République autonome de l'Adjara

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Where I stayed
Kvesieishvili's family

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Sunday, June 24, 2012

Gamardjoba ! ( bonjour en géorgien)

Étape obligatoire dans tout séjour en Géorgie, la mer noire. Dès qu'il fait un peu chaud, tous les géorgiens ne parlent que de ça, et de leur fameux Batumi, la ville balnéaire principale, pas loin de la frontière turque. Cette région s’appelle l'Adjara. C'était la coutume soviétique d'appeler chaque région "république autonome". L'habitude est restée pour les 12 régions de Georgie.

Notre ami géorgien David, ou plutôt notre ange gardien, nous a conseillé d'aller chez son ami Roman Kvesieishvili, qui loue quelques chambres à Kobuleti, 10 km au nord de Batumi, mais toujours sur la mer. Notre arrivée fût un peu chaotique, sous une grosse pluie tropicale, routes inondées, avec le chauffeur de David qui ne connaissait pas l'endroit et qui ne parle pas plus anglais que notre famille d’accueil, c'est-à-dire rien du tout. La famille Kvesieishvili est plutôt modeste: pas de voiture, juste un vélo partagé entre deux familles, pas d'internet, ni de machine à laver, rarement de la viande dans les assiettes, et la douche n'est pas toujours très chaude. Mais ils sont très accueillants (la fameuse hospitalité géorgienne) et Maiko la femme de Roman cuisine très bien, des plats typiquement géorgiens avec plein de katchapuri (tarte au fromage) évidemment.

C'est une région au climat sub-tropical: palmiers, forêts de bambous, et pas seulement au jardin botanique, Roman a des bananiers dans son jardin. La région est très touristique. Même Kaladze, le footballeur géorgien le plus connu (qui a joué au Milan AC), a acheté à Kobuleti un grand hôtel en ruine, dans l'intention de le rénover un jour. Mais nous sommes encore hors saison. Ici la saison touristique va du 15 juillet à fin septembre. Pendant cette période, c'est le rush, toutes les chambres sont prise d'assaut. Et en dehors, c'est complètement vide. D'ailleurs il n'y a pas grand chose à faire pour les touristes, la plupart des restaurants et cafés sont fermés pour cause de rénovation. On se demande comment ils vont être prêts pour le 15 juillet, tellement chaque maison, chaque propriété, chaque parc est en chantier. C'est un peu moins vrai à Batumi, qui est une plus grande ville, avec quelques touristes hors saison, mais par exemple Roman doit encore terminer 2 chambres, une salle de bains et une cuisine, tout ça après ses journées de travail.

La maison de Roman et sa famille est située sur la parallèle à la rue qui longe la côte. Cette dernière a été refaite dernièrement, mais les camions qui viennent de Turquie pour aller vers Tbilisi, Erevan ou Bakou continuent d'utiliser notre rue, très mauvaise, en grosses dalles de béton disjointes, pour traverser la ville. C'est une véritable épée de Damoclès qui pend sur toute une communauté. Ils ont tout essayé: se mettre tous ensemble pour bloquer la rue et forcer les camions à bifurquer vers la rue principale, inviter les responsables politiques et la télévision à se rendre compte d'eux même de la situation, ou traverser la rue lentement et forcer les 30 tonnes à ralentir, il y a toujours de nouveaux camions qui arrivent. Difficile de tenir une dizaine d'enfants hyperactifs à l'intérieur lorsqu'il fait plein soleil. Cela crée une tension permanente.

Les gens ici vivent en communauté: Roman, son épouse Maiko et leurs enfants Salomé 9 ans et Beka 3 ans, partagent la maison avec le frère de Roman et sa femme et ses deux enfants Giorgi et Alexander, ainsi que la grand-mère et un jeune couple, Guja et Lela, qui louent 2 pièces au fond du jardin. Il y a aussi les cousins, les voisins, ... tous se donnent rendez-vous sur le banc devant la maison pour regarder passer les camions tout en grignotant les fameuses graines de tournesols à décortiquer entre ses dents, encore une vieille habitude soviétique. Les gens viennent, discutent 5 minutes, empruntent un truc, le rapportent, repartent, reviennent, il y a toujours du monde. Pour la visite des politiciens avec le problème des camions, ils se sont décidés à nettoyer une route perpendiculaire pour inciter les camions à la prendre. Tout le quartier s'y est mis, des enfants aux grand-mères, et la route a été nettoyée en une soirée.

