Retour à la maison

Trip Start Mar 25, 2012
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Trip End Jul 23, 2012


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Flag of France  , Brittany,
Sunday, July 29, 2012

Bon, je suis un peu en retard... Je suis rentrée à Rennes il y a déjà 2 semaines. Mais j'éprouve toujours un peu de difficulté à écrire une fois le voyage terminé. Quand on n'est plus dans le mouvement, dans l'énergie du voyage, tout se relâche.
Ma dernière journée de stop a été l'une des pires. Mais je n'avais jamais été aussi proche de chez moi depuis 9 mois, alors quelques heures de plus ou de moins ne faisaient plus aucune différence... Accueillie par ma mère et mon p'tit frère, j'ai apprécié de retrouver mon appartement, mon lit, mon jardin... Jardin que j'ai retrouvé transformé en forêt vierge ! Quasi impénétrable, après 9 mois d'abandon.


Ce voyage n'a pas été tous les jours facile, mais il m'a remplie de bonheur. Sincèrement. Je n'ai pas encore eu le temps de tout assimiler, de tout digérer, et ça prendra certainement du temps. Tant mieux.
Je n'avais planifié ce voyage que dans les grandes lignes (comme d'habitude), ce qui me laissait les portes ouvertes aux opportunités qui s'offraient à moi. Et je peux vous dire qu'il y en a encore eu beaucoup durant ce voyage.
Je reprends cette phrase que j'affectionne particulièrement, et qui est généralement attribuée à Christophe Colomb : « On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas ou l'on va ».

J'ai surtout été hébergée chez des couchsurfers, et ça a été encore une fois formidable. J'ai rencontré des gens extra. Partout. Hormis l'aspect financier (forcément ça aide pour un voyage de plus de 9 mois), ce que j'apprécie surtout dans cette manière de voyager, c'est d'être accueillie chez des gens qui vivent sur place, qui connaissent le lieu. Ils vous apprennent énormément sur leur culture, leur mode de vie, vous donnent des tas de conseils et font leur maximum pour que vous vous sentiez à l'aise et que vous passiez du bon temps chez eux.
Je suis parfois rester plus longtemps que prévu à certains endroits, non pas pour le lieu, mais pour les personnes chez qui j'étais. Ce genre d'échange est très enrichissant, de part et d'autre. Car nombre de ceux qui m'ont accueillie ne sont eux-mêmes jamais sortis de leur pays. Pour diverses raisons (et oui, nous sommes des privilégiés sous de nombreux aspects). Alors ils sont avides de rencontres, d'histoires, d'échanges (et d'améliorer leur anglais pour certains...). Et si heureux et fiers de faire connaître aux visiteurs où et comment ils vivent.

