Portugal

Trip Start Mar 30, 2005
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Trip End May 18, 2010


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Flag of Portugal  , Beiras,
Monday, May 17, 2010

Le Portugal n'a pas vraiment de symbole distinctif comme le flamenco en Espagne ou les sumos au Japon. À la limite, on pourrait le décrire comme un pays de soleil où les bâtiments blancs dominent le paysage. N'ayant aucunement regretté mes séjours de 2005 et de 2010, c'est quand même par défaut que j'y ai mis les pieds, et ce les deux fois.

- 2005 -

Au Maroc, j'avais attrapé un virus tellement agressif que Jenni, l'Allemande avec qui je voyageais, m'avait presque empêché de quitter l'hôtel. Le teint vert, j'ai tout de même décidé de faire la route en solo en direction du Portugal. Je me suis donc présenté à la station pour prendre le premier autobus de la journée et je me suis endormi en moins de deux minutes. À peine trente minutes plus tard, je me suis fait réveiller brusquement par le chauffeur qui m'informa que je devais descendre et prendre un autre autobus pour me rendre au Portugal. J'ai péniblement transféré d'autobus et je n'ai jamais réussi à m'endormir durant les quatre heures suivantes. J'ai eu pleinement le temps de ressentir mes maux de tête, de coeur et de ventre. En arrivant à la frontière, trois gardes armés de mitraillettes ont procédé à l'inspection des voyageurs et des passeports. Bien entendu, ils ont tiré mon numéro et m'ont fait vider mon sac de jour. Bienvenu au Portugal.

Je suis finalement arrivé à Faro et je me suis mis à la recherche de l'auberge de jeunesse, qui était située à l'autre bout de la ville. Étonnement, pour un mois de mars, l'auberge était pleine et j'ai dû rebrousser chemin. Titubant comme un zombie avec mes bagages qui pesaient trois tonnes, je suis retourné à la place centrale et je me suis fait apostrophé par un inconnu qui m'a demandé si je cherchais un hôtel. Habituellement, je décline ce genre d'offre de passage, d'autant plus qu'il me proposait une chambre privée avec une salle de bain complète et la télévision câblée à un prix élevé. J'ai quand même sauté sur l'occasion et je lui ai demandé de m'y amener illico. Je me suis littéralement effondré sur le lit et j'ai dormi presque jusqu'au lendemain matin. J'ai écouté quelques heures de télé, écrasé sur le lit, et j'ai savouré chaque minute de repos. Je ne me souviens pas d'être sorti de la chambre, même pour manger.

Une journée était bien suffisante pour faire le tour de Faro. Un des seuls points d'intérêt est l'église de Nossa Senhora do Carmo, puisqu'on y trouve une des chapelles d'os du Portugal. Il s'agit d'une toute petite chapelle entièrement construite à partir d'os d'environ 1 200 moines. On penserait que le tout donne un endroit macabre, mais la symbolique amène surtout une atmosphère de sobriété et de respect. Autrement, le vieux quartier de Faro est charmant et les maisons et les églises blanchies à la chaux sont uniques. Puisque j'avais l'intention de me reposer avant de prendre l'avion vers les journées pluvieuses des Pays-Bas, j'ai mis immédiatement le cap vers Lagos.  

Lagos, c'est vraiment le paradis du rien faire. Annie, avec qui j'avais voyagé au Maroc, m'avait fortement conseillé une retraite à Lagos et d'appeler Emmanuel. Ce dernier tenait une pension dans une belle et grande maison qu'il occupait avec sa blonde et son petit garçon. Emmanuel avait déjà été un dj reconnu à travers l'Europe, mais il avait troqué l'action des boîtes de nuit pour la plage et le soleil du Portugal. Tous les matins, il partait à la recherche de jeunes touristes dans les gares et les trains pour remplir ses chambres. Puisque la capacité était d'environ dix voyageurs, il y avait une excellente ambiance de camaraderie. Emmanuel et un de ses locataires permanents, un Marocain, rassemblaient tout le monde sur la terrasse, le soir venu, pour discuter, boire et rire. Selon Emmanuel, les touristes les moins agréables étaient les Allemands et les plus agréables les Canadiens. Le plus drôle, c'était que je partageais ma chambre avec un sympathique Allemand, un peu lunatique. Après avoir passé une vingtaine de jours avec quatre filles au Maroc, j'ai bien apprécié ma journée de randonnée de vélo avec l'Allemand et un Américain. Une vraie journée de gars.

Les paysages de Lagos sont caractérisés par les dizaines d'immenses rochers qui sortent de l'eau. Les touristes s'éparpillent entre les petites plages confinées à travers les rochers. Pour atteindre les plages, il faut descendre environ une vingtaine de mètres et remonter si on veut accéder à une autre plage. Une piste de vélo a été aménagée le long des plages, tout en haut des rochers, et ce, sur des kilomètres. En chemin, nous avons croisé l'habitation mobile d'un vieil et gros Allemand ayant élu domicile à Lagos. Sa maison était fabriquée d'une espèce de conteneur tiré par un tracteur. Il y avait même une antenne parabolique branchée sur le toit. Selon Emmanuel, le bonhomme aurait pris trois mois pour conduire son tracteur de l'Allemagne jusqu'au sud du Portugal.

