Deuxième jour de brousse

Trip Start Jun 16, 2011
1
46
69
Trip End Nov 10, 2011


Loading Map
Map your own trip!
Map Options
Show trip route
Hide lines
shadow

Flag of Lao Peoples Dem Rep  ,
Friday, September 9, 2011

Notre deuxième jour de voyage s'effectue entre Nongkiew et Luang Namtha, soit environ 250 Km. Il faut donc comprendre 6 heures de route. Oui, en voiture. De toute façon, si on atteint 60 Km/h, c'est en descente, tout droit, avec rien devant et pas de village en vue. Et ça, c'est pas possible. Parce que ça monte, ça tourne, y'a des villages partout et on n'est jamais à l'abri de se retrouver nez à nez (ou plutôt nez à pare-chocs) avec un buffle, une vache ou... un môme qui a décidé de faire la sieste en travers de la route (je vous jure que c'est vrai). Et là, je ne compte pas les glissements de terrain. D'ailleurs quand un camion ou bus nous double (donc des chinois, forcément), Chanthavong peste, les traitant de chauffards inconscients (oui, ils roulent à 65...). Bref, je suis hilare silencieuse dans mon siège et profite du paysage, le sourire aux lèvres. Car, comme dit dans le post précédent, le paysage est tout bonnement spectaculaire. Des montagnes de jungle, des cultures là où ils ont eu le courage de défricher, des rivières marron opaque, des villages et des villages et des villages.

Je vais vous parler un peu de ces villages. Ils sont tous composés de minorités, à tel point qu'on se demande où est donc cette majorité que l'on ne voit jamais... Je n'ai pas retenu leurs noms, à part les Hmong que l'on trouve aussi au Vietnam. Chanthavong, qui se réjouissait de me montrer les femmes en costume traditionnel, est un peu dépité car très peu d'entre elles le font encore... L'habit occidental fait de plus en plus son apparition. Les enfants eux, sont majoritairement tous nus, ou au moins le cul à l'air, crassouilles à souhait, timides mais espiègles. Lorsque je souhaite prendre en photo un cochon qui fait sa sieste, ils sont trois petits mioches à s'interposer entre l'appareil photo et le cochon, pour mon plus grand plaisir. Et ils se marrent. Quand je leur montre le résultat de la photo, c'est l'hilarité générale, tous les enfants veulent voir, même ceux qui se cachaient au départ et désormais, tous veulent être aussi "dans la boite"... Bonheur du photographe, je vous dis pas.

On profite de nos arrêts dans ces villages pour s'enquérir de la santé du village en général - déformation professionnelle de Chanthavong, à la fois kinésithérapeute et prothésiste mais aussi accompagnateur privilégié de Christian Rey, un ami médecin, dont je vous parle un peu avant dans ce blog : Christian se rend au Laos tous les ans et ... fait sa tournée ! - et les cas soignés par Christian l'an dernier : Ici la mamie bien remise de sa pneumonie qui gambade de nouveau dans les bois (à tel point qu'elle est absente lorsqu'on passe au village). Là le gamin frappé par la foudre (nettement moins drôle) et à qui Christian a sauvé la vie (mais a t-il bien fait...). Nous tombons aussi sur une jeune fille qui rentre de l'hôpital depuis un mois suite à un accident de moto et... qui ne bouge pas de sa chaise car "ça fait trop mal". Chanthavong lui explique qu'il faut qu'elle bouge rapidement sinon cela va empirer. Il lui montre des exercices de rééducation à faire tous les jours, plusieurs fois par jour. Et nous repartons.

Les maisons traditionnelles des minorités laotiennes sont faites de bambou tressé et le toit est une paillote. Nous en voyons encore énormément mais, petit à petit, là encore, la "modernité" s'incruste. Cela commence par le toit, toujours. La paillote est remplacée par de la tôle ondulée. Parfois, si les changements ont eu lieu il y a un moment, alors la structure est en bois massif. Sinon, la brique vient replacer le bambou tressé. Il est en revanche étonnant de voir que l'intérieur ne change guère. Si, bien sûr, les maisons en brique ont un sol en béton et non plus en terre battue, le mobilier est on ne peut plus sommaire. C'est en général une grande pièce car les sanitaires sont encore à l'extérieur. En fait, la douche est souvent commune, c'est la fontaine du village, où l'on se baigne et où l'on lave le linge. L'intérieur des maisons possède un coin cuisine (le feu de bois est toujours de rigueur) et un coin "travaux" - une machine pour filer le coton, un métier à tisser. Le reste de la pièce est un gigantesque dortoir familial : des paillasses en bambou ainsi qu'un tas de couvertures, au cas où un jour, on ait un peu froid... Le tout dans un joyeux bordel. La notion de confort est loin, très très loin de notre culture occidentale...

La suite au post suivant ! :-))

Nadege
Slideshow Report as Spam

Comments

odanieskaya on

ouais c'est ça le laos, la route dans la montagne... des enfants partout, des animaux partout et surtout au milieu des routes... je me souviens de mon retour tôt le matin, entre luang prabang , back to vientiane, la brume partout, pas très safe d'ailleurs pour les routes sinueuses à raz les falaises, et puis au détour d'un virage, une scène gravée à jamais dans ma mémoire, une tripotée d'enfants en costume trad qui vont à l'école, cahin caha sur la route, et s'éclairant au torches enflammées... pffffouah.... je te jure, ça fait prendre du recule, et puis quand je peste par ce que j'ai la flemme de faire ceci ou celà (genre trimballer mon chat dans sa boîte par ce que c'est trop louuuurd :) , benh je repense aux mamies lao sur la route dans la montagne avec des gros tas de bois sur le dos sous 40 degrès et là je me calme direk!!! j'ai hâte de lire la suite! ... !!!

cotcot on

... ça va nettement mieux !!! j'ai "ma dose" .... pourquoi dis tu que le gamin qui a reçu la foudre aurait mieux fait d'y rester ????????????? il garde des séquelles ???

Je pars le 6 octobre pour Singapour (retour le 18) et quand Alex m'a demandé si j'avais envie d'aller visiter un pays, un temple, une plage (ah!ah!ah!) je lui ai répondu ANGKOR ... je ne sais pas si c'est compliqué (ou cher) mais tu m'en as vraiment donné envie !!! (d'ailleurs, il n'a pas bronché). (Beaucoup moins envie de visiter Hanoï (chaleur) même si Claude m'y pousse ! Il a eu Dinh Dinh au téléphone qui n'a pas tari de compliments sur toi -ce qui prouve que c'est un homme de goût, of course !

nadegeb72
nadegeb72 on

@ Nanette, ouais c'est clair... Bon j'ai pas eu la chance de voir les mômes en costume trad, ils sont tous à poil :-) mais le sentiment général est celui du "bon sauvage" (je sens les poils de certains qui se hérissent). Je suis amoureuse de ces gens et de leur vie simple (mais besogneuse), sachant pertinemment que j'en serais incapable... Si au moins je retiens une chose de mon voyage, c'est que je ne pourrais pas être Robinson Crusoe. Déjà j'ai trop peur des araignées et vraiment, trop roots pour moi ces villages ! Je respecte et suis admirative de cette simplicité. Et je déplore d'être beaucoup trop occidentale en terme de confort. Je serai, comme tous mes congénères occidentaux, parmi ceux qui souffriront le plus quand le monde va finir de partir en sucette...
@ Cot cot : Dinh dinh est un hypocrite ! Je l'ai jamais rencontré ! Il m'a foutu sa gamine entre les pattes (qui est donc par ailleurs adorable) mais ne m'a même pas répondu. Il s'est contenté de transférer le paquet à sa gamine. Bref... En tout cas ma Cot Cot tu as bien raison d'aller à Angkor !! Conseil : book ton hôtel sur Agoda.com ! Bisous !

nadegeb72
nadegeb72 on

@ Cot Cot, pour le gamin foudroyé et ben... Il est en chaise roulante, brulé de partout, dont le nez, le crâne (cheveux épars cachés par une casquette), les yeux et cils (donc lunettes tout le temps), les sourcils. C'est une cicatrice ambulante, il ne peut pas marcher, c'est donc une charge pour la communauté. Je dis ça, parce que surtout IL en est conscient et cela ne peut pas faire en sorte qu'il puisse trouver un réconfort quelconque dans le travail. Sa main droite a été bien foudroyée aussi et donc il a perdu deux doigts et l'un des trois restants et complètement tordu, sur les deux autres : pas d'usage de sa main droite de manière agile donc. Juste assez pour pousser son fauteuil... Très pratique dans un village où, tu l'imagines bien, il y a assez peu d'accès handicapés. Il ne peut pas se laver seul entièrement. Bref, l'horreur. Surtout pour lui...

Lauréline on

Ca me rappelle plein de beaux souvenirs du Laos. Profite à fond!! Merci pour le blog, c'est sympa de lire des récits de voyage quand on est assise à son bureau... on s'échappe un peu! Ici à Issy les Moulineaux il fait beau, ça te donne envie de rentrer? héhéhé

Add Comment

Use this image in your site

Copy and paste this html: