L'île aux épices

Trip Start May 07, 2012
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Trip End May 01, 2013


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Flag of Tanzania  , Zanzibar Archipelago,
Saturday, May 19, 2012

Jambo tout le monde! (bonjour, en Swahili)

Zanzibar, l'île aux épices, se situe à 20 minutes d'avion (et quel avion!) de Dar Es Salaam, la ville principale de Tanzanie. C'est une petite île d'un million d'habitants qui vît essentiellement du tourisme. Donc en cette saison des pluies, c'est très calme: les hôtels sont vides ou fermés, idem pour les restaurants, il y a moins de monde en rue, et les sites historiques à visiter dans la campagne sont fermés pour cause de route inondée. La Tanzanie vient de la réunification du TANganyika, sur le continent, et ZANzibar, la plus grande île, en prenant la première syllabe de chaque. Mais ces derniers temps, l'île a des rêves d'indépendance.

Stone town, la ville principale de Zanzibar, tire son nom des pierres coralliennes utilisées pour la construction des vieux bâtiments, dont l'architecture exceptionnelle a valu à la ville d'être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville porte également la trace indélébile de la colonisation et de la traite des esclaves gérée par les arabes d'Oman. Son marché aux esclaves fût un des derniers à être fermé à la fin du 19ème siècle. Dans la salle des flagellations, on fouettait la "marchandise", et plus le pauvre homme criait, plus il montrait sa faiblesse, donc son prix baissait. Comme pour se faire pardonner, on a construit une cathédrale sur les ruines mêmes de l'endroit.

Une particularité étonnante de la ville et du reste de l'île, c'est la beauté des portes. Magnifiquement sculptées, elles combinent l'influence arabe, avec une chaîne d'esclaves sculptée dans le chambranle, et indienne puisque les multiples pointes sur la porte servaient à empêcher les éléphants d'entrer. Nous prenons un guide pour nous balader dans les ruelles étroites et typiques de la ville, la maison natale de Freddie-We will Rock You- Mercury, les différents marchés, fort, etc.

Nous séjournons au Mtoni Marine à quelques kilomètres de Stone Town, facile d'accès pour le premier jour qu'on savait difficile à cause du fatiguant voyage depuis Istanbul. Belles chambres d'architecture italo-arabe, jardin exotique avec ânes-tondeuses, piscine. Il se trouve que, par hasard, le bar-restaurant de l'hôtel, sur la plage, est le meilleur Sport Bar de l'île! Les gens viennent de partout pour voir les gros matches. Et, par hasard de nouveau, dimanche dernier il y avait le duel à distance des deux Manchester en "finale" de championnat de foot anglais. Les amateurs savent que ce fût un moment de grande intensité pour les deux clubs, jusqu'à la dernière seconde. Il devait y avoir 2 ou 3 blancs pour 300 locaux dans le bar, et quelle ambiance! Avec une installation à faire pâlir de jalousie l'Urban Luxembourgeois, de multiples écrans, tout le monde pouvait confortablement avoir un œil sur chaque match en même temps. Les Vuvuzellas, géniale invention de la coupe du monde sud-africaine, étaient évidemment de la partie. Mais pourquoi les a-t-on interdites en Europe? Les spectateurs étaient assez partagés entre les deux équipes, mais je soupçonne que certains supportaient les deux équipes en même temps, tellement il y avait de bruit à chaque but dans chaque camp. Une belle expérience locale!

Au chapitre gastronomique, beaucoup de poissons frais, le fameux "catch of the day", toujours délicieux (king fish, dorade, lieu de mer ...). Peu de fruits de saison en ces temps pluvieux, nous n'avons que de la papaye, pastèque, noix de cajou, cacahuètes et des bananes, qui poussent ici toute l'année. Mais le goût de la banane locale est vraiment incomparable à celle cueillie verte et mûrie dans l'avion ou le bateau les ramenant en Europe. Par contre les restaurants locaux, vu que nous sommes souvent les seuls clients en cette saison, nous apprennent la patience! Il faut parfois attendre plus d'une heure pour que la patronne aille réveiller tout le village (à une heure de l'après midi) pour nous faire son poisson du jour, finalement très bon.

