Sur la route des conquistadors et des pirates (FR)

Trip Start Jan 20, 2006
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Trip End Jan 19, 2007


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Flag of Panama  ,
Monday, February 27, 2006

Coming soon in English.

La semaine qui a suivi le passage du canal a été passée à faire des allers-retours entre les magasins de bricolages à Colon et à Panama City et des petits travaux de réparations sur le bateau. Shelter Bay Marina c'est un peu au bout du monde (Sherman), mais ça a l'avantage de ne pas être à Colon ! (la ville qui pue du f... pour ceux qui ont reçu le mail...) Même si la nouvelle marina (toujours en construction) est très confortable (jacuzzi tous les soirs), il est temps de reprendre la route. « Attendez encore quelques jours que la mer se calme. C'est bien ici » nous disait la gérante de la marina. Well, ici on en a marre, il est temps de bouger et la mer n'est pas si forte que ça (et l'état de la mer sera le même probablement pour les 6 mois à venir!)

Nous décidons d'aller explorer le Rio Chagres, une petite rivière qui s'enfonce dans la jungle - version miniature de l'Amazone - avec des crocos que l'on peut voir sur ses berges. Les conquistadors remontaient la rivière avec leur cargaisons d'or, qui sait, on trouvera peut-être une pépite?

Le fort de San Lorenzo, perché sur la colline protège l'entrée de la rivière dans laquelle on s'engouffre juste avant la nuit. On dîne dans l'obscurité de la jungle avec des bruits bizarres et Chantal et moi sommes convaincus que l'on arrivera à voir des crocodiles. On passe donc une partie de la soirée sur le pont du bateau à éclairer les berges de la rivière avec nos maglites, en espérant voir des yeux brillants. A plusieurs reprises on a réussi à se convaincre que oui il y avait effectivement des crocos autour du bateau!

Le lendemain matin après le petit-déjeuner, on lève l'ancre pour aller s'enfoncer avec Walkabout jusqu'au bout de la rivière. La limite est le barrage de Gatun car le Chagres sert aussi d'alimentation pour le lac de Gatún et de déversoir quand le lac est trop plein à la fin de la saison des pluies. Chantal et moi partons avec l'annexe explorer les petits bouts de rivière non accessibles par bateau. Tarentules, singes hurlants, gros moustiques de la mort qui tue, c'est le dépaysement le plus total et l'on se sent vraiment dans la jungle. On regarde quand même où on met les pieds car il y a parfois des bruits pas trop rassurants...mais pas de crocos, hier notre imagination a peut-être été un peu débordante.

En fin d'après-midi, nous reprenons la mer, cette fois pour une navigation de nuit, au près, en direction de Portobelo. Portobelo, baptisé ainsi par Christophe Colomb lors de son dernier voyage, se trouve dans une jolie baie verdoyante. C'est un des rares endroits du Panama où il reste des ruines de l'époque coloniale, avec quelques canons rouillés et des restes de forts espagnols qui protégeaient la ville lorsqu'elle était la plaque tournante du commerce entre l'Espagne et le Pérou des Incas de la fin du 16e au 18e siècle. Une fois par an, il y avait une gigantesque foire commerciale où s'échangeaient vin, huile, fer, or, argent, tabac, chocolat, etc. Bien sûr, tant de richesses ont attiré les pirates qui ont ravagé la ville à plusieurs reprises.

C'est le carnaval à Portobelo et il y a une ambiance de fête. La pop espagnole grésille à tue-tête dans les trop petits hauts parleurs. Les gens sont dans la rue, dansent sur la place de l'église et il y a un tracteur avec une citerne d'eau qui arrose les danseurs sur la "piste de danse". La bière coule à flot, quelques personnes sont déguisées avec des masques de diable, bref les gens ont l'air de bien s'amuser et auront la tête lourde le lendemain.

Heureusement, malgré ces festivités, toutes les boutiques ne sont pas fermées et l'on arrive à se faire remplir les jerrycans de fuel chez le Chinois du coin avant de manger un bout de poisson grillé dans un boui-boui là où il y a l'animation. Le fuel remonte à bord, le bateau est prêt à appareiller. Ca y est, maintenant c'est tout droit pour les San Blas (enfin pas vraiment tout droit, faudra peut-être quand même tirer des bords). On se réjouit de quitter la civilisation, de découvrir cet archipel et de voir si les Indiens Kuna sont aussi gentils qu'on les décrit dans les guides de navigation.
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