Semaine 8: bientôt le départ de Bapate

Trip Start Apr 30, 2010
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Trip End Jul 30, 2010


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Flag of Senegal  , Thiès,
Monday, June 21, 2010

Vendredi 18 juin 2010, jour 50 :

Déjà cinquante jours depuis le grand départ ! Et plus que quarante-deux avant le retour… ça donne tout un mélange d'émotions. J'ai hâte de voyager avec Mélanie, mais pas hâte de quitter ma famille de Bapate, hâte de terminer officiellement mon stage scolaire (dans une semaine exactement), mais surtout, hâte de revoir mon amoureux, ma famille, mes amis ! Tout ça se mélange et crée une étrange combinaison de sentiments…

Ce matin, je me suis réveillée peu après 7h. J’ai été faire chauffer mon eau, ai été acheter mon pain et ai déjeuné en faisant tremper mon orteil. Grrrrrrr ! De minuscules fourmis ont réussi à entrer dans la « gourde glacière » dans laquelle se trouve mon sucre, mon lait en poudre et mon chocolat à tartiner ! Et comme le chocolat est brun (comme le pot d’ailleurs) et que les fourmis, en plus d’être minuscules sont aussi brunes, difficile de dire si elles ont aussi réussi à entrer dans le pot de chocolat… Mais bon, comme dirait Fanny : « Au pire, ça fait plus de protéines ! ». J’ai décidé de me détendre et de voir que certains ont des problèmes plus graves que les miens en lisant Pearl Harbour. Après quelques bateaux torpillés/bombardés et des centaines de morts, j’ai décidé de m’habiller pour partir au CEM. J’y suis arrivée un peu avant 9h et ai travaillé les notions abordées mercredi alors que j’étais à Thiès. J’ai ensuite travaillé un peu à l’ordinateur, puis suis retournée dans la salle du personnel pour écrire en attendant que le cours commence. Il était déjà 10h15 passé…  Finalement, j’ai attendu jusqu’à 11h30, moment où Fanny est arrivée pour me dire que mon enseignant venait de quitter le CEM. Ah ? il m’a sans doute oubliée…

Je suis donc retournée à la maison à travers les champs avec Fanny. Une fois arrivée, je me suis changée et ai regardé mon guide des oiseaux pour identifier ceux que j’avais vus cette semaine. J’ai ensuite un peu lu et écrit en attendant que vienne le moment du repas. Après le repas, Josephina m’a montré ses cahiers d’école et était toute fière lorsque je lui ai dit qu’elle semble vraiment être une bonne élève. C’est fou comme elle me fait penser à Alice et Ema, mes deux élèves de violon. Elle a l’énergie enjouée, l’âge et le côté espiègle d’Ema, tout en ayant le sourire, le sérieux et le côté sage d’Alice. J’ai ensuite fait la vaisselle avec elle, c’était très drôle et agréable encore une fois. Je sais que ces moments vont me manquer, j’essaie d’en profiter au maximum.

Je me suis ensuite préparée pour partir à Dougnane avec Fanny pour rendre visite à Natacha. Le Soleil était voilé et il y avait du vent, ce qui annonçait une petite balade agréable. Mais en route, le soleil a reparu et il a commencé à faire plut^to chaud ! Nous nous sommes arrêtées à plusieurs reprises pour nous reposer et boire un peu. Une fois à Dougnane, nous nous sommes arrêtées dans la concession de Natacha, mais la rencontre fut de courte durée puisqu’elle partait en charrette avec son groupe à Tivaouane. Nous avons ensuite un peu parlé avec Gilbert, le cousin de Natacha avant de refaire route vers Pambal pour voir le match de foot organisé par les stagiaires de Bois de Boulogne.

Le trajet de retour s’est bien passé. Nous nous sommes arrêtées à la boutique du village précédant Bapate en direction de Mboro pour y acheter des biscuits au lait. Une fois arrivées au terrain de foot du CEM, j’ai été m’asseoir, préférant ne pas jouer au foot avant que mon orteil ne soit guéri. Nanette et Victor, mes cousins, sont venus me rejoindre pendant que Fanny allait et venait entre le terrain de foot et le terrain de basket. Au foot, le Québec affrontait le Sénégal et a gagné la partie contre toute attente en brisant l’égalité grâce aux tirs au but. C’était très drôle de voir tous les enfants presque aussi enthousiastes que si c’était un véritable match de la coupe du monde !

Fanny et moi avons ensuite refait route vers Bapate et en chemin, nous avons suivi une piste de fourmis qui menait à une gigantesque fourmilière. C’était plutôt impressionnant… et je me suis dit que les fourmis dans ma chambre n’étaient pas si mal finalement ! Une fois à la maison, j’ai bavardé avec mon bo qui écoutait le foot (Algérie contre Angleterre) sur un petit radio et ai aidé Emile à préparer la nourriture pour les moutons et les chèvres. Au menu ce soir : fruit de rognier ! Hihi, ce midi, c’était de la moulée… et du carton ! J’ai bien ri ! N’empêche qu’il me semble que du temps où je travaillais à la ferme, j’avais appris que les chèvres étaient capables de digérer le carton à cause d’une enzyme quelconque… peut-être que ma tante ou mes amies biologistes pourront confirmer la chose !

Ce soir, on a mangé tous ensemble le riz avec les niebe et le yawoï (haricots et poisson séché) et on a ensuite un peu discuté avant d’aller se coucher. La lune sera bientôt pleine, il fait de plus en plus clair le soir. Ça nous donne l’occasion de bien observer les bestioles, hihi !

Samedi 19 juin 2010, jour 51 :

Ce fut une nuit presque productive côté sommeil. La seule chose ayant troublé ma nuit a été les aboiements de Black, le chien pas noir de notre famille, tôt ce matin. Je me suis rendormie pour me lever peu après 6h30 et ai été faire chauffer mon eau avant d’aller chercher le pain. Ma dée, Fatou et Simone se préparaient déjà à laver le linge. J’ai mangé après avoir encore une fois chassé les minuscules fourmis qui envahissent maintenant la gourde glacière. Au pire, je me dis qu’il ne me reste que huit ou neuf petits-déjeuners à prendre avant de partir. C’est fou comme le temps passe vite ! Plus que huit jours avant le départ…

Absorbée dans ma lecture (mon roman sera d’ailleurs bientôt terminé), j’ai oublié de regarder l’heure, ce qui fait que je me suis habillée en vitesse avant de partir au CEM. Je me suis arrêtée chez Fanny, mais comme elle n’était pas prête, je suis partie. Monsieur Sene aussi semblait s’être levé rapidement aujourd’hui, hihi ! Le cours de PC a commencé un peu plus tard. C’était la correction du BFEM blanc, comme dans le cours de maths qui a suivi d’ailleurs. Etre les deux cours, les enseignants ont fait l’annonce des notes verbalement aux élèves de 3e années rassemblés devant la porte de la direction. C’était bizarre… et loin de ce à quoi je suis habituée !

En retour, j’ai été me reposer un peu dans ma chambre, car il faisait vraiment très chaud aujourd’hui. Comme je suis revenue après 13h30, le moment du repas est arrivé rapidement. Après, j’ai lu un peu et ai relaxé un peu avant de traiter mon eau pour ensuite reprendre la route du CEM. La chaleur m’enlevait un peu le goût de donner le renforcement, donc pour me motiver un peu, j’ai fait un arrêt à la boutique de la famille de Marie-Eve pour y acheter des biscuits au lait et des petits bonbons. Sur la route, j’ai vu un joli rollier que j’ai essayé de prendre photo. Mais c’est fou à quel point cet oiseau est timide ! En arrivant dans la salle de classe du CEM, il n’y avait qu’une seule élève présente… on a un peu attendu que d’autres arrivent, puis on a commencé le renforcement. Ça s’est plutôt bien passé hormis pour le manque de matériel : je crois que monsieur Sene avait oublié de dire à la direction que je donnais le renforcement aujourd’hui. Nous n’avions ni craie, ni mètre, ni rapporteur, ni compas… mais on a réussi à travailler quand même. A la fin du renforcement à 16h30, ils étaient une vingtaine. J’ai ensuite été rejoindre Fanny et on a marché à la recherche de Kiwi, le village où devait avoir lieu le match de lutte de ce soir. Mais comme nous n’avons pas trouvé le village, nous sommes rentées chacune chez soi, mais au moins nous avons eu une belle petite balade.

J’ai un peu rangé ma chambre et me suis un peu allongée pour me reposer un brin. J’ai un peu dormi, peut-être quelques minutes. Je suis ensuite sortie rejoindre les enfants et ai pris quelques photos d’eux. Ce fut ensuite le moment du repas et j’ai pu bavarder avec presque toute ma famille, tout le monde était de notre côté de la concession. Les enfants attendaient le mbilim qui aurait lieu chez l’une des stagiaires qui quitte Bapate lundi matin. J’ai décidé de ne pas y aller comme j’étais fatiguée et encore un peu estropiée, du moins assez pour que j’aie du mal  à danser… Je suis donc restée au clair de lune avec Fatou et ma dée à parler jusqu’à ce que Fatou parte aussi pour le mbilim. J’ai décidé d’aller me coucher : il était déjà tard et comme le mbilim n’était pas encore commencé, j’avais une chance de m’endormir avant que ne commencent les chants et les percussions…

Dimanche 20 juin 2010, jour 52 :

Réveil presque tardif ce matin ! Je me suis levée peu après 7h30 pour entreprendre la routine habituelle du matin. Encore une fois, mes cousines et sœur voulaient quitter tôt pour la messe. Aujourd’hui, c’était à 9h ! Je leur ai dit que je n’étais pas prête et que j’avais encore plusieurs choses à faire (dont m’habiller !) avant de partir et qu’ils n’étaient pas obligés de m’attendre, que je pourrais les rejoindre là-bas. Après avoir terminé de déjeuner, je me suis habillée et ai changé mon « drap contour ». J’ai ensuite fait route vers l’église avec mes frères. C’était aujourd’hui mon avant-dernière messe officielle, mais probablement la dernière officieusement. En effet, je crois de plus en plus que je vais profiter de ma matinée de dimanche prochain pour préparer mon bagage et ensuite profiter au maximum de ma dernière journée avec ma famille, suivant ainsi la bonne idée de Fanny. J’en ai parlé un peu à ma dée et elle semble trouver elle aussi que c’est une bonne idée. Mais bon, je verrai rendue là.

La messe fut l’une des plus courtes depuis mon arrive. En fait, je crois qu’elle a duré à peine 1h30. J’en ai profité pour filmer la plupart des chants, dont mon favori. A la toute fin, j’ai parlé avec François, le copain d’Honorine (la sœur de Fanny) afin de savoir s’il serait possible de rapporter une ou quelques partitions de ces chants. Il m’a dit de repasser le voir au courant de la semaine avec Fanny. Je n’y manquerai pas ! J’espère que cela fonctionnera !

Nous avons pris le repas plutôt tôt aujourd’hui : il n’était pas encore 13h30. En attendant de manger, j’ai observé mes frères construire un nouvel enclos pour la brebis et le petit agneau. Ce fut vite fait et on a déménagé les deux moutons dans un vacarme de cris d’enfants et de bêlements. Pendant le repas, j’ai beaucoup parlé avec ma dée et mes frères, mais peu mangé. Il fait encore une fois très chaud aujourd’hui ! J’ai ensuite lavé la vaisselle avec Josephina et ma dée avant d’aller un peu dans ma chambre écrire et travailler à préparer ma dernière semaine de cours. Pendant ce temps, Fatou et ma dée faisaient la sieste sur la natte déposée sous le manguier. C’était mignon !

Après avoir écrit et relaxé un peu, je suis allée rejoindre Fanny chez elle pour que nous puissions aller marcher. Cependant, elle était toujours en train de se faire tresser, ce qui fait que je me suis assise sur les racines du grand arbre de la concession en attendant que ce soit terminé. J’ai pris quelques photos et ai joué un peu avec Rachel. Lorsque les tresses de Fanny furent finies, elle a été prendre ses choses et nous avons marché jusqu’à la boutique de la famille de Marie-Eve à Pambal pour y acheter un petit sachet de biscuits au lait. Comme elle était partie avec Laurie au match de lutte à Kiwi (oui oui ! c’est le nom d’un village ici !), nous avons décidé de nous y rendre aussi. Seul hic : où est Kiwi ? Nous avons marché un bon bout de temps sans trouver, ce qui fait que nous avons décidé de revenir à la maison.

Oh que la douche a été agréable ! J’ai ensuite traité mon eau avant de bavarder avec mon bo en attendant le moment du repas. Ce soir, je me suis couchée tôt, car demain nous allons à Thiès pour acheter le nécessaire pour la St-Jean ! Grosse journée en perspective !

Lundi 21 juin 2010, jour 53 :

Réveil très matinal ce matin, probablement le plus matinal depuis mon arrivée ici, bien malgré moi. A partir de 1h du matin, les chèvres et moutons se sont mis à bêler sans arrêt pour une raison que j’ignore. Même mon bo s’est levé pour aller voir ce qu’il se passait, sans succès. Bref, j’ai eu le sommeil très léger à partir de ce moment, surtout que je trouvais qu’il faisait très chaud. Or, après un rapide coup d’œil jeté au petit thermomètre de ma chambre, il faisait toujours 35°… sans compter l’humidité ! Tannée de faire la crêpe dans mon lit, j’ai décidé de me lever à 5h15. De toute façon ma montre allait sonner dans une demi-heure.

