The bridge over the Kwai river

Trip Start Oct 01, 1988
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Trip End Ongoing


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Flag of Botswana  ,
Saturday, October 23, 2004

L'idée était d'arréter à Maun et préparer la voiture pour le Kalahari. Pas question d'entamer cette traversée du désert sans être certain que tout est fin prêt. Malheureusement on est samedi et le garage est fermé pour le week-end. Je décide donc de profiter de ce contretemps et de partir à l'aventure encore une fois.

Le parc Moremi est célèbre ici. Autant parce qu'il est en parti sur le delta, autant parce que les auberges où passer la nuit coûtent une fortune. Je n'ai pas l'intention d'utiliser leurs services. Tel l'escargot moyen je voyage avec ma maison. En avant!

J'ai entendu parlé d'une route délaissée et sablonneuse longeant la rivière Kwai. Pas celle du livre, ni même celle du film. La conduite n'en est pas facile mais vaut le déplacement. Mon fidèle téléphone satellite me fait un clin d'oeil. On est prêt à y aller.

La route est effectivement très mauvaise. La conduite définitivement sportive.30 Km/h de moyenne. Je m'amuse comme un petit fou. J'arrive à l'entrée du parc. On m'avait dit qu'il était complet. Que je ne pouvais espérer que de passer la journée dedans et qu'il me faudrait en sortir avant la fermeture. A l'entrée l'histoire est différente. Tous les campements sont pleins sauf celui de l'entrée (ben voyons!). Le garde trouve qu'il fait trop chaud pour travailler et me suggère de revenir plus tard pour remplir les papiers. Ok.

Lentement je m'enfonce dans le parc. La conduite n'est pas aisée mais quand on en a pris l'habitude on arrive à profiter de tout et à regarder autour pour admirer la vie sauvage.
Un groupe d'éléphant est occupé par un déjeuner tardif. A 2-3 mètres de la route deux mères et leurs petits sont tranquillement en train de brouter. 2-3 mètres, c'est juste assez de place pour avoir envie de passer, lentement. C'est aussi juste assez de place pour s'attirer des problèmes. De gros problèmes. Des problèmes de 4 tonnes et demie. Doucement je passe la première et inspire. La première mère me jette un oeil noir et s'écarte. J'exhale. La seconde mère se tourne vers moi et me regarde, j'inspire. Elle plante ses pieds dans le sol, bat des oreilles et sonne de la trompette. Je n'exhale rien du tout. Tous les orifices sont fermés serrés. Je lâche l'accélérateur et prouve qu'on peut passer en marche arrière avant même d'être à l'arrêt complet. Je suis sûr qu'on peut trouver un autre chemin de toute façon.

L'autre chemin m'emmène auprès de grands Koudous, de zèbres, de girafes, d'un étang où 25 hippopotames et un croco se baignent tranquillement. Bref c'est génial. Merci madame l'éléphant! Il commence à faire sombre, visiblement les hippos veulent sortir de l'eau. Ils attendent juste que je dégage. A contrecoeur et sans les avoir vu baillés, je reprends ma route. Je dois suivre un camion plein de touristes français. Soudain une horde de 20 à 30 chiens sauvages est à côté de nous. De l'autre côté le meneur de la meute (le chasseur le plus habile de la horde). Sont-ils en train de jauger la taille de la proie? Le gros camion ou le Land Rover? Un spectacle fascinant. Peu à peu, ils s'écartent, disparaissant dans les bois. Plutôt cool comme rencontre. Les chiens sauvages sont en voie de disparition et les voir n'est pas chose fréquente.

Après une soirée faite de gin et d'histoire avec deux allemands de l'est ainsi qu'une hyène et de chants du village voisin, je vais me coucher sans manger. Les lions et les hyènes, dans la région, aiment bien les plats cuisinés (surtout si c'est préparé par quelqu'un qui est seul et de dos). Le camp n'a pas de clôture. 2 et 2 font 4; je n'ai plus faim.

Au matin un babouin se faufile dans la voiture et vole un sac. Pas de bol c'est juste un sac plein de sac. Dégoûté il le laisse derrière lui quelques mètres plus loin. Je reprends la route. Cette fois je sors de la réserve, traverse le village Kwai et trouve la rivière.

Le temps est magnifique, la rivière paisible et sinueuse, la route défoncée. La vie foisonne. Une horde de centaines de buffles d'Afrique a décidé d'établir le campement sur et autour de la route. Je ne veux pas faire demi-tour. La route EST ma destination. J'inspire, serre les fesses (ça aide, je vous jure), passe la première et avance doucement. Je regarde le premier buffle avec le même air que la seconde maman éléphant. C'est éprouvant mais ça marche, il se pousse. Mais trois cent quatre-vingt quatre buffles à regarder dans les yeux comme ça, c'est éprouvant. Je ne peux pas. Je décide de serrer les fesses plus fort encore et de regarder droit devant moi. Doucement, ils s'écartent. Me laissent passer. Tu parles d'une dose d'adrénaline! J'apprendrais plus tard que le lendemain, une horde de lion attaquera ces magnifiques bêtes. 6 buffles réussiront à coincer une lionne qui se réfugiera dans un arbre. Les buffles ont attendu des heures que la lionne descende, ils avaient des trucs à lui dire... L'histoire ne dit pas comment tout ça a fini. Étais-je inconscient? Non, j'avais bien conscience de ce que je faisais. Et je crois que même les plus grincheux peuvent se pousser quand on leur demande gentiment.

