Charité est toujours mal placée

Trip Start Oct 01, 2007
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Trip End ??? ??, 2008


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Saturday, January 5, 2008

A Ouazzane, un homme nous a offert le gite par charité.
Son fils lui a dit : "Mais voyons ? Et si l'Etat venait à l'apprendre, nous n'avons pas leurs passeports !"
Son père lui a dit : " Ce sont des êtres humains "
Et le fils de nous faire chier toute la soirée sur l'extraordinaire réponse de son père. Il gardait ses petits yeux de fils-à-papa et nous repprochait silenciensement de ne pas être assez explicitement charmés par la grandeur d'âme qui nous était faite. Je l'aurais battu.

Si son père voulait nous permettre de dormir sous ses arches extérieurs, dans la boue, en échange de remerciements, ce n'est plus un don. C'est un échange, et les échanges se règlent par contrat : auquel cas son père ne mériterait plus de remerciements, puisqu'il aurait donné exactement ce qu'il voulait pour obtenir exactement la quantité de remerciements qu'il aurait demandé.

Si son père voulait donner pour avoir la satisfaction personnelle (ou religieuse) d'avoir donné, d'avoir fait la charité, il a encore tort, il devrait plutôt se demander comment ça se fait qu'il possède une maison tellement gigantesque qu'elle peut héberger 30 personnes de plus, comme ça, et remarquer qu'il n'est pas charitable, mais qu'il détient bien un capital immobilier accumulé sur le dos de ses frères.

Si enfin le père voulait simplement partager ce qu'il avait avec nous, c'est à dire constater qu'il n'utilise pas toute l'espace qui est disponible et se faire une joie de la rendre à ceux qui pourraient l'utiliser, il n'est plus question de remerciements, ou encore d'Etat, mais simplement de rapports de force tels qu'on les retrouve dans les rapports qui ne sont pas sous-tendus par la propriété : c'est à dire, une relation sociale non médiée. Qui en situation ne devrait pas non plus de remerciements, puisqu'il s'agirait alors simplement de propriété d'usage, et que la pitié ou la charité perdraient du coup leurs fondements même : l'injustice fondamentale des rapports économiques actuels.

Nous n'avons pas besoin d'oeuvres de charité. Les oeuvres de charité - les aumônes - sont en réalité, pour les riches, une manière de se soustraire partiellement à la remise en cause de leurs avoirs. En aucun cas, aucun, je suis coupable d'avoir accepté une offre qui m'a été fait de partage. Au mieux, je peux à mon tour ne pas m'opposer à ce qu'on prenne certaines choses qui sont disponibles, partager en retour. Et comme je ne m'en sens pas coupable, je peux remercier comme je l'entend, ou pas. Que le fils mange de la marde, et le père de ne pas avoir repris son fils. On ne dormira plus chez vous, fuck you!(oui oui, je sais, ça ne s'applique pas, et puis il y a l'état. mais c'est pas une raison pour être désagréables, n'est_ce pas ?)

Mais qu'est ce que la charité, qu'est ce qu'un don, qu'est ce qu'un potloach, qu'est ce qu'un partage, qu'est ce que la propriété ?

Je vous invite à aller faire un tour sur wikisource (que je viens de décourir, et qui est simplement fantastique : www.wikisource.org) pour continuer la réflexion : quelles formes de partages découlent de la mort de Dieu, et donc de la notion selon laquelle : "Se faire chier = Mal" (http://fr.wikisource.org/wiki/Nietzsche_et_l%27immoralisme) ?

Je vous aime, et écoute tous commentaires... vive la Sociale !
Mig.
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