Descente au fond du canyon de Colca

Trip Start Oct 08, 2010
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Trip End Jul 05, 2011


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Flag of Peru  , Arequipa,
Thursday, June 9, 2011

A 3300m d'altitude, et à 6h15 du mat, il faisait vraiment froid dans les rues de Cabanaconde. Le soleil ne s'était pas encore levé, on l'attendait plein d'espoir. L'idée de randonner après une nuit blanche ne me plaisait pas trop, mais ce premier jour de balade ne devait pas être trop physique.

Autour de nous, on pouvait admirer de nombreux sommets à plus de 6000m, et les crêtes des montagnes commençaient à s'illuminer. C'était la première fois que je me trouvais dans la « sierra » péruvienne (le Pérou est divisé en trois régions : costa, sierra, selva ; côte, montagne, jungle). Je retrouvais ici beaucoup de la Bolivie : population indigènes, vêtements etc.

Après 30 minutes de marche, on est arrivé au bord du canyon de Colca. C'est apparemment le 2e canyon le plus profond du monde derrière le canyon de Cotahuasi, qui se trouve lui-aussi dans la région d'Arequipa, mais qui est plus difficile d'accès (12h de bus au lieu de 6). Les gorges du Tarn (environ 500m de profondeur) et le Grand Canyon des Etats-Unis (environ 1500m de profondeur) peuvent aller se rhabiller devant ces deux canyons : 3191m de profondeur pour le canyon de Colca, et 3350m pour le canyon de Cotahuasi !

Pauline et moi comptions descendre au fond du canyon, longer un peu la rivière en aval, et remonter sur Cabanaconde. Bien sûr, on n'allait pas descendre et remonter là où le canyon était le plus profond (rien que d'imaginer une montée de 3200m de dénivelé, mes jambes flageolent !). De là où on était, on avait une superbe vue sur ce profond canyon dont le fond se trouvait à « seulement » 1200m sous nos pieds.

Un jeune couple de Péruviens s'étaient perdus dans le canyon de Colca, quelques semaines auparavant. Le mec avait quitté la fille pour aller chercher du secours. Finalement, la fille s'en est sortie toute seule. On n'a jamais revu le mec. Maintenant, la fille est accusée de meurtre. Cette histoire a été le feuilleton de ces derniers temps, dans les magazines péruviens. On espérait ne pas finir comme eux, mais d'après des gens que j'avais croisés dans mon voyage, c'était impossible de se perdre (comment se perdre dans un canyon, avec aucune végétation ??).

Il était 7h15 quand nous avons attaqué la descente. Le temps s'était nettement réchauffé, au point qu'on finisse en t-shirt. Les écarts de température entre le jour et la nuit sont très importants ici.

La descente était longue, et le chemin plutôt monotone, mais je ne me lassais pas des paysages ; il est rare de voir des montagnes de 6600m surplomber une rivière encaissée dont le lit se situe à 2100m !

Les parois du canyon étaient très à pic, on se demandait souvent où on allait passer pour descendre.

A 10h15, après 3h de descente, on est arrivé tout au fond du canyon. Un pont permettait de traverser le Rio Colca. C'était le moment idéal pour entamer le paquet de navettes que Pauline m'avait ramené de France ! J'ai senti l'addiction revenir en moi...

Après une pulsion soudaine qui m'a poussé à monter sur un énorme rocher au milieu du fleuve, on s'est remis en route et on a très vite atteint le village de San Juan de Chuccho. Après la sécheresse des paysages traversés jusque là, ça faisait plaisir de voir d'autres végétaux que des cactus ; ce village était effectivement une oasis, avec une végétation luxuriante, des animaux, et des petits chemins sympas, entre murets et maisons.

On a continué notre route vers le village de Cosñirhua, avant lequel on a du affronter une montée bien raide qui, conjuguée au soleil maintenant sans pitié, nous a bien fait transpirer !

Maligne, une femme nous attendait là haut avec des rafraîchissements. On n'a pas cédé à la tentation (les choses sont ici trois fois plus chères qu'à Arequipa, il faut tout descendre à dos de mule), et on a continué à marcher une vingtaine de minutes jusqu'au village de Malata. On n'aura décidément pas croisé beaucoup de touristes (seulement cinq ou six jusqu'alors), le canyon de Colca est pourtant un lieu touristique réputé.

A Malata, on a apprécié une pause pique-nique prolongée. Ca faisait longtemps qu'on marchait, on n'avait peu dormi, il faisait chaud, je commençais à avoir des ampoules, bref, il était temps !   

Après avoir partagé notre repas avec un chien errant, on s'est remis en route : de la descente. 1h30 plus tard, on était presqu'au fond du canyon. On avait deux options : faire du camping sauvage, ou dormir dans un lieu appelé Sangalle (ou encore « l'oasis »), en tente ou en auberge. Je suis parti en exploration dans les cactus pour trouver un endroit ou camper. C'était pas évident ; on voyait quelques rares plages de sable au fond du canyon, mais toutes impossibles d'accès. Je suis revenu de mon exploration dans un triste état : des épines de cactus partout dans les vêtements, des végétaux pégueux collés sur moi, et de la sève blanche tachant mon pull (il y avait un arbuste bizarre dont les branches cassaient en faisant gicler de la sève blanche). Je n'avais trouvé qu'un seul endroit un peu plat, où avec un peu d 'audace, on pouvait imaginer une tente plantée. Bref, c'était pas terrible. On a donc continué la descente, jusqu'à un pont qui nous a permis de retraverser le canyon. Alors qu'on était à quelques dizaines de mètres de l'oasis, je cherchais toujours un moyen de descendre au bord de l'eau (l'oasis était 100m de dénivelé plus haut, sur un endroit plat). J'ai finalement trouvé un chemin assez accessible qui nous a permis d'atteindre une plage de sable et galets. Au lieu de se poser, on s'est activé pour une corvée de bois. Jamais je n'avais participé à une corvée de bois aussi fatigante. Il fallait remonter un peu pour trouver du bois sec, et il était alors super difficile de le transporter jusqu'en bas, dû aux bambous envahissant et au chemin escarpé.

Ensuite, on a monté la tente, on a coupé le bois, et j'ai enfin pu savourer le plaisir d'enlever mes chaussures de marche !

Le soleil se couchant déjà, on a allumé le feu. C'était un joli feu bien agréable, même si contrairement à ce que j'aurais pu penser, il faisait doux ce soir-là. On s'est cuisiner des pâtes à la sauce tomate, et on n'a pas tardé à rejoindre la tente. Il était seulement 20h, mais on avait besoin de sommeil !

Bizarrement, j'ai tardé à m'endormir. J'ai finalement trouvé le sommeil, mais ça n'a pas duré longtemps. A minuit, je me suis réveillé, frissonnant malgré la chaleur, avec mal à la tête, une vague envie de vomir, et un mal de ventre. La totale. De ce moment-là, je n'ai pas dormi, ou alors pas bien. Une diarrhée violentissime me forçait à sortir régulièrement de la tente, et la fièvre me faisait frissonner sans beaucoup de répit.
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