Il faisait encore très noir, la lune avait disparu et pas de signe que le soleil allait se lever bientôt. J’ai donc terminé de préparer mon sac TRES lentement et lorsque ce fut le moment, j’ai été rejoindre Fanny pour vérifier qu’elle était bien réveillée. On s’est croisées en chemin, sommes retournées dans ma chambre pour que je puisse y prendre mon sac et sommes allées nous asseoir sur le bord de la grande route pour y attendre le bus. Nous avons patienté un peu, nous étions beaucoup d’avance ce matin : il n’était que 6h05… Le bus a fini par arriver et nous y avons pris place sur le banc juste derrière le chauffeur. J’étais si fatiguée ! J’ai cogné des clous pendant presque tout le trajet. Un gendarme a demandé au bus de s’arrêter à l’entrée de Thiès pour effectuer un contrôle et nous avons dû patienter un bon bout de temps sur l’accotement. Il manquait un des papiers du bus et le chauffeur ne parvenait pas à le trouver. Il a donc dû payer une amende qui correspondait grosso modo à la somme d’argent qu’il avait récolté des passagers qui payaient leur transport…

Une fois à Thiès, nous nous sommes arrêtées aux Délices comme toujours et j’y ai repris une crêpe chocobanane et un jus d’orange. Lorsque nous avons eu terminé de manger Erika et moi, nous avons laissé Andrée-Anne et Fanny parler de leurs préparatifs de voyage et sommes parties magasiner un brin. Nous avons été au marché habituel pour y chercher des choses pour nos familles d’ici et du Canada. Nous avons fait plusieurs boutiques et en chemin avons acheté pas mal de trucs. Pour ma part, j’ai acheté un pilon et un mortier en bois… je trouve ça encore très drôle parce que c’était vraiment un coup de cœur mais je me demande encore comment je vais faire pour tout faire entrer dans mon sac… hihi ! Je vous rassure, c’est un petit pilon là, pas le gros que les femmes utilisent pour le mil ! J’ai aussi acheté 3 grigris (pour ma dée, Josephina et moi) et de l’ail pour jeudi.

Nous avons ensuite pris un taxi pour nous rendre au village artisanal de Thiès. Cependant, le chauffeur (qui ne parlait que wolof) nous a amenées à une toute autre extrémité de la ville. Nous avons demandé à un homme très sympathique sur le bord de la route de nous indiquer le chemin, mais comme le chauffeur ne savait toujours pas de quoi nous parlions, nous sommes descendues pour prendre un autre taxi. Celui-là aussi ne semblait pas savoir où c’était, mais nous sommes finalement arrivées à destination. Il était environ 10h30 ou 11h et le marché venait d’ouvrir. Nous avons donc eu la chance des premiers clients. Car ici, les prix sont beaucoup plus souples lorsqu’on est le premier client. Les marchands croient que si le premier client achète beaucoup, même à prix moindre, la journée sera faste. Comme de fait, on a acheté pas mal de trucs ! On s’est d’abord arrêtées dans l’atelier d’un homme qui fait de la peinture sur toile et sur verre. Ses œuvres sur verre étaient vraiment magnifiques, avec des couleurs vives et des dessins très originaux. Seul hic : comment ramener du verre en connaissant la délicatesse des hommes qui placent les bagages dans la soute de l’avion ?

Dans le second atelier, j’ai acheté quelques choses tout comme Erika. Nous sommes ensuite allées nous reposer un peu, nous asseoir à l’ombre. Il faut savoir qu’on avait passé beaucoup de temps dans les deux boutiques ! Les marchands voulaient vraiment qu’on achète hihi ! Je suis agréablement surprise, je croyais que je détesterais marchander, et finalement, je trouve ça plutôt drôle ! Après  s’être reposées, nous sommes allées dans une dernière boutique où j’ai acheté un collier pour Fatou. Ce que je voulais acheter pour ma famille est acheté ! yé !

Nous avons ensuite repris un taxi pour nous rendre au restaurant Pamanda, là où on s’était donné rendez-vous. Comme il y avait déjà une dame dans le taxi, nous avons dû aller la déposer d’abord. Sa destination était la gare routière de Thiès. Bon sang que je suis contente de prendre le bus que nous prenons pour rentrer à Bapate ! La gare routière est si surpeuplée et polluée ! Dans l’air se mélangent les odeurs de déchets, de poisson et de gazole et les bruits des moteurs, des vendeurs et des gens qui hèlent un bus ou vous demandent de l’argent. On peut voir une certaine organisation à travers le chaos qu’on voit au premier abord. Mais pour une petite occidentale comme moi, le terminus Henri-Bourassa ou Montmorency me sembleront maintenant TRES calmes… et propres !

Arrivées à destination, le restaurant était fermé. Nous sommes donc allées au restaurant d’en face, l’Escale, pour y attendre les filles. Nous avons bien mangé et bien discuté avant de nous séparer à nouveau pour l’après-midi. Erika et moi sommes allées au cyber pendant que les autres (qui y avaient été ce matin) allaient se promener au marché. J’ai pu y parler avec Mathieu sur msn (yé !) et apprendre que mon père s’est ouvert un compte Facebook… eh ben ! J’ai bien ri !

Lorsque nous sommes sorties du cyber, nous nous sommes dirigées vers l’épicerie pour y acheter quelques trucs. Nous y avons retrouvé Fanny et Stéphanie. Après avoir acheté, nous nous sommes assises à Caritas pour attendre le bus. Il est arrivé un peu plus tard aujourd’hui : à 18h. En route, j’ai acheté de la menthe fraîche pour jeudi, là où les femmes vendent aux gens qui sont à l’intérieur des bus ou des voitures. Un peu plus loin, la femme juste à côté de moi (qui avait une petite fille trop mignonne !) a acheté un balai. J’en ai reçu un bon coup sur la tête. Pas facile de faire entrer ça par les toutes petites fenêtres du bus…

Nous sommes arrivées à Bapate peu après 19h. Nous avons d’abord fait un arrêt chez moi pour y déposer quelques trucs achetés pour la St-Jean. Comme j’ai des fourmis en quantité dans ma chambre, on a ensuite été déposer les choses sucrées (dont les 4 pommes et le chocolat pour la fondue) dans la chambre de Fanny qui est plus sûre de ce côté. Elle n’a que des moustiques et des coquerelles dans sa chambre. Après avoir déposé les choses chez Fanny, nous avons fait route vers chez le tailleur pour aller y chercher nos choses. Comme ce n’était pas encore prêt, on repassera peut-être demain. Ce sera peut-être prêt, inch Allah ! Nous avons ensuite un peu marché avant de retourner à la maison.

