Semaine 7, la semaine bapatoise

Trip Start Apr 30, 2010
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Trip End Jul 30, 2010


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Flag of Senegal  , Thiès,
Wednesday, June 16, 2010

Vendredi 11 juin 2010, jour 43 :
 
Dernier séminaire de stage aujourd’hui ! Je me suis levée vers 5h40 et me suis habillée pour aller réveiller Fanny. Elle était déjà debout, nous nous sommes croisées tout près de sa concession. Nous sommes donc retournées dans ma chambre pour que je termine de me préparer. Nous avons été prendre le bus avec mon bo qui allait travailler sans sa mobylette à cause d’une panne d’essence. Le bus est arrivé un peu en retard ce matin. Nous sommes donc arrivées à Thiès un peu plus tard qu’à l’habitude. Nous avons été au même resto et j’ai encore pris un jus d’orange pressé, mon petit luxe ici. Ensuite, certaines personnes ont été au cyber, mais Erika, Fanny, Anémone et moi avons marché vers la maison de Mer et Monde. Cependant, nous n’avons pas eu le temps de nous rendre à destination à l’heure et avons donc dû prendre un taxi… à 5 ! Un peu illégal (et tassé), mais bien drôle.
 
Le séminaire s’est plutôt bien passé et à la fin on a pu recevoir notre grille d’évaluation : je passe mon stage ! Yé ! Avec une bonne note en plus, re-yé ! Nous avons ensuite pris le repas : yassa au poulet (hmmmmm !) et avons bavardé avant que les gens commencent à quitter. Mélanie et moi avons essayé de se donner une idée quant à ce que nous allons faire ensemble après le stage, et il semblerait qu’on va suivre un peu les filles qui commencent par le nord du Sénégal. Mais comme elles ne restent qu’une semaine, et nous trois, nous allons sûrement les suivre quelques jours avant de suivre notre propre itinéraire… on verra, rien n’est vraiment coulé dans le béton !
 
Nous avons eu un après-midi relaxe : nous sommes restées un peu à la maison Mer et Monde pendant que Stéphanie et Cécile essayaient de devancer leur retour au Québec. Finalement, ne pouvant le faire par téléphone, elles devront aller à Dakar lundi pour le faire en personne. Ensuite, Fanny et Stéphanie sont retournées au resto de ce matin pour prendre un café alors qu’Erika et moi avons fait route vers Caritas. Une fois rendues, nous avons voulu aller à l’épicerie, mais elle était fermée. Nous avons donc fait route vers le cyber tout près, mais lui aussi était fermé ! C’est vrai ! C’est l’heure de la prière ! Mais comme on nous a dit qu’il ouvrirait dans quelques minutes, nous nous sommes assises à l’ombre pour discuter un peu. Le cyber a ouvert et nous avons pris une heure chacune. Ça a été encore une fois bien plaisant ! Une fois l’heure écoulée, Erika et moi sommes retournées à l’épicerie. J’y ai acheté de petits bonbons pour ma famille et sommes retournées nous asseoir à Caritas en attendant le bus. Le bus est finalement arrivé et nous y avons monté, encore une fois debout ! Mais il y avait moins de vent que la dernière fois, donc il faisait un tantinet plus chaud… Sur la piste de sable entre Thiès et Yendane, le garçon qui fait payer nous a proposé à Fanny et moi en riant de monter sur le toit. Je crois qu’il ne s’attendant vraiment pas à ce que l’on accepte ! Nous sommes montées sans hésiter avant qu’il ne change d’idée et nous sommes assises avec trois autres garçons sur les sacs de riz en nous accrochant au filet qui les recouvrait et à l’armature de métal du bus. La randonnée fut de courte durée : le garçon n’était vraiment pas à l’aise et nous a fait descendre au premier arrêt. Je crois qu’il ne proposera plus ça à la blague ! haha !
 
Le retour à la maison s’est bien passé. En fait, je ne me suis pas couchée très tard puisque j’ai cours demain matin. Ce fut une soirée bien agréable en famille encore une fois.
 