J'ai presque honte d'avoir aussi peu bougé durant mon séjour de cinq jours à Lagos. J'avais l'intention minimale d'aller mettre le pied à Sagres, longtemps considéré comme le bout du monde. La paresse l'a emporté sur moi lorsque j'ai manqué le premier autobus de la journée. Du côté positif, mes quelques jours passés à Lagos m'ont réellement permis de recharger mes batteries.

- 2010 -

J'avais gardé en tête de visiter le nord du Portugal en combinant le voyage avec la visite de Madrid et de Salamanque, en Espagne. Ce n'était pas supposé arrivé si rapidement qu'en 2010. Caroline et moi avions acheté nos billets pour l'Équateur, où nous attendaient déjà les volcans et les perroquets. Une petite surprise, du nom de Mélia, en a décidé autrement. Il n'était pas question de mettre à risque la grossesse de Caroline avec des routes défoncées et des petits parasites traînant ici et là. Nous devions passer au plan B, qui pointait tout naturellement vers l'Europe, pour plus de sécurité. Pour faciliter le tout, nous avons loué une voiture, mais nous aurions vraiment dû louer aussi un GPS.

Nous nous sommes dirigés vers Évora à partir de Madrid. J'avais oublié que depuis la création de l'Union européenne, il n'y a plus de frontières terrestres entre les pays. J'aurais bien aimé ajouter une étampe dans mon passeport, mais les anciens postes douaniers étaient complètement déserts. Arrivée à Évora, j'ai expérimenté la conduite dans une cité médiévale et je peux dire que ça tourne beaucoup en rond et que les ruelles de pierres sont très étroites. Mes talents de conducteur ont été mis à rude épreuve en montant le haut de la colline où se trouvent Evoramonte et son majestueux château. Ce dernier impressionne par la démesure de ses tours. Un tout petit village de rien et un grand cimetière complètent le tableau. Il n'y avait presque personne lors de notre visite en fin d'après-midi, ce qui a ajouté une touche de calme qui faisait du bien.

Malgré ses  40 000 habitants seulement, Évora est une ville importante au Portugal. Le centre-ville historique d'Évora a été classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1986 et y on retrouve une grande quantité d'églises et de musées. Nous avons visité la plus grande chapelle des os du Portugal. Environ dix fois plus grande que la chapelle de Faro, on dit que les os de quelques 5 000 moines ont été nécessaires à sa construction. Pour ajouter de la légèreté, il est inscrit: 'Nous, les os qui gisent en ce lieu attendons les vôtres'. Autrement, nous nous sommes promenés ici et là et nous sommes probablement restés une journée de trop. Très peu de restaurants étaient ouverts, mais Caroline a quand même découvert avec plaisir les pâtisseries portugaises. Nous avons loué une chambre dans un pittoresque Best Western où on nous a chargé le lavage de quelques morceaux de vêtement comme si on était au Trump Hotel à Las Vegas.

Au-delà des capacités

L'entrée à Lisbonne a été aussi impressionnante qu'à Madrid, d'autant plus que l'autoroute principale débouche directement sur l'immense rond-point du centre-ville. À cet endroit, il y avait une immense affiche de la tournée du pape Benoit XVIC; un vrai rock star. C'est quand même avec assez de facilité que nous avons trouvé un stationnement à proximité de notre hôtel, lui-même situé en plein coeur du quartier touristique. Ayant appris de la facture de stationnement à Madrid, nous avons regardé le prix qui frôlait les 75 dollars par jour. Sous le précieux conseil du gars de l'hôtel, nous avons déplacé la voiture à quelques kilomètres de là et avons coupé les frais par quatre. À notre départ, le stationnement était fermé toute la journée. Il était indiqué qu'il fallait insérer notre billet pour accéder à l'intérieur ... billet qui était resté dans la voiture. Après une petite frousse, Caro trouvé une sonnette et quelqu'un nous a répondu.

Sans nécessairement éblouir, Lisbonne est une ville où il fait bon perdre son temps. Les résidents rivalisent d'originalité en décoration de balcons. Il est dommage que le bord de l'eau soit occupé par une route et des entrepôts insalubres. Il y a bien une immense et charmante grande place, mais elle débouche maladroitement sur l'océan. Cependant, la ville est entourée par sept collines qui rendent le tout assez intéressant. Des funiculaires et des tramways sont installés un peu partout dans la ville pour éviter d'affronter les collines. Parmi les attractions touristiques, le château St-Georges, construit sur une des collines, surplombe vaillamment la ville. Du haut, on a une vue superbe sur les bâtiments blanchis à la chaux et les toits de grès. Par chance, il y avait un festival à l'intérieur de la muraille et l'ambiance était festive. Je pense que c'est lors de la journée de la visite du château que Caroline a vraiment ressenti la fatigue physique de la grossesse. Ayant été d'une force de la nature jusque-là, elle a dû ralentir ses élans de grande marcheuse. Nous sommes également tombés par hasard sur l'Église Engràcia, aujourd'hui devenue le Panthéon National. N'ayant pas été capables de localiser l'édifice dans notre livre, nous sommes entrés pour visiter. À voir la taille de la coupole, il devait sans doute s'agir d'un endroit majeur. Nous avons bien ri après que Caroline ait insulté le préposé à l'entrée en lui demandant, d'un air un peu désintéressé : « What can we see, here? '