J’ai été m’asseoir et parler avec ma famille et nous avons pris le repas. Après le repas, nous avons encore beaucoup parlé et ri. On a joué à plein de jeux et chanté quelques chansons. A un moment, j’ai un peu eu le « motton », parce que Simone (qui fait normalement sa dure) a dit que j’allais lui manquer parce que j’embarque facilement dans ses taquineries et dans ses défis… Ouf… je commence à redouter le moment du départ… J’ai ensuite été me coucher, car je ne tenais plus debout. Je ne trouvais plus un de mes deux bouchons d’oreilles, ce qui m’a un peu énervée, car je ne voulais pas être encore une fois réveillée par les chèvres pendant la nuit…

Mardi 22 juin 2010, jour 54 :

Ouf ! Enfin bien dormi ! Il faisait un peu moins chaud cette nuit, ce qui est surprenant puisque hier, Erika a regardé la météo pour Saint-Louis aujourd’hui et il y annonçait 50° avec l’humidité. Je me suis donc levée un peu avant 8h. Après avoir mis mon eau à chauffer, j’ai été chercher mon pain avec Nanette, Abraham, Pierre et Alfred qui pleurait. Je suis ensuite revenue à la maison manger. Une fois le repas terminé, j’ai balayé ma chambre (et ai retrouvé mon bouchon manquant, yé !) et j’ai terminé mon premier contenant de « Wet Ones » qui sert maintenant de vase pour le bouquet de menthe qu’on utilisera jeudi. Je me suis ensuite habillée et suis partie au CEM un peu d’avance.

Le cours de PC a commencé un peu en avance, par chance, j’étais à l’école plus tôt ! On y a vu la loi de Joule. Ça fait drôle d’apprendre ça ici et maintenant. Moi qui croyait en avoir fini avec la physique et la chimie…. Après le cours, Fanny était là et nous avons donc fait route ensemble après que j’eusse terminé l’affiche que monsieur Sene m’avait demandé de concevoir pour lui. J’aurais bien aimé rester un peu pour écrire, mais comme Fanny était là, elle m’a proposé de rentrer et de revenir cet après-midi, ce que j’ai accepté.

Une fois à la maison, je me suis reposée un peu et ai pris quelques photos des enfants. Ce fut le moment du repas, mais comme j’étais de l’autre côté, j’ai été un peu obligé de manger des deux côtés… Du côté de chez Elizabeth, c’était le mafé, et du côté de ma dée, le tchiebou djinn.  J’ai bien mangé, mais étais inquiète pour Josephina qui avait perdu son petit sourire espiègle. Elle s’est retourné l’ongle du gros orteil sur un caillou et cela semblait très douloureux. On a ensuite lavé la vaisselle elle et moi, mais c’était un peu tristounet, car elle n’a rien dit de tout le temps que cela nous a pris pour tout laver. J’ai ensuite été préparer mon eau et lorsque Gérard a revêtu ses habits de première communion, je l’ai photographié. Il avait été tout triste d’apprendre que je n’avais pas réussi à le photographier le jour de sa première communion… on a donc fait une reprise ! J’ai aussi photographié Alfred qui me refaisait ses yeux de hibou et le « djoko » qui ne semblait pas trop apprécier d’être soudainement le centre de l’attention. Il essayait de s’enfuir subtilement…

J’ai ensuite fait route vers chez Fanny après avoir doucement dit au revoir à Josephina. Nous avons marché à travers les champs jusqu’à Pambal et avons fait une courte pause sous le baobab bourré de nids d’oiseaux. Nous nous sommes rendues jusqu’à la boutique de la famille de Marie-Eve pour discuter un peu. Après, nous avons marché vers l’arbre rond pour relaxer un peu, discuter et grignoter. Ce fut fort agréable, nous sommes restées là un bon bout de temps. Nous avons refait route vers la maison pour avertir nos familles que nous irions à la répétition de chorale ce soir. Mon frère Maurice était revenu de Tivaouane entre temps pour passer les vacances avec sa famille. Je me suis assise avec tout le monde qui était là pour bavarder et ai bu un peu de thé en tenant Abraham et Alfred sur mes genoux. J’ai ensuite aidé ma dée et Maurice à écaler les arachides qui seront semées tout de suite après la première pluie. Ce faisant, Fanny est arrivée pour me dire qu’elle n’irait à la chorale que plus tard, qu’elle irait d’abord au champ avec Paul-Laurent, mais que je pourrais y aller avec Honorine. J’ai donc fini d’écaler le petit tas d’arachides que j’avais sur moi avant d’aller la rejoindre. Une fois arrivées à l’église, nous avons pris place et j’ai essayé de chanter. Je mémorisais bien les notes, mais pas les paroles… wolofes !  De plus, ici, on semble mémoriser par cœur, aucune note écrite, simplement les paroles inscrites au tableau… Et pourtant, il me semble qu’à la messe, chacun a ses partitions ! Peut-être que ce ne sont pas tous les membres de la chorale qui savent lire la musique ?

Parenthèse ornithologique et culinaire : Thomas aime bien me surprendre et m’a mis dans les mains un tout petit oiseau qu’il venait de tuer au lance-pierre. Il était encore tout chaud… Thomas voulait que j’y goûte (car il allait le faire rôtir), mais comme ils étaient déjà 5 à vouloir le manger et que l’oiseau faisait à peine plus de 8 cm et que je partais à la chorale, j’y ai renoncé. Un petit cui… cuit !

Honorine et moi sommes parties avant la fin de la répétition, car il se faisait déjà tard et que je ne voulais pas que dée Marie s’inquiète. Finalement, je suis revenue à 20h30 passées et j’ai mangé avec dée Marie. J’étais inquiète pour Josephina, elle n’avait pas du tout mangé et refusait de venir manger avec moi… Elle s’est couchée sur la natte, je ne sais pas si elle dormait. Ici, avoir mal semble souvent mal perçu…

Après le repas, je voulais aller souhaiter bon succès à Simone et Fatou qui passeront demain leurs examens de fin d’école élémentaire. Elles étaient sur la natte de l’autre côté avec Elizabeth et écalaient les arachides. Je me suis donc assise avec eux pour les aider et discuter. Ces moments vont me manquer. Plus tard, quelques uns de mes frères et cousins m’ont demandé de raconter une légende du Québec. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai choisi La Corriveau. Sans doute parce que comme tous les petits gars, ils aiment bien les histoires un peu plus sordides. J’ai terminé par une plus jolie histoire pour finir en beauté, celle qui raconte d’où vient la couleur des oiseaux. Le tout en continuant d’écaler les arachides. Nous avons ensuite discuté très tard Maurice, Gérard et moi. J’ai été me coucher alors qu’il était plus de 23h30. Bon, c’est pas si tard, mais comme j’ai pris un rythme différent puisque ici, tout le monde se lève tôt, je sens que le réveil sera peut-être un peu difficile demain. Mais ça en aura valu la peine puisque ce fut vraiment une belle soirée !

