Presque toute la 6e semaine

Trip Start Apr 30, 2010
1
10
19
Trip End Jul 30, 2010


Loading Map
Map your own trip!
Map Options
Show trip route
Hide lines
shadow

Flag of Senegal  , Thiès,
Thursday, June 10, 2010

Vendredi 4 juin 2010, jour 36 :
 
Je me suis levée plutôt tôt ce matin, car j'ai été chercher mon pain peu après 6h30. Avant de me mettre à déjeuner, un griot est venu chanter dans notre concession. C’était très beau ! Disons que je me sentais vraiment sur un autre continent… Il était vêtu d’une longue tunique multicolore. C’était vraiment spécial, j’ai beaucoup aimé le chant. Ensuite, pendant que je mangeais, j’ai lu un peu sur la Casamance, histoire de me donner une idée sur ce que Mélanie et moi pourrions y faire. Même si je me plais vraiment ici, j’ai très hâte de voir du pays et de bouger un peu. C’est un peu dur pour moi de me retrouver dans un nouvel endroit et de ne pas avoir encore pu l’explorer vraiment. Parlant de nouvel endroit, j’ai dit aux garçons aujourd’hui que j’aimerais bien qu’ils m’emmènent à la forêt. Il paraît qu’on peut y voir de la végétation chouette et tout plein d’animaux !
 
Aujourd’hui aura été somme toute une journée plutôt productive. J’ai eu le temps de terminer d’écrire les notes des élèves sur la grille prévue et j’ai pu finaliser quelques trucs sur l’ordinateur, le tout avant mon cours de mathématiques. A la pause de 10h, j’ai été acheter un beignet et j’ai fait route vers la classe des 3eB que je devais prendre en charge seule pour faire la correction en groupe de l’examen. (pour plus de détail, aller dans la section supervision)
 
De retour à la maison pour le repas de midi, j’ai un peu travaillé. Comme j’avais un peu mal à la tête (probablement la chaleur), je n’ai pas beaucoup mangé, ce qui a un peu inquiété ma dée. Après le repas, j’ai été me laver après avoir bu énormément d’eau pour essayer de faire passer le mal de bloc. J’ai été me laver avant de retourner au CEM mais n’ai pas pu faire la vaisselle puisque j’étais un peu trop serrée dans le temps. Comme de fait, j’ai été un peu en retard (de quelques minutes à peine), mais ce n’était pas grave puisque je devais travailler à l’ordinateur pour faire l’examen de fin de semestre de sciences physiques. Comme j’ai terminé plutôt rapidement, j’ai été attendre le retour de monsieur Sene dans la salle du personnel afin qu’il me dise si ce que j’avais fait était correct. Lorsqu’il est arrivé, j’ai été corriger quelques trucs et suis ensuite retournée à la salle du personnel ramasser mes trucs, car le principal allait fermer l’école. Nous sommes donc parties (Marie-Eve Fanny et moi) et comme Fanny avait une rage de biscuits, on a été avec Marie-Eve à la boutique de sa famille. J’en ai aussi profité pour m’acheter des biscuits au lait et des Biskrem. Miam ! Nous avons ensuite refait route vers Bapate tout en grignotant.
 
Une fois arrivée à la maison, j’ai dit à Josephina que je préparerais le repas, comme j’avais dit que je le ferais ce midi. Comme dée Marie dormait, j’ai décidé d’aller en faire autant. Cependant, après environ cinq minutes passées dans mon lit, Josephina est venue me chercher pour qu’on aille acheter le pain de demain matin puisque je partirai tôt pour Thiès. A la boutique de Victor, j’ai croisé Pierre et Amadou qui jouaient aux cartes avec un autre homme et Fanny est arrivée. Nous avons un peu bavardé et avons ensuite été marcher un peu avant le repas du soir.
 
A mon retour, j’ai pu aider Fatou à préparer le repas : omelette sénégalaise ! On m’a enfin laissé la faire ! Yé ! En fait, c’était pour noter comment on la prépare, parce que c’est vraiment très bon et que je voudrais bien pouvoir la refaire au Québec. Surtout qu’il n’y a pas tant d’huile comparativement aux autres plats qu’on peut manger ici. Bref, je l’ai littéralement dévorée ! Et c’était très drôle de préparer ça avec Fatou, on a pu constater qu’il y a plusieurs différences, par exemple comment casser un œuf façon québécoise ou sénégalaise !
 
Après avoir englouti l’omelette avec Fatou et Pierre, j’ai mangé un peu de couscous pour essayer de réhabituer mon système digestif. On verra ce que ça donnera !
 
Je suis ensuite restée un peu sur la natte avec les enfants et je suis entrée me coucher, vu la journée plutôt chargée de demain. J’ai très hâte, car en plus de pouvoir aller au cyber, j’essaierai de téléphoner à la maison pour parler à ma « mouman » avant qu’elle parte en voyage. On essaiera aussi de trouver des tissus et des nattes à ramener au Québec. Et nous pourrons manger un repas… probablement autre que du riz au poisson ! Parce que même si celui de ma dée est vraiment très bon, la variété culinaire du Québec me manque un peu je dois avouer…
 
Samedi 5 juin 2010, jour 37 :
 
Journée d’expédition à Thiès ! J’étais toute heureuse à l’idée d’aller flâner par nous-mêmes en ville, découvrir vraiment un tout autre monde ! Fanny est venue me rejoindre dans ma chambre alors que je terminais de m’habiller et de me préparer. Nous sommes parties prendre le bus vers 6h10 et il est arrivé à l’ « arrêt » peu a près, déjà passablement rempli. Il faut dire que cette fin de semaine est LA fin de semaine des premières communions et des confirmations dans toute la région de Tivaouane, et peut-être même de Thiès.
 