Le jeu de société local est le Bao, qui existe aussi en Europe, probablement sous un autre nom qu'en Swahili. Nous nous y initions à la lueur des bougies: sur l'île, l'électricité est coupée une heure par jour, village par village, car l'approvisionnement est trop faible. Mais chacun est équipé de générateur à essence qu'ils démarrent rapidement.

En ville, nous faisons la connaissance de Suzanne, une allemande qui se lance dans l'agriculture bio à Jambiani, et Karenza, une norvégienne qui, via son ONG, élève des lapins pour fournir de la viande aux familles pauvres. Via Karenza, nous faisons la connaissance de Musa et son fils Habib que nous reverrons souvent de l'autre côté de l'île. Notre première rencontre fût très africaine: nous avions compris qu'il était chauffeur de Taxi et qu'il pouvait nous faire traverser l'île d'ouest, Stone Town, en est, Jambiani, 36 km, pour 30 000 Shillings à 10h du matin. Hakuna Matata (Pas de problème): en fait Musa, qui n'est pas du tout chauffeur de Taxi, il travaille à la poste. Il est venu en bus de Jambiani avec son fils, qui lui est chauffeur de Taxi, pour louer une voiture en ville et nous emmener à 11h, pour 50 000 Shillings. Ah! et en fait Habib n'est pas vraiment son fils non plus. Vous suivez toujours? Bref une famille d'une gentillesse extrême.

Nous passons donc à l'est de l'île, à l’hôtel Coral Rock de Jambiani, un petit bijou perché sur un rocher au bord d'une plage de sable blanc où le mot turquoise prend tout son sens. Les photos parleront probablement plus que nos mots pour décrire ce coin de paradis. Depuis 4 jours, nous n'arrêtons pas de nous dire "c'est quand même magnifique, ici!" Probablement une des plus belles plages que nous ayons jamais vue dans le monde.

Les locaux sont plus "relax" qu'en ville, mais aussi plus pauvres. Nous ne résistons pas au cliché de la ribambelle de gamins qui tournent autour de nous pour la distribution de biscuits lorsque nous allons au petit magasin du coin. Ni au match de foot sur la plage, le soir, lorsque le soleil s'est calmé et que la marée est basse. Le nouveau Lukaku est peut-être parmi eux. Pendant ce temps, les mamas recueillent les fruits de mer sur la plage pour leur repas du soir. Autre classique: le massage africain, que Tibu voulait absolument essayer. Au début, on croyait qu'elle allait faire ça sur la plage, mais quand la dame nous a demandé d'entrer chez elle, quelques maisons en retrait, nous n'avons pas osé dire non! Un peu inquiets, nous avons ainsi découvert comment les vrais habitants vivaient, à côté des hôtels paradisiaques. 2 ou 3 pièces très pauvrement meublées, avec principalement une télévision et un sofa où les jeunes passent leur journée à regarder des clips en musique swahili, volume à fond. Pas de portes, juste une natte sur le sol de la pièce à côté pour le massage, avec de l'huile de coco empruntée au restaurant de la plage, la débrouille à l'africaine. Et tout le village qui débarque pour jeter un coup d’œil, curieux; ils ne doivent pas souvent accueillir des blancs chez eux. Avec toute cette atmosphère, on se demande comment Tibu a réussi à se relaxer. Mais c'est une de ses spécialités. Finalement, la technique était paraît-il intéressante, et efficace!

Autre histoire pour rester dans les clichés: pour traverser l'île d'Est en Ouest, Jambiani - Stone Town, 36 km, 7 contrôles de police dont 4 où on a dû s'arrêter, ils ont vérifié minutieusement tous les papiers de notre chauffeur, et à chaque fois ils ont demandé de l'argent ...  c'est ça aussi, l'Afrique.

Nous faisons aussi la connaissance de Gaioni, notre premier ami Masaï d'Arusha. Les gens de cette tribu du continent sont très typés: très grands, les traits très fins et un costume traditionnel rouge-orange vif. Ces gardiens de bœufs ne se déplacent jamais sans leur bâton et leur machette. L'échange de techniques d'agriculture entre la Belgique et la Tanzanie fût très intéressant! Chez eux, ils conduisent leur troupeau en forêt pour la journée. Le travail consiste alors à tuer les serpents qui menacent les bêtes, et en saison des pluies, à les protéger des lions en allumant des feux autour. Les Masaïs ont également des cours pour apprendre à combattre le lion, ça ne s'improvise pas! Gaioni a prévu de suivre ces cours l'année prochaine. Et quand on lui parle de neige, il ne connaît que celles de la plus grande montagne d'Afrique, à la frontière entre Tanzanie et Kenya ( les fameuses neiges du Kilimanjaroooooooooo, comme dit la chanson).

Petite escapade chic: le bar-restaurant "The Rock" est situé sur un petit rocher dans la mer. A marée basse, on y accède à pied, et en barque à marée haute. Et à marée montante, on croit qu'on peut facilement accéder à l'escalier avec de l'eau jusqu'aux genoux, pour finalement en avoir jusqu'au nombril, le haut du corps étant mouillé par la grosse averse tropicale qui nous a arrosé en même temps. La saison des pluies, on disait ... Pas très agréable d'être trempés jusqu'aux os dans un endroit pareil. Mais comme partout ailleurs, nous étions les seuls clients. Très photogénique, un marketing à l'occidentale, mais un peu hors de prix par rapport au reste de l'île.

Nous découvrons également la réserve naturelle de Jozani. Cette réserve est surtout connue pour abriter une grande population de singes à colobes roux de Zanzibar. Au programme, rencontre photo, randonnée dans la jungle et dans la mangrove, le tout expédié en une heure trente. Notre guide, visiblement pressé, nous a "chauffés" avec ses pythons de plusieurs mètres, nous n'avons vu que des singes.

Petit truc de routard: notre meilleur investissement ici fût une carte téléphonique locale prépayée. Pour 2000 Tanzanian Shillings, soit 1 euro, nous pouvons facilement communiquer avec nos contacts, taxi, hôtels, ... et grandement faciliter notre séjour ici! Nous le referons certainement dans les autres pays, lorsque ce sera possible.

A côté de Zanzibar se trouve l'île Pemba, de taille similaire mais qui est restée sur l'agriculture et la pêche plutôt que le tourisme. Ce sont eux qui cultivent les clous de girofles et autres épices que Zanzibar vend à ses touristes. L'île est paraît-il très difficile d'accès à cause des courants très forts de l'océan indien, et des récifs coralliens, un bateau de 800 personnes y a échoué en septembre dernier, faisant des centaines de victimes. Merci mais nous nous passerons de l'excursion. Par contre nous aurons l'occasion de goûter aux joies de la haute mer et des grandes vagues pour rentrer vers Dar Es Salaam, avec deux heures de ferry à pleine vitesse! Distribution gratuite de sacs pour vomir et un beau challenge pour nos estomacs. Mais Dar Es Salaam, c'est déjà le début de l'étape suivante...

Pour voir les photos de Zanzibar, cliquez sur ce lien

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Comments

Eduardo on

WOOOWW!! I would love to be there. I always wanted to go to Zanzibar (one o the mos exotic places if you are coming from Argentina. Iceland was also on my top list. I wish you the best.... AND keep us posted!!.

Triinu on

I have been there!!!
Unfotunately I cant remember tha name of place where we stayed.
Freddy Mercury has born in Zanzibar.

Jean-Yves & Alice on

Surfing on the Indian ocean -ticked ! Ok, next with waves now ;-). Some great pictures (nice haircut for the blue monkey). Glad to hear that all is fine, keep posting !

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