Pour compléter notre visite de Lisbonne, et en parti pour reposer la future maman, nous avons parcouru la ville en autobus touristique. Ce tour de ville nous a amenés un peu en retrait dans le quartier de Bélem. Ce quartier est situé au bord de l'eau et est dominé par la Torré de Belem construite dans les années 1500.

Après Lisbonne, nous avons roulé jusqu'à Sintra, un tout petit village entouré de grands palais et châteaux. Ayant stationné la voiture à un bon deux kilomètres de trop en avance, nous avons marché jusqu'au village le long d'une route sinueuse et inclinée. L'ambiance était très bonne puisqu'il y avait un (autre) festival, et donc beaucoup de touristes et de locaux. L'objectif premier était de visiter le palais national de Pena, considéré comme le premier palais romantique d'Europe.
L'architecture, la localisation et les couleurs semblent sortir tout droit d'une bande dessinée ou de la science-fiction. En contraste avec la grandiose structure, les pièces sont petites et très romantiques. Spectaculaire. 

Par manque de temps

Après Lisbonne, nous avons eu la chance d'avoir le précieux conseil de faire un arrêt à Obidos. Tout petit village fortifié, environ 10 minutes sont nécessaires pour marcher la ruelle principale de bord en bord. Nous avons loué une petite chambre romantique dans une pension gérée par une propriétaire fort sympathique. Nous avons mangé dans un tout petit restaurant du type 'un seul plat au menu' et c'était très bon. Nous avons mangé de la saucisse sur un petit feu de bois apporté à la table. En résumé, tout était petit à Obidos. Pour pratiquer ma photographie de paysage, j'ai usé de patience et j'ai attendu la lumière parfaite pour prendre le château au crépuscule. Obidos était vraiment un passage idéal pour couper la route en deux.

Nous nous étions également fait conseiller d'aller visiter Aveiro, appelée la Venise du Portugal. On ne peut pas tous les gagner. Même si je n'ai jamais mis les pieds à Venise, je peux affirmer que Aveiro ressemble autant à Venise que l'Alaska ressemble au Costa Rica. Heureusement, nous étions plutôt là pour passer une petite journée tranquille sur une plage des environs. Nous avons opté pour le village de Costa Nova et nous ne l'avons pas regretté. Les maisons y sont presque toutes peinturées rayées et en multiples couleurs. Les toits de grès donnent la signature du Portugal. Même si nous étions hors-saison, nous nous sommes étendus sur la plage avec les 20 autres touristes qui se disputaient des kilomètres de sable.

Avoir su que j'aurais autant été charmé par la ville de Porto, nous y aurions certainement passé une nuit de plus. J'aurais volontiers échangé une nuit d'Évora et une nuit de Lisbonne pour passer deux journées complètes dans la capitale mondiale du porto. Nous sommes arrivés par la rive sud et la vue était spectaculaire. La dénivellation est tellement grande qu'on a l'impression que les bâtiments sont empilés les uns sur les autres. C'est sur la rive sud qu'on retrouve les caves de toutes les grandes compagnies de porto du monde. En longeant l'autre côté de la rive, soit à Porto directement, on observe les grandes enseignes qui illuminent le paysage le soir venu. Nous avons d'ailleurs soupé sur une terrasse et avons vu les milliers de lumières prendre vie. Malgré que nous ne soyons restés qu'une seule nuit à Porto, nous avons eu le temps de faire la visite de la cave de la compagnie Ferreira. Lors de la dégustation, la charmante hôtesse a dit à Caro qu'elle ne lui servirait pas trop d'alcool en référant à sa grossesse. Elle lui a finalement servi presque autant de porto que tout le monde et j'ai dû me résigner à boire une double ration. Bien entendu - pour les archives - Caro n'a pas pris une goutte d'alcool. Succulent.

Conclusion

Lorsque je pense au Portugal, j'ai un sentiment de devoir non accompli. Il me semble n'avoir qu'effleuré l'esprit de peuple de pêcheurs et de petits villages. D'autant plus que je ne me rappelle pas d'avoir mangé de sardines. Si la vie me ramène en Espagne, je passerai par Porto et j'y dégusterai une fin de semaine complète. D'un autre côté, j'y ramène des souvenirs de repos et de laisser-aller. Lors de mes deux séjours, j'ai eu ce même sentiment que le temps s'était arrêté et j'ai beaucoup apprécié la simplicité des Portuguais. Je ne comprends toujours pas qu'est-ce qu'ils trouvent de beau à leur symbole national qu'est le coq multicolore. Question de goût.
Aveiro hotels Slideshow
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