Tren-muco de vapor

Trip Start Sep 09, 2010
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Trip End Feb 01, 2012


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Flag of Chile  , Lake District,
Sunday, February 27, 2011


Tren-muco de vapor: le retour à Tren-muco!
Tren-muco de vapor: back in Tren-muco!

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J'imagine que celles et ceux qui suivent attentivement ce blog se posent une question en voyant la ville de cet article: que fait-il donc de retour à Temuco? La ville n'avait pas été extra la première fois, elle ne risque pas d'être beaucoup mieux en y revenant... Mais voilà, lorsque j'avais visité le Museo Ferroviario il y a un mois, j'avais entendu parler d'un voyage en train un peu particulier, court et rarement organisé, un allez-retour jusqu'à une localité proche. Ça n'avait pas l'air très intéressant, jusqu'à ce détail: les wagons roulent derrière une loco à vapeur de 1940! Résultat j'ai acheté tout de suite deux billets, sans même savoir si j'allais pouvoir revenir... :) En fin de compte n'ayant toujours pas de travail j'avais tout le temps, donc j'ai embarqué Daniela et nous sommes partis direction le sud.

La héroïne de ce voyage et de toute cette histoire étant incontestablement la locomotive, faisons les présentations. C'est une charmante dame américaine de 71 ans, une 4-8-2 du type chilien 80, la numéro 820 fabriquée en 1940 par Baldwin. Mais pour les intimes elle a deux petits noms bien plus seyants: la Negra, et la Montaña. Je pourrais fournir aussi ses mensurations, mais cela choquerait sa pudeur, je m'abstiendrai donc! Après des années de bons et loyaux services dans la région de l'Araucanía, elle fut mise à la retraite dans les années 70, et laissée de facto à l'abandon pendant 20 ans. Et puis un beau jour le Museo décida de la remettre en état de rouler avant que cela ne devienne simplement impossible, et le plus fort est qu'ils y sont éventuellement arrivés! Alors ces quelques dernières années elle a retrouvé les rails et le grand air, et refait occasionellement un petit voyage.

Dans la région de Temuco il n'y a plus qu'une ligne de train de passagers en service, jusqu'à une petite localité appellée Victoria, à une heure de voyage dans le train moderne. Comme ce sont les seuls rails correctement entretenus dans le coin, le train à vapeur fait exactement le même trajet, la loco tirant un réservoir d'eau, un wagon restaurant et 3 wagons de passagers, tous remontant aux années 50. C'est tout lent, le train roule probablement à 50 ou 60 km/h, et on met 2h30 à rejoindre Victoria. Et petit détail, qui explique pourquoi le train ne roule pas plus souvent: la loco brûle 5 tonnes de charbon pour faire le voyage...

Nous sommes donc partis un petit dimanche matin dans un bruit impressionnant qui nous accompagnera pendant tout le trajet. Le train sortant en marche arrière du musée, il a reculé jusqu'à la gare de la ville pour repartir dans l'autre sens, et puis nous avons pris la route pour Victoria. Pour les habitués des trains modernes, prendre un vieux train comme ça est une expérience physique, viscérale: les bruit, les chocs et vibrations, l'odeur sulfurique de fumée, les escarbilles volant partout, dans la bouche, les narines, les yeux, sur les vêtements... Les 5 sens sont réellement partie prenante dans l'affaire!

