Holly Vanarasi (Benares)

Trip Start Sep 03, 2006
1
13
50
Trip End Jul 21, 2007


Loading Map
Map your own trip!
Show trip route
Hide lines
shadow

Flag of India  ,
Wednesday, November 8, 2006

Another entry in French written by Vero, Patrick's sister who joined us for almost 1 month in India...For a bit of English, scroll down.

Varanasi
Par Veronique

Jeudi 9 novembre, on est à Vanarasi depuis 2 jours. Nous avons laissé Agra avec plaisir.

La ville a beaucoup plus de charisme ici. La vieille ville est typique de Vanarasi et est complètement atypique en soi. C'est un dédale de petites ruelles très étroites (à peine un mètre parfois) qui grouillent de petites boutiques de parfois seulement 6 mètres carré. On arrive à peine à se croiser avec les vaches ou les buffles qui circulent librement. Les indiens balayent mais les tas d'ordures restent dans le coin de la rue et fermentent. Il faut éviter les bouses fraîches qui ne tarderont pas à être ramassées par une indienne de la caste des intouchables pour faire des galettes séchées utilisées comme combustible. Ca pue les poubelles, les bouses, l'urine, les égouts et la putréfaction, au secours de l'air ! Toutes ces ruelles aboutissent au Gaths.

Nous logeons à Assi Gath au bord du Gange au Sud de la ville. Les Gaths sont de gros escaliers qui descendent de la vieille ville jusqu'au bord du Gange. Il y a des dizaines de Gaths qui s'enchaînent dont certains portent le nom du Maharadjah qui l'a fait construire. Il faut les remonter à pied ou en bateau pour découvrir et s'imprégner de leur atmosphère. Là on peut se rendre compte que le Gange rythme la vie quotidienne des habitants.

Le matin à 5h30, on a pris un bateau pour longer les Gaths sur l'eau afin de voir les pèlerins affluer, faire leur Puja et admirer le lever du soleil sur le Gange. La ville s'éveille et est rapidement en effervescence. Les hindous font leurs ablutions, leurs rituels, ils chantent, ils prient. Ils se trempent entièrement dans le Gange... pollué. Franchement c'est pas un mythe. Un cadavre qui était remonté à la surface flottait à 3 mètres des pèlerins complètement indifférents. Deux corbeaux étaient posés dessus comme si cela avait été un rocher.

Les femmes se baignent en sari. Tous boivent et recrachent cette eau dans laquelle on voit remonter des bulles de gaz provenant de putréfaction. Le seul endroit où j'ai pu trouver un peu d'air est le marché aux légumes du matin. C'est plein de petits étalages à même le sol ou sur des petites charrettes. C'est pittoresque. Hum, l'odeur des légumes et de la terre !!!

Revenons au bord des Gaths. Les indiens et les Dobi Wallahs nettoient le linge et l'étalent sur les rives pour qu'il sèche. Les jeunes jouent au cricket. Certains jouent aux cartes. D'autres cuisinent, font leur commerce... Les crémations ont lieu à toutes heures de la journée.


Vanarasi, ville de Shiva, ville de pèlerinage, est la ville où tous les hindouistes désirent finir leur vie et aller au Nirvana. Les crémations ont lieu toute la journée à deux endroits des Gaths selon un rituel. Les corps sont entourés d'un tissu doré et de guirlandes d'oeillets d'Inde. Les hommes toutes générations confondues accompagnent le corps au bord du Gange et l'y baigne. Puis il est déposé sur un bûcher. Le responsable de la cérémonie s'est rasé les cheveux pour se purifier. Il fait 5 fois le tour du feu avec la flemme sacrée qui provient du temple de Shiva, pour respecter les éléments tels que le feu, l'air, l'eau, la terre et l'esprit. Puis le bûcher est allumé.
Pendant 3 heures environ la crémation est surveillée. Avec un long bambou, on pousse les pieds qui dépassent à l'intérieur du bûcher et on lui crève la tête pour que l'âme puisse être libérée. Les cendres et les restes d'os sont jetés dans le Gange. Les femmes n'ont pas le droit d'assister à cette cérémonie car elles pleurent trop et parfois certaines se jettent dans les flemmes. Il y a sans doute de la tristesse mais elle n'apparaît pas. C'est comme ça, la roue qui tourne tout simplement.
Il y a des hindous qui n'ont pas besoin d'être purifiés par les flemmes (femmes enceintes, lépreux, enfants, handicapés...) Ils sont lestés et jetés au milieu du Gange.