Nous avons donc pris place dans le bus et avons fait lentement route vers Thiès. Une fois arrivées à destination (et après un petit arrêt à la banque), nous sommes allées déjeuner à la place habituelle pour y attendre Anémone à qui on avait donné rendez-vous. Elle est arrivée, accompagnée de Mélanie (yé !), et ont elles aussi déjeuné. Plus tard, c’est Agnès et Carolane, deux autres stagiaires du groupe, qui sont arrivées par hasard ! Après avoir bavardé un tantinet, nous sommes allées vers le marché pour que les filles puissent y acheter du tissu. En route, les jeunes garçons mendiants (talibés) n’avaient pas de mal à nous remarquer, les 6 toubabs que nous étions ! Il y en a même un qui s’en est un peu pris à Anémone. Il faut être plus prudent en ville… il nous est arrivé à plusieurs reprises de voir des personnes essayer plus ou moins subtilement de fouiller dans nos sacs et nos poches (« Moi je touche pas à ta poche !» hahaha ! Petite pensée pour Mathieu et Sœur), mais dans mes poches, il n’y avait rien et je portais mon sac à dos sur mon ventre avec les bras croisés dessus…
 
Au marché, nous avons visité beaucoup de boutiques de tissus. Nous nous sommes finalement rendues dans une boutique qu’Anémone connaît bien puisqu’elle habite près de Thiès et y vient souvent. C’est là que nous avons acheté les tissus. Nous avons ensuite passé dans un marché semi intérieur où nous avons pu voir (et sentir !) énormément de choses. Des chaussures à plumes, des louches en calebasse, des paniers tressés, des la nourriture que je ne pourrais identifier, des colliers, des tissus, des lunettes, des fruits et légumes, des meubles… Et tout ce beau monde essayait de nous vendre sa marchandise ! On a même essayé de me vendre un matelas de marque Obama ! Haha ! Ici, c’est définitivement une image qui vend beaucoup.
 
En sortant du marché pour retourner sur la rue des commerces, nous nous sommes arrêtés pour feuilleter quelques bouquins dans une librairie ambulante de livres usagés. J’ai acheté un roman portant sur l’attaque de Pearl Harbour pour 1500 F CFA, soit un peu moins de 4$. Ça me fera un peu de lecture au besoin. J’aurais peut-être dû acheter un roman sénégalais… mais je n’y ai pensé qu’après. La prochaine fois !
 
Nous avons ensuite marché vers la Place de France, là où le bus nous dépose le matin, pour aller manger au « Croissant Magique ». J’ai pris un hamburger et un Fanta ! C’était très bon et agréable (puisque j’étais en très bonne compagnie) jusqu’à ce que le couscous se bouscule dans mon ventre… et que je doive me rendre en vitesse aux toilettes du resto. Voilà, vous avez compris. Décidément, le couscous de mil ne me fait pas. Par chance, c’était une vraie toilette (ce qui inclus un siège) et qui était presque propre. Quoi que je dois avouer m’habituer aux « trous » ou toilettes turques. Ça fait un petit « clash » de revoir une vraie toilette. Bon, ça suffit.
 
Quoi que ceci me fait penser à autre chose. A l’école, une élève a pour deuxième nom Ndiaré. Je trouve ça joli lorsque c’est écrit, sauf que quand je lui ai remis sa copie d’examen l’autre jour, ça a fait bizarre. Lorsque je l’ai prononcé, ça pouvait porter à confusion… Voilà.
 
Après avoir officiellement terminé de manger (et remercié Dieu d’avoir mis une toilette à proximité et accessible), nous avons dit au revoir à Anémone et Mélanie qui retournaient à Notto, leur village. Fanny, Marie-Eve, Laurie et moi avons fait route vers un cyber situé à quelques coins de rue de Caritas, là où on reprend le bus.
 
Quelle joie ce fut encore une fois ! Après une tentative de connexion infructueuse à Skype, j’ai réussi à me connecter à Msn et à avoir une conversation audio avec Mathieu après avoir changé d’écouteurs avec ceux de Fanny. Bon, ils étaient en piètre état et tenaient avec du « tape » (noter ici l’importance de l’imparfait… ça a un peu « descrounché » quand je les ai mis sur ma tête). Et comme on était d’avance et que la connexion était plutôt bonne, les filles ont décidé de se rajouter trente minutes. Je n’étais évidemment pas contre puisque j’étais toujours en conversation avec Mathieu. Ça m’a vraiment fait du bien !
 
Lorsque la période allouée fut terminée, nous sommes sorties pour nous rendre chez Caritas. J’espérais pouvoir trouver un télécentre en chemin, mais ce ne fut pas le cas. Mais bon, j’essaierai d’acheter du crédit et d’emprunter le portable de mon bo demai ou après-demain !
 
Nous sommes allées au supermarché situé à côté de Caritas. Les filles se sont acheté des « popsicles » et du nectar de pomme et de goyave. Je me suis contenté de deux bananes vu mon était… Nous sommes retournées attendre le bus en mangeant nos achats.
 
Le bus est arrivé bien rempli, mais beaucoup plus qu’à l’habitude. Cette fois-ci, je croyais vraiment que nous n’entrerions pas. C’est vrai qu’avec toutes les célébrations religieuses, c’est la fête partout, donc plus de gens sur les routes. Le hic, c’est que le bus était si plein qu’on a dû prendre place debout à l’intérieur… et à l’extérieur ! Marie-Eve a passé une bonne partie du trajet assise sur un inconnu alors que Fanny et Laurie se tenaient debout, les deux mains agrippant la tringle à rideau et le « cadre » de la porte qui était ouverte. Et moi, comme je voulais de l’air compte tenu de mon historique de mal des transports, j’étais montée dans les dernières… J’étais donc debout sur le pare-choc arrière du bus et me tenais au cadre de porte et à l’échelle qui mène au toit, là où on met les bagages et la marchandise. Nous étions 5 personnes sur le pare-choc, dont mon cousin rencontré par hasard qui s’est placé « derrière » moi par mesure de sécurité, parce qu’il a l’habitude, mais surtout parce que j’ai cru comprendre que normalement, les femmes ne restent pas sur le pare-choc… je suis privilégiée ! haha !
 
A mes côtés, il y avait un homme en béquilles (accrochées dans l’échelle en fait) avec qui j’ai pu bavarder un peu pendant que nous étions sur la route goudronnée… parce qu’ensuite, on toussait et avait les yeux plissés voire fermés à cause de la poussière… Bref, ce fut toute une expérience, et on a beaucoup ri ! Disons que des situations comme ça, ça rapproche les gens !
 
Nous sommes arrivées à la maison ma crasse et moi. J’ai décidé d’aller me laver un brin, ce n’était vraiment pas du luxe. L’eau de mon seau n’a pas été de cette couleur depuis mes camps scouts, ça donne une idée ! J’ai ensuite été mettre mon pantalon de pyjama et mon pagne comme haut et me suis proposée pour le repas, mais il était trop tard.
 
Autre fait cocasse de la journée, j’en pleure de rire encore. En revenant à la maison, ma dée m’a dit que le bébé vache était né. Ah ? Mais pourtant, il n’y a pas de vache dans la concession ! Il n’y a que deux chèvres et leurs bébés et une brebis enceinte… Ah ! En fait, elle voulait dire que l’agneau était né ! Il est vraiment mignon avec ses longues oreilles tombantes et sa tache noire sur le dos ! Mon bo est arrivé et a dit qu’il fallait lui trouver un nom et m’a demandé des suggestions. Comme je lui disais que j’allais y penser, il m’a demandé :
-         Comment se nomme ton gazou déjà ?
-         Euh… Mathieu…
-         Alors il s’appellera Mathieu !
 
Mathieu, tu as un homonyme ovin sur le continent africain ! Il faudra venir lui rendre visite haha ! Sans blague, mon bo était tout heureux de voir que c’était un petit mâle puisque la brebis (qui lui avait été donnée en cadeau) est d’une race qui vaut très cher ici. Il pourra donc avoir une certaine sécurité financière, puisqu’un bélier de cette race peut se vendre 600 000 F CFA, soit environ 1500 $ CAN si mes calculs sont bons. Voilà. J’en ris encore…
 
Nous avons pris le repas et j’ai ensuite été voir et aider pour la préparation des beignets pour la fête de demain. J’ai fait et pétri la pâte avec Fatou et Penda, sa maman arrivée de Dakar aujourd’hui. Nous avons donc préparé les beignets sucrés à l’essence de fleur d’oranger et de banane et les « fat taï », beignets salés aux oignons et au poisson. Comme nous devions ensuite aller voir le concert de chorale, j’ai été mettre un chandail et ma veste avant de partir avec Jeannot pour rejoindre Maurice et Boniface qui étaient déjà chez Fanny. Cependant, ils m’ont dit qu’elle n’était pas là, j’ai donc déduit qu’elle était partie chercher Marie-Eve comme elle avait dit qu’elle le ferait. Nous sommes donc partis vers Pandienou, mais comme j’ai appris en chemin qu’il y avait un prix d’entrée, je suis retournée à la maison chercher mon porte-monnaie. J’ai croisé Fatou et lui ai proposé de nous accompagner. Elle a accepté et nous sommes parties.
 
Il faut savoir qu’il était déjà 22h30 et que le concert devait débuter à 21h. Mais nous avons constaté à notre arrivée que ce n’était pas près de commencer… Les chorales ont finalement pris place après 23h. Le concert était très beau, mais très différent de ce à quoi je suis habituée en la matière. Les gens parlaient énormément et applaudissaient pendant les chants, certains criaient, d’autres sifflaient… J’étais très surprise au début, mais bon, on s’y habitue.à ça comme aux gens qui allaient déposer des pièces de monnaie dans un panier près des choristes, ce qui leur donnait le droit de tapoter la tête des chanteurs ou même du chef ! C’était très beau musicalement parlant, mais très différent pour tout le reste !
 
Je suis sortie un peu avant la fin, car j’avais très chaud et j’étais plutôt fatiguée (il était maintenant plus d’une heure du matin). J’avais eu une grosse journée, mais je dois dire aussi que je ne suis plus aussi habituée de me coucher si tard. Ici, comme il n’y a pas d’électricité, je suis toujours couchée vers le 21h30, 22h max. Surtout que demain sera une grosse journée…
 
Fatou est venue me rejoindre sur le parvis de l’église et nous avons fait route vers la maison.
 
Dimanche 6 juin 2010, jour 38 :
 
Ouf ! Toute une journée ! Je me suis levée peu après 7h. Inutile d’espérer de me rendormir ; la concession était déjà très animée… Je me suis donc tirée hors du lit et suis arrivée dans la cuisine pour y faire chauffer mon eau comme d’habitude, mais la bombonne de gaz n’y était pas. C’est vrai ! Les beignets devaient être cuits ce matin ! Ma dée m’a vue et est venue porter le gaz (du butane je crois) dans ma chambre ! Je ne voulais pas, je lui avais proposé d’aller du côté de chez Fatou pour aller faire chauffer mon eau, mais elle ne voulait pas. Bon… peut-être bien qu’elle n’aime pas mon pyjama finalement ! hihi ! Pourtant, il est beau mon chandail du Défi !
 
J’ai donc déjeuné plus qu’à ma faim puisque lorsque j’ai eu terminé ma baguette, ma dée est arrivée avec un autre morceau de pain et tenait absolument à ce que je mange tout ! J’ai réussi à négocier pour n’en manger que la moitié et ai partagé le reste avec les enfants.
 
Je n’avais pas encore terminé de manger que déjà Josephina voulait partir à l’église. Mais il n’était que 8h15 et la messe commençait à 10h ! Déjà que ça s’annonçait pour être plus long que d’habitude… je ne voulais pas arriver une heure et demie d’avance ! De plus, je n’étais pas habillée et je n’avais pas encore préparé mon eau pour la journée. Je lui ai donc proposé d’y aller sans moi, mais il semblerait qu’elle a préféré m’attendre puisqu’elle est restée.
 
Lorsque j’ai eu terminé de manger, je me suis habillée. J’avais déjà chaud à 8h30… La journée s’annonçait prometteuse ! Il me semble que j’aurais préféré rester en sous-vêtements dans mon lit, à faire l’étoile pour créer la plus grande surface de peau à recevoir potentiellement de la fraîcheur. Ouf. Mais bon, tout le monde semble m’avoir trouvée jolie dans mon habit bleu. Ce qui est drôle, c’est que même mes sandales et ma gourde sont de la même couleur. J’aurais boulu faire exprès que je n’en aurais pas été capable ! J’ai bien hâte de pouvoir vous montrer la photo !
 
Lorsqu’il fut 9h30, nous sommes parties pour la messe Josephina et moi. Je cuisais déjà ! Arrivées à l’église, il n’y avait pas de place disponibles sauf à l’arrière : la section avant était réservée pour les enfants qui recevaient les sacrements. Et il y en avait beaucoup ! Nous avons donc pris place davantage à l’arrière que d’habitude et avons attendu que la cérémonie débute. Elle a commencé presque à l’heure (donc d’avance pour ici). Malgré la longueur de la messe (plus de trois heures trente), ce fut mignon de voir tous les enfants habillés (très) chic et coiffés. Les chants et les danses aussi étaient très beaux. L’évêque qui était présent semblait cependant avoir un état de santé précaire… il avait du mal à chanter toutes les prières et me faisait un peu la même impression que lorsque j’avais vu Jean-Paul II à Stp-Pierre de Rome. Pas la grande forme quoi.
 
A la messe étaient aussi présentes Erika et Stéphanie, mais aussi les autres stagiaires des environs. Je n’ai cependant pas pu parler aux filles puisqu’elles sont parties avant la fin de la cérémonie. J’étais un peu déçue, mais ce n’est pas grave puisque demain, Fanny et moi irons les visiter dans leur village à Yendane.
 
A la fin de la cérémonie, j’ai recommencé à me sentir un peu mal et faible. En rentrant, j’ai été m’étendre et ai sauté le repas de midi ce qui a bien inquiété ma mère. Mais il faisait si chaud, et comme je ne me sentais pas bien, je ne voulais pas courir le risque de me retrouver dans la même situation qu’hier. J’ai essayé de dormir, mais n’y suis pas parvenue à cause des coqs, des ânes, mais surtout de la chaleur et de mes oncles qui semblaient bien profiter du vin de palme et des autres alcools. Je me suis donc levée et ai dit à ma dée que je partais rendre visite à Fanny pour aller marcher un brin. Mais je n’ai pu partir qu’après avoir terminé l’assiette de beignets, « fat taï » et pop corn sucré qu’on venait de me mettre entre les mains.
 
Je suis donc ensuite partie chez Fanny avec Simone et après avoir parlé un peu avec elle et Marie-Eve, nous avons décidé de partir marcher un peu. Nous nous sommes redues jusqu’au baobab creux et y avons pris quelques photos et avons discuté là un petit moment. Nous avons ensuite refait route vers la concession de Fanny et nous sommes assises pour perndre le jus de bissap, vraiment le meilleur que je n’ai jamais bu ! Ensuite, mon bo est arrivé avec le bo de Fanny et ils sont venus nous rejoindre sur le « balcon » de la case de Fanny. Recommençant à être fatiguée, j’ai décidé de rentrer et les filles m’ont suivies pour que je présente ma famille à Marie-Eve qui n’était encore jamais venue. J’ai ensuite réessayé de dormir, encore une fois sans succès. Mais résignée, j’ai plutôt choisi d’écrire et de relaxer.
 
Je suis sortie une fois l’obscurité installée dans ma chambre. Je suis restée dehors le temps du repas (je n’ai que peu mangé) et de bavarder un peu avec ma famille. Ensuite, un vrai dodo !
 
Lundi 7 juin 2010, jour 39 :
 
Journée d’excursion à Yendane ! Je me suis levée ni tôt ni tard. Quoi que j’aurais bien aimé pouvoir dormir plus longtemps compte tenu d’hier. J’ai déjeuné après avoir été chercher mon pain avec Josephina. Fanny est arrivée alors que je terminais de me préparer et nous sommes parties tout de suite après.
 
Nous avons commencé à marcher sous un ciel ennuagé, ce qui fait que cela nous a donné une petite pause de soleil, pause bien appréciée ! Nous avons entrecoupé notre trajet de haltes « eau-pipi-crème solaire » et j’ai pu prendre plusieurs photos d’oiseaux grâce à la caméra de Fanny. On a pu voir des barbiers, des calaos, des rolliers, beaucoup de youyous et d’autres oiseaux que je n’avais encore jamais vus et qu’il me reste à identifier. Nous sommes arrivées à Yendane peu après 11h30 et nous avons un peu bavardé avec les stagiaires de Québec Sans Frontières qui sont arrivés mercredi dernier je crois. Ça a été bien agréable et sommes ensuite parties à la recherche de la concession d’Erika, que nous avons pu trouver grâce à l’aide des enfants du village.
 
J’étais si heureuse de voir Erika ! Elle me manque beaucoup ! Pendant qu’elle était en train de se laver (car c’est ce qu’elle s’apprêtait à faire lorsque nous sommes arrivées), Stéphanie est arrivée et nous a proposé de venir visiter son chez-soi sénégalais. Nous l’avons suivie et avons pu constater que sa famille est plutôt bien nantie ! ça fait tout un contraste avec nos réalités à Fanny et moi. On vit décidément tous et toutes des choses bien différentes !
 
Nous sommes ensuite retournées chercher Erika pour aller voir les stagiaires de Brébeuf (accompagnés de Natacha) qui devaient arriver d’une minute à l’autre. Lorsque nous sommes arrivées, ils étaient déjà là. C’était chouette de retrouver Natacha ici ! Et elle a pu me donner la caméra ! J’étais très heureuse ! Pour ça, mais aussi de la voir si heureuse de revenir dans son village, Dougnane ! Nous avons un peu parlé et elle est retournée rejoindre son groupe qui partait s’installer à Dougnane. Nous sommes donc retournées chez Erika pour discuter en attendant le moment du repas.
 
Après le repas (et le Fanta et le Sprite) que nous avons pris avec Paul, le frère d’Erika et un de mes élèves, nous sommes toutes les trois parties au champ pour bavarder et relaxer un peu. Nous sommes revenues après près d’une heure et après avoir rempli nos gourdes et fait un arrêt à la boutique pour acheter des biscuits (« tempo » cette fois-ci !) et du crédit, nous avons dit au revoir à Erika pour reprendre la route vers Bapate.
 
Nous nous sommes arrêtées en route pour grignoter un peu et boire de l’eau derrière un manguier. En bordure de Bapate, nous avons vu quelques unes des sœurs de Fanny qui allaient cueillir des mangues. Nous les avons suivies quelque temps et avons décidé de rentrer puisqu’il se faisait tard et que nous étions un peu fatiguées. Il faut dire que nous avons marché plus de 15 km aujourd’hui.
 
A la maison, j’a écrit un peu et me suis reposée avec les enfants. J’ai pris des photos de Simone avec ses nouvelles « coquettes » (nom donné aux chaussures à talons ici) et puis est venu le moment du repas. Nous avons mangé du lapin encore une fois et c’était toujours aussi bon. Nous avons pris le repas dans l’autre chambre du bâtiment avec bo Martin, Fatou et Amadou. Ah oui ! Avant le repas, je me suis lavée pour enlever le 3 pouces de poussière quie recouvrait mon corps en entier !
 
Après le repas qui fut bon et drôle (Amadou m’a dit que s’il quittait Bapate avant moi, c’était pour ne pas pleurer à mon départ… bien sûr !), j’ai emprunté le portable de mon bo pour appeler maman. C’était drôle et ça a fait du bien d’avoir des nouvelles !
 
Avant d’aller me coucher, j’ai dû aller aux latrines… mais il n’y avait que trop de coquerelles ! Et elles était plus téméraires que d’habitude, ne fuyant pas la lumière de ma lampe ou l’eau que je leur lançais… Il y a décidément de plus en plus de bibittes, l’hivernage est à nos portes ! En plus, on a eu le loisir de sentir quelques gouttes de pluie aujourd’hui… petite joie !
 
Mardi 8 juin 2010, jour 40 :
 
Bon sang qu’il fait chaud ! Et de plus en plus humide ! C’est ce qui m’a réveillée ce matin… à 6h30 ! Il faut le faire ! Ce fut un réveil un peu étrange d’ailleurs. J’ai trouvé une crotte non identifiée sur ma moustiquaire (il semblerait qu’elle soit trop molle pour être celle d’une souris, alors ma famille a mis le blâme sur le caméléon… euh, pas sûre !), une coquerelle que j’ai baptisé Edmund Hillary car elle s’amuse à grimper sur mon mur et une chenille qui a fait son cocon sur ma porte de chambre. Ouin. Je suis sortie faire chauffer mon eau et ai été chercher mon pain seule, comme une grande ! hihi ! J’ai mangé sans traîner, car je voulais laver le linge ce matin. J’ai même oublié de boire mon lait, ce que j’ai fait après ma lessive. J’ai été plutôt rapide et efficace pour laver, je crois que je deviens bonne ! Sauf que je ne crois pas que mes vêtements tiendraient le coup longtemps, ça ne fait pas un lavage aussi doux qu’avec une laveuse à chargement frontal… Je crois que quelques uns de mes sous-vêtements vont demeurer au Maroc…
 
Après avoir terminé le lavage, j’ai bu mon lait chaud rendu froid et suis partie à l’école avec un mal de jambe étrange : mal à la hanche et au tibia, pile là où je me l’étais fêlé l’été dernier. Une fois arrivée, j’ai été dans la classe que Fanny surveillait pour faire mes exercices de maths et l’aider à surveiller. Pour résumer la situation actuelle des élèves, tous seront en examen cette semaine. Les 3e année feront leur pratique du BFEM (le BFEM blanc) et  les autres niveaux feront leurs compositions (examens finaux). Les seuls élèves qui auront encore cours à compter de la semaine prochaine seront ceux de 3e, car le vrai BFEM aura lieu en juillet. Je ne verrai donc plus mes élèves de 4e… je trouve parfois que le temps passe plutôt vite !
 
Pendant la surveillance de Fanny, j’ai écrit et ai commencé de nouveaux exercices de maths. Lorsque ce fut fini, nous avons fait route vers chez le tailleur de Pandienou pour y aller faire coudre… vous verrez quoi ! J’en ai profité pour me faire coudre un haut de boubou que je pourrai peut-être aussi reporter au Québec… je ne sais pas s’il a compris ce que je voulais, on verra ! Au pire, ce sera drôle. Le suspense devrait prendre fin demain de toute façon, car nous irons chercher le tout demain soir après l’école !
 
En sortant de chez le tailleur, nous avons été à la boutique en face de l’atelier où travaille Martin. Nous y avons acheté des Biskrem pour nous encourager dans notre correction de ce soir. Nous avons ensuite refait route vers Bapate. Une fois arrivée à la maison, j’ai écrit un peu et j’ai pu constater que Edmund était toujours sur mon mur, mais un peu plus bas, près de la fenêtre. Bon.
 
J’ai ensuite été prendre le repas : du yassa au poisson, miam ! J’ai pu discuter avec Amadou sur le système scolaire sénégalais rural, fort intéressant et d’actualité pour moi ! Fanny est ensuite venue me rejoindre afin que nous partions au CEM. Une fois arrivées, je me suis installée à l’ordinateur pour y travailler un peu et Fanny est partie surveiller une classe pour un examen de SVT (sciences de la vie et de la Terre). Quelques minutes plus tard, Marie-Eve est venue me chercher pour me dire qu’il y avait deux perroquets dans la salle du personnel. J’accours ! Mais ils sont en cage… Ce sont deux petits youyous, immatures puisqu’ils avaient encore pas mal de vert sur la poitrine. J’étais vraiment fâchée, ils étaient dans une cage de 20 cm x 20 cm max. En posant des questions, j’ai appris que c’était le prof d’éduc qui les a apporté pour en faire l’élevage, qu’ils ont été probablement capturé par des braconniers dans les environs de Tambacounda. Pas besoin de les observer longtemps pour remarquer que ce ne sont pas des perroquets d’élevage… Juste à s’approcher doucement et ils étaient terrorisés. Je suis retournée à l’ordinateur, fâchée.
 
Marie-Eve m’a rappelée quelque temps plus tard, me disant d’approcher doucement. En entrant dans la salle du personnel, j’ai pu voir qu’un des deux oiseaux avait réussi à sortir de la cage et que l’autre essayait de faire de même. Lorsqu’il a réussi, je leur ai donné des noix (oui oui maman, celles que tu m’avais donné dans un ziploc à Montréal !) et ils ont bien mangé. J’ignorais depuis combien de temps il avaient mangé et/ou bu… Ce qui est triste, c’est qu’ils ne pouvaient bien voler. Marie-Eve et moi espérions au début qu’ils s’enfuient par la fenêtre… Mais même s’ils l’avaient fait, ils se seraient probablement fait croquer par un animal puisqu’ils ne pouvaient prendre leur envol à partir du sol.
 
Je suis ensuite restée à faire mes exercices de maths dans la salle du personnel en me laissant souvent distraire par les deux oiseaux qui étaient maintenant par terre, près de mes pieds. Fanny et moi sommes restées jusqu’à 19h à l’école, jusqu’à ce que le principal nous mette à la porte. Le prof d’éduc est venu reprendre ses oiseaux et les a remis dans leur cage plutôt brusquement ce qui ne m’a pas aidé à me « défâcher ». Il m’a dit qu’à la maison il avait une cage plus grande et qu’il avait de la nourriture, mais je lui ai tout de même donné mes noix, au cas…
 
Fanny et moi avons marché vers Bapate en parlant des préparatifs pour la petite fête qu’on veut organiser pour la St-Jean. Ce sera pour nous deux la permière fois qu’on sera hors du Québec pour cette date, et on veut souligner cette fête avec nos familles. Grosso modo, on préparera un petit repas québécois et on organisera une petite soirée avec nos familles. Ça devrait être chouette !
 
Je suis restée assise dans la concession qui devenait de plus en plus sombre et enfumée, à cause de l’heure, mais aussi parce qu’un feu d’ordures venait d’être allumé dans le champ derrière. Parce qu’il faut savoir qu’ici, il n’y a pas de poubelles. Les gens jettent leurs déchets par terre, et quand il y en a trop, on balaie et on brûle. Je suis incapable de faire de même alors je garde mes déchets dans de petits sacs et je les jette dans les quelques poubelles qu’on peut trouver à Thiès. Nous avons remangé le yassa au poisson et après avoir bavardé un peu, bo Martin et bo Maurice sont arrivés pour voir Mathieu, l’agneau. Il m’a fait promettre que je le diras à Mathieu… voilà qui est chose faite ! haha ! J’ai ensuite été me coucher, Edmund toujours sur mon mur. Quoi que j’aime mieux qu’elle soit là que dans mon lit…
 
Mercredi 9 juin 2010, jour 41 :
 
Lever du corps (et de l’esprit) un peu difficile ce matin. Premier constat : il y a VRAIMENT plein de mouches. Ça arrive dans le top de ma liste des irritants ici. Parce que je me fais une liste des choses qui m’énervent ici, et une liste des choses qui me remontent le moral. Je la montrerai à ceux qui veulent à mon retour. Deuxième constat : coquerelle Edmund Hillary est partie escalader d’autres murs. Je me plais à penser ça plutôt qu’à songer au fait qu’elle est peut-être dans ma pile de vêtements que j’ai lavés hier… Beurk.
 
Je suis sortie aller faire chauffer mon eau, mais le réchaud était déjà utilisé. J’ai donc décidé d’aller chercher mon pain à la boutique, mais j’ai dû attendre quelques minutes, car la livraison de pain n’était pas encore arrivée. A mon retour, j’a été faire chauffer mon eau et ai mangé mon pain tout en lisant l’histoire de Pearl Harbour. Je constate que non seulement la musique me manque, mais la lecture aussi ! Comme j’étais un peu au ralenti et que j’étais un peu en retard aussi, je me suis habillée en vitesse pour aller rejoindre Fanny qui venait corriger au CEM pendant que je surveille les examens du BFEM blanc de 8h à 18h30. Grosse journée qui s’annonce !
 
Parenthèse lait chaud : lorsque j’ai fini de boire mon lait ce matin, j’ai vu un truc noir au fon de ma tasse. Pourtant elle était propre lorsque je l’ai remplie… J’ai décidé d’attendre à ce midi pour identifier la chose.
 
De 8h à 10h, j’ai surveillé l’examen de maths. En le regardant ensemble, monsieur Sene et moi avons constaté qu’un des numéros était un peu hors de la portée des élèves puisqu’il portait sur un chapitre qui sera vu après le BFEM blanc… oups ! Comme le BFEM blanc est conçu par d’autres gens que les enseignants du CEM, ce sont eux qui choisissent la matière qui s’y retrouve… Disons que ça a pas mal « chialé » en classe… Surtout qu’à l’avance, je n’aime pas surveiller les examens. Les élèves me trouvent très sévère parce que je suis stricte et les empêche de parler pendant les examens, chose qui à ce que j’ai compris, les enseignants tolèrent souvent…
 
De 10h à 12h avait lieu l’examen d’histoire et géographie que je surveillais aussi. Les élèves ont un peu moins essayé de tricher (c’était tout de même une dissertation), mais je me suis vraiment fâchée à la fin. Trois élèves sont venus fouiller dans mes cahiers qui étaient sur mon bureau alors que je ramassais les copies. Monsieur Sene venait de me donner le corrigé de l’épreuve précédente, celle de maths. C’est sans doute ce qu’ils cherchaient… Je les ai un peu pas mal sermonnés, j’étais bleue ! Fanny et moi avons ensuite été marcher pour que je relaxe, ce qui a fonctionné, mais aussi en grande partie grâce à la chaleur assez intense à cette heure du jour.
 
Ce midi (ou plutôt vers 14h, heure normale du repas de midi), ce fut le retour en force du riz au poisson. J’ai ensuite fait la vaisselle avec Josephina, mais je n’ai pas eu le temps de balayer ma chambre. Dommage, ça commence à ressembler à la plage… l’eau et les poissons en moins. Nous avons refait route vers le CEM Fanny et moi pour aller corriger. En fait, je devais aussi surveiller un examen de physique et un autre de chimie, mais monsieur Sene m’a proposé de prendre le temps de corriger l’épreuve de maths pendant qu’il surveillait celle de physique. Ça faisait bien mon affaire puisque je ne suis pas vraiment à l’aise pour répondre aux questions des élèves dans ces matières. Je suis donc restée avec Fanny qui corrigeait, à essayer de déchiffrer l’illisible corrigé (et le mot est faible !) de l’épreuve de maths de ce matin. Je l’ai donc retranscrit plus lisiblement, jusqu’à ce que le principal ferme l’école. Nous avons alors « transféré » vers une classe toujours ouverte et Fanny a été jouer au basket avec des jeunes sur le terrain du CEM pendant que je terminais mon travail.
 
Nous avons donc quitté le CEM peu après 19h pour faire route vers Pandienou, chez le tailleur. Ce que Fanny avait été y porter était prêt, pour ma part, je devrai revenir chercher le haut demain car il manquait la fermeture éclair. De retour à la maison, j’ai filmé les enfants qui faisaient la danse de la lutte et j’ai été m’asseoir avec Fatou et Maty pendant que Amadou jouait avec Alfred et Abraham. Puis vint le moment du repas, nous avons mangé le sombi eurinn, encore une fois très bon et très bourratif !
 
Après le repas, je suis allée aux latrines et je confirme que la saison des pluies est à nos portes. Il n’y a que trop de coquerelles ! Et pourtant, je me suis un peu habituée depuis que je suis ici. Hier, j’en ai compté cinq dans la toilette, et c’est pas chouette puisqu’on les entend marcher. Petite pensée pour le film de l’ONF (les coquerelles qui font le party dans un juke-box…), pour ceux qui connaissent… Disons que je regarde plus que jamais où je mets les pieds ! Parce que s’il y a plus de coquerelles, il y a sans aucun doute plus de serpents et de scorpions. Ça vient ensemble m’a-t-on dit.
 
Jeudi 10 juin 2010, jour 42 :

Réveil matinal ! J’ai été chauffer mon eau et chercher mon pain, mais Victor (le proprio de la boutique) est arrivé en même temps que moi… Je deviens de plus en plus matinale ! J’ai pris mon déjeuner en lisant et suis partie après que ma dée m’eut donné 100F CFA pour acheter la laitue à Tivaouane.

En me rendant chez Fanny, je l’ai vue au loin sur la grande route. C’est vrai que même si j’étais matinale, j’étais tout de même au ralenti, donc un peu serrée dans le temps. Je l’ai rejointe et suis entrée dans la salle du personnel pour préparer la correction du BFEM blanc (encore) et écrire un peu. Fanny surveillait les oraux d’anglais et dès qu’elle a eu terminé, nous avons fait route vers Tivaouane comme prévu. Mais, il y a eu un petit imprévu digestif et nous avons dû nous arrêter avant même de monter à bord du taxi-brousse (merci à l’hospitalité et aux toilettes de la famille de Marie-Eve !). Lorsque ce fut réglé, nous avons pris le taxi-brousse et la route a été un peu longue… on a dû faire plusieurs arrêts en chemins et détours pour prendre des enfants et les déposer chez eux. C’est vrai que c’était l’heure de la fin des classes à l’élémentaire.

Une fois rendues à destination, Fanny nous a acheté chacune une grosse gomme balloune qu’on a été chiquer devant notre écran d’ordi au cyber. Dans le cyber, on a reçu une invitation à dîner et une demande en mariage chacune. On commence à être décidément très bonnes pour esquiver les demandes en mariage ! Au cyber, j’en ai profité pour faire presque tout ce que je voulais faire. Et oui je sais, les photos téléchargées ne montrent pas ma famille ici ! C’est que j’ai téléchargé seulement les plus récentes, dont celles des perroquets. Je ne croyais pas qu’il me prendrait presque une heure pour télécharger 5 photos…

Une fois l’heure passée, comme nous n’avions toujours pas dîné, nous sommes allées nous chercher de quoi manger. Nous nous sommes arrêtées dans une boutique pour nous acheter du pain. Un pain aux œufs pour Fanny et un genre de mini baguette pour moi (mais que trop nourrissante !). Après, nous nous sommes promenées pour chercher un endroit où manger. Nous sommes allées nous asseoir à l’ombre d’un grand arbre à racines triangulaires (Sœur ! Comme l’arbre brocoli à Key West !) pour déguster notre pain. Mais il y avait beaucoup d’enfants et on a fini par se sentir un peu envahies… Décidément, c’est très difficile d’être seules ici…

J’ai ensuite été acheter la laitue pour ma dée et j’ai pu photographier les chauves-souris géantes ! Elles sont tout plein dans les arbres et elles se chicanent quand une ouvre trop les ailes ou se pose trop près d’une autre… C’est très drôle ! Mais j’ai pris la photo très rapidement, je ne suis pas à l’aise de prendre des photos à Tivaouane, les gens sont un peu envahissants et moins on montre de richesse, le mieux c’est. Déjà juste notre couleur de peau est un signe de richesse pour eux… Parenthèse rigolote maintenant, mais qui était un peu frustrante sur le coup : j’ai une montre tout ce qu’il y a de plus ordinaire, une timex pas tant sport. Et dans le taxi-brousse, l’homme qui nous fait payer me demande de façon très impérative (comme c’est toujours le cas ici) de lui donner ma montre. Euh, non ! Et je me suis un peu fâchée, parce que ça m’arrive souvent. Et surtout parce que l’homme qui venait de prendre place à côté de moi avait une montre pas mal plus « bling » en or et qui semblait valoir très cher. Et j’ai vu qu’il avait remarqué sa montre aussi. Alors je lui ai demandé pourquoi il veut que je lui donne la mienne, alors qu’il n’a même pas demandé à l’homme à côté de lui donner et qu’elle vaut sans doute plus cher. Sa réponse : je suis une toubab, donc je suis riche. Lui non. Donc, j’aurais pu avoir une montre « cheap » made in China achetée chez Dollarama qu’il me l’aurait demandé quand même simplement à cause de ma couleur de peau ! Parfois, je trouve ça difficile d’être blanche ici. A cause qu’il est impossible de passer inaperçu, mais surtout à cause des préjugés.

Au retour à Bapate, Fanny et moi avons marché jusque chez le tailleur pour aller chercher mon chandail. Je suis plutôt contente, même si, comme dirait Mathieu, ça met un peu beaucoup les hanches en valeur…  En soirée, plusieurs élèves du CEM sont venues me voir pour que je réponde à leur question, puisque l’examen de mathématiques des 6e-5e-4e est samedi, donc très bientôt. J’ai ensuite pris le repas et me suis couchée tôt pour être en forme pour demain : dernier séminaire de stage ! Chronique astronomie : depuis que la lune se lève le matin, le soir on peut observer une quantité plus qu’impressionnante d’étoiles… le ciel est vraiment magnifique ici ! Dommage que ça, je ne puisse pas le prendre en photo pour vous le montrer…
Slideshow Report as Spam

Comments

Papounet on

Ouf, il est 17:30 heures. Je viens d'arriver du travail et j'ai dévoré ton blog (il est vrai que nous sommes à l'heure du souper !

Cela m'a fait beaucoup de plaisir de voir tes photos. Tu ne sembles pas avoir trop souffert quand on les regarde. Cependant, j'aurais troqué les photos des perroquets contre ceux de ta ''famille''. Faut croire que toi et moi n'avons pas toujours les mêmes sujets d'intérêt. Par contre, je suis content d'avoir une photo de Mathieu.

Nous sommes jeudi et je suis allé reconduire ta mère à l'aéroport mardi soir. Jusqu'ici, je survis à son absence, et tes poissons aussi (je n'ai pas oublié de les nourrir.

Les photos de ton blog sont très belles, et j'ai hâte de voir les autres. Si tu as l'occasion d'enregistrer le chants et danses sur vidée, ce serait super.

Gros bisous,

Papa

mamaoui
mamaoui on

Hihi oui papa je sais... mais je croyais vraiment que je pourrais télécharger plus de photos, la connexion reste plutôt lente... les prochaines photos seront celles de ma famille, c'est promis! En attendant, j'en ai rajouté quelques autres dans la première semaine. Le reste viendra à petit pas de bébé! Bisous à tout le monde et bon bbq dinmanche! J'aimerais y être!

... on

Dieu est passé par ici...

Soeur on

Soeur,
Vas voir tes courriels sur Facebook. Ou sur ton adresse hotmail.
On a reçu une lettre pour toi dont il faut que tu t'occupes.
c'est plate comme nouvelle, mais bon, plus de détails sur d'autres affaires bientôt!
Soeur

Add Comment

Use this image in your site

Copy and paste this html: