Le jour d'après

Trip Start Aug 31, 2012
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Trip End Sep 16, 2012


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Flag of Iceland  ,
Tuesday, September 11, 2012

Nous nous étions couchés le soir avec l'espoir que la chaleur accumulée avec tant de peine tiendrait autant que possible jusqu’au lendemain. Malheureusement nos souhaits ne furent pas exaucés. Je me réveille, cerné par le froid, malgré mes couches d’habits et mon sac de couchage. Il n’était certes pas prévu pour des températures basses avec sa zone de confort  jusqu’à 9 degrés, mais quand même...  Pour changer le vent souffle, les rafales font vibrer le refuge. A quoi va ressembler « demain » ?

Lorsqu’il fait aussi froid, on apprend vite à ne pas bouger avec le sac de couchage. A chaque fois, le peu de chaleur qu’on a réussi à accumuler contre le matelas disparait. Mais à ne pas bouger pendant des heures on finit par avoir mal partout. Lorsqu’on se réveille, c’est toujours la même question : qu’est-ce qui est le pire, le froid ou la douleur ?

Finalement, il est sept heures et Grégory trouve le courage de se lever. Personnellement je ne suis pas vraiment d’une humeur rayonnante et pour moi, pas question de rester une nuit de plus dans cette région. Je redescendrai dans la vallée coûte que coûte, même si je dois faire du stop. Evidemment que la canalisation de gaz est de nouveau gelée et Grégory doit aller demander de l’aide à la gardienne. Comme les canalisations du gaz, celles de l’eau sont gelées. Pas d’eau dans la cuisine ni aux toilettes. Nos charmants voisins français viennent d’ailleurs visiter nos toilettes, dès fois que sur un malentendu elles fonctionneraient mieux que les leurs…

Après le petit déjeuner nous repartons pour le refuge du Landmannalaugar. Il a neigé toute la nuit, tout est recouvert de blanc autour de nous et les flaques d’eau ont gelé. Arrivés au refuge nous cherchons le gardien pour savoir quelles sont les prévisions météo pour aujourd’hui. Le soleil devrait apparaître en début d’après-midi, mais les températures resteront vers autour de 0. Nous nous osons à lui demander les prévisions pour le lendemain. Il ajuste le bonnet bleu qu’il a sur la tête, et nous lance avec sa délicatesse toute islandaise : « Same shit ».

Nous décidons de ne faire qu’une ballade de 2-3 heures et ensuite nous redescendrons en plaine. Nous demandons au gardien si le tour est praticable malgré les conditions, sa réponse fut aussi implacable que pour la météo : « Si vous avez froid vous marcherez plus vite ! ».         

Grégory avait déjà fait ce tour dix ans plus tôt, mais rapidement il ne reconnut plus vraiment les paysages. Toutes les montagnes, qui devaient être de couleurs fantastiques, étaient plus blanches les unes que les autres. Plus nous montions et plus le vent était présent. Nous pensions faire le tour de la montagne rose, mais c’est au sommet que le chemin finit par nous amener. Arrivés en haut, le vent était très fort. Nous nous accroupissons en lui faisant face, mais il ne faiblit pas. Pas moyen de revenir en arrière, la pente est trop raide, nous devons aller de l’avant. La neige frappe notre visage et c’est avec difficulté que nous cherchons les piquets marquant le chemin. Petits, blancs avec juste une pointe de vert, placés tous les 100 ou 200 mètres, ce n’est vraiment pas pratique à trouver. L’eau dans le tuyau de nos Camelbak gèle, c’est à une lutte pour boire un peu. Nous finissons par redescendre et regagnons rapidement le refuge.

Petite publicité pour Apple. J’avais oublié de laisser mon iPad dans la voiture. De retour de la randonnée, alors que je le sors de mon sac, je suis persuadé qu’il ne doit pas avoir résisté aux conditions de la randonnée. Mais à mon grand étonnement il fonctionne normalement, il a juste de la buée sur la vitre.

Nous reprenons la voiture pour redescendre dans la vallée. Nous empruntons une autre piste que la veille et cette fois-ci, pas de mésaventure, juste de très beaux paysages. Et une vision assez étonnante : le sommet de certaines collines et montagnes n’avaient presque plus de neige, intégralement soufflée par le vent, alors que leur base en était recouverte. Même si nous sommes toujours entourés de montagnes, il n’y a plus de vent, pas de bruits. Une étrange sensation de calme nous entoure.

De retour vers le niveau de la mer, il fait 6 degrés. Pour nous, c’est presque l’été ! Nous nous arrêtons dans un bar pour manger un hamburger. En ressortant, je vois un jeune homme avec du sang sur son visage. Il s’allume une cigarette, regarde dans ma direction. Mes pulsations cardiaques augmentent, je ne sais pas trop comment réagir. Il a l’air assez amoché, mais son comportement ne colle pas avec son état. Vient-il de se battre ? Si je vais vers lui, comment va-t-il réagir ? Il le voit bien et me lance : « Ce n’est que du maquillage, on tourne un film »… Le pitch du film en question est l’histoire d’un jeune homme à moto qui profite de la vie, mais qui a un accident … avec un mouton ! Il n’y avait qu’en Islande que pareil scénario pouvait être écrit.

Nous finissons par rejoindre notre lieu d’hébergement pour les 2 jours à venir, près de nos derniers lieux à visiter. Ils ont un hot-pot, sorte de petite piscine extérieure qu’ils remplissent avec l’eau chaude naturelle. Un bien fait pour nos corps qui ont passablement souffert ces derniers jours, et ce même si l’odeur d’œuf est toujours omniprésente. Mais on finit par s’y habituer :) Il ne manquait qu'une aurore boréale...
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