Book - Errance

Trip Start Mar 01, 2006
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Trip End Dec 01, 2007


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Thursday, August 2, 2007

Errance, de Raymond Depardon. Juste quelques notes sur certains aspects de ce livre.


Depardon cite un texte d'Alexandre Laumonier Errance ou la pensee du milieu:

"L'errance, terme à la fois explicite et vague, est d'ordinaire associée au mouvement, et singulièrement à la marche, à l'idée d'égarement, a la perte de soi-même. Pourtant, le problème principal de l'errance n'est rien d'autre que celui du lieu acceptable.
L'errant en quête du lieu acceptable se situe dans un espace très particulier, l'espace intermédiaire. A l'espace intermédiaire correspond en fait un temps intermédiaire, une temporalité que l'on pourrait qualifier de flottante. Ce temps flottant est le temps du regard sur l'histoire, ou l'errant s'interroge sur le passé en même temps qu'il réfléchit sur son futur proche.
L'errant s'efface, il devient silencieux, il se livre à l'expérience du monde, c'est pourquoi il ne peut y avoir d'errance immobile. Les lieux semblent se ressembler de plus en plus, tout est partout en même temps, la singularité s'efface au profit d'une globalisation, non plus celle des lieux mais celle de tous les lieux.
L'errance est certainement l'histoire d'une totalité recherchée. Car l'errance n'est ni le voyage ni la promenade, etc..., mais bien : Qu'est ce que je fais la ?"



Le livre tout entier est intéressant, de par son sujet et son travail introspectif, mais également de par le fait que l'auteur se définit comme photographe avant tout, avec une certaine justesse: il ne traite pas de la limite entre la part humaine "commune" de son errance, et sa part spécifique, celle du photographe. Simplement lecteur, et pretendant partager certains aspects de son errance, je percois cette limite, qui offre un eclairage supplementaire sur le photographe.

Un exemple. A propos de la globalisation du monde en tant que résultante de l'errance, comme en parle Laumonier ci-dessus: Raymond Depardon en vient a parler des "lieux communs", ces lieux qui se ressemblent partout dans le monde : les intermédiaires ville-campagne ou centre-banlieue, par exemple. Son point de vue de photographe en errance interprète cette globalisation comme extérieure, plastique ou esthétique en un sens : une uniformisation du paysage physique et social.
Je n'ai pas lu Laumonier et ne sais donc pas quel est le sens de sa "globalisation", mais celui que j'entends est celui d'une globalisation subjective : le regard, l'expérience de l'errant globalise le monde, non pas parce que le monde devient uniforme, mais bien parce que l'errant retrouve dans tous les lieux, toutes les cultures, les éléments communs a l'humanité et a la nature. Il apprecie les différences et il perçoit l'universel.
C'est ma lecture, mais Depardon rejoint la conclusion qui en découle, en reprenant Laumonier de nouveau a la fin de son livre :
"Comme remède au changement de lieu à proprement parler, si on fait abstraction de tous les autres inconvénients qui sont lies à l'exil, Varron, le plus instruit des romains, pense qu'il suffit de savoir que, quelle que sois notre destination, nous devons avoir partout la même nature [...]
Deux biens les plus merveilleux qui soient nous suivront quel que soit le lieu ou nous nous retrouverons: la nature qui est universelle et la vertu qui nous est propre."

L'errance apparait comme l'anti-voyage, l'anti-exotisme. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles je me suis senti bien dans tous ces pays. Je m'y suis senti chez moi.[...]

Et de conclure sur le sujet :
Contrairement au cliche que l'on peut avoir de l'errance - on est errant parce qu'on est bien nulle part -, l'errant est quelqu'un qui se sent bien sur terre, il y est chez lui.
 
 
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