 
Samedi 12 juin 2010, jour 44 :
 
Aujourd’hui était le jour de ma dernière surveillance officielle d’examen. Et disons que je crois que je ne m’en ennuierai pas… En me levant, j’ai été avec Josephina acheter du pain et du chocolat, car j’ai fini le deuxième pot de Chocla hier. Comme il n’y avait pas de Chocla, j’ai acheté une autre sorte, un peu plus chère (et un peu moins bonne à mon goût) que le Chocla. Quand j’ai ouvert le pot, c’était toute l’huile d’arachide qui flottait au-dessus et le chocolat était pris en pain au fond. Et je peux dire que ce n’est pas facile de mélanger le tout avec un petit couteau à fruits ! Lorsque j’ai eu terminé de déjeuner, je suis allée chercher Fanny pour partir au CEM. Comme je marchais plutôt au radar, je n’ai réalisé qu’une fois dans la classe que j’avais laissé dans ma chambre les copies du BFEM blanc que je voulais corriger. Jurant après moi-même, je suis retournée à Bapate pour les y prendre et ensuite revenir au CEM  J’ai fait mon exercice en tous cas… le CEM est à environ 1 km de marche de Bapate.
 
Je n’aime pas surveiller les examens, est-ce que je l’ai déjà dit ? Le plagiat est un peu (pas mal) plus toléré ici et souvent je dois tourner ma langue sept fois… Bref, ça me fâche. Après l’examen qui finissait à 10h, j’a été rejoindre Fanny pour corriger, car c’est ce qu’elle faisait dans la salle du personnel. Nous avons décidé de revenir après le dîner parce que Fanny a tout un tas de copies à corriger et parce qu’il faisait un peu trop chaud pour revêtir nos boubous et aller à la fête de mariage à l’heure la plus chaude de la journée… Aujourd’hui était vraiment la journée la plus chaude depuis notre arrivée. Par chance, ce n’était pas la plus humide.
 
Lorsque je suis revenue à la maison, tout était verrouillé : il n’y avait personne. La messe du mariage ne devait pas être terminée, après tout elle devait débuter à 10h et il n’était que 12h15… Je me suis donc assise à l’ombre du manguier pour relaxer et écrire un peu. Finalement ma dée est arrivée et j’ai pu déposer mes trucs avant d’aller avec elle à la fête, « juste pour manger un peu ». Moi qui ne voulais que passer rapidement et incognito, ce fut un peu raté ! Comme Andrée-Anne et Julie de Mer et Monde étaient là (et bien vêtues à la sénégalaise), tout le monde voulait que j’aille me faire photographier avec elles… et la mariée ! Finalement, il y avait tellement d’enfants autour que je suis certaine qu’on pourra s’imaginer que j’étais bien habillée en regardant les photos ! J’ai ensuite un peu mangé avec Fanny et nous avons refait route vers le CEM, mais très lentement. Pas le choix, il fait si chaud ! Nous nous sommes arrêtées à la boutique de la famille de Marie-Eve pour y acheter des bonbons et un Fanta froid pour moi ! Je l’ai calé ! Et nous avons ensuite refait route vers le CEM. Nous avons corrigé jusqu’à 17h et sommes retournées à Bapate nous changer pour le mariage, comme il faisait un peu moins chaud.
 
La fête était belle, quoique plutôt calme. Le moment fort fut sans aucun doute le chant et la danse des adultes. A un moment, le joueur de percussion attitré nous a invitées à danser, ou a plutôt insisté, mais on a refusé, c’était trop gênant devant tout ces gens ! Nous avons ensuite été photographier le coucher de Soleil qui était vraiment magnifique aujourd’hui. Puis, nous avons marché à travers les champs avec nos boubous pour aller acheter de la laitue à Pambal. Ce fut un peu compliqué, et comme je venais d’apercevoir un scorpion de taille assez impressionnante, j’ai décidé de rentrer vu que j’étais seulement en flip flops. J’ai donc fait route vers Bapate seule pendant que Fanny et ses sœurs poursuivaient leur quête de laitue. Au loin, on voyait un orage approcher, et on était plutôt contentes vu qu’il faisait chaud, l’humidité allait peut-être un peu tomber ! Enfin de la vraie pluie !
 