A la campagne, l'anglais ne sert pas à grand chose. Ils ne parlent que le géorgien, et le russe pour les plus âgés. Donc toutes nos conversations ressemblent plus à un pictionary international, avec toutes les langues mélangées: on invite la cousine Tiko qui parle anglais, Tibu qui parle finalement mieux le Russe qu'elle ne veut l'admettre, un peu d'allemand,  .... Les débuts sont souvent difficiles, mais les dessins brisent bien la glace, chacun y met du sien et on s'en sort avec humour. Par contre quand les géorgiens se parlent entre eux, c'est folklorique. On a toujours l'impression qu'ils s’engueulent, ils se crient des mots incompréhensibles, pleins de consonnes ... mais à la fin ils rigolent entre eux, donc ce n'était probablement pas si grave. La langue est vraiment propices aux engueulades. Notons que la langue écrite se prêterait également très bien aux phylactères de jurons du capitaine Haddock, საქართველო, tonnerre de Brest!

Beaucoup de gens ici travaillent dans le textile. Les vêtements de sports de grandes marques fabriqués en Turquie commencent à se délocaliser vers l'Est. Chez les Kvesieishvili, plusieurs personnes travaillent dans l'usine qui produit les maillots de football Adidas et Puma. Guja le voisin y gagne 300 euros par mois, soit le salaire moyen de Géorgie. Un peu collant, il a décidé de nous contacter par skype... mais il ne parle pas anglais, et de toutes façons il n'a pas internet! Avec son petit Andres qui va naître la semaine prochaine, espérons qu'il aura oublié. C'est parfois difficile avec l'hospitalité géorgienne: ils veulent tellement faire plaisir et on ne sait pas toujours comment réagir. Par exemple si on finit son assiette, toujours très copieuse, ils croient qu'on n'en avait pas assez. Et si on ne finit pas, ça veut dire qu'on n'aimait pas, donc ils ramènent autre chose. Ou si on offre un cadeau à un géorgien, ça veut dire qu'on s'attend à en recevoir un plus grand en retour.

Qui dit ville côtière dit forcément pêche! Invité par Roman, Tintin a donc pu s'y initier. Mais ici la technique "Romani Classico" est assez particulière et bricolée à la maison, sans canne ni filet. La ligne est composée, dans l'ordre: un plomb, une corde solide de 2 mètres, une poignée, un élastique géant d'une dizaine de mètres, un fil de pêche avec hameçons tous les 50 centimètres une dizaine en tout, et une dizaine de mètres de fil terminés par un morceau de bois pour enrouler le tout. Pour lancer la ligne le plus loin possible dans la mer, on prend la poignée et on fait tourner la corde solide et le plomb autour de soi, à la manière d'un lanceur du marteau. Rapidement, le poisson mord. Il suffit de ramener la ligne en tirant, l'élastique se tend et le plomb ne bouge pas, loin au fond de la mer. On décroche les poissons puis on relache, et l'élastique ramène la ligne au loin. En quelques minutes, Roman avait décroché 11 poissons. Tout ça avant que Tintin ne lui casse sa ligne en tirant trop fort dessus...

A certains aspects, Batumi pourrait ressembler à une ville américaine. De très beaux bâtiments, des parcs impeccables, pour ceux qui sont terminés, un bord de mer très moderne, mais tout cela aux dépends de l'authenticité, sans âme, un peu comme à Las Vegas. La mer est sympa, plage de galets, l'eau pas toujours très propre, mais pas pire qu'à la mer du nord. Le jardin botanique est très chouette, par contre.

Le temps de trouver ses marques dans un endroit, il faut déjà le quitter. C'est parfois frustrant, maintenant que nous pouvons sans problème prendre le marshrutka (le mini bus local, pas toujours très confortable, à la conduite très agressive, mais qui ne coute que quelques laris) entre Batumi et Kobuleti, et même pousser le chauffeur à nous déposer devant la maison des Kvesieishvili, avec nos faux airs de touristes naïfs qui ne comprennent rien, ça marche souvent. Et faire nos adieux à Salomé, Beka et tous les autres, ce n'est jamais facile.

Sur le chemin du retour, petite pause à Kutaisi, deuxième ville du pays, où le président Saakashvili a installé son parlement. La cathédrale de Bagrati, fermée pour rénovation, valait parait-il le détour. Mais le monastère de Gelati par contre, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, est magnifique. Kutaisi a beau être une des plus vieilles villes du monde, elle n'a rien d'autre de particulier à voir. Passons vite aux prochaines aventures dans les montagnes du pays Svan!

Voici les photos de l'Ajara et de Kutaisi.

Nous avons maintenant dépassé les 1000 pages lues sur le blog. Merci de nous suivre, ça fait plaisir. N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires. Ici sur le blog, ou par email pour les plus timides. A bientôt.
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Comments

Jy et alice on

Great story about Tintin learning how to fish ;-). Keep up posted.

JY-again on

Interrview for local newspaper - ticked ! Now we will have to think about something else .....

tibuandtintin
tibuandtintin on

Il reste encore la photo sur un lama en Bolivie ... je ne sais pas comment on va réussir à la faire, celle-la!

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