But why?

Trip Start Sep 13, 2012
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Trip End Jan 10, 2013


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Flag of Macedonia  ,
Sunday, November 25, 2012

Il se
décrit comme un artiste que fait de la recherche esthétique. Jusqu’à un certain
point le fait de faire une recherche social sur un lieu ou un peuple dans un
processus de création me plaît. Mais j’ai l’impression dans ce cas que la ligne
est mince entre faire une recherche sur des gens et les utiliser comme sujets
artistiques. Ce concept m’apparaît intéressant mais me rend mal à l’aise. Je
crois que ce genre de démarche est utile et nécessaire mais je n’arrive pas à
me sentir à l’aise de faire partie du processus… Peut-être que j’ai mal cerné
sa vision parce que dans les faits, l’explication n’a rien de gênante. C’est
plus une impression personnelle. Étais-je moi-même un sujet de sa recherche…
probablement (sans me donner aucune importance, c’est vraiment une impression,
la même pour mes collègues).  Ou suis-je
juste simplement trop rationnelle ? Étroite d’esprit ?



Il se
décrivait peu mais posait beaucoup de questions. Hum, but why ? Why do you
think so ? Do you think it’s a « class » mather ? Il
poussait tous ceux qu’il rencontrait dans leurs idées, leurs perceptions. Ce
qui peut, encore une fois, être une bonne chose. Tout est une question
d’extrême, de balance. Il poussait parfois les limites, rendait les gens mal à
l’aise. Parfois positivement, parfois non.




Il
s’appelle Oliver. Il est Allemand et nous l’avons accueilli à LOJA comme
artiste en résidence. Culi et moi étions responsable de son accueil, de
l’accompagner dans son projet et de l’aider à réaliser le tout. Les premiers
jours furent remplis de visites et de rencontre ici à Tetovo et à Skopje. J’ai
donc pu assister à la présentation de LOJA par Bujar (vaut mieux tard que
jamais !), très pertinente. J’ai ai appris beaucoup sur la création de
LOJA (qui signifie « jeu » en albanais) à l’époque du conflit au
Kosovo fin ’90 / début 2000, alors que la Macédoine accueillait des milliers de réfugiés
venus du Kosovo. Leur rôle, qui était d’animer les enfants des camps à l’époque, s’élargit
avec le temps, leur rôle fût aussi important lors du conflit en Macédoine
(principalement dans la région de Tetovo) en 2001 et avec les années leur rôle
et mission pris un autre sens; entretenir la valorisation du multiculturalisme
et de la tolérance par l’éducation et la culture. Blerim faisait aussi partie
de l’équipe à ses tout débuts, ainsi qu’Elona ... J’ai été très émues de
leur engagement et de les retrouver sur différentes photos de l’époques, avec
Bujar bien sûr. Difficile de les imaginer dans ces difficiles conditions, et
chacune de leur histoire et expérience sont gravées dans ma mémoire (celles de
mes autres collègues aussi).



À Skopje
nous avons rencontré trois très intéressants personnages actifs dans le milieu
culturel et social des Balkans ; musiciens, activistes, responsables de
ONG, producteurs; les discussions furent très intenses et lourdes de sens, de
témoignages et d’opinions variées mais combien intéressantes. J’aurais aimé
investir plus sur le volet socio-culturel mais Oliver était très pointu dans
ses questions vs le context socio-politique, tout aussi intéressant ceci-dit,
juste moins dans ma lignée de « recherche ».



Puis des
visites de Tetovo, de différents lieux, des cafés avec différentes personnes.
Déjà après ces rencontres il nous fallait penser aux invitations, aux posters,
qui furent distribués partout dans la ville. Design intéressant, mais différent
de ce que les gens sont habitués de voir ici. Le concept de l’événement ;
une invitation à un casting. Un ‘happening » dans un lieu étrange de
Tetovo ou des gens interagiraient ensemble pendant un moment, le temps de créer
une histoire, des histoires. Nous doutions beaucoup de la participation
éventuelle du public à ce genre d’événements. Culi, moi et même Bujar avons
prévenu Oliver à cet effet, il était prêt à jouer le jeu. So let’s give a
try !!

S’en est
suivi deux soirées de « rencontre-discussion » avec l’artiste, dans
lesquelles il voulait nous impliquer, mais rien n’était clair et je suis
devenue vraiment stressée avec tout ça. J’aime parfois savoir où je m’en vais…
c’est mon "petit" côté « control freek »…. Malgré tout, les
présentations, même si les groupes étaient petits, se déroulèrent plutôt bien.
Déjà épuisés, Culi et moi profitions du fait que Oliver n’est pas très matinal
pour travailler sur nos projets parallèles, ou prendre le temps d’aller boire
un « café » avant de commencer la journée.

La
réalisation du projet était à nos pieds, Darko et Claire et d’autres bénévoles
(Lejla, Alban, Genti) se joignèrent à nous pour préparer le tout, Culi et moi
magasinions pour trouver matériaux et outils. Rush, journées bien remplies,
toujours le doute à savoir quelle allure prendra l’événement. J’étais insécure
et j’eu du mal à prendre du recul dans les derniers jours. On devait
travailler avec des immenses morceaux de verre, on devait trouver un
« batteur » pour faire une performance musicale, distribuer les
derniers posters dans la ville, et l’événement 
se tenait dans un lieu pas très net de Tetovo (ce que je découvrit ou
compris le soir même seulement). Tout défila à une vitesse hallucinante ;
début des préparatifs, Oliver qui se coupe avec les morceaux de verre,
changement de corridor à la dernière minute à cause de gens et liex suspects, le batteur qui arrive, les spots
installés par Culi (avec un système électrique qu’il a créé lui-même… ok je
suis facile à impressionnée !!), quelques invités qui se demandent où ils
sont. Puis une performance musicale somme toute intéressante (c’est vrai qu’on
ne verra pas ça souvent à Tetovo), puis des gens qui discutent, attendant d’être
témoins de quelques choses. En vain, plusieurs d’entres eux quittèrent après
une demi heure. Personne ne se proposa pour être acteur, ce volet du happening
ne fonctionna pas. Mais à la toute fin, deux étudiants qui avaient assisté aux
rencontres durant la semaine (et que Oliver soupçonnait d’être jeunes et innintéressés...)  se manifestèrent et
offrirent une chouette performance en jouant deux policiers et allèrent à la
rencontre d’Oliver, présentant une fausse badge et lui demandant de quitter les
lieux. Ils jouèrent leur rôle un bon 5 min, et à mes yeux ces deux garçons sont
les stars de cette soirée ; ils poussèrent leur limite, découvrirent
quelque chose de nouveaux et c’est déjà beaucoup ! (il faut du courage ici pour aller devant les autres, jouer un rôle) (et je me demande s’ils
ne découvrirent pas plus juste par cette expérience que Oliver dans toute sa
semaine…)

Ce soir
là, après une visite à l’hôpital pour Oliver (2 points de suture) nous nous
réunir pour une pizza. L’atmosphère était relax et j’ai eu l’impression qu’après
tous ces événements, expériences et tests, Oliver retirait enfin une partie de
son masque. Et Culi et moi étions aussi soulagés que malgré l’incident de la
coupure, vu le lieu choisi, le thème et le deadline, tout s’était somme toute
passé sans soucis. Nous restait plus qu’à nous reposer après cette épuisante
aventure, et à débriefer aussi. On apprend toujours beaucoup des expériences
comme celles-là, autant personnellement que professionnellement.
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