Highway to Arica (turn left just before Hell)

Trip Start May 18, 2010
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Trip End Aug 17, 2010


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Flag of Chile  ,
Friday, July 16, 2010


Highway to Arica (turn left just before Hell)

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Un des trucs que je voulais vraiment faire en Amérique du Sud, c'était un grand voyage en train. Dans tous les vieux documentaires jusqu'aux années 90 les voyages sur ce continent se faisaient dans des trains sortis d'une autre époque, et bien évidemment je voulais moi aussi jouer à Indiana Jones! Comme je crois l'avoir déjà mentionné la déception a été vive, tout le réseau ferroviaire ayant été abandonné au cours des 15 dernières années...

Je me suis raccroché à deux espoirs bien minces, deux compagnies qui offraient encore récemment des voyages en train vers la Bolivie, l'une supposément en cours de restauration, l'autre qui offre peut-être encore un service. Cette dernière est la compagnie Ferrocarril de Antofagasta a Bolivia; ma prochaine étape doit donc être Antofagasta.

Un petit voyage de 12 heures de nuit en classe premium-super-luxe (hum) plus tard et je débarque à Antofagasta frais comme un bourdon au printemps, et plein de fougue joyeusement aventurière. Mon guide de voyage (édition 2008) indique clairement que chaque compagnie de bus a son propre terminal près du centre, je me retrouve donc dans un immense bloc de béton collectif au fin fond de nulle part ("si señor, le nouveau terminal a été construit l'an dernier"). Zutski zutskinovitch zutskinov. Alors collectivo pour le centre ville, après un peu d'aide locale pour repérer le bon.

À part l'aube franchement glauque, le truc le plus étrange à Antofagasta est que la ville est complètement morte. Il est 9h du matin, les rues sont désertes, il ne se passe rien du tout. Étrange étrange... Je vais dans la direction d'un café servant du vrai café indiqué dans mon guide (il n'existe plus), d'un autre (la rue n'existe plus?!), et je m'arrête là pour ne pas me retrouver dans une galaxie qui n'existe plus. Finalement je repère la station de train, où heureusement deux gardes sont de service. Résumé de la conversation: c'est jour férié aujourd'hui (mega-zustski), la compagnie a encore un service entre Calama et Oruro (victoireski!), tous les jours oui (paradiski!!!), attendez j'appelle mon collègue à Calama pour vérifier (SVPski), ah non on a arrêté le service il y a un an (ultimate street fighting zutski puissance 10), ben oui c'est plus rentable le cuivre... Et il y a un musée dans la station, mais il faut demander par écrit l'autorisation de le visiter une semaine à l'avance.

Tout triste je retourne au terminal de bus pour partir de là en vitesse (veux pas rester dans cette ville), pour Iquique, plus au nord. Aucun siège de libre avant 14h30, il est 10h, je meuble le temps dans le terminal en concevant l'architecture d'un microprocesseur tout simple, je sais j'ai des passe-temps étranges. 14h30 arrive, pas de bus. 15h30, toujours rien, je patiente en comptant les autres bus pour Iquique partant parfaitement à l'heure. 16h00, finalement la compagnie nous trouve un bus, nous voilà partis!

Le trajet est exceptionnel d'inconfort et de désagrément, du haut vol. Le bus n'avance pas, nous sommes en retard. Et puis deux heures avant d'arriver à Iquique, la route commence à se remplir de voitures, puis le désert d'un côté et de l'autre de la route, c'est Mad Maxski! Je discute avec mes compagnons d'infortune et j'apprends que ce soir là, précisément, dans un petit village à quelques dizaines de kilomètres d'Iquique il y a une fête religieuse géante pour la Virgen del Carmen, avec des dizaines de milliers de personnes qui y viennent. Et que tous les logements sont réservés depuis des mois. Tabarnakski. Mon voisin me prête son cellulaire, j'appelle quelques auberges quand j'ai un signal, tout est plein. Je suis fatigué, avec plus de 24h de voyage dans les pattes, tout ça commence à sentir mauvais (au propre comme au figuré).

Le bus arrive au terminal d'Iquique à 23h00, enfin terminal c'est un bien grand mot. Ma seule option à ce point est de continuer vers Arica, plus au nord. Je suis à ramasser à la petite cuillère. Les deux derniers guichets encore ouverts sont en train de fermer, je file demander s'ils ont de la place. Rien avant 6:30 du matin, toute une nuit à attendre dans un micro-terminal sale, sans toilettes, sans banc ou siège, la misère. La mort dans l'âme, je retourne demander aux guichets, dans l'un d'eux une réservation vient d'être annulée, j'ai un siège à 1h30 du matin! Hourraski! Le bus part de l'autre côté de la ville. Zutzutzutski...

J'erre un petit moment dans une ville déserte (tout le monde est à la fête religieuse), finalement je trouve un taxi, j'arrive au point de départ du bus. Je laisse mes sacs dans l'agence de la compagnie, je vais manger un sandwich (en me battant contre un petit chien joyeux et affamé d'un côté et un clochard de l'autre qui voulait se tartiner la main de ketchup pour le lécher un peu plus tard), finalement ils me laissent entrer dans le bus en avance et j'essaie de dormir un peu. Ça ne marche pas trop, tous mes muscles me font mal, enfin le bus part.