Mercredi 23 juin 2010, jour 55 :

Réveil pas si pénible ce matin finalement ! Bon, je dois avouer que j’avais mis mes bouchons cette nuit aussi. Je me suis donc levée un peu après 7h30. J’ai pris mon déjeuner à la vitesse escargot. Je n’ai même pas eu à aller chercher mon pain, il en restait d’hier. J’ai terminé de manger et me suis habillée pour aller au CEM. J’ suis arrivée d’avance et ai pu écrire en attendant que vienne le moment du cours de maths. Le cours s’est très bien passé. Monsieur Sene semblait de très bonne humeur, encore plus qu’à l’habitude si possible. Il n’arrêtait pas de blaguer, c’était très drôle ! à la toute fin du cours, j’ai appris que c’était en fait le dernier auquel j’assistais, puisque celui de vendredi est annulé à cause d’une épreuve d’éducation physique ! Petit « motton »… J’aime bien les élèves et crois que ce sentiment est partagé. Après le cours nous avons pris des photos de groupe avant les adieux officiels… je redoute de plus en plus le moment de quitter Bapate !

Après le cours, j’ai attendu Fanny qui donnait une autre chance de dictée aux 3e années et nous sommes ensuite rentrées. Après le repas, j’ai lavé la vaisselle avec une Josephina de bien meilleure humeur qu’hier et ai aidé à écaler les arachides en famille. Fanny et moi avons ensuite été chez le tailleur ramasser nos dernières choses qui y étaient. Nous avons ensuite lancé la chasse aux mangues pour la St-Jean de demain, chasse très cocasse. Nous avons longtemps marché jusque passé l’arbre rond pour nous rendre aux champs où Paul-Laurent nous guidait. Finalement, les garçons nous ont demandé de rester sur la route avec les enfants, du moins, ceux qui avaient pu venir. En effet, nous avons dû laisser derrière ceux qui étaient pieds nus pour éviter qu’ils ne se blessent au champ… Nous avons compris quelques minutes plus tard pourquoi les garçons ne voulaient pas qu’on vienne avec eux : ils étaient entrés délibérément dans le mauvais champ ! Et ils sont revenus à la course avec le seau rempli de mangues, car le propriétaire courait après eux avec un bâton et une machette en hurlant des insultes en sérère !

Sur le chemin du retour, pour récompenser le calme et la gentillesse des jeunes enfants nous avons distribué les suçons achetés précédemment à la boutique que je gardais dissimulés dans mon sac à dos. J’ai eu ensuite la chance de parler à Mathieu avant son départ pour St-Jean ! Yé ! ça m’a fait grand bien ! Surtout qu’il me sera peut-être un peu plus complexe de donner des nouvelles durant les prochaines semaines !

Ce soir, dodo tôt ! Demain sera une grosse journée ! Au menu pour nos familles à Fanny et moi : salade de riz aux tomates et mangues, fondue au chocolat avec des fruits d’ici, macaroni avec sauce aux tomates et pain à l’ail ! Ce sera vraiment une belle journée ! épuisante, mais belle !

Jeudi 24 juin 2010, jour 56 :  Réveil un peu matinal ce matin! Après avoir pris un bon petit-déjeuner, j’ai été rejoindre Fanny chez elle. Nous sommes parties à Pambal pour faire nos derniers achats à la boutique de la famille de Marie-Eve. Nous nous sommes ensuite rendues au forage pour y acheter des fruits, mais Martin, le propriétaire, n’était pas encore arrivé. Nous avons donc rebroussé chemin et avons fait un arrêt au CEM pour voir Marie-Eve. Je devais lui rendre sa clé USB, son portable et la carte que nous avions faite pour le personnel du CEM. Lorsque ce fut chose faite, nous avons fait un petit arrêt au marché pour y acheter quelques légumes frais et le riz. Ensuite, la popote commence!

Fanny a commencé par trier et nettoyer le riz pendant que j’allais chercher chez moi le nécessaire pour la journée qu’on avait laissé dans ma chambre. À mon retour, j’ai coupé les oignons (ils sont si forts que j’aurais vraiment eu besoin d’un masque de plongée…) et les tomates. C’était un peu difficile de cuisiner par nous-mêmes, puisque tout le monde entrait dans la cuisine et nous disait quoi faire… À un moment, on a dû restreindre l’accès à la cuisine, hihi! La salade de riz aux mangues et à la menthe n’a pas vraiment été un franc succès… Mais ce qui était drôle/étrange c’est que les gens nous ont tous dit presque sans exception que c’était vraiment très bon! Sauf qu’à regarder leur expression lorsqu’ils en prenaient une bouchée (et la quantité de nourriture qu’il restait après), je crois surtout qu’ils voulaient être gentils avec nous… hihihi! 

Fanny et moi ne nous sommes pas découragées, car nous savions que ce qui était à venir allait plaire aux enfants comme aux adultes. Après avoir ramassé les plats, nous avons envoyé Paul-Laurent chercher des fruits au forage et avons pris une petite pause en écalant des arachides avec la famille de Fanny. Lorsqu’il est revenu, nous nous sommes lancées dans la préparation de la fondue au chocolat. J’ai commencé à couper les fruits pendant que Fanny préparait le chocolat. Lorsque ce fut prêt, il a fallu rincer à nouveau les fruits, car Fanny avait fait lever du sable en passant tout près, ce qui en a fait coller pas mal sur les fruits… c’est ce qui se passe dans une cuisine au plancher de sable et aux comptoirs inexistants! Une fois vraiment prêtes, nous avons été déposer les tout sur une natte en expliquant qu’on procèderait à la bonne franquette et que chacun viendrait se servir à tour de rôle. Ce fut malgré tout un peu la cohue, les enfants ayant peu mangé ce midi avaient probablement encore faim. Bref, le plat de fruits s’est retrouvé renversé (au moins, une bonne partie est atterrie dans le chaudron de chocolat). J’ai donc procédé à la distribution pendant que Fanny rinçait les fruits tombés dans le sable. Ça je crois que tout le monde a vraiment aimé! Les mamans en redemandaient autant que les enfants, et comme au Québec, tout le monde voulait lécher le plat à la fin!

Une fois la fondue terminée, on s’est lancées dans la fabrication de la sauce pour les pâtes de ce soir. En coupant les oignons, je me suis aussi coupé le doit… avec le canif suisse ultra aiguisé de Fanny. Ça saignait beaucoup, mais plus de peur que de mal, je crois que ça guérira vite. Mais comme j’avais mal et que j’étais un peu contrariée, j’ai été acheter le pain et suis allée me laver, les cheveux y compris. Bon, ce n’était peut-être pas la meilleure idée vu mon doigt, mais j’ai réussi à bien laver à une seule main. 