Revenue au village, j’ai été bavarder avec Fatou, Coumba et Amadou. La foudre devenait plus intense, mais toujours pas de pluie. En fait, les étoiles me semblaient ne jamais avoir été aussi nombreuses. Je suis donc rentrée avec Fatou et on s’est étendues sur la natte avec Josephina pour regarder les étoiles. C’était très beau, surtout avec les éclairs au loin. On a même vu une étoile filante ! Nous avons ensuite pris le repas avant de regarder encore les étoiles en attendant le mbilim qui devait avoir lieu chez Fanny. Mais à cause de la fatigue et du mariage, il n’a pas eu lieu et nous avons tous été nous coucher.
 
Dimanche 13 juin 2010, jour 45 :
 
Réveil plutôt matinal pour un dimanche ! C’est la chaleur déjà intense du matin et un petit mal de ventre dû au couscous du mariage d’hier qui m’on tirée du lit. J’ai donc filé aux latrines avant d’aller faire chauffer mon eau. J’ai ensuite été chercher mon pain avec une Josephina encore plus au ralenti que moi, c’était bien drôle. Ce qui est bien avec le fait de se lever tôt un dimanche ici, c’est de pouvoir prendre son temps avant d’aller à la messe. Encore une fois, les enfats ont voulu partir très tôt (à9h10), mais j’ai dit que j’irais les rejoindre plus tard. Ceci se révéla être une bonne idée puisque arrivée à 9h50, la messe n’a débuté qu’à 10h25 pour se terminer à midi passé. Aujourd’hui, l’abbé Bernard était accompagné d’un autre prêtre qui nous a adressé quelques mots en français à la fin de la cérémonie. Il a fait prier l’assemblée pour nous, ce qui fait qu’énormément de gens (surtout des personnes âgées) sont venues nous saluer et nous serrer la main à la fin de la messe en nous disant qu’ils allaient prier pour nous. C’était mignon J Nous nous étions dépêché de sortir, car pendant la messe, il s’est mis à pleuvoir très fort. Il pleuvait encore un peu à la sortie, mais beaucoup moins déjà. Nous sommes retournées à la maison un peu déçues d’avoir raté la première vraie pluie !
 
Comme il faisait très chaud (plus encore qu’hier si c’est possible), j’ai pris ça plutôt relaxe en rentrant. J’ai écrit et lu un peu avant le repas et j’ai peu mangé vu la température. Mais je crois que ma dée a vu la relation entre la chaleur et mon appétit alors elle insiste moins quant il fait très chaud comme aujourd’hui. Après le repas, Fanny est venue me rejoindre, car nous avions prévu aller nous promener pour découvrir les champs des environs. La balade fut bien agréable même si peu ombragée. Nous avons bavardé, grimpé dans un baobab, et relaxé à notre rythme ! à notre retour, nous nous sommes assises un peu avant de repartir avec Fatou pour se rendre à l’arbre rond, où elle voulait nous emmener depuis un bon moment déjà. Je me suis assise un peu avec elle et ai bavardé avec elle et Amadou qui taquinait les enfants.  Nous sommes parties peu après.
 
Une fois à l’arbre rond (très beau soit dit en passant), j’y suis grimpée avec mes frères et cousins, mais suis restée sur la branche la plus basse. Eux montaient tout en haut ! Ils sont de vrais petits singes ! J’ai rarement vu des personnes aussi agiles et à l’aise dans un arbre ! Le Cirque du Soleil aurait probablement intérêt à venir recruter de nouveaux acrobates ici.
 
Au retour, claquées, Fanny et moi nous sommes allongées sur la natte en face de sa case avant de se rappeler que demain on part tôt pour Thiès et qu’on devait aller se laver. Je suis donc rentrée chez moi et ai été me laver avant qu’il ne fasse nuit. Ensuite, nous avons pris le repas en famille : dahine et macaroni à la viande de phacochère. Ensuite, dodo !
 
 
 
Lundi 14 juin 2010, jour 46 :
 
Ouf ! Nuit un peut agitée. Il y a eu de l’action dans ma chambre ! Des bestioles non identifiées sont venues faire la fête (et du bruit surtout !). Je suis la seule à blâmer, car j’avais laissé ma fenêtre ouverte pour faire sortir un peu la chaleur par là… à un moment, un insecte s’est mis à « crier » très fort, ce qui m’a réveillée et tenue éveillée un bon bout de temps. Finalement, je me suis levée une quinzaine de minutes avant 6h et me suis habillée avant d’aller réveiller Fanny qui dormait profondément. Je n’ai pas pris de baguette ce matin puisque nous avions prévu déjeuner à Thiès même.
 
Le bus était encore une fois plutôt bondé, j’ai même eu peur que Stéphanie et Erika ne puissent y monter à Yendane. Finalement, elles y sont parvenu mais ont dû rester debout. Le trajet s’est bien passé, même si j’étais coincée entre deux hommes avec beaucoup de bagages et que Fanny avait l’aisselle bien odorante d’une dame collée à son épaule pendant toute la route.
 
A Thiès, nous avons été petit-déjeuner au même resto que d’habitude. Cette fois-ci, j’ai pris une crêpe chocobanane, un vrai délice ! Avec un jus d’orange bien entendu ! Je crois que je ne boirai rien d’autre à mon retour ! Oh, finalement, peut-être un peu de Disaronno en bonne compagnie… Après avoir terminé de déjeuner, Erika est partie avec son frère Paul (qui est aussi un de mes élèves) rendre visite à quelqu’un de leur famille qui demeure ici. Fanny et moi sommes restées un peu à écrire, parler, et lire sur ce qu’on pourrait faire pour notre voyage qui vient plutôt vite tout compte fait !
 
Nous sommes ensuite parties au marché, car Fanny voulait racheter du tissu. Elle en a trouvé de très jolis et j’ai aussi craqué pour un tissu avec lequel je vais me faire faire un kurti. Lorsque nous avons eu terminé le magasinage, nous avons été dans une épicerie nous acheter des biscuits au noisettes et du nectar de poire. On a été déguster le tout dans une rue moins passante, assises sur un muret un peu à l’ombre, entourées de chats à longues oreilles (comme tous les chats sénégalais semblerait-il). Lorsque nous avons eu terminé, nous nous sommes dirigé vers la librairie tout près pour y trouver quelques bouquins. Nous y avons passé quelque temps avant de sortir explorer un peu les environs. Décidément, magré les déchets, Thiès est vraiment une agréable et jolie ville. Beaucoup de fleurs et d’arbres (donc d’ombre) et pas trop bruyante. Du moins, pas mal moins que Dakar à ce que nous avons pu constater !
 
Après s’être promenées un peu et s’être reposées sur un banc au pied d’un arbre rempli de chauves-souris géantes, nous sommes allées nous asseoir sur la terrasse du restaurant Big Faim, en attendant Erika et Stéphanie (partie à Dakar échanger son billet d’avion) qui devaient bientôt arriver. Mais comme l’heure de rendez-vous a fini par passer, et que je tenais vraiment à aller au cyber au cas où Sœur serait connectée comme c’est son anniversaire, nous avons décidé de commander. Cheese-burger ! Miam ! C’était bien bon ! On a mangé plutôt rapidement, on avait plutôt faim. Comme musique de fond : une boutique « Expresso » (portables) avait organisé une fête pour son inauguration avec de la musique reggæ , chanteurs, danseurs, « patineurs à roulettes »…
 
On a ensuite quitté le resto pour le cyber. Comme la dernière fois, il était fermé à notre arrivée. Nous nous sommes donc assises à l’ombre pour manger les biscuits aux brisures de chocolat que j’avais achetés au restaurant. On a bavardé comme ça un bon moment, à essayer de comprendre le fonctionnement du rond point à côté, à observer les « zézettes » de luxe et à plisser des yeux lorsque le vent charriait trop de poussière avec lui. A un moment, j’ai commencé à avoir plutôt mal au ventre pour une raison obscure, du genre pressant. Le cyber n’étant toujours pas ouvert, j’ai été demander au quincaillier d’à côté (qui écoutait le foot avec 6 de ses amis) si je pouvais emprunter ses toilettes. Il a gentiment accepté et m’a amenée dans un dédale de ruelles en arrière des boutiques de la rue. Constatant qu’il n’y avait plus d’eau dans le seau des latrines, il m’a demandé d’attendre pendant qu’il allait en chercher d’autre. Ouf. Ça devenait de plus en plus pressant ! Il est revenu quelques minutes plus tard, et j’ai pu enfin aller aux latrines. Mais très rapidement, car elles étaient infestées d’ENORMES mouches pas trop jolies et qui faisaient beaucoup de bruit, particulièrement en sortant du trou… beurk ! J’étais bien heureuse de sortir de là !
 
Le cyber a finalement ouvert et j’ai pu prendre une heure. Sœur travaillait, ce qui fait que je n‘ai pas pu lui parler là, mais j’ai pu parler à Mathieu et j’étais très heureuse ! Lorsque l’heure fut écoulée, j’ai été rejoindre les filles à Caritas pour attendre le bus. Il est arrivé tôt ce soir ! Ce qui explique peut-être pourquoi plusieurs bancs étaient vides… Donc pas besoin d’être debout cette fois ! Lorsque nous sommes revenues au village, Fanny et moi avons été chez le tailleur pour y porter nos tissus. J’ai ensuite fait un arrêt à la boutique pour y acheter du crédit pour appeler ma sœur ce soir. La télé était ouverte au foot et tout le monde semblait littéralement absorbé par le match (Italie contre Paraguay je crois). Nous avons ensuite refait route vers la maison, où j’ai pu trouver presque toute la famille, Amadou y compris. Nous avons parlé un peu et j’ai été déposer mes choses dans ma chambre pour ensuite aller jouer avec les enfants. C’était tellement drôle ! On a fait la course, la lutte, des guerres de chatouilles… puis j’ai un peu bavardé avec Amadou que je voyais pour la dernière fois puisqu’il retournait à Dakar travailler et ne revenait pas avant que je quitte Bapate. Ça m’a donné un peu le motton… premiers adieux officiels. C’est vrai qu’il me reste moins de deux semaines. Mais ici, « à la prochaine » prend un tout autre sens…
 
Je suis ensuite retournée jouer avec les enfants pour ne pas devenir déjà trop nostalgique. Mais je me suis bêtement blessé l’orteil : un bon morceau de peau à moitié arraché et plein de sable dedans. Ceux qui me connaissent savent que je suis bonne pour soigner les autres, mais hyper chouchoune pour me soigner moi-même… J’ai donc envoyé Fatou chercher Fanny pour qu’elle vienne voir de quoi ça avait l’air. C’est sans surprise qu’on s’est vite retrouvés 15 dans ma chambre, sans compter Fanny et mois. Les enfants étaient presque tous venus « scèner », haha ! Et même deux des sœurs de Fanny et sa dée ! Fanny a bien pris soin de moi, a nettoyé du mieux qu’elle pouvait (à la lueur d’une chandelle et avec les moyens du bord, on fait ce qu’on peut !) et comme elle n’est pas parvenue à enlever tout le sable, on a fait tremper mon pied pendant que je mangeais. Puis, elle est revenue plus tard pour qu’on y mette de l’eau de javel et de l’alcool afin de tuer tout ce qui pouvait être méchant. C’était encore une fois le pow-wow dans la chambre, mais je commençais à trouver la situation très cocasse de toute façon. Et j’ai bien apprécié la présence des enfants qui m’ont chanté ma chanson préférée ici pendant qu’on mettait mon pied dans l’eau de javel. Après, Fanny a mis un bandage sur mon orteil (et dessiné un sourire dessus !) et tout le monde est parti se coucher parès que j’aie remercié Fanny et que je sois sortie pour traiter mon eau. J’ai ensuite pu parler à Sœur pour son anniversaire, yé ! J’ai pu finalement me coucher, mais cette fois-ci avec des bouchons, car ce soir ce n’était pas un mais deux grillons qui se faisaient aller dans la chambre…
 
 
Mardi 15 juin 2010, jour 47 :
 
Encore une fois, ce fut une nuit peu reposante : j’avais mal à l’orteil, j’ai fait des cauchemars, le chien s’est mis à japper avant 6h après je ne sais qui et la concession s’est animée très tôt puisqu’on refaisait aujourd’hui le toit de la case des garçons. Hihi, ici le métier de couvreur est un peu différent d’au Québec ! Pas d’odeur de goudron ! Seulement celle des feuilles de palmier ! Je me suis donc levée un peu fatiguée et ai été faire chauffer mon eau avant d’aller chercher mon pain. Ma dée ne voulait pas que j’y aille à cause de mon pied, mais je tenais à y aller de peur qu’elle m’empêche de faire autre chose à cause de ça. J’ai donc mis un bas sur mon pied, enfilé mes sandales sport et suis partie accompagnée de Pierre et Alfred en me disant que je devais être d’un chic fou. En plus, ma paire de bas propres qui reste est celle avec les singes et les bananes… wow !
 
Alors que je m’apprêtais à déjeuner, Fanny est arrivée pour regarder mon orteil. Ce n’était pas encore tout propre selon elle (je ne suis pas assez souple pour bien y voir), mais c’était mieux qu’hier. Par chance, demain on va à la piscine à Thiès ! Elle a encore une fois nettoyé le tout avant de remettre un bandage dessus. J’ai ensuite abandonné l’idée de faire mon lavage ce matin : il était déjà un peu tard et je devais bientôt partir pour le CEM. Je suis donc partie avec Fanny à travers les champs.
 
Au retour du CEM, après de la correction (eh oui ! encore !) je me suis reposée un peu car la chaleur reste plutôt écrasante malgré le fait qu’il fasse moins chaud que pendant les derniers jours. Puis, j’ai été traiter mon eau après avoir u peu rangé ma chambre. J’ai aussi été me laver, ma dée avait déjà apporté mon eau à l’endroit où je me lave « pour ne pas faire plus mal à mon pied ». Je me suis lavée, et entendant un bruit tout près alors que j’avais la tête littéralement dans le seau, j’ai tourné la tête pour voir qu’un des bébés chèvres buvait à même le seau ! J’ai aussi vu deux poussins boire dans l’eau accumulée dans mon savonnier. Lorsque j’ai eu fini, je me suis enroulée dans mon pagne et ai été vider mon seau. Le nouveau petit agneau (oui oui ! Mathieu !) semblait bien être le seul à ne pas être affecté par la chaleur et chargeait les poules qui essayaient de se reposer à l’ombre. Le tout créait un concert de « pok-poks » affolés à travers la concession.
 
Pour le repas du midi, nous avons mangé du kaldo, genre de yassa au poisson mais avec des tomates. Je suis ensuite retournée au CEM pour y travailler un peu pendant que Fanny donnait le renforcement de français. Programme pour le reste de la journée : petite randonnée, repas en famille et dodo tôt pour être en forme pour Thiès demain !

Mercredi 16 juin 2010, J48

Je me suis levée très tôt ce matin pour partir à temps pour Thiès. Je me suis réveillée plusieurs fois pendant la nuit à cause de rêves ou des ânes. Bizarre, pourtant il y avait longtemps que le braiment (?) des ânes ne me réveillait plus. En fait, je crois plutôt que j'avais peur d'avoir passé tout droit, car j'ai ma montre au poignet, donc il me serait facile d'éteindre l'alarme sans m'en rendre compte. Finalement, je me suis levée bien à l'heure et Fanny est venue me rejoindre au moment où j'allais la réveiller. J'ai donc terminé de me préparer et nous sommes parties attendre le bus. Je boitais encore un peu, mais moins qu'hier, ce qui est encourageant pour l'orteil.

Le bus est arrivé pas trop plein, mais un peu plus tard qu'à l'habitude. Nous y avons pris place et sommes arrivées tout de même tôt à Thiès. Avant de partir au marché du village artisanal, nous avons fait un arrêt aux "Délices" pour y acheter un jus d'orange (Erika et moi) et un café (Fanny). Nous avons ensuite pris un taxi vers le village artisanal, mais comme c'était fermé et que ça ne devait ouvrir qu'à 9h30 ou 10h, nous avons rebroussé chemin. Il n'était même pas 8h et nous devions être à la piscine d'Enoa pour 10h. En chemin, nous avons croisé un cyber qui ouvrait et avons décidé d'en profiter Erika, Jacinthe, une autre stagiaire et moi. La connexion était très rapide et le personnel très gentil. Dommage que ce soit si loin et qu'on l'aie découvert si tard...

Une fois l'heure écoulée, nous avons repris un taxi vers la piscine. L'avant-midi a encore une fois passé en un éclair. Comme c'était nous (les stagiaires de Bapate et Pambal) qui organisions l'activité, nous avons fait ça à notre image: short and sweet. Après l'activité, ce fut le moment du repas: sandwichs et crudités! yé! Ce fut bien bon et agréable! On a aussi pu boire du jus de bissap et de pain de singe (le fruit du baobab) et manger une banane. Le luxe!

Ensuite est venu le moment tant attendu de la baignade! Juste avant, je me suis fait mordre par une fourmi alors que j'étais étendue sur la natte pour me détendre et digérer. La piscine a tellement fait du bien! Autant pour le côté rafraîchissant que pour les discussions avec Cynthia et Erika.

En sortant de l'eau, j'ai été m'asseoir sur la natte et Fanny est venue voir mon orteil. Ça semblait mieux, mais on a tout de même coupé un bon morceau de peau afin de faciliter le nettoyage et le pansage. Ça fait un joli trou à mon orteil... J'ai ensuite mis du Bactroban et me suis mis un nouveau pansement. Puis, Erika et moi avons pris un taxi pour nous rendre au marché, car comme elle est invitée à un mariage ce week-end, elle devait acheter un cadeau pour la mariée. Elle a trouvé un très beau tissu blanc et rose pourpre. Nous nous sommes ensuite promenées tranquillement et avons marché vers l'épicerie tout près de Caritas. J'y ai acheté un sac de bonbons pour ma famille, un jus de pêche et des Mentos au yogourt et fraises. Alors qu'Erika et moi payions, Fanny est accourue pour nous dire que le bus était déjà là! Pourtant, il n'était que 16h50! On a donc couru jusqu'au bus, qu'on a eu le temps d'attraper. Il y avait assez de place à l'intérieur pour qu'on y soit bien confortables.

Le trajet s'est bien passé, et on a pu dire au revoir à Jacinthe qu'on ne reverra pas avant notre départ. Une fois à Bapate, Fanny et moi avons fait un arrêt chez moi pour y déposer le panier qu'elle a acheté pour sa dée. Nous avons ensuite ouvert nos sacs de bonbons pour les enfants et sommes parties marcher au champ. Ensuite, nous sommes revenues à Bapate prendre une photo de chaque concession, ce fut bien drôle. Il y a donc officiellement onze concessions ici. Cela confirme que c'est un tout petit village!

Nous avons ensuite fait route vers nos concessions respectives. J'ai pu écrire un peu pendant que les enfants jouaient. Ma dée s'est ensuite assise auprès de moi pour me parler un peu. Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas que je les oublie une fois de retour au Québec. Pas de risque! Et elle m'a dit qu'elle serait vraiment rassurée si je pouvais l'appeler une fois rentrée chez moi. Et qu'elle aurait aimé que je reste plus longtemps... décidément, dire au revoir sera très difficile ici aussi.

Nous avons ensuite pris le repas sous le sourire du chat de Cheshire. La lune recommence à éclairer le ciel, tout aussi magnifique même si on y voit un peu moins d'étoiles. Lorsque Alfred s'est mis à ronfler, on a bien ri car j'ai découvert un point commun à ma grand-mère Émiliane ici et à maman: les deux n'admettent pas ronfler! Haha! J'ai ensuite été me coucher après avoir vérifié qu'il n'y avait plus de fourmis dans mon sac à dos. Un petit souvenir de la piscine...

Jeudi 17 juin 2010, J49

Enfin une nuit productive côté sommeil! Je me suis levée presque reposée! J'ai mis mon eau à chauffer, puis ai été chercher mon pain seule après avoir enfilé un bas sur mon pied gauche et mis mes sandales sport. À mon retour, j'ai mangé et lu un peu avant de me préparer à faire mon lavage. Ce fut un peu plus complexe aujourd'hui vu que les enfants n'avaient pas d'école, mais ça s'est somme toute bien passé. J'étais encore dans le blanc quand Fanny est arrivée pour me dire qu'elle avait fini son lavage et partait pour le CEM pour travailler. J'ai été la rejoindre dès que j'ai eu terminé de laver, dans l'espoir où monsieur Sene viendrait pour me montrer la matière qu'il a abordée hier avec les élèves alors que j'étais à Thiès.

À mon arrivée, je me suis installée dans la salle du personnel avec Fanny et avons eu quelques fous rires à cause de monsieur André qui écoutait Céline Dion (Aaaaaaaaaaaall by myseeeeeelf... énorme pensée pour Mathieu et Laurence!) et l'entrée triomphale de monsieur Sene qui essaie de parler et chanter en anglais! Haha! Je suis restée un peu à écrire dans la salle du personnel, puisque monsieur Sene n'avait pas apporté le plan de la leçon d'hier ni celui de demain... À un moment, des élèves (ils étaient beaucoup!) sont arrivés pour demander à Fanny les notes de leurs dernières évaluations. Ça a été un peu le fouillis, et Fanny a dû mettre un terme à cette rencontre improvisée.

Fanny est partie du CEM un peu avant moi. Je suis restée pour travailler un peu à l'ordinateur. J'ai quitté le CEM peu après 13h pour retourner à la maison. En chemin, j'ai croisé Fatou et ai donc fait route avec elle et Gérard. En arrivant, j'ai ramassé mon linge (ici, ça sèche vite!) et ai été aider Joséphina avec la vaisselle. Je suis ensuite retournée au CEM avec Fanny après avoir passé par les champs. Nous avons attendu le principal un bon bout de temps à l'ombre, le dos appuyé sur le mur des classes chaudes. On a relaxé pendant que je prenais des photos d'oiseaux. Puis Marie-Eve et Laurie sont venues nous rejoindre, pour prendre la photo. C'est pour faire une carte au personnel du CEM de Pambal.

Le principal est finalement arrivé en nous disant qu'on aurait dû l'appeler (...) puisque le Canada est un pays développé et que nous devions toutes avoir un portable, car tous les Sénégalais en ont un, etc. On a pu échanger des photos de nos caméras et alors que je m'installais pour écrire, on a décidé de quitter pour aller voir Roger à Pandienou. Cet homme rédige un dictionnaire sérère lala, la langue parlé dans la région de Pambal. Comme il n'y est pas, Nous décidons d'aller à l'église voir la répétition de chorale, mais Laurie décide de rentrer. La répétition n'est manifestement pas commencée, il n'y a personne, pas un son. On va tout de même s'asseoir sur les bancs à l'intérieur et on a un peu discuté.

Nous avons ensuite été nous promener un peu Fanny et moi. On a marché jusqu'au cimetière catholique et avons ensuite repris la route vers Bapate. Une fois rentrée, j'ai salué ma dée qui semblait très heureuse de me revoir et j'ai photographié Joséphina qui venait de défaire ses tresses. J'ai ensuite un peu écrit et ai lu mes guides de voyage pour essayer de planifier un peu ce que Mélanie et moi pourrions faire. Pas facile! Je crois que je vais lire et en parler avec Mélanie lorsqu'on se reverra! Je ne veux pas décider toute seule!

Ce fut ensuite le moment du repas et j'ai été traiter mon eau. Ma dée a apporté une petite bougie dans ma chambre pour que je puisse lire/écrire. Ça m'a touchée, je sais que c'est plutôt cher... Je tâcherai de l'économiser. Le moment de me coucher est venu, je me suis endormie vraiment très rapidement...
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Comments

Papounet on

Bonjour Anne-Marie !

Je ne sais pas si tu es encore en ligne.

Mais je suis donc content de voir enfin des photos d'humains !

Ta famille a vraiment l'air très sympathique, et ta dé semble charmante. Yvonne est très jolie et Abraham semble tout un numéro.

Je n'écrirai pas longtemps ce matin parce que je dois partir travailler, mais cela me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles.

Catherine a passé la nuit à la maison et elle te fait dire bonjour.

Pas de nouvelle de ta mère, ce qui veut dire que tout va bien.

Je t'embrasse bien fort,

Papa.

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