Apocalypse now

Trip Start Aug 31, 2012
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Trip End Sep 16, 2012


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Flag of Iceland  , South,
Monday, September 10, 2012

L'objectif de la journée était de monter au cratère du Laki puis de rejoindre le Landmannalaugar, une zone montagneuse. La journée commence bien, un photographe à notre auberge de jeunesse nous confirme que le temps devrait être bon, juste un peu de vent, et le soir devrait être propice pour admirer les aurores boréales. Seule ombre au tableau, une couche nuageuse à basse altitude. Enfin, c’était ce que nous croyions !

Le « tourists information center » nous explique qu’en montagne les vents soufflent à plus de 80 km/h et que ce que nous prenons pour des nuages sont en fait des cendres du Laki emportées par le vent. Même si on nous dit que nous ne verrons pas grand-chose, nous décidons quand même de tenter notre chance, au moins il y a une belle cascade à voir en chemin. Pour le cratère, nous déciderons en chemin.

Nous entamons notre ascension sur une piste aux limites du praticable, et ce indépendamment des conditions météo. Lors du premier arrêt photo, nous ne sommes point déçus par la force du vent. Pour ouvrir la portière, il faut la pousser de toutes nos forces. Et même si la voiture est arrêtée, elle est secouée. Sauf que cette fois-ci la piste n’est pas en cause ! Nous traversons des rivières et atteignons finalement la cascade. Après être sortis de la voiture, le doute s’empare de nous. Est-ce vraiment une bonne idée de s’éloigner de la voiture ? Les rafales sont très fortes, nous mangeons et respirons des cendres, il est impossible de regarder le vent droit dans les yeux. Même si je suis le plus trouillard des deux, je convaincs Grégory de ne pas se laisser abattre et que même si nous aurons de la peine à revenir, allons au moins voir la cascade. Ce fut sportif… Je vous laisse en juger au moyen de cette vidéo.

Nous décidons qu’il est mieux de faire demi-tour et partir directement au Landmannalaugar, en espérant que les éléments y soient plus cléments. Ce que nous ne savions pas encore, c’est que le pire était à venir…

Nous rejoignons la vallée puis la piste qui allait devenir notre chemin de croix. Dès les premiers kilomètres, le ton est donné. Nous ne sommes pas encore en altitude mais les vents sont déjà tellement forts que même à 60 km/h sur gravillons, l’adhérence du véhicule ne suffit pas et chaque bourrasque nous chasse vers la gauche ou la droite de la piste. Des trous, des rivières, encore des trous, nous roulons pendant au moins 2 bonnes heures. Vers le haut d’une colline, j’ai la brillante idée de m’arrêter pour prendre une photo de la vallée en contre-bas. Je shoot, rentre dans la voiture. A peine ai-je fermé la porte qu’une sorte de nuage de terre s’abat sur nous. La voiture est secouée, des gravillons claquent sur les vitres, on ne voit même plus le capot de la voiture. Pas moyen d’avancer, nous étions pris au piège. Je ne saurais dire combien de temps ça a duré. 30 secondes, 1 minute ? Ce qui est sûr, c’est que dès que le vent s’est calmé et la visibilité revenue, j’ai appuyé sur l’accélérateur pour quitter ce lieu au plus vite.

Nous continuons notre chemin, espérant arriver au plus vite au refuge du Landmannalaugar. Mais en lieu et place de panneaux de direction, tout ce que nous rencontrons sont des rivières à traverser. La  tension monte, souvent nous sommes sans réseau de téléphone, pas question d’avoir une crevaison dans ces conditions. Et juste pour nous rassurer, les montagnes enneigées ne sont plus très loin et nous continuons à monter. Si l’adage veut que : après le soleil, la pluie, allions-nous expérimenter : après la tempête de terre, la neige ? Nous sommes tiraillés entre le souhait de ménager la voiture et arriver au plus vite au refuge, nom qui lui sied à merveille vu les circonstances. Encore une bonne heure de trous et de rivières, la neige commence à tomber. Heureusement relativement peu de temps après nous avons notre graal en vue. Mais la joie allait être de courte durée.

Etant donné les conditions, des groupes qui devaient faire du camping ont pris d’assaut le refuge, il n’y a plus de place. Des gens vont même devoir dormir dans la cuisine. Le gardien nous indique un autre refuge qui aura de la place pour nous, à 20 minutes de route selon lui. Mais c’était sans compter avec l’état de la route et une deuxième tempête de terre. Cette fois-ci un peu moins intense et dans une plaine heureusement (vidéo). A noter que pour des questions d’images par seconde probablement, la visibilité est meilleure sur la vidéo ou les photos, qu’à l’oeil nu…

Nous finissons par arriver au nouveau refuge, mais la gardienne n’est pas là. Selon un papier qu’elle a laissé, elle sera de retour dans une heure. Nous allons vers un chalet où un groupe de français est déjà là. Nous avions l’espoir qu’ils nous proposent de rester avec eux au chaud, mais ils se contentent de nous indiquer que les chalets sont ouverts et donc nous n’avons qu’à nous poser quelque part (au froid) en attendant le retour de la gardienne. Merci pour l’hospitalité…

La gardienne arrive, évidemment avec passablement de retard. Elle nous attribue un grand chalet rien que pour nous. L’avantage : nous avons des toilettes dans la même construction, ce qui nous évite de devoir sortir sous la neige. Nous nous installons, je suis d’humeur plus que maussade. Et pour couronner le tout, impossible d’enclencher le chauffage. Retour dans le froid pour aller demander de l’aide. Ce sont les canalisations de gaz qui sont grippées par le froid… Finalement nous avons le gaz, mais il faut faire attention. Si on utilise les grandes plaques de la gazinière, il n’y a plus assez de gaz pour le chauffage. La cuisson à petit feu s’impose... Je suis de mauvaise humeur (désolé Grégory), j’ai froid, je décide d’accumuler les couches d’habits. Deux t-shirts en mérinos, une polaire, une veste coupe-vent, des bas en mérinos, pantalon de randonnée, écharpe, bonnet, gants et double paire de chaussettes en mérinos. Je n’ai pas froid que lorsque je suis face au chauffage. Les habits en mérinos sont supposés ne pas sentir, en tout cas pas avant longtemps. Je dois admettre qu’un t-shirt porté pendant une semaine, même s’il ne sent pas la rose, n’a pas d’odeur particulièrement forte. Mais il n’est pas de même des chaussettes (que je n’avais pourtant portées que 4 jours). Etre à quelques centimètres de la source de chaleur exhale les senteurs et si ça ne piquait pas encore les yeux, ça ne flattait pas trop le tarin…

Nous finissons par atteindre une température décente dans la pièce, j’enlève quand même un minimum de couches, mais pas les chaussettes ! Et surtout, je commence à redevenir un peu moins désagréable. La route, la tempête, le froid, le stress, nous n’étions pas préparés à ça et nous avions reçu un bon coup sur la tête. Nous finissons par aller nous coucher. Le chauffage devant être éteint lorsque personne ne le surveille, il ne nous restait plus qu’à espérer que la température ne descendrait pas trop pendant la nuit et garder l’espoir que demain tout irait mieux.
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