Le soir à Dasaswamedh Gaths, il y a la cérémonie de Ganga Aarti. Ceux sont des rituels et prières dans une atmosphère de bougies sur le Gange, d'odeurs d'encens et de musique forte. C'est folklorique et c'est très beau. En vieille ville nous sommes allés à un concert de cithare. C'était surprenant de voir à quel point les musiciens vivent et ressentent ce qu'ils jouent.

Une autre facette de Vanarasi, sans doute commune à toutes les grandes villes indiennes, est la circulation. C'est une cohue de vélos, rickshaws, autos, bus, piétons, écoliers qui affluent dans les rues mêlés et serrés. Chacun avançant le plus possible pour passer coûte que coûte. Le tout dans une cacophonie de bruits et de klaxons stridents, dans des nuages de gaz et de pollution. C'est horrible !

Vanarasi est une ville à part, étrange. Il s'en dégage une atmosphère unique. On dit d'elle que c'est la ville la plus ancienne du monde. Et cela lui va bien. Elle paraît hors du temps. Le soir, le Gange plat comme un miroir est entouré de brume. On ne peut pas voir très loin à l'horizon. C'est la même chose en haut d'une terrasse de restaurant. Cela donne une impression de science fiction, de ville perdu dans l'univers ( un peu comme au début du film Delicatessen). Il y a aussi un petit côté Enki Bilal, moitié passé, moitié futur. Le soir quand on est revenu en rickshaw, les boutiques étaient fermées avec leur rideaux de fer ondulée. La poussière et les détritus traînaient partout. Les poteaux électriques supportent des tonnes de fils entremêlés. L'architecture est un mélange de constructions antiques, de palais hindous abandonnés et de ruines ou du moins d'habitations dégradées... Ca crée une atmosphère très particulière. Cela se ressent très fort aussi au bord des Gaths le soir. Cette immensité des escaliers que sont les Gaths d'autant plus que le Gange est bas, les constructions davantage modernes qui ressemblent à des tours de contrôle ou des châteaux d'eau, tout ça fait que cette ville est hors du temps. Leur religion est tellement complexe, folklorique et présente dans leur vie, on est dans un autre monde. C'est peut être ça le choc des cultures ?

Non j'ai rien fumé ! Un jour si vous y allez, vous me direz ce que vous en pensez.

A très bientôt, en France, cette fois ci.
Grosse bise à tous
Véro


Last few days in India
By Saoyuth and Patrick


We used our favourite mean of transport once again to go to Vanarasi (formerly called Benares), the night train.
Vanarasi has a different atmosphere compared to all the cities we visited. This holy city is really interesting, and we recommend to go there, but at the same time, we found it almost unbearable. In one hand, dirt, cow shit, polution, heavy traffic and smells of rot and urine are ubiquitous. In the other hand, watching the life on the ghats along the Gange (people bathing, washing their clothes, the cremations, the religious ceremonies) is fascinating.

Patrick's sister flies back to France from here (we've happily got rid of 10 kg of souvenirs, it feels good to have a 'light' bagpack again!), and for us, it's once again night train in direction of a country we are now longing for: Nepal.
Slideshow Report as Spam

Comments

paulichinelle
paulichinelle on

Waouh !
C'est fabuleux, ca donne des envies de sac a dos et de decouverte... Merci de m avoir renvoye l adresse du blog, je ne l avais pas, et j ai pu rattraper la lecture ! Rien sur le Kilimandjaro pr l instant, mais vue la suite, j en conclus que tout s est bien passe... Saoyuth, ca fait plaisir de te voir en photo aussi !
Je vis desormais en Chine, a Kunming ds le Sud-Ouest, et voici l adresse de mon blog : http://paulichinelle.blog.com
Continuez bien le voyage ! bisous bisous
Pauline

Add Comment

Use this image in your site

Copy and paste this html: