La semaine numéro 5, début et fin!

Trip Start Apr 30, 2010
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Trip End Jul 30, 2010


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Flag of Senegal  , Thiès,
Wednesday, June 2, 2010

Vendredi 28 mai 2010, jour 29 :

Ce matin, c'était la première fois que ma dée acceptait que j’aille chercher mon pain. Prise un peu par surprise (je ne m’attendais tellement pas à ce qu’elle accepte !), j’y ai été en pyjama. Ce n’est pas très grave puisque mon pyjama est tout ce qu’il y a de plus décent. J’y ai donc été avec Pierre, Alfred et Abraham, ce qui est plutôt drôle puisque vu leur jeune âge, aucun ne parle français. On se débrouille souvent par signe ou en baragouinant sérère ou français. Mais bon, j’ai réussi à me faire comprendre par l’homme qui m’a vendu mon pain, c’est l’essentiel !

En déjeunant, j’ai remarqué que le papier qui emballait mon pain était en fait un horaire télé danois, islandais ou quelque chose comme ça. Dans la grille horaire, j’ai pu reconnaître les bananes en pyjama, Pokémon, Naruto (pensée pour Anna), une mini-série de Danielle Steel, National Geographic, Dirty Dancing, Oprah et… America’s Funniest Home Videos ! J’ai eu une giga pensée pour Laurie et tous les fous rires dans son salon tout en me demandant pourquoi et comment cette grille télé s’était retrouvée dans un coin aussi reculé du Sénégal…

Pendant que j’étais toujours en train de manger, Fanny est arrivée. On a bavardé pendant que je terminais de me préparer et de m’habiller et on est parties plutôt tôt pour arriver près d’une heure d’avance au CEM. A notre arrivée, j’ai été travailler un peu avec monsieur Sene à la création de l’examen de mathématiques qui doit avoir lieu demain. Nous avions créé une version précédente, mais sans le savoir, nous avions choisi le même numéro que celui de l’autre enseignant de mathématiques dont l’examen avait lieu aujourd’hui. Pour éviter la tricherie, parce que les élèves se parlent beaucoup des examens, nous avons repris et repondéré l’examen. Je me suis ensuite rendue dans la salle du personnel, où j’ai trouvé Marie-Eve bien mal en point. Une chance qu’elle ne se faisait pas superviser, puisqu’elle avait un très gros mal de tête qui l’a obligée à rentrer pour se reposer.

Monsieur Mboup, notre superviseur est arrivé peu avant la pause de 10h. Après les dernières recommandations de monsieur Sene, j’ai été m’acheter un beignet pour me mettre en action et éviter de trop penser pour ne pas commencer à stresser. Monsieur Sene était trop drôle, il semblait beaucoup plus nerveux que moi ! Je crois qu’il veut vraiment que je réussisse.

Pour ce qui est de la supervision, je ne saurais dire si ça s’est vraiment bien passé. Bon, cette année, aucun élève n’a mangé ma grille d’évaluation ni arraché les lunettes de mon superviseur. Mais bon, je n’étais pas tant satisfaite de moi, mais comme c’est passé, ce n’est pas grave ! J’ai fait de mon mieux dans le moment ! C’est simplement un peu difficile pour moi de travailler avec un si grand groupe ! C’est la première fois qu’en stage ou en suppléance, je n’arrive pas à me souvenir du prénom de tous mes élèves. Même au Cap, normalement à la fin de la journée, je connais le nom de tous les jeunes. Mais ici, les groupes sont si grands ! Mais bon, ce qui est fait est fait ! Pour plus de détails, aller voir la section supervision…

Lorsque monsieur Mboup a mis fin à la rencontre entre lui, monsieur Sene et moi, je suis revenue en classe afin de continuer à donner la leçon. Ça a bien été, sauf peut-être à la fin où j’avais davantage de mal à expliquer les exceptions des équations de droites. Mais comme monsieur Sene est venu à la rescousse, je crois que les élèves ont fini par comprendre.

Après le cours, je suis allée à l’ordinateur pour finaliser l’examen, puis Fanny et moi avons fait route vers Bapate. En chemin, nous avons parlé de nos supervisions respectives. Une fois à la maison, j’ai préparé mon eau et nous avons pris le repas. Il y avait encore du « yip », mais j’ai évité d’en manger. J’ai bien mangé je crois, car ma dée a moins insisté qu’à l’habitude pour que je continue de manger. J’ai ensuite pris mon « dessert », une mangue encore une fois. Les chèvres étaient bien contentes que je pèle ma mangue près d’elles… Elles se battaient pour manger les morceaux de pelure. J’ai ensuite lavé la vaisselle avec ma sœur comme toujours et nous sommes ensuite parties toutes les deux rendre visite aux deux nouvelles stagiaires qui venaient d’arriver au village.

En après-midi, après le cours de physique, Fanny et moi sommes parties marcher pour décompresser un peu. Nous nous sommes rendues jusqu’au premier village passé Bapate en direction de Tivaouane (dont j’ai encore oublié le nom) pour y acheter des Biskrem, des petits biscuits au lait, mais surtout pour marcher  et jaser ! Parenthèse ornithologique : je crois avoir aperçu mon premier touraco vert depuis mon arrivée ! yé !

Au retour, il y avait un match de « foot » dans la concession voisine de la nôtre et comme tous les enfants m’on appelée pour que je vienne, j’y ai été.  J’ai donc un peu joué avec les enfants et ça a été bien drôle. Mais comme j’étais en jupe et en sandales dans le sable, et vu mes talents sportifs, disons que je n’étais pas un gros avantage pour mon équipe ! Les enfants, eux, jouent pieds nus et sont très bon ! Mais bon… pour moi, courir, pousser un ballon avec mon pied, dans le sable, et viser… voilà. Disons que la coordination n’est pas vraiment ma force !

Je suis ensuite rentrée pour aller préparer le repas avec Fatou. J’ai coupé les oignons (et un petit bout de mon pouce en même temps), pilé le poivre, préparé la sauce… et ai observé comment ici on prépare l’omelette. J’ai pu beaucoup discuter avec Fatou, ça a été bien agréable. Nous sommes ensuite sorties pendant que ça cuisait et au même moment sont arrivées des élèves pour que je les aide en mathématiques, en anglais et en français.

On s’est couché plutôt tôt compte tenu que tout le monde semblait avoir sa semaine dans le corps et que j’ai cours demain à 8h pour ma part. J’ai affronté ma crainte nocturne des latrines et me suis ensuite vite endormie au son des ânes qui devaient avoir faim ou soif…

Samedi 29 mai 2010, jour 30 :

Réveil tardif ce matin. Hier soir, j’avais programmé mon alarme de montre pour me réveiller ce matin sans vérifier si je l’avais bel et bien mise pour aujourd’hui. Finalement, je l’avais programmée uniquement pour les jours de la semaine et comme aujourd’hui on est samedi… voilà. Bref, je me suis levée un peu en retard, à 7h05 alors que mon premier cours était à 8h. J’ai donc tout fait rapidement. Mais malgré cela, une bonne partie de la journée, j’ai eu l’impression que les minutes passaient très lentement.

J’ai donc englouti mon pain et mon lait chaud et suis sortie pour me rendre au CEM. Fanny est venue me rejoindre en chemin. Tout le monde semblait fonctionner au ralenti ce matin. Même monsieur Sene est arrivé un peu en retard, l’ai fatigué. Nous nous sommes dirigés vers le cours de physique électrique, l’air un peu fatigué.

Le cours de physique m’a semblé plutôt long. Il faut dire que la correction d’exercices en physique un samedi matin… Pas facile pour moi de me concentrer. Surtout que ce matin, il faisait déjà plutôt chaud. Il faut dire aussi qu’il n’y avait presque pas de vent. Je transpirais déjà pas mal au déjeuner.  Pas trop grave, cela fait déjà plus de deux semaines que je bois environ deux litres d’eau par jour. Je me sens un peu dromadaire, sauf que c’est mon bide qui gonfle, pas une bosse dans mon dos.

Pendant la pause (raccourcie puisque le cours de physique s’est poursuivi jusqu’à 10h10), j’ai voulu aller m’acheter un beignet, mais la dame qui les vent n’était pas là. J’ai donc bu quelques gorgées d’eau en me rappelant que ma baguette était bien grosse ce matin. J’ai un peu discuté avec Fanny avant qu’elle ne retourne en cours et nous avons décidé de passer par chez Marie-Eve à Pambal avant de rentrer pour voir si elle se porte mieux. J’espère bien car hier, elle était loin d’être à son meilleur.

J’ai ensuite été surveiller seule l’examen que nous avions finalisé hier monsieur Sene et moi. Nous avons ensemble convenu que tout élève pris à tricher pendant l’examen recevait automatiquement zéro. Difficile à surveiller par contre. Non seulement ils sont beaucoup, mais en plus, comme tout le monde n’a pas tout le matériel requis, ils doivent se l’échanger pendant l’examen. J’étais donc un peu perdu, comme lors du dernier examen de physique que j’avais à surveiller… Je n’ai donc pas vraiment aimé ma période, sauf quand un gros lézard est arrivé sur le seuil de la porte pour y manger les fourmis qui sortaient de la classe. J’ai pris des élèves à tricher, je n’aime pas ça ! Je ne suis pas à l’aise de sanctionner ici, je ne suis pas tant au fait de comment ça se passe, et surtout de ce qui est toléré et de ce qui ne l’est pas.

Après l’examen, Fanny et moi nous sommes rendues chez Marie-Eve et nous y avons appris deux bonnes nouvelles : 1) Elle allait beaucoup mieux ! 2) Mon plan B d’appareil photo va fonctionner ! Mathieu va me prêter ma caméra et c’est Natacha, une de mes amies dans le même programme que moi à l’université qui arrive au Sénégal la semaine prochaine qui va me l’apporter ! Youppi ! Nous sommes restées un peu à lui parler de nos supervisions et de nos plans pour la fin de semaine. Pour célébrer ces bonnes nouvelles, nous nous sommes acheté des Biskrem. Nous avons ensuite refait route vers Bapate. Une fois à la maison, je me suis assise un peu pour me reposer et écrire. Ce fut ensuite le moment du repas, je n’ai pas beaucoup mangé puisqu’il faisait très chaud. Je suis ensuite allée me laver les mains et suis retournée écrire en faisant promettre à Josephina de me dire quand viendrait le moment de laver la vaisselle. Morale : ne pas s’y fier ! La famille d’accueil sénégalaise veut à tout prix éviter que l’ « invité » participe aux tâches ménagères. Je leur ai dit que comme ils me disent sans cesse que je fais partie de la famille, je dois moi aussi participer aux tâches à titre de membre de la famille. C’est donc au son que j’ai deviné que Josephina avait commencé sans moi. J’ai donc été la rejoindre et nous avons encore une fois été très rapides. J’ai ensuite été me laver avant de repartir pour le CEM où je devais donner le renforcement. Mais dès que je suis arrivée, j’ai eu une grosse baisse d’énergie, je ne saurais dire pourquoi. C’est peut-être le stress qui venait de tomber tout d’un coup. Ou peut-être que mon corps me permet enfin d’être fatiguée ?

Le renforcement s’est plutôt bien passé, mais comme le devoir s’est terminé très rapidement ce matin, je n’ai pas pensé dire aux élèves que je serais disponible ce soir comme d’habitude. Résultat : il y avait 3 élèves. Une s’est rajoutée à la fin et une dernière est arrivée alors qu’on venait de terminer… je me suis pas mal sentie inutile, elles savaient plus que moi comment résoudre les problèmes ! Et surtout qu’à la fin, ça parlait de tangente et de sinus… Mais bon, j’étais aussi très fatiguée. Comme il y a eu si peu d’élèves, on s’est arrêtés à 17h comme prévu. Je suis ensuite retournée dans la salle du personnel pour attendre monsieur Sene qui devait venir me prêter son « Bic » rouge pour faire la correction des copies d’examen (parce qu’ici, on ne corrige qu’en rouge !). Mais comme il n’arrivait pas, que Fanny avait terminé son travail et que j’étais fatiguée, je suis rentrée avec elle.

En arrivant, j’ai dit à ma dée que j’étais fatiguée et que j’allais m’étendre un peu, surtout que le traditionnel mbilim du samedi devait avoir lieu dans notre concession ce soir… donc impossible de se coucher tôt ! Cependant, je n’ai pas vraiment été capable de me reposer, car mes deux petits frères avaient déjà très hâte au mbilim de ce soir et pratiquaient danse, chants… et percussion ! Mais bon, ça aura tout de même permis de relaxer même si je n’ai pas dormi.

Vers les 19h, je suis sortie de ma chambre pour aller m’asseoir dehors avec ma famille. J’ai joué au bonhomme pendu avec Josephina, Simone, Chantal et Gérard pendant que j’enfilais mes chaussures (les moustiques semblant bien aimer mes orteils) et que je mettais du Watkins. On était mieux ce soir, l’humidité semblait de plus en plus tomber. Car depuis les derniers jours, le taux d’humidité semble augmenter graduellement. Il faut dire qu’il reste peu de temps avant la saison des pluies. Peu de temps après sont arrivées Ouraye, Amy, Ngoné et Ndoumbé, les sœurs et cousines de Fanny, pour que je les aide en mathématiques.

Puis ce fut le moment du repas. On a mangé du lapin ! Et c’était un gros lapin ! Mais ici, on ne les élève pas semble-t-il. On les chasse ! Donc, du lapin sauvage. C’était vraiment très bon ! J’ai partagé le repas avec Fatou, mon bo et Maurice qui était rentré de Tivaouane car il était malade. Après le repas, j’ai aidé encore les filles en mathématiques et lorsque ce fut fini, mon bo nous a invité Rémi et moi à l’accompagner à la boutique pour y acheter une bougie et des allumettes. J’étais bien heureuse d’avoir mes chaussures puisque nous avons vu quelques serpents ou couleuvres. Ils allaient trop vite et il faisait trop sombre pour qu’on puisse vraiment faire la différence.

A la boutique de Pandienou, il y avait une télévision ouverte à un poste où l’on diffusait un match de lutte sénégalaise, le sport national. C’était très chouette pour ce que j’en ai vu, j’aimerais beaucoup assister à un match avant mon départ. Rémi et mon bo m’ont offert chacun une menthe et nous sommes retournés à la maison où le mbilim avait déjà commencé. Il y avait beaucoup de gens ce soir ! En plus de la famille de Fanny et de la mienne, il y avait aussi une partie des familles des trois autres toubabs, dont les deux qui sont arrivées à Bapate hier. Nous avons tous un peu dansé, sauf Fanny qui s’est vraiment donnée à fond ! C’était fort agréable et les enfants semblaient plutôt fiers que j’aie réussi à retenir quelques chansons sérères. A défaut de savoir danser… Bref ce fut une soirée bien agréable !

A la fin du mbilim (qui s’est terminé vers minuit), j’ai été aux latrines et j’ai pu faire ce que j’avais à faire sous l’œil « bienveillant » d’un beau spécimen de coquerelle long d’environ 8 cm. Ma cousine ayant perçu mon hésitation à entrer dans les latrines, elle m’a proposé de tuer le « monstre ». Mais j’en ai eu un peu pitié et ai dit à Simone que ce n’était pas nécessaire. Je me suis dit que puisque je l’avais sauvée, la coquerelle n’aurait pas le culot de me grimper dessus… J’avais raison, elle en a simplement profité pour grignoter quelque chose de collé sur le côté de ma chaussure. J’aurai bientôt une belle relation avec les coquerelles !

Dimanche 30 mai 2010, jour 31 :

Déjà un mois d’écoulé depuis le départ ! Le temps passe parfois plus vite que ce à quoi on s’attend. Le temps est vraiment une notion abstraite.

La nuit fut courte et bruyante. J’ai beaucoup rêvé encore une fois. J’ai souvent très hâte d’avoir enfin un sommeil sans rêve, un vrai sommeil reposant ! Je me suis levée peu après 7h et ai été déjeuner. J’ai ensuite un peu écrit avant de m’habiller pour partir à Tivaouane. Car c’était aujourd’hui que Fanny et moi allions acheter nos tissus pour faire nos habits sénégalais ! J’ai été faire la vaisselle en partie, mais Fanny est arrivée en disant que sa dée, qui venait nous accompagner, s’impatientait un peu et que nous devions partir vite. J’ai donc été avertir Fatou qui devait aussi venir avec nous et préparer mon sac. Ce fut fait rapidement et nous sommes ensuite parties toutes les trois rejoindre dée Etmée, la dée de Fanny. Nous nous sommes assises sur le banc adjacent à la boutique de Victor située sur le bord de la route en attendant le passage d’une voiture ou d’un taxi-brousse.

Un taxi-brousse est finalement passé après quelques minutes d’attente et nous nous sommes vites retrouvées entassées sur le banc du milieu, les fesses dans les genoux des gens derrière, dont un des enseignants du CEM. On dirait qu’une telle proximité devient plus gênante quand on connaît les gens… Nous sommes arrivées à Tivaouane après quelques arrêts, au même poste de taxi-brousse que lorsque Emile et moi étions repartis pour Pambal la dernière fois. Nous avons marché un peu et avons un peu discuté avec un des amis de mon bo. Nous avons ensuite poursuivi notre route pour nous rendre dans les boutiques de tissus. Avant d’entrer dans la première, j’ai entendu ce que je croyais être des cris d’oiseaux dans les branches d’arbre au-dessus. En levant la tête, j’ai cependant pu constater que c’était un groupe de chauves-souris géantes ! Elles dorment toutes collées les unes sur les autres, suspendues, la tête en bas et se chicanent lorsque l’une d’entre elles se met à bouger. D’où le bruit. Elles sont trop belles ! Je regrettais vraiment à ce moment que mon appareil photo ne fonctionne pas et que Fanny n’ait pas apporté le sien…

Nous avons visité quelques magasins avant de trouver nos tissus. Comme nous n’avions pas énormément de temps, nous avons choisi le premier qui nous plaisait plus que les autres. Mais c’était si difficile ! Tout est si beau et coloré ! Ah ! Si je savais coudre, j’aurais sans aucun doute acheté beaucoup de tissus ici, surtout vu le prix : pour 6 mètres d’un bon tissu, on paie 3 000 F CFA, soit un peu plus de 7 dollars. J’essaierai peut-être d’apprendre à coudre à mon retour, ce qui fait que si je reviens un jour, j’achèterai plein de beaux tissus ! Celui que j’ai choisi est principalement bleu et coquille d’œuf avec un peu de bourgogne ou rouille dedans. J’ai bien hâte de voir ce que cela donnera comme habit ! Mais d’abord, aller le porter chez le tailleur et choisir un modèle, ce qui ne sera pas chose facile…

Après avoir acheté nos tissus, nous avons fait route vers le cyber (le même que la dernière fois), sauf dée Etmée qui en a profité pour faire quelques courses. Après avoir finalisé mon inscription à l’université (enfin !) et pris mes courriels, j’ai pu montrer à Fatou les photos satellites de Pambal disponibles sur Google Maps. On a pu voir la concession où on habite ! C’était chouette et je crois que Fatou a aimé !

Nous sommes ensuite allées retrouver dée Etmée et avons réservé nos places dans le prochain taxi-brousse afin de pouvoir aller rendre visite à mon frère Boniface au foyer. Nous n’avons pu rester longtemps, ayant marché sous un soleil de plomb pour s’y rendre, mais surtotu parce que le taxi-brousse est arrivé peu après nous. Nous avons tout de même eu le temps de saluer Boniface et très brièvement le « gazou » de Fatou. Ici, un chum s’appelle un gazou et une blonde s’appelle une gazelle… hihi !

Fanny et moi avons pris place à l’avant du pick-up, dans la cabine avec le chauffeur. Mais toutes deux étions d’avis que malgré le grand nombre de personnes, c’est plus agréable d’être à l’arrière (nous étions 19 à l’aller…). D’abord, parce qu’il y a plus de vent, mais aussi parce qu’on ne voit pas les piétons et les voitures que frôlent le taxi-brousse et parce que la vitre de la fenêtre ne vous tombe pas sur la tête après un bon nid-de-poule ! Toute une aventure… Ici, le ruban adhésif gris (aka duck-tape ?) ferait fureur ! Il faut avoir foi en Dieu… et en la broche qui tient ensemble presque la totalité des pièces de la voiture.

Une fois arrivées à la maison, j’ai montré à ma dée les bananes et le tissu que j’avais achetés. Elle semblait très contente. Nous avons ensuite pris le repas et j’ai bien mangé, même si c’était un peu plus tôt qu’à l’habitude.

Note à maman : tu seras contente d’apprendre que je me suis décidée à me mettre au lait 1% à mon retour. Je vais profiter du fait de ne pas avoir pris de produits laitiers pendant 3 mois et d’avoir un peu oublié ce que ça goûte…

Après le repas, nous avons pris les bananes que j’avais rapportées de Tivaouane. Après avoir fait la vaisselle, j’ai écrit et travaillé à la correction de l’examen, mais comme il faisait très chaud et que j’entendais le vent dehors, j’ai quitté ma chambre pour aller  rejoindre ma famille dehors. J’ai pu avancer, mais pas tout terminer

Lorsque j’ai décidé d’arrêter de travailler (vers 17h) et que Fatou eut terminé de tresser ma dée, nous sommes parties avec Josephina rejoindre Fanny pour aller porter le tissu chez le tailleur. Mais comme elle était toujours en train de se faire tresser, nous avons attendu quelque peu et j’en ai profité pour lui emprunter son appareil photo pour profiter de l’éclairage qui était très beau. J’ai pu prendre de belles photos des sœurs et cousines de Fanny ainsi que des miennes. Les filles et les femmes ici sont tellement belles !

Lorsque Fanny fut tressée, après un petit émoi causé par un tout petit caméléon, nous sommes parties chez le tailleur, mais c’était un peu gênant puisque tout le monde de la concession de Fanny nous a suivies ou presque… Mais comme le tailleur était fermé, nous avons plutôt décidé d’aller aux champs. Nous nous sommes arrêtés à côté d’une petite plantation de palmiers « rogniers » pour y prendre quelques photos. Nous avons fait de même en apercevant le coucher du soleil. Nous sommes ensuite rentrées et Maxime « Koumba », une des nouvelles stagiaires est venue dans notre concession pour qu’on puisse bavarder un peu. En discutant, Rémi et Martin sont arrivés et ont dit avoir quelque chose à nous montrer : ils venaient de chasser un écureuil et m’ont mis leur prise dans les mains avant que je puisse réaliser ce qu’ils venaient de dire. C’était encore chaud… c’était bizarre ! Je crois que c’était vraiment un écureuil même s’il ne ressemblait pas vraiment à un écureuil québécois.  Ici, les gens donnent souvent le même nom à plusieurs animaux. Ainsi, un lapin peut autant être un vrai lapin, un lièvre, une mangouste ou une souris ! Mais ce n’était définitivement pas une souris (elle aurait été trop petite), ni une mangouste (elle aurait eu une dentition de carnivore) ou un lapin (ses oreilles n’auraient pas été assez longues). Je crois que c’était véritablement un écureuil… même s’il avait la queue rayée et un peu moins touffue que nos écureuils. Nul besoin de demander pourquoi ils l’avaient chassé. Ici, tout est utilisé… et mangé ! J’ai donc pu goûter de l’écureuil sénégalais rôti à la broche. Désolée Dré, il fallait bien que je goûte… :P Et c’était plutôt bon !

Cette petite entrée m’ayant ouvert l’appétit, j’étais toute prête à manger le repas du soir : petits pois (plus gros et spiralés), pommes de terre et poisson. On m’a dit que je devais encore parfaire ma technique pour manger avec la main… Il faut dire que pour de tels aliments, c’est moins facile ! Il me reste encore quelque temps pour y arriver.

Je souhaitais me coucher tôt ce soir, mais nous sommes passées Fatou et moi chez Fanny pour savoir si on irait chez le tailleur ce soir. On a finalement décidé d’attendre à demain vu l’heure tardive. J’ai donc été parler un peu avec Fanny dans sa case et nous sommes ensuite rentrées. Comme tout le monde était couché dans ma concession, j’ai décidé d’en faire autant.

Lundi 31 mai 2010, jour 32 :

Cette nuit a été plutôt agitée, j’ai fait quelques cauchemars qui m’ont gardé éveillée une bonne partie de la nuit… Ce matin, après le déjeuner, j’ai fait le lavage. Ce fut agréable cette fois, ma dée s’était installée à côté de moi pour préparer le « yawoï », le poisson séché. Nous avons pu parler plutôt longtemps, malgré le fait que nous avions parfois du mal à nous comprendre. Mais c’était drôle. Et à un moment, alors que je lavais mes chaussettes, j’ai réussi à faire le bruit typique que fait une Sénégalaise qui lave les habits. Ma dée était toute fière de moi ! J Cependant, je devrai à l’avenir me rappeler que lorsque l’on n’a jamais lavé un foulard de viscose, il y a de bonnes chances qu’il déteigne dans l’eau et que celle-ci se retrouve toute rose… J’ai dû changer mon eau. Pas très écologique surtout vu les mesures d’économie d’eau ici.

Je me suis ensuite préparée à partir au CEM pour y travailler. Je croyais que monsieur Sene avait rajouté un cours de mathématiques à 10h, mais il s’est avéré que j’avais mal compris et que c’était plutôt à 8h… oups. Il n’était pas fâché puisque samedi dernier lors du renforcement, il n’avait pu se déplacer et n’avait pu me confirmer l’heure du cours. J’ai donc profité des deux heures suivantes pour effectuer de petits travaux à l’ordinateur pour des enseignants du CEM. Lorsque ce fut fait, j’ai attendu Fanny et nous sommes allées chez le tailleur à Pandienou. Nous y avons apporté nos tissus et choisi les modèles de nos habits. Mais comme le patron n’était pas là, on nous a dit de revenir ce soir pour avoir le prix. J’ai très hâte de voir ce que ça va donner ! Pour ma part, j’ai choisi un haut plutôt simple avec des manches courtes et un « pagne-jupe ».

Une fois revenue à la maison, j’ai travaillé un peu avant le repas. Pendant le repas, ma dée a allumé un petit radio. Première chanson entendue : chanson duo de Céline Dion avec un autre chanteur que je ne reconnaissais pas. Deuxième chanson entendue : Hit Me Baby One More Time de Britney Spears… Petit choc ! J’ai eu une grosse pensée pour Cass à ce moment!

Après le repas, je suis retournée travaille un peu avant de faire la vaisselle et ramasser mon linge que j’avais mis à sécher. Petite parenthèse pratique pour toute personne comptant faire la lessive dans un village sénégalais : s’assurer de BIEN suspendre le linge avec l’épingle. C’est très frustrant d’avoir à relaver un pantalon encore mouillé qui vient de tomber dans le sable.

J’ai ensuite refait route vers le CEM, mais seule puisque Fanny restait chez elle pour corriger son imposante pile de copies d’examen. Au lieu d’assister au cours de PC ( physique-chimie), monsieur Sene m’a proposé de rester à l’ordinateur pour faire la mise en page une série d’exercices de maths portant sur le repérage, ce que j’ai fait. Pendant ce temps, monsieur André (dont je squattais encore le bureau et l’ordinateur !) faisait jouer un Best Of de Phil Collins. Décidément aujourd’hui, j’ai entendu des choses que je n’aurais pas cru écouter ici… A quand Les Colocs ou Radiohead ?

Monsieur Sene semblait très satisfait du résultat, et encore plus du fait que j’ai réussi à imprimer le document en recto/verso. Comme ce matin il avait enfin pu me donner son « bic » rouge, j’ai ensuite pu aller rejoindre Fanny pour commencer la correction officielle de l’examen de maths de samedi dernier. Mais lorsque je suis arrivée, elle avait plutôt besoin d’une pause. Nous sommes donc retournées chez le tailleur pour se faire fixer un prix. Le patron était très gentil et nous a fait un prix sénégalais, pas un prix de toubab ! Ça nous  coûtera 3 000 F CFA chaque pour faire coudre notre habit, donc 7,50 $ CAN.  Donc mon habit m’aura coûté au total 15$ et il me restera encore 2 mètres de tissu que je rapporterai pour faire je ne sais quoi encore. Et ce qui est très impressionnant, c’est que cela doit être prêt pour demain, inch Allah !

Au retour, nous nous sommes remises au travail et j’ai emprunté le chasse moustiques de Fanny, car je me faisais pas mal piquer. Fatou est arrivée un peu plus tard pour me dire que le bijoutier était là et qu’il avait mon bracelet ! Nous sommes donc parties à notre concession Fatou et moi, accompagnées de Fanny qui voulait voir les bagues qu’il faisait. Je suis contente de mon bracelet, ça me fera un très beau souvenir ! N’ayant pas de place pour écrire tout mon nom sérère, il a simplement écrit « Fatou T ». Ma famille aussi semblait très contente, ils disent que je serai fin prête pour la fête de dimanche où l’on doit célébrer la première communion et la confirmation de tous les jeunes de l’arrondissement de Pambal. La messe sera sans doute très longue puisqu’en temps normal, elle dure déjà deux heures… Bref, il ne manque que mon habit qui sera probablement prêt demain !

Je suis ensuite retournée chez Fanny pour travailler, au grand désarroi de mes frères et sœurs. Je travaille beaucoup plus depuis quelques jours et je peux moins passer de temps avec eux… mais comme il y a beaucoup d’examens et de tests formatifs en prévision de la fin de l’année, je ne peux vraiment faire autrement que suivre le rythme des enseignants du CEM et mettre moi aussi la main à la pâte. J’ai donc corrigé des copies d’examen chez Fanny jusqu’à ce qu’il fasse trop sombre pour voir. Puis, je suis rentrée. Mais lorsque je suis arrivée, Ngoné, Amy et Ouraye étaient déjà là pour que je les aide.  Ce soir, j’en avais un peu moins envie je dois avouer compte tenu du fait que je n’ai eu aucun temps pour moi/ma famille, mais je les ai malgré tout aidées pendant que je préparais mon eau éclairée par ma frontale. Et ça en a valu la peine, ce n’était pas très long, mais surtout elles étaient très contentes à la fin.

Ce fut ensuite le moment du repas. Ce soir, tout le monde a mangé dans le même plat comparativement à normalement où on mange dans deux plats différents. On a mangé le riz avec les haricots et le poisson séché (« yawoï »). Josephina m’a ensuite montré la poupée que Fatou lui a fabriqué ave des morceaux de bois et des retailles de tissu. Elle m’a dit qu’elle venait de l’appeler Anne-Marie. J J’ai ensuite bavardé un peu avec ma famille et j’ai ensuite été me coucher, la journée avait été longue et bien remplie, comme celle de demain le sera tout autant.

Mardi 1er juin 2010, jour 33 :

Je me suis levée plutôt tôt et pendant que mon eau chauffait, j’ai été chercher mon pain avec Josephina. Comme je fonctionnais un peu au ralenti, j’ai dû partir tout de suite après avoir terminé mon repas et m’être habillée. J’ai fait route avec Fatou, Gérard et Fanny. On a parlé du fait qu’on trouve ça un peu difficile d’avoir moins de temps pour notre famille. Avec tout le tas de copies à corriger en plus des cours une bonne partie de la journée (quand ce n’est pas toute la journée !), difficile d’avoir du temps pour sa famille et pour soi…

Parlant de correction, c’est exactement ce que j’ai fait pendant les deux heures précédant le cours de chimie à 10h. Monsieur Sene est arrivé à 9h30 et m’a expliqué quelques trucs par rapport à la correction et aux notions à venir. A la pause, monsieur Sow est arrivé avec des beignets ! Yé ! Nous avons bavardé avant de retourner en classe. Sujet du cours d’aujourd’hui : les hydrocarbures. Terminée la physique électrique… zut ! Et dire que c’était l’une des seules matières que je maîtrisais un tantinet…

Après le cours, je suis allée aider monsieur Ndiaye à préparer un document d’examen de mathématiques à l’ordinateur pour pouvoir l’imprimer cet après-midi. En faisant route vers la maison, il m’a fait du bien de sentir le vent qui a conservé un peu de sa fraîcheur malgré le soleil écrasant de midi. Une fois arrivée, petit Abraham de 3 ans était tout content de me voir. Il est venu s’asseoir près de moi pendant que je travaillais à l’ombre. Il est si drôle ! Il répète tout ce que je lui dis en français et dès que je prononce quelques mots sérères, il commence à me faire la conversation dans cette langue, croyant probablement que je comprends… hihihi ! Il est trop mignon !

Cet après midi, je suis retournée au CEM pour corriger. J’ai terminé la moitié ! Lorsque Fanny a eu terminé son cours, nous nous sommes dirigées chez moi pour que je prenne mon portefeuille pour aller chez le tailleur. Une fois arrivées, nous avons pu constater que nos habits n’étaient pas terminés. De toute façon, ce n’était pas pressant, c’est pour dimanche ! Donc nous avons dit que nous repasserions demain en soirée, au retour de Thiès. Une fois de retour à la maison pour de bon, nous avons pris le repas après que j’aie disputé un match de lutte avec mes frères et sœurs et cousins cousines. C’était très drôle !

Mercredi 2 juin 2010, jour 34 :

Départ pour Thiès ce matin, j’ai donc été m’assurer que Fanny était réveillée avant de terminer mes préparatifs. Comme presque tout était prêt la veille, il ne me restait qu’à m’habiller et déjeuner. Fanny est venue me rejoindre et nous sommes parties sur le bord de la route pour attendre le bus. Mon bo est venu nous rejoindre, car il allait aussi prendre le bus pour descendre à Koudiadiène là où il travaille. Sa mobylette a besoin d’être réparée depuis environ une semaine…

Le bus est arrivé à l’heure ou à peu près. Même si Fanny et moi étions à l’ « arrêt » plus tôt que d’habitude, j’ai eu peur à un moment qu’il soit déjà passé, car nous étions seules jusqu’à l’arrivée de mon bo. Nous avons pris place près d’une fenêtre (yé !) et avons retrouvé Marie-Eve et Laurie. Au deuxième arrêt, à Dougnane, j’ai entendu une voix avec un accent québécois. Je me suis retournée et j’ai eu une très agréable surprise : Jacinthe Leblanc, une amie de Regina que je n’avais pas vue depuis la fin du secondaire, venait de prendre place dans le bus ! Elle aussi fait un stage avec Mer et Monde ! Wow… j’étais vraiment très surprise et je ris en y repensant. La génétique y est sûrement pour quelque chose ! C’est le genre d’histoire qui ne peut arriver qu’à mon père ! Très cocasse de retrouver une amie du secondaire sur une route de terre entre deux villages creux du Sénégal !

Jacinthe et moi avons discuté ensemble pendant presque tout le trajet. Arrivées à Thiès, j’ai été déjeuner (encore) avec Erika, Stéphanie et Fanny au même resto que la dernière fois. J’ai encore pris une jus d’orange pressé… petite joie ! Nous nous sommes ensuite rendues au cyber d’en face. Le premier code qu’on nous a remis pour nous inscrire sur l’ordinateur ne fonctionnant pas, la dame TRES relaxe a dû nous en redonner un autre et l’entrer pour nous sur l’ordinateur. Ça a pris pas mal de temps, car ici, les gens ayant le doigté sont plutôt rares… et les codes d’entrée au cyber plutôt longs !

Une fois l’heure passée, nous sommes sorties prendre un taxi vers le camp militaire Enoa, où avait encore une fois lieu notre journée de rencontre entre stagiaires. Ce fut rapide (négocier le prix et le trajet) et nous avons pu vite nous retrouver en compagnie de nos ami(e)s des autres villages. Ça aussi (surtout ça !) a fait du bien ! C’était bon de se revoir et de voir que tout le monde allait plutôt bien !

Avant de passer à l’activité d’échange, nous avons pu discuter ensemble entre nous et nous raconter nos semaines respectives. L’activité de ce matin consistait à parler d’un moment fort vécu jusqu’à présent pour nous aider à passer au travers des moments plus difficiles. Ça a donné beaucoup de fous rires et d’émotions ! Après avoir terminé l’activité (et mangé plusieurs beignets), nous avons été manger : sandwichs et légumes frais ! Ensuite, ce fut le moment de la piscine, moment fort agréable encore une fois, même s’il faisait moins chaud que lors de notre dernière rencontre. Nous avons pu bavarder en barbotant et en relaxant (en ne transpirant pas !). Ce fut encore plus apprécié compte tenu que nous sommes présentement dans la folie des examens formatifs et sommatifs (comprendre aussi correction…) au CEM.

Nous avons quitté la piscine en fin d’après-midi pour nous rendre à l’épicerie acheter quelques trucs. Nous nous sommes ensuite rendues à Caritas pour attendre le bus pour Pambal. Mais le chauffeur de taxi semblait lui aussi ignorer le chemin. Alons, on lui a expliqué que c’était en face de la cathédrale Ste-Anne et nous avons pu arriver à on port sans se perdre autant que la dernière fois… Petite crainte cependant lorsque nous avons vu que personne d’autre attendait le bus à notre arrivée. Nous avons donc demandé à un jeune homme qui nous a dit qu’il ne passerait que dans plus de trente minutes. Bien ! Cela nous a permis de découvrir que juste à côté de Caritas, il y a une épicerie avec beaucoup plus de choix que celle où nous avions été avant ! Et comme c’est à côté, cela nous évitera à l’avenir d’avoir à arrêter en chemin, de reprendre un autre taxi, de renégocier et de repayer ! Car il faut savoir que n’importe quelle course en taxi à l’intérieur de Thiès, peu importe le kilométrage et sa durée coûte 500 F CFA. Mais comme nous sommes toubabs, on essaie souvent de nous faire payer beaucoup plus cher…

Lorsque le bus est arrivé, j’ai pu m’asseoir presque en avant ! yé ! J’ai donc pu photographier le bus pour appuyer ma description de la semaine dernière… j’ai bien hâte de vous montrer ! Le trajet de retour s’est bien passé. J’ai été porter mon sac à la maison avant d’aller rejoindre Fanny pour aller chercher nos habits chez le tailleur. Hihi ! on était tout excitées ! Ils sont très beaux ! Et comme on les avait enfilés chez le tailleur (il a un peu insisté), disons que notre entrée dans la concession (très grande soit dit en passant en taille et en nombre de gens qui y logent) a été TRES remarquée. Ses sœurs, tantes et cousines nous entouraient et nous complimentaient sur nos « jolies formes »… une chance qu’elles étaient des filles ; parce que je me suis fait regarder et toucher de près ! Elles semblaient aussi bien impressionnées par nos « djaïfonnedés », alias nos grosses fesses ! C’est vrai que comparées aux leurs… Ouf ! Les critères de beauté sont effectivement bien différents du Québec au Sénégal. Ce que je trouve de plus en plus paradoxal ! Ici, les femmes veulent être plus rondes et se blanchissent la peau au détriment de leur santé. Alors qu’au Québec, on veut être plus minces et se faire bronzer (au détriment de notre santé aussi !) Comme quoi la pelouse est toujours plus verte chez le voisin… Si une Sénégalaise comme celles que je vois ici débarquait au Québec, elle serait trop canon ! Elles sont si belles ! Grandes et minces, avec une peau superbe. D’ailleurs, je suis surprise souvent d’apprendre l’âge des femmes ici… ma dée a 40 ans et pas une ride ! Sa peau est presque plus belle que la mienne… C’est fou comment ils vieillissent bien !

Une fois arrivées dans ma concession, nous avons eu l’approbation de ma dée et du reste de ma famille. Tout le monde semble bien content et moi aussi !

J’ai ensuite été me changer et ai été préparer mon eau. Nous avons ensuite pris le repas sous un ciel inondé d’étoiles. Le ciel est si beau ici ! Après le repas, j’ai pris mes médicaments et j’ai constaté que les fourmis recommençaient à monter sur ma table. J’ai donc refait les nœuds de la nappe en espérant que ça fonctionne… Je suis ensuite retournée dehors bavarder avec ma famille, mais pas très longtemps. Mon bo n’était pas dans son assiette, il s’est fait voler sa mobylette. C’est vraiment dommage, je ne sais pas comment il fera, car je ne crois pas qu’il ait les moyens de s’en racheter une autre…

Jeudi 3 juin 2010, jour 35 :

Encore une fois cette nuit, j’ai beaucoup rêvé ! Et eu une envie très pressante ce matin, mais pourtant il me semble que je n’ai pas tant bu d’eau avant de me coucher… Donc, dès que j’ai mis mon eau à chauffer (très rapidement il faut dire), j’ai dû faire un arrêt aux toilettes. J’ai ensuite été chercher mon pain avec Josephina (qui semblait au ralenti et marchait à environ 0,0005 km/h ! Zut ! moi qui commence tôt ce matin…). Je suis ensuite revenue prendre le petit-déjeuner tout en corrigeant quelques copies d’examen. Je me suis habillée et Fanny est venue me rejoindre pour qu’on fasse route ensemble.

J’ai assisté au cours de chimie des 4e que monsieur Sene avait rajouté car il trouvait que les élèves n’étaient pas assez avancés pour les examens qui auront lieu la semaine prochaine. A la pause, j’ai été m’acheter un beignet (pour entretenir mon « djaïfonnedé ») et ai été prendre Laurie et son groupe en photo pour elle. Monsieur Sene a trouvé l’idée géniale et m’a dit qu’on devait ABSOLUMENT faire de même pour tous nos groupes. J’ai accepté avec joie puisque j’avais un peu envie de prendre mes élèves en photo, mais j’étais un peu gênée demander si on pouvait le faire… ça me fera un beau souvenir de mes élèves, surtout de ceux que je ne vois qu’au CEM puisqu’ils n’habitent pas le même village ou arrondissement !

Je suis ensuite retournée à l’intérieur pour continuer la correction de l’examen. J’étais un peu découragée puisque ayant participé à sa conception, je le savais sans piège et à la portée des élèves. Cependant, plusieurs ont échoué et de beaucoup ! Ça me pousse à me remettre en question… Ai-je bien enseigné la matière, ai-je été trop vite ? Est-ce que mon accent est trop difficile à comprendre ? Est-ce que mes explications sont assez claires et variées ? Mais bon… les autres enseignants, quant à eux, trouvaient les notes plutôt bonnes et semblaient avoir de moins hautes attentes que les miennes. On verra ce qu’en dira monsieur Sene.

Je suis restée jusqu’à passé 13h pour corriger le plus possible. Une fois à la maison, j’ai pris le repas et ai discuté avec un ami de la famille à propos des arts et des choix de carrière. Lui aussi avait étudié en musique, mais avait choisi de garder ça comme loisir et de pratiquer le métier de soudeur. J’ai réalisé qu’il y a des choses qui ne changent pas d’un pays à l’autre ! Il m’a invitée à prendre le thé (chez ma famille et avec toute ma famille Dré !), mais j’ai dû refuser puisque c’était déjà bientôt l’heure de partir pour le CEM et que Josephina venait de me dire qu’on allait laver la vaisselle.

J’ai ensuite été rejoindre Fanny et nous nous sommes rendues au CEM en riant de nos déboires digestifs (je vous expliquerai au retour, je sais que tout le monde ne veut pas savoir ce genre de choses ! haha !). Pendant l’après-midi (appelé soir ici, l’après-midi n’existe pas !), j’ai pu travailler à l’ordinateur sur les prochains examens après avoir aidé monsieur André à entrer des résultats d’élèves à l’ordinateur. Lorsque Fanny est revenue de son cours, nous sommes allées à la boutique de Gogone (celle de Victor, en face de Bapate) pour nous y acheter de la motivation pour le deux heures de correction qui allait suivre : des Biskrem et des petits biscuits au lait ! Nous sommes ensuite revenues au CEM et j’ai pu terminer de corriger toutes les copies d’examen ! Yé ! Il ne me restera plus qu’à entrer les notes dans la grille sommaire demain. Reste que les résultats sont un peu décourageants de mon point de vue. Je m’attendais à un plus haut taux de réussite. Seuls vingt-et-un élèves ont obtenu au moins la note de passage (10/20) sur les soixante-quatre élèves de la classe. Bon, j’essaie de me répéter que c’est quand même une amélioration depuis le dernier examen que seulement six élèves n’avaient pas échoué… Mais reste que pour moi, c’est largement insuffisant. Il faudra que je prévoie de bons exercices adaptés pour les prochaines séances de renforcement.

Nous avons finalement quitté le CEM peu après 19 heures et nous étions un peu tristes d’avoir raté le match de foot qui était déjà terminé et d’arriver encore une fois si tard dans nos familles respectives. Comme chez nous, nous mangions le mohamsa, je n’ai pas vraiment pu aider à la préparation du repas encore une fois. Une élève de 3e est venue me poser des questions en maths et lorsque ce fut terminé, nous avons pris le repas avec Boniface qui venait d’arriver de Tivaouane. Il sera là jusqu’à lundi ! C’est chouette ! Et Maurice arrivera samedi pour ne pas rater la fête de dimanche. J’essaie d’ailleurs de ne pas trop penser à la longueur de la messe… ça va être si long ! Je suis mieux de bien déjeuner !

Après le repas, les enfants ont beaucoup dansé car Boniface avait allumé le radio à un poste de musique sérère. C’était très drôle ! Dès que la musique arrêtait, petit Alfred venait se coucher sur moi et se relevait à la hâte dès qu’elle reprenait. On a beaucoup ri. Avec mon autre petit frère, on comparait les mots en sérère, en français et en anglais et on essayait de traduire des phrases et ça donnait de drôles de résultats ! C’était fort agréable. Et on a aussi appris que bo Martin avait retrouvé aujourd’hui sa mobylette ! Bref, tout le monde était très heureux.

Ainsi s’est terminé mon premier mois à Bapate. Il y a maintenant 31 jours que je partage le quotidien de la famille Tine. Pour les 24 jours qu’il me reste ici, j’espère vivre autant de belles choses que lors de mon premier mois Et ça ne devrait pas être trop difficile. Et le mieux, c’est que je pourrai bientôt recommencer à immortaliser ces moments avec l’appareil photo de Mathieu ! Merci mille fois chéwi…

D’autres nouvelles dès que possible. La semaine prochaine sera un peu éclatée compte tenu des examens. Je crois cependant que je serai en mesure d’aller sur le net pendant la fin de semaine au maximum, inch allah. Gros bisous à tout le monde, je pense très souvent à vous !
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Comments

Papounet on

Bonjour ma grande !

Je me suis levé tôt, et comme à tous les matins, je vérifie si tu nous as envoyé un nouveau chapitre de ta chronique de voyage. J'étais surpris et content d'avoir de tes nouvelles deux fois en une semaine !

Tu sembles très productive dans tes corrections, et je pense que cela te servira dans ta vie professionnelle.

J'ai surtout hâte de voir les photos. Les couchers de soleils doivent être extraordinaires, et je suis curieux de te voir avec tes tresses et avec les vêtements que tu t'es fait faire.

Tes chroniques sont passionnantes, et je propose ta candidature pour remplacer un jour Bruno Blanchet. Tu as le don de trouver le petit détail pittoresque.

Continue à nous écrire souvent, et prends bien soin de toi.

Gros bisous,

Papounet

Moûman on

Bonjour !
J'ai été surprise moi aussi d'avoir de tes nouvelles deux fois dans la même semaine, surtout que je n'avais pas encore pris le temps de t'écrire. Tu m'as bien fait rire lorsque tu racontes que tu as récupéré ton papier de toilette dans le bureau du directeur. Finalement cela semble être fort utile. Je suis comme Marc, j'ai hâte de te voir en photo avec tes nouveaux habits et tes tresses. Tu devrais revenir à Montréal habillé de cette façon, on te trouvera ainsi plus facilement dans la foule. Eh bien, tu auras laissé ta marque puisque même une poupée porte ton nom. Lorsque tu as entendu une chanson de Céline Dion, je t'annonce qu'elle est enceinte de jumeaux, son petit René Charles va devoir partager l'attention de sa mère, pauvre petit. Au Québec, c'est la sécheresse totale, il ne pleut pas, il y a plusieurs feux de forêts surtout en Mauricie. Dans la nuit de dimanche à lundi nous avons été réveillé par une odeur de fumée qui s'est rendue jusqu'à Montréal pour te donner une idée de l'ampleur des feux cette année. Le puits de pétrole dans le golfe du Mexique coule toujours (accident survenu le 20 avril), BP a fait plusieurs tentatives pour colmater la fuite mais sans succès, c'est une des pires catastrophes écologiques jamais vu. La superficie de la nappe de pétrole est l'équivalent de la distance entre Montréal et Québec, tu imagines le désastre. Après ce bilan de catastrophes écologiques revenons à des choses plus joyeuses, Julie n'a toujours pas accouché. Lambert se fait attendre. Je donne des cours accéléré à ton père sur comment faire son lavage, comment faire ses repas etc.. c'est assez drôle, surtout qu'il organise un BBQ pour la fête de Catherine et invite le clan Desautels. Je pars mardi prochain pour la France, je penserai à toi durant ce voyage puisque géographiquement, je me rapproche de l'Afrique.

À la prochaine, gros bisous

Suzanne

Marie on

Quelle chronique. On croirait y être. Mais je te laisse les bibittes et les latrines.
Je suis sûre que tu es bonne dans ton enseignement et que tu vas laisser ta marque dans la famille. Qui sait, après la poupée, il y aura peut-être une vraie petite fille...
Ne t'inquiète pas pour ton père, s'il est trop mal pris, je peux lui offrir chambre et repas. Mais pas le lavage.
Après 3 mois sans lait, il faudra que tu recommences graduellement à en boire, car tu vas probablement avoir de la difficulté à le digérer.
Ici tout va bien. Julie est en vacances et en profites pour visiter le Mexique et ses amis. Elle a eu un aperçu des funérailles mexicaines pour le père d'un ami et Pavel et c'est toute une expérience. Elle est déjà sensible, alors elle a beaucoup pleuré (cela a duré une dizaine de jours).

à ma belle-soeur de la rive sud on

J'ai une question face aux commentaires que tu as ajouté dans le blog d'Anne-Marie. Qu'est-ce qui a duré 10 jours les funérailles ou les pleurs de Julie ?

Suzanne

Laurence on

Salut Anne-Marie!

Wow, il s'en ai passé des choses! Je ne pensais pas que tu aurais l'occasion d'écrire autant. Je me suis rattrappée aujourd'hui et j'ai tout lu d'une traite! Je suis heureuse que tu sois tombée sur une famille aussi aimante et acceuillante. Ta dé est un vrai ange gardien et se souci bien de ton transit. : ) En lisant, j'ai fait une liste de toutes les charmantes bestioles que tu as documentées et j'ai tout cherché sur google! (sauf les coquerelles freak...je laisse cours à mon imagination...) Mon coup de coeur à date est pour le petit tisserin ou le rollier d'abyssinie tout bleu.

De mon coté je suis présentement en visite chez mon pere. En s'en venant, on a fait un crochet par New York et devine ce qu'on est allé voir! The Lion King! Tu m'en avais tellement parlé et c'était tout aussi impressionnant que tu l'avais dit. J'ai pensé fort a toi quand j'ai vu l'énorme éléphant débarquer dans notre allée!

Profite à fond des moments que tu vis!!!
À bientot pour ta prochaine chronique,
Lau.

Laurence on

P.S. Par rapport à un précédent post, la fete officiele de St-Joseph est le 19 mars. Par contre j'ai trouvé un site qui dit que c'est le 1er mai?? St-Jospeh peut aussi etre associé à d'autres fetes comme la fete du travail.

vieillematante on

je suis d'accord avec ta mère: garde tes tresses et tes habits lors de ton retour. je veux te voir (et oui, je veux aller à l'aéroport moi aussi). on reçoit la famille pour les 11 ans de ta cousine Maude. Au fait, j'espère que tu auras le temps pour une nouvelles élève cet automne, mamz'elle veut se mettre au piano (avec tous les encouragements maternels). Il a plu quelques jours, ce qui a aidé. hormis les feux de forêt, on avait des problèmes de niveau d'eau à Bizard: un peu plus et on n'ouvrait pas, faute de zone de baignade. Z'ont brûlé le belvédère de Bizard, mais au moins, la forêt n'y a pas passé. J'ai hâte de lire le descriptif de la première communion (et de la messe). continue à profiter de ce coin. malgré tes corrections (et les cours de physique, j'avoue), je t'envie d'être là-bas. vivement les photos. xxx

mamaoui
mamaoui on

Bon j'ai un peu de temps, donc voilà quelques messages pour vous qui m'avez écrit!
Soeur : Le truc pour écrire tout ça ? Au CEM, ils ont un ordi et Fanny a une clé usb... alors voilà ! Quand j'ai fini le travail demandé, je peux écrire ma vie en Afrique ! En effet, un caméléon ça louche dans tous les sens ! Et les enfants en ont terriblement peur, pour une raison que j'ignore... mais la conception qu'on a des animaux ici est très différente ! AZERTY, c'est le clavier français, alors qu'au Québec, on a le QWERTY... Mathieu se fera sans doute une joie de t'expliquer. Mais bon, je m'y suis habituée, ce qui fait que je devrai me réhabituer au QWERTY en revenant... Pour ce qui est de la langue, je croyais que je parlerais wolof, mais ici, on parle le sérère lala. Donc, mon livre de wolof me servira pour le voyage ensuite ! En effet, dans le coin c'est pas mal sec. Pas une goutte de pluie depuis août dernier et il n'y en aura pas avant la fin juin et peut-être même juillet... Pour la forêt de Pout, je vais essayer haha ! moi aussi je l'ai bien ri ! Et sur photoshop, on pourra peut-être rajouté un « n » bien placé, juste pour faire capoter Atchoum... La photo de toi qu'il y a dans mon album, rassure-toi, c'est celle qui a inspiré ta peinture ! Donc c'est montrable non ? Oh et il y a celle de toi avec Fred en chandail de la Ville de Montréal haha ! Mais bon, vous êtes cutes dessus ! Les tresses n'aident pas vraiment à passer inaperçu... tous les enfants crient TOUBAB ! quand même... je suis contente de pas être une actrice connue, je serais pas capable ! Tu me diras si tu vois les clowns du Cap dans les pieds dans la marge ! Jsuis trop en manque de cette émission et je peux pas croire que c'était la dernière saison ET QUE JE LA MANQUE ! Argh... T'en fais pas pour l'accent, dès que je me retrouve avec des québécois, c'est parti ! C'est juste pour éviter que les Sénégalais croient que je leur parle anglais... ou flamand! Et pour Osheaga, c'est à reconfirmer, parce que c'est sûr que si Mathieu peut passer l a fin de semaine à Mtl au lieu de St-Jean, on peut un peu m'oublier !
Maman : Oui parfois je m'imagine sortir tout droit des Dieux sont tombés sur la tête... Et je pense souvent à toi pour les odeurs ! Haha ! Il y a bien des choses que tu ne voudrais ni sentir ni voir ! Mais on s'y habitue à la longue... Reste que le fait d'être en village m'épargne le pire côté odeurs, parce qu'en ville, lorsqu'il fait chaud, ça puuuuuuue ! Pas de problème pour laisser mon sac dehors... sinon je vais faire entrer une colonie de fourmis ! Surtout que Mélanie et moi, on s'enligne pour aller en Casamance après finalement. Parce qu'on s'est renseignées à Mer et Monde et on nous a dit que ça va bien si on y va en bateau et qu'on reste sur les routes principales là-bas. De toute façon, on n'y restera pas longtemps je crois. Je te redonne d'autres nouvelles là-dessus quand ça se concrétise. Contente de voir que tu te débrouilles et que tu te retrouves sur mon blogue ! Merci d'avoir envoyé l'adresse à Yakhara, je n'y avais pas pensé ! En effet le transport que Mer et Monde nous offrait se limitait à notre transport vers notre village. Pour le reste, on doit se débrouiller, mais ils nous aident là ! Et on est pas seules ! Pour prendre le bus vers Thiès, on est 4 stagiaires à Pambal/Bapate, et deux se rajoutent à Yendane et deux de plus à Dougnane ! Pas d'inquiétude à avoir ! Pour ce qui est de la caméra, j'ai bien essayé de souffler... j'ai failli hyper ventiler ! J'ai réessayé à plusieurs reprises, ainsi qu'un monsieur du coin calé en électronique. C'est d'ailleurs lui (et les responsables de Mer et Monde) qui m'a conseillé de la faire réparer au Canada vu qu'ici, on est surtout encore à l'argentique. Ne t'en fais pas, je suis hyper prudente sur l'eau et la bouffe ! D'ailleurs j'ai encore de la Pristine pour au moins 1 an ! Et pour la nourriture, ma dée est vraiment très aidante, elle ne met presque pas d'épices, fait des choses faciles à digérer... même que mon transit était très au ralenti les premières semaines !Il faut dire qu'à force de manger du riz à presque tous les repas... Pour ce qui est des élèves, en effet ils ont le respect et la discipline pas mal plus faciles qu'au Québec... mais c'est difficile de savoir s'ils ne comprennent pas et s'ils ont une opinion ! Mais bon, je pourrai t'expliquer au retour... En attendant de recevoir la caméra de Mathieu, j'emprunte parfois celle de Fanny avec ma carte mémoire dedans, par chance, elles sont compatibles ! Elle est très gentille de me la prêter comme ça, ce qui fait que j'ai pu prendre malgré tout quelques photos ! Surtout avec les cérémonies religieuses qui viennent, il ne faut pas rater ça ! Pour ce qui est de mon nom sénégalais, je ne crois pas qu'il ait une signification particulière, en fait, on m'a donné ce nom en l' « honneur » de ma tante de 15 ans qui s'appelle Fatou. On fait souvent ça ici, ce qui fait que quand les enfants crient un nom, 3 ou 4 personnes se retournent haha ! Bon si je me fie à mon billet d'avion, je serai à Montréal à 6h05 le 30 juillet au soir. A reconfirmer, vous feriez peut-être mieux d'aller voir sur le site de l'aéroport la journée même, il me semble que c'est très long comme vol, mais bon...
Yakhara : Je suis contente que tu aies pu lire quelques unes de mes entrées sur mon blogue ! Pour ce qui est de l'adaptation, il faut dire que mon passage dans le mouvement scout m'avait bien préparé aux toilettes et douches en plein air et un confort un peu plus rudimentaire... Mais je dois avouer que parfois, les commodités québécoises me manquent un peu ! J'ai suivi ton conseil pour ma dée et ça a plutôt bien fonctionné ! Maintenant, je peux faire les repas, aller chercher mon pain le matin et je fais ma lessive seule en plus de la vaisselle ! Je quitterai ma famille le 28 juin pour terminer officiellement mon stage le 30 après une journée à Gorée. Comme je serai dans les environs de Dakar à ce moment et juste avant mon départ pour le Maroc, je suis certaine qu'on pourra trouver un moment pour que je puisse passer te rendre visite. C'est un arrêt obligé pour moi, l'amie avec qui je voyagerai ensuite est bien avertie ! Hihihi ! J'ai bien noté ton numéro de téléphone et je t'appelle après mon stage, sans faute ! D'ici là, passe un beau mois de juin, il me fait plaisir de te lire !
Papa : Moi aussi je pense souvent à ma badge ours polaire... à presque 50 degrés de plus ! Hihi ! C'est promis, je suis et serai plus prudente que Bruno Blanchet ! J'ai hâte d'avoir des nouvelles de Julie et du petit Lambert ! J'espère qu'elle a accouché et que ça s'est bien passé ! Moi aussi je m'ennuie de mes instruments de musique... et de vous ! Peut-être bien que Black et Decker sont plus gros, ils s'ennuient peut-être ? J'espère qu'ils ne réessaient pas de sauter....
Marie : Hihihi ! en effet, le jaune n'est pas trop dans ma palette de couleurs... Et pour ce qui est de l'air climatisé, je crois que je vivrais bien sans à mon retour, puisque le soir ici la température tombe à un peu plus de 20°, mais on a froid... Tes poissons rouges ont-ils survécu à la neige ? J'espère bien ! C'est fait fort ces petites bêtes-là ! Les élèves se sont petit à petit habitués à moi, mais ne sont pas vraiment devenus turbulents. Ils commencent plutôt à comprendre mon accent et à rire de mes blagues haha ! Il faut vraiment utiliser un français international... parce que lorsqu'on parle « québécois » entre stagiaires, on nous demande si on parle anglais !
Belle famille: Merci pour les messages! Je pense souvent à tout le monde que j'aime au Québec, et vous me manquez énormément ! Je suis contente de voir que vous prenez bien soin de Mathieu... il me manque tellement ! Il m'a parlé aussi des travaux qui semblent aller bon train ! C'est super ! J'espère que tout ira comme vous voulez ! Et que vos préparatifs pour les Îles de la Madeleine vont bien ! D'ailleurs, ici, il y a un parc national qui s'appelle Île de la Madeleine... on ira peut-être Mélanie et moi. A suivre ! Je vous embrasse bien fort !

Dré on

Allô! Comme ça, t'as osé manger un écureuil... Comment t'as pu lui faire ça!?!?! J'espère que ça valait la peine au moins haha
Ta vie en Afrique a l'air assez sympa! Fais-toi z'en pas trop avec tes élèves qui coulent, là. Tu dois bien enseigner mais p-e que le taux d'échec est plus haut, rends-toi pas malade avec ça! Surtout que ç'a pas l'air de déranger le prof...
J'ai foule hâte de voir ton linge de Sénégalaise!!!
aa.

Moûman on

Nouvelle du petit Lambert: qu'il soit prêt ou non, le petit Lambert va se pointer le bout du nez lundi le 7 juin. Le médecin de Julie a décidé de la provoquer et ce même si elle n'est en retard que d'une semaine. France et Claude ont été surpris de voir Julie qui les attendaient à l'aéroport samedi à leur retour de croisière. Je te donnerai plus de nouvelles par la suite.

Gros bisous XXX

Pierre et Lise on

Bonjour Anne-Marie. On est gêné de demander ça, mais on reste des parents. Nous ne croyons pas qu'Anne-Josée puisse profiter des mêmes accès web ou lot d'ordis sénégalais, mais si tu es en mesure d'écrire 1 ligne sur son état de santé physique et mental, ça nous ferait immensément de bien et de plaisir... (enfin on l'espère!!). Est-elle une des 3 stagiaires de ton village? Si une nuit tu te réveilles en sursaut, c'est qu'elle aura dépassée tout niveau sonore connu à date là-bas parce qu'elle aura vu une araignée... ce que tu ne sembles pas encore avoir vue!

Mille mercis

Pierre et Lise

Môuman on

Bonjour Anne-Marie !

Ton téléphone d'hier m'a fait beaucoup plaisir et m'a rassuré sur ton état. Je t'envoie ce dernier message avant mon départ pour la France. Bébé Lambert est né dans la nuit du 8 juin à 2h20 AM. Il pèse 8 livres et 8 onces, le même poids exactement comme ta soeur mais il mesure 20 pouces, alors que Catherine mesurait 23 pouces. Bref il doit être une petite boule et l'accouchement s'est bien passé.

Gros bisous XXX

papounet on

Bonjour ma Grande,

C'est ma première journée sans ta mère, et je survis bien, je crois, avec un bon pâté chinois !

Juste un mot pour t'avertir que je t'ai envoyé une photo de Lambert par courriel à ton adresse hotmail

J'ai hâte de te lire à nouveau. Je suis fier de toi et je t'embrasse,

Papounet

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