Quant à l'auto-stop que beaucoup considère comme dangereux, c'est une forme de voyage extraordinaire aussi. Peut-être ai-je la chance (oui, j'estime que c'est une chance) de ne pas être craintive et de faire confiance. En fait, c'est une attitude plus volontaire qu'il n'y paraît. Faire le choix de faire confiance à des inconnus, de ne pas vivre dans la paranoïa, de partager, d'échanger sans avoir de réticence. Et je vous assure, ça rend la vie tellement plus facile et agréable.
Se méfier ? Sur quels critères ? J'ai été prise en stop par des gens si différents les uns des autres, de tous âges, de toute évidence de milieux très hétérogènes. J'ai voyagé dans des camions, des camionnettes, sur des motos, dans des voitures tout confort et d'autres bien plus modestes (ah ! pas de camping-car - un monde à part, semble-t-il).
En Arménie, un chauffeur de taxi aux bras (et probablement plus) recouverts de tatouages et de balafres, ex-gangman expulsé des États-Unis pour avoir poignardé un gars, m'a avancée sur plusieurs kilomètres alors qu'il rentrait chez lui. Un type adorable, vraiment. Il m'a même tendu son numéro de téléphone, au cas où j'aurais besoin d'un hébergement. Certains me diront qu'il avait certainement des arrière-pensées ; franchement je ne crois pas, ce sont des choses que l'on sent, il était surtout super content de pouvoir discuter en anglais et de rendre service. 2 fois j'ai voyagé en taxi gratuitement !
En Turquie, deux gars, ressemblant plus à des mafieux qu'à de bonnes âmes innocentes, ont fait un détour de plusieurs kilomètres pour me déposer dans la ville où je me rendais. J'avoue que durant les premières minutes, je ne me sentais pas forcément très à l'aise, mais au final on a discuté (en allemand) et ils m'ont offert un thé à l'arrivée, avant de rentrer tranquillement chez eux, contents d'avoir aidé une voyageuse.
Maintenant que j'y repense, à peu près la même situation s'était produite quelques jours plus tôt. Deux hommes à l'air "louche", dans une voiture "louche" elle aussi. On a aussi fini à la terrasse d'un café et ils ils voulaient s'assurer que quelqu'un allait bien m'accueillir ; ils m'ont ensuite déposée au lieu de RDV avec mon hôte. Tout simplement. Tout naturellement. Franchement, il ne faut pas (toujours) se fier à l'apparence et se méfier outre mesure. J'ai été vraiment touchée par l'humanité de toutes ces personnes rencontrées sur le chemin.
Aucun chauffeur ne m'a laissée dans une situation périlleuse (oups ! pardon, si, un homme il y a 2 semaines, à la sortie de Paris...). Tous s'enquéraient de la suite de mon voyage, et ceux qui le pouvaient me déposaient exactement où j'allais, de leur propre volonté. Je ne demandais rien, mais ils le faisaient. Quite à faire des kilomètres supplémentaires.
Et combien d'entre eux m'ont offert à boire et à manger ? J'ai eu avec certains des conversations vraiment intéressantes, profondes.
Un copain a même fait du stop en Iran, et en est revenu avec de merveilleux souvenirs. Je ne l'ai pas fait, non pas par question de sécurité, mais plutôt parce que, en tant que femme, je doutais que qui que ce soit ne me prenne. J'aurais peut-être dû essayer finalement.
En Roumanie, j'ai été hallucinée : tout le monde fait du stop, les jeunes comme les vieux ! Pour la première fois, j'ai eu de la concurrence. Parce que sinon, en effet, on ne voit pas (plus ?) beaucoup d'auto-stoppeurs.
Les personnes qui s'arrêtent (je dirais à 98 % des représentants de la gente masculine) veulent seulement rendre service, discuter, passer le temps (certains conduisent des heures et des heures, jour après jour - les chauffeurs routiers s'arrêtent proportionnellement bien plus que les autres chauffeurs) de façon plus agréable que tout seuls dans leur véhicule. Échanger, écouter ou parler. Ou rester silencieux. Juste une présence.
Sincèrement, hormis 2 ou 3 'incidents' ou plutôt moments désagréables (bien sûr, ça peut arriver, comme sur la place du marché à Plounévez-Quintin - bled paumé en Bretagne - on ne sait jamais), mes quelque 15 000 km en stop m'ont également beaucoup apporté

Et puis il y a toutes ces personnes rencontrées dans la rue, dans le train ou le car, comme ça. Comme ce monsieur en Iran qui m'a fait monter dans sa voiture et a fait le tour du quartier pour m'acheter à manger, ou ce vieil homme au sourire et aux yeux emplis de bonheur, assis en terrasse sur la place d'un village en Turquie, avec qui j'ai conversé en allemand. Et cette fille rencontrée dans un train en Iran, qui m'a invitée chez elle et avec la famille de laquelle j'ai partagé un repas des plus chaleureux. Et tant d'autres.
 