Cinq heures misérables plus tard j'arrive à Arica. J'ai quelques adresses d'auberges potentielles, dont une proche du terminal, j'y vais. Je la trouve finalement, pas une lumière, il est trop tôt et je ne veux pas déranger. Et là je me rends compte que je suis de nuit dans une rue sans réverbère, sans avoir croisé personne depuis le terminal de bus, même pas un des traditionnels chiens errants. Oupski. Je retourne en vitesse au terminal, comparativement plus sûr, en me faisant aussi discret que possible (avec deux sacs à dos et une guitare!). Je fais connaissance d'un couple de polonais, il vont tenter une autre auberge qui est aussi sur ma liste, on partage le taxi, l'auberge est pleine, ils vont à pied trouver autre chose, je les laisse aller. J'appelle la première auberge, ils ont de la place, j'y retourne, la chambre est libre, je prends une douche (je pueski!) et je m'effondre...

Morale de l'histoire: à trop vouloir prendre le train on est en retard sur son blog. ski.

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One of the things I really wanted to do in South America was a great big railway trip. In all documentaries up to the 90s all trips on that continent were done in trains straight out of the past, and of course I wanted to be Indiana Jones for a while too! As I believe I have already said, I've been highly disappointed, the whole rail network having been abandonned in the last 15 years...

I still had two faint hopes, two companies still offering recently trips to Bolivia, one supposedly in the process of being fixed, the other one that might still be running. This last one is called the Ferrocarril de Antofagasta a Bolivia, so my next stop had to be Antofagasta.

A little 12-hour night trip in top-super-luxury class (ahem) later and I get off in Antofagasta, fresh as a bumblebee in the spring and full of happily adventurous enthusiasm. My travel guide (2008 edition) clearly says that each and every bus company has its own terminal close to the center, therefore I had to find myself in a huge common concrete block in the middle of nowhere ("si señor, the new terminal was built last year"). Crapski crapskinovitch crapskinov. So collectivo down to the city center, after some local help to figure out the correct one.

Outside of the squalid dawn, the strangest thing in Antofagasta is that the city is completely dead. It's 9AM, the streets are empty, nothing's moving. Weirdly weird... I head for a café recommended by my guide as serving real coffee (doesn't exist anymore), another one (the street doesn't exist anymore?!), and I stop there before finding myself in a galaxy that doesn't exist anymore. I finally locate the train station, where thankfully two guards are on duty. Summary of the conversation: today's a holiday (mega-crapski), the company still has a service between Calama and Oruro (victoryski!), daily yes (paradiseski!!!), let me call my colleague in Calama to confirm (pleaseski), ah no we discontinued the service a year ago (ultimate street fighting crapski to the power of 10), well copper's more profitable... And there's a museum in the station, but written request to visit it is required a week in advance.

Very sad I make my way back to the bus terminal to leave quickly (don't want to stay in this place), to Iquique, a few hours to the North. No seat available before 2:30PM, it's 10AM, I fill in the time in the terminal by designing the architecture of a very simple microprocessor, I know I've got strange hobbies. It's now 2:30PM, no bus. 3:30PM, still nothing, I wait it out counting the other buses to Iquique leaving perfectly on time. 4:00PM, the company finally found a bus, we're on our way!

The trip is exceptional of discomfort and inconvenience, really high-level. The bus is dead slow, we're late. And then two hours before reaching Iquique the road starts filling up with all sorts of cars, buses, smoky wheely things with people inside, and then the desert around the road too, it's Mad Maxski! I talk with my fellow sufferers and I learn that this very evening, of all the evenings in the year, in a small village a few tens of kilometers from Iquique there's a giant religious festival for the Virgen del Carmen, with tens of thousands of people coming. And that all accomodation has been booked up for months. D'ohski. My neighbour lends me his cell, I call a few places when I get a signal, everything's full. I'm tired, with a bit more of 24h of travelling behind me, all of that is starting to smell bad (literally and figuratively).

The bus reached the Iquique terminal at 11PM, well calling it a terminal might be a bit too much. My only option at that point is to keep on going to Arica, even further North. I'm a wreck. The two only ticket booths still open are closing down, I rush to ask them if they still have some room. Nothing until 6:30AM, a whole night to spend in a tiny and filthy terminal, without bathrooms, or seats or benches for that matter, utter misery... Sick at heart, I go back to the booths to ask again, in one of them a booking has been cancelled, I've got a seat at 1:30AM! Hurrahski! The bus leaves from the other side of town. Crapcrapcrapski...

I wander for a little while in a desert town (everybody's at the religious thingy), finally I find a cab, and reach the buse's pickup point. I leave my bags in the company's office, sit down to eat a sandwich (fighting for it against a happy and hungry little dog on one side and a tramp who wants to spread out ketchup on his hand to lick it later on the other), eventually they let me get into the bus early and I try to get some sleep. It doesn't really work, every single one of my muscles hurts, at last the bus leaves.

Five miserable hours later I'm in Arica. I have a few addresses of hostels, including one close to the terminal, I go there. I eventually find it, not a light, I'm too early and I don't want to disturb. And there and then I realize that I'm at night in an unlit small backstreet, without having seen anyone since the terminal, not even one of the customary stray dogs. Woopsski. I quickly make my way back to the terminal, comparatively safer, trying to be as unnoticeable as possible (with two backpacks and a guitar!). I meet a Polish couple there, they're going to try a hostel that's also on my list, we share the cab, the hostel's full, they hit the street to try to find something else, I let them go. I call the first hostel, they've got room, I go back there, the room's available, I take a shower (I stinkski!) and I crash on the bed...

Moral of the story: wanting too hard to catch a train one gets late on his blog. ski.

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Comments

caecyll
caecyll on

Ahaski :-) Je compatis. Comment ca je n'en ai pas l'air ? Si, si, je t'assure...

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