Au retour, j’ai commencé à préparer l’ail pour le pain. Ça s’est bien passé compte tenu des moyens du bord, mais je me suis un peu brûlée avec l’huile d’arachides… inévitable! Haha! Le souper a vraiment eu plus de succès! Tout le monde a semblé adorer! C’était très agréable, tout le monde s’amusait et riait. Les gens ont beaucoup mangé et ont semblé adorer autant le macaroni (qu’on avait préparé bien épicé!) que le pain à l’ail. Mais nos bos ont aussi beaucoup apprécié le vin, et Fanny et moi avons eu droit à un verre bien rempli pendant le repas. Bref, ce fut vraiment une belle soirée, une des plus belles…

Après avoir bien mangé, nous nous sommes assis tous ensemble pour discuter. Bo Maurice a ensuite demandé le silence afin de s’adresser à Fanny et moi devant tout le monde. Maurice (mon frère) traduisait. Il nous disait des choses très touchantes : qu’il est fier de nous car aucune stagiaire auparavant n’avait organisé une telle fête, et que pour se souvenir de nous, aux prochaines St-Jean, ils referont les mêmes plats et nous enverront des photos. De plus, ils ont dit être énormément contents de notre relation avec les enfants. Et qu’ils garderaient tous dans leur mémoire et dans leur cœur un souvenir impérissable de nous. Fanny et moi avions un peu le « motton »… la fin approche vraiment.

Après, ce fut la danse! Mbilim! Mon bo est parti se coucher et bo Maurice ronflait sur la natte. Il restait tous les enfants et toutes les mamans qui ont beaucoup dansé! Même ma dée a dansé à plusieurs reprises et m’a invitée à y aller avec elle. Comment refuser? Elle danse vraiment très bien! Dommage que ce n’est que maintenant que j’ai pu voir ses talents en danse! Elle nous avait aussi offert à Fanny et moi une boisson sucrée à l’ananas que nous avons partagée avec tous ceux qui étaient présents. Nous avons chanté et dansé. Chantal cognait des clous, la tête sur mes genoux. Nous sommes rentrées avec Dée Marie peu avant minuit et j’ai filé aller me coucher. Épuisante, mais si belle journée! Qui a encore une fois passé en un éclair. C’est fou comme le temps passe vite… Plus que 36 jours avant de revenir au Québec.


Vendredi 25 juin 2010, jour 57 :

Dernière visite au CEM aujourd’hui. Après avoir déjeuné au ralenti (feeling de lendemain de veille après avoir bu un seul verre de vin?), j’ai été rejoindre Fanny et nous avons marché à travers les champs pour se rendre au CEM. Le ciel était plutôt menaçant… c’était de plus en plus gris et il arrivait qu’on reçoive une ou deux gouttelettes. Une fois au CEM, il y a eu un très gros coup de vent et une petite tempête a éclos au-dessus du terrain du CEM, ce qui est dommage compte tenu qu’avaient lieu à ce moment même les épreuves d’EPS (éducation physique). La pluie et le vent étaient plutôt intenses. Comme le bureau de la direction s’est vite retrouvé débordant d’élèves ruisselants, nous avons attendu que passe l’orage. Une fois le déluge terminé, nous avons fait nos adieux officiels pendant que Marie-Eve remettait un dictionnaire et Fanny une grammaire au principal. Nous avons ensuite fait route toutes les quatre vers Tivaouane pour une dernière fois. Laurie et Marie-Eve allaient rendre visite à monsieur Sow et lui apporter des beignets alors que Fanny et moi allions me chercher des mèches pour que je puisse me faire retresser.  Une fois à Tivaouane, nous nous sommes rendues au cyber habituel pour y prendre des nouvelles et en donner. Nous étions encore toutes ragaillardies par notre ballade en taxi-brousse : la pluie avait laissé derrière elle un vent un peu humide, mais très frais, qui faisait vraiment du bien. Une fois l’heure au cyber passée, Fanny et moi nous sommes rendues à l’épicerie tout près avant de nous mettre à la recherche de mes mèches. Nous y avons acheté un popsicle (Fanny) et un mini sac de chips et un jus de mangue (moi). Après avoir fait quelques boutiques, j’ai finalement trouvé des mèches d’une couleur autre que noire. Je les ai achetées, un gros paquet pour 1500 F. Elles sont châtain, rouge et marron. On verra ce que ça donnera!

Nous nous sommes ensuite assises à l’ombre du prochain taxi-brousse. Une femme était là avec sa petite fille trop mignonne et nous a offert des beignets. Une fois montées, le bébé qui se faisait allaiter a envoyé un bon jet de lait sur le voisin en agrippant le sein de sa maman. Tout le monde qui a assisté à la scène dans le taxi brousse a éclaté de rire tandis que la maman tendait un mouchoir à son voisin en souriant. 

Nous sommes rentrées à Bapate vers 14h. Chez moi, on avait déjà déjeuné, donc ma dée m’avait gardé une part. J’ai partagé mon repas avec Alfred (qui a toujours faim), car il y en avait beaucoup trop pour moi seule. Après le repas, j’ai montré mon achat à Simone, ma dée et Fatou et cette dernière a commencé à me tresser. Ça a pris un peu plus de trois heures trente, mais ce fut un peu moins douloureux que la première fois il me semble. Cette fois-ci, ce sont des tresses « décollées de la tête », ce qui explique peut-être pourquoi ça me démange moins. Fatou est vraiment très gentille d’accepter de me tresser comme ça. Mes sœur et cousines s’amusent bien aussi à me voir faire la grimace pendant que Fatou me tresse… il faut dire que je n’ai pas l’habitude!

Après les tresses, je suis partie marcher avec Fanny dans les champs derrière Toubi. Nous sommes ensuite revenues par la grande route et avons pris des photos à l’arche des deux baobabs. En soirée, j’ai discuté un peu avec ma famille et me suis couchée pas trop tard, car j’étais un peu fatiguée. Soirée un peu courte, mais très agréable!



Samedi 26 juin 2010, jour 58.

