Les petits pains

Trip Start May 30, 2011
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Trip End Aug 04, 2011


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Where I stayed
Youth International Center
What I did
Visit Auschwitz-Bikenau death camp

Flag of Poland  , Lesser Poland Voivodeship,
Saturday, July 23, 2011

Le musee d'Etat a Auschwitz-Birkenau.
Le fond.

Camp I, camp II, camp III : le centre administratif, les chambres a gaz, le camp de travail.
45 petits camps satellites. Une constellation a travers l'Europe, un peu a l'Est.
En relation avec d'auters visites effectuees ce mois-ci : la maison de Wansee (ou s'est deroulee la reunion executive decidant de l'application d'appliquer la solution finale au probleme juif), le musee juif de Berlin, le centre de commandement du regime nazi ("Topographie das terrors"), les camps de Saschenhausen et Ravensbruck...
Je suis charge.
Tres, tres charge.
Comme lorsqu'on regarde la pluie qui tombe dehors et qu'on se rend soudainement compte qu'on pleure. Il y a de l'eau partout, rien de tres clair. Une nostalgie immense. De la douleur. De la colere aussi.

Une envie d'arracher tous ces petits papes qui trainent sur les tombes collectives. Une envie de casser la gueule, individuellement et coup par coup, aux petits neo-nazis qui ont encore incendie des voitures de gauchistes dans un quartier de Berlin, la semaine derniere. Le grand imbecile qui portait sa croix nazi dans le cou a la station Korbutzer Tor. Une envie de manifester a coups de briques devant chaque policier que je croise dans la rue. Savoir qu'ils ne refuseront pas, le jour ou on leur demandera, de nous fourrer dans des wagons pour preserver l'ordre public et s'assurer un bon fond de retraite.

Memoire et douleur, memoire et peur, memoire et colere. Ne pas encore tout a fait pourquoi on me montre tout ca, ce qu'on attend de moi et ce que je peux en faire. Que faire d'une salle grande comme une piscine remplie des cheveux des femmes qu'on a gaze ? Que faire de ces petits lits en pente, de ces 120 trous de latrine allignes, de ces cannes de gaz, de ces petits triangles rouges, jaunes et roses, de ces tas immenses de valises et de ces tatous dans la peau des incarnes ? Qu'est-ce qu'on fait avec des faits et des interpretations qui sont contradictoires ?

Avoir deja su tout ca. Le savoir encore.
Memoire et repetition. Memoire et intensite.
Sans arret devoir tout refaire car tout s'efface en permanence.
Laisser des traces sur le bord du chemin pour la prochaine fois qu'on passera par la.

"Et si on faisait des camps ? Il me semble que ce serait pratique, pas cher...
- NON ! "

Saschenhausen : la toute petite salle a se faire trouer.
Ravensbruck : les trous dans le sol, les femmes et les lesbiennes en rang serres.
Auschwitz : "Un musee comme un autre", me dit ma guide, polonaise catholique.
Comme un autre.
Comme celui de Washington, par exemple. Avec sa salle sur les amants des hommes tues dans les camps de travail. Gay friendly. On est bien aux Etats-Unis.
Encore plus grand. La grande justification du liberalisme. Vous ne voulez plus des nazis ? Plus des communistse ? Essayez l'economie de marche !

Memoire et interpretation.
Les antifascistes (qui erigent de grands phallus commemoratifs), les juifs (avec ou sans Israel), les anti-totalitaires (qui batissent des super marches et qui mettent des plaques de verre devant l'entierete de l'existence), les neutres (tout ca c'est du passe), les polonais (il faut maintenant prier), les communistes (tous des hommes), les sociaux-democrates (il faut communiquer, faire la paix, construire des maisons d'amitie), les homosexuels (qui vendent des gears SS pour ton trip sado-maso de samedi soir, avec poppers pour mieux que ca passe).

Faire sens avec des morceaux. Reconstruire un casse-tete incomplet. Essayer d'en faire quelque chose.

Me rappeler, a travers tout ca, des manifestations du 15 mars, des arrestations du G8, de l'agente de la GRC qui vient cogner a ma porte pour prendre de mes nouvelles, des puces electroniques qu'on s'insere dans les bars branches de Barcelon pour avoir de la biere gratuite, de 1936, des films que j'ai vu et des livres que j'ai lu et des cauchemars que tout cela fait...

Bon dieu. J'ai encore 16 ans.

Miguel

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