Mais le point le plus intéressant de cette aventure m'a été signalé par Daniela. Moi de mon coté j'étais excité comme un pou et je courais de tous les côté pour prendre des photos de la loco, mais elle regardait ailleurs. Et elle s'est rendu compte que le voyage de ce vieux train, soufflant sa fumée et sa vapeur de tous les côtés, avait un effet impressionnant. Avant même le voyage, des personne plus âgées visitant le musée regorgeaient d'histoires et de souvenirs de leur jeunesse, et retournaient, très émus, à une autre époque. D'autres passagers étaient là pour revivre quelque chose de différent pour chacun d'entre eux, peut-être le partager avec leurs petits-enfants, le maintenir vivant. Les gens habitant à proximité de la voie couraient hors de leur maison pour voir le train passer, certains sortant clairement du lit. Les parents portaient leurs enfants sur leurs épaules, et tout le monde faisait des grands saluts. Arrivés à Victoria, la municipalité avait préparé tout un spectacle juste devant la gare pour célébrer l'occasion, avec des tables couvertes de vieux objets et de souvenirs de l'époque de la vapeur. Sur ce continent où les trains ont complètement disparus, et avec eux les souvenirs de la grande époque des aventures terrestres, le petit voyage d'une vieille loco poussive et bruyante se transforme en tour d'honneur à la mémoire des grands horizons: peu importe la destination, seul compte le voyage!

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I believe that all people reading regularly this blog and seeing this article are now wondering why the heck did I go back to Temuco? The city wasn't great last time around, and is unlikely to have changed since then... But you see, when I went to the Museo Ferroviario a month ago, I heard about a quite special train trip, short and infrequently running, a two-way trip to a close-by village. It didn't sound very interesting, until that detail: the cars are pulled by a 1940 steam engine! No sooner said than done, I bought two tickets without even knowing if I would be able to go back there... :) In the end being still without a job I had all the time in the world, so I picked up Daniela and we headed South.

The leading lady of that trip being clearly the locomotive, let's introduce her. She's a charming 71 year old American lady, a 4-8-2 of the Chilean type 80, number 820 born in 1940 at the Baldwin Locomotive Works. But for the intimates she's got two much more befitting nicknames, la Negra and la Montaña. I could also list her measurements, but it would hurt her reserve so I'll refrain! After years of good and faithful service in the Araucanía region, it was put out to pasture in the 70s, and left to rust for the next 20 years. Then one day the Museo decided to put her back into working order before it was too late, and the most amazing is that they eventually succeeded! So those last years she found again her rails and the wide open spaces, and on occasion does this little trip.

In the region of Temuco there's only one passenger service left, to a little village called Victoria, an hour away in the modern train. As those are the only well maintained tracks around the steam train does the very same trip, the engine pulling a water tank, a restaurant and three passenger cars, all going back to the 50s. It's quite slow, the train never doing more than 50 or 60 kph, and it takes 2h30 to reach Victoria. Last detail, which explains why it doesn't go more often: the engine uses 5 metric tons of coal to do the trip...

So we left one Sunday morning in a tremendous noise, that was to come with us for the whole trip. The train going backwards out of the museum, it went all the way back to the city's station to change direction, and then we left to Victoria. For people used to modern trains, riding an old one like that is a physical, visceral experience: the noise, the shocks and vibrations, the sulphuric smell of the smoke, the specks of soot flying everywhere, in the mouth, the nose, the eyes, the clothes... The 5 senses are really stakeholders in that deal!

But the most interesting thing was pointed to me by Daniela. While I was like a tomcat on a hot tin roof and running all over the place to take picture of the engine, she was looking at something else. And she realized that this old train, puffing steam and smoke on all sides, had an incredibly impressive effect. Even before the trip, older people in the museum were bursting at the seams with stories and memories of their youth, and were emotionally recalling times long gone. Other passengers were there to re-live something different for each one of them, sometimes to share it with their grandchildren, top keep it alive. People living next to the tracks were running outside of their houses to see the train go by, some of them clearly out of bed. Parents were carrying children on their shoulders, and everybody was waving. In Victoria, the village had set up a whole show just in front of the station to celebrate the event, with tables covered with old objects from the age of steam. On this continent where trains have almost disappeared, and with them the memories of the time of overland crossings, the little trip of an old wheezy and noisy steam engine changes into a lap of honour to the memory of broad horizons: forget the destination, only the journey matters!
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