Ce matin, c’est l’anniversaire de papa! Je n’ai pas très bien dormi, j’ai trouvé mes tresses plutôt encombrantes… de plus, les couvreurs ont commencé très tôt à changer les feuilles de rônier des cases voisines de notre bâtiment. Bref, je me suis levée plutôt tôt et ai pris mon petit-déjeuner tranquillement. Joséphina m’a même apporté mon pain… Après le déjeuner, ce fut le moment du lavage. Ça s’est relativement bien passé, même comte tenu que tout le monde était en congé donc là. Joséphina m’a aidée à rescaper un gros scarabée noir de la noyade. Il s’était faufilé dans mes pantalons déposés sur le sol avant de les laver. Après l’avoir attrapé à la surface de l’eau de ma bassine, il s’est retrouvé sur le sol, où une poule est sortie du buisson voisin pour le gober! Ah, le destin… 

Après avoir terminé de laver, je me suis mise à la préparation du repas de ce midi. Pendant le repas, Maurice me reprochait de ne pas assez manger… mais il faisait si chaud!  Je lui ai expliqué que je mangerais plus au repas du soir, mon appétit est vraiment inversement proportionnel à la chaleur…

Après le repas, Fanny et moi sommes allées marcher. Nous nous sommes rendues au match de foot qui avait lieu au CEM. Il y avait beaucoup de musique, des haut-parleurs y avaient été installés. Nous nous sommes assises sur le bord des classes en regardant les profs faire leurs réchauffements. Marie-Eve et Laurie étaient là aussi. Nous avons parlé un peu et elles sont parties peu après le début du match. Fanny est aussi partie pour offrir à Martin du forage une bouteille de vin que nous avions achetée plus tôt lors de notre promenade. Quant à moi, j’ai choisi de rentrer pour aller avertir ma dée que j’allais à la répétition de chorale et j’ai pu emprunter le portable de mon bo pour appeler papa dont c’est l’anniversaire aujourd’hui. Il était très content, et moi aussi! J’étais vraiment contente de lui parler! 

Puis, je suis partie pour la chorale, Comme il y avait le match de foot au CEM, la répétition a commencé beaucoup plus tard que prévu et j’ai attendu seule quelques minutes assise sur le parvis de l’église. Puis, Marie-Eve et Laurie sont arrivées, suivies de Fanny. Comme il se faisait vraiment tard et que le ciel était de plus en plus menaçant, nous avons demandé à Grégoire s’il pouvait nous donner une partition du chant d’entrée que marie-Eve et moi aimons beaucoup. Il nous l’a donnée et nous sommes reparties Fanny et moi, elle se détressait en chemin.

Une fois à la maison, nous avons pris le repas, puis nous sommes restés sur la natte. Nous ne savions pas s’il y avait un mbilim ce soir à cause de la soirée dansante au CEM. Finalement, il semblerait qu’il n’a pas eu lieu. De plus, tout le monde semblait pas mal fatigué. De toute façon, il y en aura un autre demain pour fêter notre départ. Ça devrait avoir lieu demain après-midi. 

Dimanche 27 juin 2010, jour 59

Dernière journée complète à Bapate. Ce fut une belle journée, mais un peu nostalgique. Le dernier déjeuner s’est bien passé. Je n’ai pas été à la messe afin d’aider Fanny à faire ses bagages et à faire les miens. Ça a été relativement productif. Disons que je me félicite d’avoir réussi à tout faire entrer dans mon sac à dos. Finalement, j’ai terminé de presque tout faire avant le repas du midi. Parlant de terminer des trucs, ce matin c’est le sucre t mon roman de Pearl Harbour que j’ai terminés. En après-midi, Fanny et moi avons été marcher jusqu’à la colline la plus haute des environs de Bapate. Nous sommes ensuite revenues pour venir chercher les enfants pour aller voir le baobab géant (Ndjik). C’était vraiment agréable! Les enfants ont grimpé dedans et faisaient bouger les grosses branches étonnamment souples pour leur diamètre. Un enfant ramassait au sol des feuilles que Rémi faisait tomber. Fanny et moi avons eu un petit moment de nostalgie et avons décidé de continuer de marcher un peu pour que nous puissions engloutir nos Biskrem, les derniers avant je ne sais quand. 

À notre retour, Pierre et Alfred couraient vers nous et nous les avons pris dans nos bras. Nous avons ensuite fait route vers la concession de mon bo pour que Fanny prenne des photos de moi avec ma famille. Ce fut drôle et agréable. En attendant le repas, je me suis assise sur le bord de ma porte, comme à mon habitude, mais cette fois pour regarder avec Simone la partition que Grégoire m’avait donnée hier afin qu’elle m’aide avec la prononciation wolofe. Ensuite, j’ai écrit les paroles du « Ptit porte clé » et l’ai chanté avec les enfants, car ils aiment beaucoup cette chanson.

Puis, le moment du repas est venu. Dée Marie m’a cuisiné l’omelette sénégalaise. Probablement qu’elle avait remarqué que c’est un de mes plats préférés ici… Ce fut très bon. Ensuite, je me suis assise une dernière fois sur la natte avec les enfants en attendant qu’arrivent les autres pour le mbilim

Le mbilim fut très agréable, mais comme les enfants semblaient tous un peu fatigués (et nous aussi!), la fête a pris fin vers minuit. Je me suis ensuite préparée pour ma dernière nuit avec la famille Tine… j’ai placé sur la chaise et la table de ma chambre les cadeaux que je voulais laisser, à la lumière de ma bougie. J’ai à la fois hâte et pas envie de partir. Ce qui est certain, c’est que je redoute les adieux de demain.

Lundi 28 juin 2010, Jour 60 

Le moment tant redouté: départ de Bapate ce matin. J’avais plutôt mal dormi, une fête religieuse ayant généré un concert de chants traditionnels musulmans diffusés au haut-parleur (très fort) toute la nuit. De plus, je ne voulais pas mettre de bouchons de peur de passer tout droit. Donc disons que le sommeil n’est pas venu facilement… Je me suis donc levée rapidement à 5h histoire d’être productive. J’ai terminé de finir mon sac, et ai été m’assurer que Fanny était bel et bien réveillée, ce qui était évidemment le cas. Elle aussi avait plutôt mal dormi à cause de la musique. Je suis revenue en lui ayant emprunté sa lampe frontale, la mienne étant vraiment de plus en plus faible.

J’ai ensuite été réveiller ma dée pour lui dire que j’étais prête à partir. Ils sont revenus me rejoindre dans ma chambre et nous sommes partis tous ensemble à la route pour attendre le bus. Il n’était que 5h50… 

Le bus est arrivé vers 6h20 et est venu en même temps évidemment que le moment des adieux. J’ai pu serrer presque tout le monde dans mes bras… mon bo n’a pu arriver à temps et je n’ai pas pu lui dire au revoir. J’ai trouvé particulièrement difficile de dire au revoir à dée Marie, Fatou et Joséphina. Ma petite sœur m’a dit qu’elle voudrait qu’on puisse faire la vaisselle ensemble elle et moi tous les jours… En montant dans le bus, j’ai pleuré. C’est fou comme ils vont me manquer. Quitter la famille Tine a été vraiment très difficile. Mais je sais que ce qui m'attend est vraiment une belle expérience. Il faut aller de l'avant.