Les éléphants ont replacé les buffles. Les hippos, les éléphants. Les antilopes, les hippos. Des millions d'oiseaux volant en groupe serré tels des nuages bruyant et libre du joug du vent m'ont accompagné tout au long de la route serpentant à coté de la rivière.

Finalement la rivière s'est écarté et la route à virer plus au sud vers Maun. Demain on répare et on part.

En passant, il n'y a pas de pont sur cette rivière Kwai. Et c'est très bien comme ça.







The idea was to stop in Maun and prepare the car for the Kalahari. No way I'm going to start the trip without making sure the car is in excellent shape. Unfortunately we're Saturday and the garage is closed for the week-end. I decide to make good use that time and go on a new adventure.

The Moremi game park is famous around here. Not only because it's on the delta but also because the lodges where you can spend the night cost a fortune. I don't intend to use their services. Like the average snail, I carry my house. Let's go!

I heard of a unused sandy road following the Kwai river. Not the one from the book, nor the movie. Driving it is demanding and is worth the trouble. My faithful sat phone winks at me. We're ready to go.

The road is as bad as I was told. The driving is definitely challenging. 30 Km per hour average. What a blast! I reach the entrance of the park. It was supposed to be full. No vacancy. I could only hope to be allowed in for the day and I would have to leave before closing time at the sunset. At the gate, the story is different. All the camp sites are full but the one at this entrance (of course!). The gard finds it too hot to do the paperwork and suggests I come back later. Ok.

Slowly I enter the reserve. Driving is still not easy, but once you get used to it you can even look around and enjoy it. A herd of elephants is busy having a late lunch. Just 2 or 3 meters from the road the kids are grazing happily. It's enough to feel like driving by. It's also room enough to get into trouble. Trouble of 4.5 tones. Slowly I shift into first gear and inhale. The first mom gives me a dirty look and moves away. I exhale. The second mom turns towards me and stare at me. I inhale. She digs her feet into the ground, flaps her ears and plays trumpet. I exhale nothing. All the holes are closed tight. I release the throttle pedal and prove one can shift into reverse gear without the vehicle being stopped. I'm sure there's another road anyway.

The other road brings me near Great Kudus, zebras, giraffes, a lake with 25 hippos and one crocodile. To make a long story short, it's fantastic. Thank you Madame the elephant! It's getting dark and obviously the hippos want to get out of the water. They're just waiting for me to leave. Unwilling and without seeing them yawning I pick up my feet and leave. I'm stuck behind a truck full of French tourists. Suddenly a pack of 20 to 30 wild dogs surround us. I silently thank my lucky star for putting that damn slow truck in front of me. On one side, the leader (the best hunter of the pack), on the other, the remaining of the pack. Are they measuring the size of the prey? The big truck or the Land Rover? I feel like a big turkey on a silver dish, I hope the dish is big enough. A fascinating show. Slowly they go away, disappearing in the woods. Ratter cool encounter. Wild dogs are an endangered species and spotting them, or getting spotted by them, is not frequent.

After an evening made of gin and stories with two East Germans as well as a hyena and songs from the near-by village, I go to bed without supper. Lions and hyenas in the area like cooked meals (specially if prepared by somebody alone and showing his back). The camp doesn't have fences. 2 plus 2, 4: I'm not hungry any more.

The next morning, a baboon sneaks its way into the car and steal a bag. Bad luck for him, it's just a bag of bags. Frustrated the baboon abandons it few meters away. Back on the road. This time I exit the reserve, drive across the Kwai village and find the river.

The weather is beautiful, the river peaceful and whiny, the road destroyed. Life is every where. A herd of hundreds of African buffalos decided to park on my road for breakfast. I don't want to turn around. It is that simple. THAT road is the purpose of my journey. I inhale, tighten my buttocks (it helps, believe me), shift to first gear (what is that déjà vu feeling?) and start moving slowly. I look at the first buffalo with the same look than the second elephant mom yesterday. It's stressing but it works. It moves out of the way. Out of my way. That's the power of the mind over the muscle (bla bla bla). But three hundred and eighty four buffalos to stare at in the eyes like that, that's too much. I can't. I decide to tighten up some more and look straight in front of me. Slowly they move away. They let me through. What an adrenaline shot! I will learn later that tomorrow a pack of lion will attack them. 6 buffalos will manage to corner a lioness in a tree. They'll wait hours for her to get down. They have few things to tell her. The story didn't say how all this ends. Am I un-sane? No, I know what I'm doing. I just think even the worst mean looking, big fat whiners can move away if asked nicely.

Elephants replace buffalos. Hippos, elephants. Antelopes, hippos. Millions of birds flying in a so tight flock they look like a black noisy cloud free from the wind. All were my companions along that road whining with the river.

Finally the river goes its way and the road turns towards the South, towards Maun. Tomorrow car fixing and car driving.

By-the-way, there's no bridge on that river. And that's perfect like that.
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