Je me sens confortée dans ma décision de voyager ainsi, de faire confiance. Confortée aussi dans mon sentiment que la majorité des gens sont de belles personnes, prêtes à rendre service, à partager, échanger, écouter. Je vous assure, ça fait du bien. Beaucoup de bien.
Je vis sans TV depuis de nombreuses années (ce que certains ne comprennent pas, ou ne peuvent pas concevoir pour eux-mêmes), mais quand on réalise véritablement le décalage entre ce que de nombreux médias transmettent et ce qui se passe réellement là dehors, juste à côté de chez nous ou un peu plus loin, on trouve ça navrant, désolant. Je ne suis pas contre les médias de manière générale, mais seulement contre leur manière de transmettre les informations. Partialité, unilatéralisme, manichéisme.

En rédigeant ce blog, je voulais surtout témoigner de ce que je voyais, de ce que je ressentais. C'est une des principales raisons pour lesquelles je voulais passer par ces 2 pays que sont l'Iran et le Pakistan. Je souhaitais voir par moi-même, voir au-delà des images que les médias nous en donnent. Je voudrais juste qu'on arrête de considérer l'Iran juste comme un pays de l'"Axe du Mal" (comme je l'ai encore entendu dernièrement à la radio) et le Pakistan comme le pays des Talibans. Ce sont deux pays magnifiques et j'y ai rencontré des gens formidables. Et pourtant ces gens, pour la majorité, n'ont pas une vie des plus faciles. Je ne m'étendrai pas ici sur le sujet ; j'en ai déjà parlé. Derrière des gouvernements autoritaires, répressifs, corrompus, il y a des milliers de personnes. De toutes sortes, comme partout.

Je ne cherche pas à convertir (en fait, j'ai quand même converti quelques personnes au stop et/ou au couchsurfing !). Tout le monde ne peut pas et/ou ne veut pas voyager ainsi. Aucun souci. Tant mieux. Ce que je veux juste faire comprendre, c'est que c'est possible, que ce n'est pas "dangereux", et que c'est très enrichissant. Après, c'est une question de personnalité, de caractère, de confiance en soi et en les autres.
Walter, mon maître de yoga, m'incite à transmettre un message, le message de ce que j'ai vécu pendant ce voyage, géographique et intérieur. Si je dois faire passer un message, ce serait un message de Bonheur, d'Amour, de Paix. Ça peut sembler "fleur bleue et cotillons", mais c'est ce que je ressens vraiment. Et aussi, et peut-être surtout, un message de prise de conscience. Conscience de ce cadeau qu'est la Vie. Juste être en vie, être dans la vie. Le bonheur - ou tout du moins la sérénité -, c'est une recherche, un chemin, un état d'esprit. Un long chemin parfois, souvent. Le bonheur, c'est celui qu'on veut bien s'offrir. Et ça n'est pas dépendant des conditions matérielles ; là encore j'ai vu des gens pauvres mais heureux, et aussi des gens riches et malheureux. Bien sûr, ça aide, mais seulement dans une certaine mesure. Ni trop peu ni trop.

Je veux remercier de tout cœur toutes les personnes qui m'ont hébergée, qui m'ont prise en stop, avec qui j'ai partagé des moments, courts ou plus longs, toutes ces personnes que j'ai eu la chance et la joie de rencontrer tout au long de ce merveilleux voyage. Car c'est bien grâce à ces personnes, si accueillantes et généreuses, que celui-ci fut si beau, si riche, si extraordinaire ! À travers rencontres, découvertes, expériences, incidents, partages, j'ai énormément appris et beaucoup reçu.
Merci à vous tous.


Voilà, c'est la FIN. Parce qu'il faut bien une fin.
Mais bon, je repars dans 2 semaines...


PS : Merci aux quelques uns qui ont lu ce texte jusqu'ici, parce que je ne sais pas si moi même j'aurais tenu...
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Comments

Someone Somewhere on

Thanks for this really nice post.

Thanks for all the nice things you said about our country and our fellow country men and women.

Thanks for all the lessons you taught us.

We will never forget you.

Have a good Life, I should say now :)

Someone Somewhere on

And that photo of portraits is awesome.

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