A partir d’aujourd’hui, je donnerai des nouvelles encore sur mon blogue, mais probablement un peu moins détaillée. La semaine prochaine commencera mon voyage au Sénégal avec Mélanie, et nous serons pas mal sur la « go » je crois! Donc ne pas s’inquiéter si j’écris moins, je ferai tout de même des efforts pour venir donner des nouvelles fréquemment, au moins pour vous rassurer et vous raconter brièvement nos aventures ! Première destination : Lompoul ! Nous irons relaxer 2 jours dans cette sympathique région et visiter le désert qui la borde. Ensuite, nous irons passer quelques jours (au moins deux si on se fie à nos réservations !) à Saint-Louis ! Mais mon petit doigt me dit que nous y resterons plus longtemps… semblerait-il que Saint-Louis est LA ville à voir au Sénégal pour l’architecture et la culture. De plus, il y a deux magnifiques parcs à proximité, auxquels nous iront sûrement : le parc national de la Langue de Barbarie et le parc du Djoudj, 3e réserve ornithologique mondiale… ceux qui me connaissent savent que je ne voudrai pas rater ça ! Reste à espérer que ce ne sera pas fermé pour la saison des pluies qui s’est entamée en force aujourd’hui ! On a eu un très gros orage et ça ne fait que commencer. Bientôt, les paysages seront de plus en plus verdoyants, au plus grand plaisir des yeux. Bref, voilà notre itinéraire pour le début. Pour la suite, on verra. Ce qui est certain, c’est que nous passerons quelques jours dans les environs de Dakar pour que je puisse aller rendre visite à Yakhara. Peut-être au programme : la Casamance. Reste à vérifier si la situation politique est assez calme. Sinon, nous irons sans doute dans le Siné Saloum, région ayant environ le même climat, mais un peu plus touristique.

Bref, d’autres nouvelles aussitôt que possible, c’est promis. Je pense fort à tout le monde ! Je m’ennuie et ai très hâte de tous vous revoir ! Prenez soin de vous ! Gros bisous à tous ! Et attention aux tremblements de terre…
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Comments

Papounet on

Bonjour ma grande,

En regardant les photos, je pense à toi et aux émotions que tu ressentiras quand tu quitteras ta famille si accueillante. J'espère que tu seras en mesure de communiquer avec eux d'une façon ou d'une autre. Tu sembles les apprécier tellement!

Vendredi dernier, j'ai eu des visiteurs du Sénégal chez Robert Transport.Des professeurs en logistique. Si tu avais vu leurs têtes quand je leur ai parlé de Bapate et de Thiès ! C'était des wolofs musulmans, mais un peu grâce à toi, le contact a été établi et je pense qu'ils ont beaucoup aimé nos camions jaunes et nos entrepôts, surtout celui qui est à -20 celsius.

J'ai eu des nouvelles de Suzanne la semaine dernière; elle m'a envoyé un courriel au bureau. Le moral semblait bon (fromage et bordeaux aidant), et elle venait de marcher 32 km dans sa journée. Elle a indiqué que c'est moi qui menait une bonne vie, parce qu'il a plu souvent (il fait toujours beau quand nous sommes en voyage).

Seul bémol, elle a indiqué qu'elle avait eu mal à la cheville et avait sauté 2 jours de randonnée. Plus de nouvelles à son retour...

Ici, nous avons eu la triste nouvelle du décès de M. Fortin, notre voisin. Il est mort jeudi dernier le 17 juin. Je vais ce soir (21 juin) au salon avec Madame Soulaine, et les funérailles auront lieu demain matin. Pauvre Madame Fortin! Elle semble démolie (ce qui se comprend...)

À part cela, pas grand chose, sinon mon entrée dans l'univers de Facebook pour avoir plus de nouvelles de toi.

Bisous et grosse colle,

Papounet

Soeur on

BONNE ST-JEAN!

Hey, la Sénégalaise, bonne St-Jean! Ici, on a pas de la super température pour célébrer le saint qui a baptisé Jésus alors j'espère que tu es plus chanceuse et que tu en profites! Fais danser un set carré à ta famille, je suis sûre qu'ils aimeront...

Ici, rien de neuf, juste du vieux. Toujours beaucoup de boulot avec le Cap et mon projet de recherche (frustration infinie avec le deuxième), mais je trouve quand même le temps de faire plein d'autres trucs et donc... de pas dormir! J'ai eu une belle fête entourée d'amis et de la famille, j'ai été campé (là où se trouve l'épicentre d'un gros tremblement de terre de 5,6 qui a secoué le Québec hier), je suis allée aux Francos, j'irai au Jazz Fest la semaine prochaine et j'essaie de voir les nouvelles mamans ou futures nouvelles mamans de mon entourage. Pas facile donc de gérer mon agenda ces jours-ci!

J'ai bien hâte que tu nous réécrives et je me demande si tu pourras en faire autant quand tu seras touriste. Bref on verra... et "pas de nouvelles, bonnes nouvelles" donc! Je te souhaite de profiter au max de tes derniers jours dans ta famille. Et "never say never": peut-être tu retourneras au Sénégal plus vite que tu crois... pour aller présenter Mathieu à Mathieu! Aussi, j'imagines que le courrier doit pas prendre une éternité à se rendre... tu auras donc une façon de garder contact avec ta famille, au-delà de ton séjour en terre promise.

Je suis super fière de tout ce que tu as accompli pendant ton séjour et de ce que tu découvriras sur toi et sur les autres dans la suite de ton voyage. Dès que je parle de ma petite soeur au Sénégal, les gens sont impressionnés et avec raison!

J'ai hâte de te revoir, soeurette! Tu me manques! J'ai hâte de faire un concours de bronzées avec toi... pas mal sûre que je gagne en termes de "farmer tan"!

Bisous bisous!
Soeur

Papounet on

Bonsoir ma grande !

Ta maman est revenue aujourd'hui après un beau voyage en France. Elle est contente de son voyage, et je suis content qu'elle soit revenue.

J'ai lu avec très grand intérêt ton rapport de voyage, et je sais que les au revoir seront émouvants ce weekend.

Ça ne me surprend pas, parce que tu as une belle facilité a établir des relations chaleureuses avec les enfants.

Je penserai beaucoup à toi.

Profite bien de la suite du voyage, et tu ne seras pas surprise si je te recommande d'être prudente.

C'est dommage que tu ne puisses pas envoyer de rapports aussi détaillés au cours des prochaines semaines, parce que c'est passionnant. Tu as vraiment du talent pour écrire !

Parlant de la Corriveau, tu sais sûrement que toute l'histoire s'est déroulée à... St-Vallier-de-Bellechasse ! Oui Madame !

J'ai bien hâte d'entendre de vive voix tes récits de voyage.

Gros bisous,

Papounet

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