 pièces pour les hommes, à enfiler dans un ordre précis: pantalon blanc et noir avec des décorations, bas multicolores, haut du corps noir, ceinture en ruban de couleur, grosse ceinture en cuir, autre ceinture à grelots, carré de tissu traditionnel pour s'assoir, grandes bandes blanches dans le dos, comme une étole de prêtre portée à l'envers, qui symbolisent les ailes du condor, autre carré de tissu traditionnel autour du cou, tissu rose sur les épaules, chapeau «montero» qui est une copie évidente du casque des conquistadors espagnols, petite sacoche, les deux foulards roses pour danser et le plus important: les chaussures! Ce sont des blocs de bois de 10 centimètres de haut attachés aux pieds vaille que vaille avec de vieilles courroies de machines, et avec des espèces d'éperons à l'arrière pour faire du bruit, originellement pour monter à cheval. Avec les courroies qui coupent la circulation du sang, le poids des chaussures, les ampoules, la danse et l'état des routes, ce sont probablement les chaussures les moins confortables de toute ma vie! Dans notre groupe, nous avons deux personnes expérimentées et équipées qui ne font que refixer les chaussures des danseurs le long du parcours. Et ils ne chôment pas!

Notre groupe "Pujllay"est le plus traditionnel de Sucre. Le moins cher aussi. Certains groupes demandent 800 euros à chaque participant. Et ça devient un vrai business. Pour nous, ce sera 40 euros pour les hommes, 25 pour les femmes. Cela comprend le prix de la fanfare et la location du costume. Il a d'ailleurs un certain succès, surtout avec la dizaine de gringos (étrangers) du groupe. Il n'y a qu'une seule chanson, dont nous n'avons pas eu le temps d'apprendre les paroles en langue quechua, avec des variations de la fanfare, a capella, ou tous ensemble. Pujllay vient en fait de la région de Tarabuco, pas loin d'ici.

Pendant la parade, des commissaires vérifient les horaires de passage. Les groupes qui prennent trop de retard et ralentissent tout le monde reçoivent un avertissement (drapeau jaune), puis une amende (drapeau rouge). Mais les grands groupes riches collectionnent les amendes sans s'en inquiéter, et personne n'arrive vraiment à l'heure. Chaque groupe a ses "aguateros", des gens du groupe qui ne dansent pas, qui ne font qu'apporter de l'eau et de la nourriture aux danseurs, ou soigner les blessures.

Nous commençons à 16 heures 30. Après les 3 premières heures de danse, de chutes et de douleurs aux pieds, on se dit qu'on n'y arrivera jamais. Et on est encore loin de la moitié du parcours. Mais l'euphorie et l'ambiance nous donnent des ailes. Les gens applaudissent, chantent et dansent. Un monde fou dans les rues. Le plus sympa est de voir tous ces gens qui demandent à nous prendre en photo: un gringo aux cheveux et yeux clairs, 1m85 + 10 cm de chaussures dans un pays ou la moyenne des hommes ne dépasse pas le 1m65, habillé comme Atahualpa, le dernier empereur Inca, ça attire les filles! Souvent des adolescentes, ou des mères de famille qui demandent qu'on prenne leur bébé dans les bras pour la photo. On en a fait des dizaines. Ils sont vraiment contents quand on accepte, mais c'est de toute façons impossible de refuser "un photito por favor?" demandé avec un grand sourire. Nos amis Leila (qui est noire) et Josh (un grand blond) ont encore plus de succès et n'arrêtent pas de faire des photos. Avec les chorégraphies, la nr 6 particulièrement, lorsqu'on saute pieds joints sur 4 temps, avant d'avancer sur 6 pas droit devant en écartant les bras, on se prend presque pour les "fils du soleil"! Lorsque le groupe devant nous n'avance pas, Alvaro nous octroie une pause. Et là, les gens dans la rue nous invitent à nous assoir sur leur mètre de trottoir (c'est un honneur pour eux), pour taper la causette et boire un coup.

Au fur et à mesure qu'on avance, les spectateurs nous offrent à boire, souvent bière, whisky, ou de l'alcool de quinoa bizarre. Ils sont vraiment contents quand on accepte et fâchés quand on refuse. Et pour nous, ça aide aussi à avancer, surtout que j'ai refusé les feuilles de coca que les autres du groupe mâchaient. Leur efficacité est démontrée, à voir l'énergie qu'ils avaient pour danser. Lentement mais surement, nous avançons vers la place principale. Les gens deviennent de plus en plus enthousiastes, alcool aidant. Ils viennent danser avec nous. De plus en plus de monde aussi. Les aguateros s'activent à nous ravitailler. Et on essaie de ne pas penser à ses pieds, ça fait trop mal. Encore des jeunes filles qui veulent une photo. Dernière rue, la plazza 25 de Mayo est en vue, avec les grands gradins des deux côtés de la route. On donne tout ce qu'on a, nos dernières réserves d'énergie pour danser et faire tinter les éperons-grelots de nos chaussures. On s'encourage dans le groupe. Trop tard pour abandonner, on veut terminer tous ensemble. Allez Pujllay! De plus en plus de caméras de télévision, qui retransmettent la parade en direct. Ne pas penser à la douleur, suivre le rythme d'Alvaro et surtout ne pas tomber. Feux d'artifice. Public fanatique. Le groupe aussi est euphorique. C'est à notre tour d'entrer sur la place. Il reste un demi-tour de la place à faire avant la délivrance. Symboliquement on termine devant la statue de la fameuse Vierge de Guadalupe, à ... 2h30 du matin, soit 10 heures pour faire tout le parcours!

Tout à la fin, j'ai refusé une interview de la télévision locale, en espagnol. Au milieu de la nuit, avec la fatigue et la douleur, il faut rester réaliste. Ce sera pour une autre fois. Et bonne nouvelle, notre groupe était finalement trop nombreux pour faire la chorégraphie nr 3, la plus difficile, que je ne maîtrisait pas.
Le lendemain, on se sent comme quelqu'un qui vient de faire 1000 km à pied. On marche comme des pingouins. Zut, notre chambre est au premier étage, et il n'y a pas d’ascenseur... Il reste des compeeds dans la pharmacie? Et du désinfectant?
Comme notre hôtel est en plein centre ville, les pétards et fanfares résonnent dans notre chambre. Sur trois weekends d'affilée, nos nuits et nos journées sont bercées par les « pan ! Pan ! » et les « tatatatata tataaaaa  boum boum». Heureusement la grande entrée de la vierge se termine par quelques groupes oubliés le dimanche matin, qui ont visiblement trop bu la nuit précédente... mais malheureusement, le lendemain commencent les préparations pour la fête des étudiants de la fin de la semaine, avec cortège, certes moins grand, mais tous les jours! Nous en reparlerons...

A bientot.

Voici les photos et quelques vidéos de l'entrada.
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Comments

Jimmy on

tatatatata tataaaaa boum boum
bon sommeil :-)

Fred de Remichampagne on

Si une représentation de danses folkloriques Péruvienne est prévue à Villeroux, tu peux nous réserver 5 places!!
Grosses bises!
Fred

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