Les calédoniens
Trip Start
Sep 03, 2010
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15
Trip End
May 26, 2011
Comme l'Education, la Nouvelle Calédonie a des racines amères, mais ses fruits sont doux. Entre l’exploitation du nickel, cultures et couleurs de peau, le « caillou » souffre autant qu’il jouit de ses richesses.
En dehors des métros qui ne sont que de passage (financier), la Nouvelle Calédonie abrite 87000 Kanaks vivant pour les 2/3 en tribus, et 67000 Caldoches vivant essentiellement à Nouméa. Et souvent on ressent leur volonté de reconnaissance identitaire : l’hymne national calédonien existe officiellement, et cette année devrait voir la création du drapeau calédonien (discutions de bistrot et manifestations en cours).
La principale cicatrice du pays tient à sa période coloniale. Sur ce point, tous les Calédoniens sont unanimes. Les Caldoches ont pour une bonne partie gagnés leurs terres sous le joug du bagne, comme déporté politique ou criminel exilés de France à partir de la fin du 19ème siècle, et les Kanaks ont dû subir la présence française puis se défaire du code de l’indigénat.
Paradoxalement, c’est l’abolition du code de l’indigénat qui aurait pu tuer la culture kanake, à l’image des indiens d’Amérique. Car l’émancipation Kanake les a poussé sur un marché du travail plus « occidental », proche des villes et loin des tribus, surtout sur l’ile principale. Et comme la société kanake repose traditionnellement sur l’oralité, l’éloignement des jeunes a limité la transmission culturelle. D’ailleurs c’est sur les petites iles loyauté qu’on a pu dormir dans les cases d’une tribu.
Mais par réaction aux Caldoches, les leaders indigènes ont fait reconnaître l'existence d'une culture commune Kanake, qui était jusqu’à lors très disparate. D’autre part l’influence caldoche a permis une mise par écrit des traditions et de la culture kanake, donc sa préservation. Quant aux Caldoches, l’approche animiste et la culture communautaire kanake les a sensibilisés à une autre approche de vie, notamment quant au respect de l’écosystème. Je me rappelle les paroles d’un Kanak « si j’arrive sur un rocher et qu’il y a 7 langoustes, j’en pêche 5 pour en laisser 2 à ma descendance ». Je me demande bien à quoi ressemblerait la Nouvelle Calédonie aujourd’hui si les Kanaks n’existaient pas. (baaa, y’aurait 7 langoustes ?…)
Evidemment, la tension identitaire est palpable, surtout à Nouméa. La population Kanake ne comprend pas toujours les enjeux de la vie moderne. Mais elle est sensible au mot indépendance, compris comme un retour à l’ordre ancien et une rétrocession des terres. Pour les Caldoches, il s’agit davantage d’un trajet historique commun. Et ils savent qu’on ne peut pas partager ce trajet sans accepter la culture kanake et comprendre l’histoire de la période coloniale. Quant à tous les calédoniens, la réussite de la reconnaissance d’un pays autonome, tiendra à l’équilibre qui se dégagera de l’idéal libérateur : un enjeu racial, culturel ou national.
En dehors des métros qui ne sont que de passage (financier), la Nouvelle Calédonie abrite 87000 Kanaks vivant pour les 2/3 en tribus, et 67000 Caldoches vivant essentiellement à Nouméa. Et souvent on ressent leur volonté de reconnaissance identitaire : l’hymne national calédonien existe officiellement, et cette année devrait voir la création du drapeau calédonien (discutions de bistrot et manifestations en cours).
La principale cicatrice du pays tient à sa période coloniale. Sur ce point, tous les Calédoniens sont unanimes. Les Caldoches ont pour une bonne partie gagnés leurs terres sous le joug du bagne, comme déporté politique ou criminel exilés de France à partir de la fin du 19ème siècle, et les Kanaks ont dû subir la présence française puis se défaire du code de l’indigénat.
Paradoxalement, c’est l’abolition du code de l’indigénat qui aurait pu tuer la culture kanake, à l’image des indiens d’Amérique. Car l’émancipation Kanake les a poussé sur un marché du travail plus « occidental », proche des villes et loin des tribus, surtout sur l’ile principale. Et comme la société kanake repose traditionnellement sur l’oralité, l’éloignement des jeunes a limité la transmission culturelle. D’ailleurs c’est sur les petites iles loyauté qu’on a pu dormir dans les cases d’une tribu.
Mais par réaction aux Caldoches, les leaders indigènes ont fait reconnaître l'existence d'une culture commune Kanake, qui était jusqu’à lors très disparate. D’autre part l’influence caldoche a permis une mise par écrit des traditions et de la culture kanake, donc sa préservation. Quant aux Caldoches, l’approche animiste et la culture communautaire kanake les a sensibilisés à une autre approche de vie, notamment quant au respect de l’écosystème. Je me rappelle les paroles d’un Kanak « si j’arrive sur un rocher et qu’il y a 7 langoustes, j’en pêche 5 pour en laisser 2 à ma descendance ». Je me demande bien à quoi ressemblerait la Nouvelle Calédonie aujourd’hui si les Kanaks n’existaient pas. (baaa, y’aurait 7 langoustes ?…)
Evidemment, la tension identitaire est palpable, surtout à Nouméa. La population Kanake ne comprend pas toujours les enjeux de la vie moderne. Mais elle est sensible au mot indépendance, compris comme un retour à l’ordre ancien et une rétrocession des terres. Pour les Caldoches, il s’agit davantage d’un trajet historique commun. Et ils savent qu’on ne peut pas partager ce trajet sans accepter la culture kanake et comprendre l’histoire de la période coloniale. Quant à tous les calédoniens, la réussite de la reconnaissance d’un pays autonome, tiendra à l’équilibre qui se dégagera de l’idéal libérateur : un enjeu racial, culturel ou national.



Comments
Bonjour Stéph,
Tu peux me redonner tes dates d'arrivée et de départ stp (avec num de vol pour ne pas te louper).
Salut les amis,
Sympa le speech, photos magnifiques, et superbes souvenirs !!!
Ne reste plus qu'à se revoir ...