Hablamos Espanol con los Bolivianos

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Friday, September 7, 2012

Ola !

Pffffff, voilà ce qui nous attend en arrivant à Sucre! Pffffff  (Respire!)

A 2750 mètres d'altitude, il nous faut pfffffffff  quelques jours pour nous acclimater. Pfffff, monter 3 volées d'escaliers et pffffffff, il faut déjà reprendre son souffle! Et nous qui pensions avoir une bonne condition physique, pfffff. C'est assez surprenant!  pffffffffff. Le meilleur remède contre l'altitude est la feuille de coca, qui sert contre la fatigue, la faim et la douleur. Les locaux mâchent les feuilles à longueur de journée et les gardent dans la joue, ce qui leur donne une belle tête de hamster. Le thé avec infusion des feuilles est plus pratique. Mais rassurez-vous, il y a encore un long processus chimique pour transformer les feuilles de coca en cocaïne.

Les maisons coloniales de celle qu'on appelle la ville blanche, aux façades immaculées causent un problème inédit: les gens de Sucre souffrent des yeux, à être aveuglés par tant de lumière. Il y règne une atmosphère particulière, une énergie très agréable. Dynamique ville universitaire –la plus ancienne université d'Amérique du Sud-, il s'y passe toujours quelque chose entre les conférences internationales, les bars qui rivalisent d'imagination pour attirer les touristes, et les autres événements organisés en rue. Après deux jours d'acclimatation (pffffff!), nous avions déjà ... 4 propositions pour passer la soirée de lundi: une étudiante de l'école d'Espagnol nous propose un restaurant, l'ami d'un couchsurfeur de Santa Cruz nous invite à aller boire un verre en ville, un café de la ville projette un film très intéressant sur le travail dans les mines de l'Altiplano, et un anglais organise une soirée d'échange linguistique style "speed dating": 5 minutes en anglais, 5 minutes en espagnol, puis on passe à la table d'à coté. Et après nos deux premières heures de cours, nous avons choisi la dernière option pour mettre notre espagnol directement en pratique. La ville n'est pas très grande, les contacts se font rapidement et nous croisons souvent des connaissances en rue. De plus les boliviens sont très gentils, souriants et affables. On s'approprie Sucre très facilement. Les routards y restent souvent plus longtemps que prévu, certains s'y installent même définitivement.

C'est la ville des cours d'espagnol. Les boliviens parlent un castillan très pur, en prononçant bien toutes les lettres. Et en plus à Sucre, ils parlent très lentement (à cause de l'altitude, peut-être, pfffffff !), donc c'est facile à comprendre pour les débutants. Il y a une grosse compétition entre les écoles. Les prix sont sensiblement les mêmes partout (5 EUR/heure pour cours particulier, 8 EUR pour des cours à deux). La grande tendance est d'indiquer "possibilité de volontariat" dans leur prospectus ou leurs publicités. Après avoir discuté avec des locaux et avoir fait notre propre expérience, nous confirmons que c'est uniquement un attrape-touristes, purement marketing. Ça fait bien de dire qu'ils peuvent mettre en contact avec des projets humanitaires. En pratique, ils donnent aux touristes l'adresse d'un orphelinat et c'est tout. Après deux jours de recherches intenses, nous optons pour l'école Fenix: bonne ambiance familiale, cours de cuisine traditionnelle ( même si c'est essentiellement pour peler les patates, aliment principal de la gastronomie locale), et beaucoup d'activités en dehors des cours.

Et comme les cours d'Espagnol sont essentiellement basés sur la conversation, on apprend beaucoup sur la culture bolivienne en discutant avec Tatiana, notre professeur. Pour être certains de nos sources, nous recoupons toujours nos informations auprès d'autres locaux. Par exemple il y a deux soupes intéressantes dans la gastronomie bolivienne. La première est appelée sopa de piedra, soupe de pierre, originaire de Potosi, à 4000 mètres d'altitude. Pour tenir le liquide bien chaud, ils la servent avec une pierre volcanique brûlante au milieu de l'assiette. La deuxième est appelée Caldo de Cardàn. C'est une soupe de pénis de taureau, utilisée comme boisson énergisante, le red bull / viagra bolivien! Également très appréciée contre la gueule de bois après une soirée arrosée.
Le nouvel an en Bolivie est également l'occasion de traditions intéressantes. Pour les filles, les 12 coups de minuit se comptent dans ... les toilettes. A minuit précise, il faut changer de sous-vêtements. Une nouvelle culotte rouge signifie un nouveau petit ami dans l'année, jaune pour l'argent, et verte pour la santé. Le business des sous-vêtements de couleur est florissant à la fin décembre. D'autres avalent douze grains de raisin pendant les douze coups, pour que leur vœux se réalise.

C'est difficile de travailler dans l'humanitaire en Bolivie, avec la corruption et la désinvolture propre à beaucoup de pays en développement. Fenix nous envoie visiter un département de l’hôpital de la ville, on a toutes les peines du monde pour y trouver quelqu'un à qui parler, finalement Charito nous fait un grand discours entièrement en espagnol, qui ne nous a pas vraiment emballés. Résignés, nous avons laissé faire le destin, qui s'est souvent montré généreux avec nous. Un jour nous mangions dans une cantine universitaire (entrée-plat-dessert-jus pour 15 bolivianos, 1,8 EUR, imbattable). Et nous commençons à discuter avec un jeune à côté de nous, Juan Carlos. Il a grandi un peu en Belgique et parle un peu français. Il nous explique que ses parents travaillent dans un orphelinat à coté de l’hôpital. Le lendemain nous allons donc frapper à la porte de cet orphelinat. Sans surprise, ils ne comprennent pas de qui on parle, ils ne connaissent pas les parents de Juan Carlos, mais nous invitent à visiter l'endroit. Nous y faisons connaissance avec Erik, un hollandais qui est volontaire là-bas. Coïncidence, il vient aussi de l'école Fenix. Finalement Erik nous fait visiter un autre endroit en banlieue de Sucre, une garderie pour des enfants dont les parents très pauvres travaillent dans la rue. L'endroit nous a plu tout de suite. On commence la semaine prochaine.

Comme à Santa Cruz, un des passe-temps préféré des boliviens est de ... critiquer Evo, El Presidente! Saviez vous que le pays a changé de nom dernièrement? Il s'appelle l'Estadio Plurinational de Bolivia. En changeant de nom, on change de constitution, tout cela pour juste pour permettre à Evo de se représenter aux présidentielles une troisième fois, puisque ce n'est plus vraiment le même pays! Il paraît que Chavez avait fait la même chose au Venezuela. Même s'il est très critiqué, une action remarquable d'Evo, premier président indien d’Amérique du sud, est d'avoir imposé l'apprentissage des langues indiennes (quechua, guarani, ...) dans les écoles primaires. Cela va servir à entretenir la culture indienne. Ces langues sont principalement parlées dans les campagnes et par les anciens. En ville, les gens n'osent pas le parler parce que "ça fait paysan". On ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec le wallon que nos grands parents parlaient si bien. Dans une ou deux générations, on classera le wallon à côté du latin, dans les langues mortes. Au moins en Bolivie les dialectes vont survivre.

Nos nouvelles rencontres à Sucre s’appellent Tatiana, Grovert, Giovana, Lourdes, Yashira les profs de l’école d'espagnol. Leila, Ros et Thomas les anglais, Rosianne la canadienne, Erik le hollandais, Lisa et Catherine les flamandes, Amandine la française tous étudiants anciens ou actuels, qui participent aux activités de l'école, José le couchsurfeur, Jérôme l'Irlandais, Lupita et Vivianne, que nous avions déjà rencontrés à Santa Cruz, en congrès à Sucre pour quelques jours, plus tous ceux dont nous n'avons pas (encore) retenu le prénom ...

Nous tombons au bon moment à Sucre puisqu'on y prépare la fête de la Vierge de Guadalupe, la plus grande fête de l'année. Beaucoup de villes de Bolivie ont leur "fête de la Vierge", et celle de Sucre est une des plus importantes. Processions, concerts en plein air, pétards et feux d'artifice à toute heure du jour ou de la nuit, fanfares nous accompagnent depuis le début de la semaine, et l'intensité augmente de jour en jour. Mais le point d'orgue sera pour la semaine prochaine avec le grand cortège. Les groupes sont principalement composés d'un artificier pour les pétards, d'une troupes de filles, d'une fanfare, et d'un groupe de garçons, dont la coiffure à la mode est évidemment l'iroquois de Neymar. Il peut y avoir plus de 100 personnes par groupe, et on attend 60 groupes en tout, venus de Cochabamba, La Paz, Potosi, et toute la Bolivie. Ils répètent depuis des mois pour préparer cette fête, dans des halls de sport puis, progressivement, dans les rues. Une semaine avant la fête, on répète "à durée réelle",  les premiers groupes commencent à 13 heures sur le campus universitaire, pour arriver sur la place principale vers 19heures, en dansant non stop. Et les derniers groupes sont arrivés sur la place après minuit! Il y a des groupes différents samedi et dimanche.  Lors des répétitions, on voit les responsables enguirlander les plus jeunes qui ne tiennent pas forcément la cadence. Mais leur énergie, et leur enthousiasme, du début à la fin malgré la fatigue, est belle à voir. Les chorégraphies des hommes, à la fois synchronisées et viriles, sont particulièrement impressionnantes. Nous sommes impatients de les voir la semaine prochaine, avec les costumes traditionnels dont certains peuvent peser jusqu’à 50 kilos. Pour l'instant ils répètent avec des costumes spéciaux uniquement pour les répétitions. Nous sommes invités à rejoindre le groupe dirigé par la mère de notre professeur d'Espagnol. Avec répétitions plusieurs fois par semaine, essayage de costume, ... on hésite encore, vous le verrez au prochain épisode.

En matière de costume traditionnel, nous avons déjà beaucoup d'exemples avec les gens des campagnes qui viennent vendre leurs produits sur les marchés ou les célèbres choletas, petites femmes rondes, jupe plissée, vêtements colorés, deux longues tresses noires et un chapeau rond. On en croise à chaque coin de rue, mais elles n'aiment pas trop être prises en photo.

Voici les premières photos de Sucre avec quelques vidéos des répétitions.

Hasta la vista!
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Comments

Alice n JY on

What are, pfffff..., these musical birds, pffffff ?
Quite impressive pictures n adventure, did u get frequent flyer miles with TAM ? Pfffff....

tibuandtintin
tibuandtintin on

The musical birds was a private joke for those who can read music: 5 parallel lines and some round on them... nevermind
For the TAM, they have the reputation of being always late or cancelled... for us, they were almost on time ( bolivian time = normal time + 30 min ), so would definitely take them again if we have to !

Alice & JY on

Happy Birthday Sirli !!! Hope that you are properly celebrating it wherever you are !!!

Anne-Marie and Tony, Villeroux on

Hi Both. Amazing moments ! Colors, music and dances are just great. We miss the taste, the smell and the high temperatures. Last: please try to get a photograph of ONE motorbike in Bolivia, for my records :-). Kind thoughts and enjoy. Ciao, A-M and Tony.

tibuandtintin
tibuandtintin on

Thank you JY and Alice! Yes, we celebrated it very properly and had a lot of fun:)

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