Trek de Poon Hill
Trip Start
Sep 03, 2010
1
3
15
Trip End
May 26, 2011
L'odeur : alternance entre les fleurs des montagnes et les crottes de chèvres
La couleur : le blanc des sommets
Le bruit : le grondement permanent des torrents
Le toucher : notre bambou stick
Le gout : le Dal Bath, spécialité composée de riz, soupe de lentilles, pommes de terre et légumes frits
Pour découvrir le Nepal préservé, on dit qu’un trek en montagne est l’idéal. Ici aussi, la civilisation défigure les plaines. Jugeant l’expédition pour le camp de base de l’Annapurna trop exigeante (4095m), on choisit de rejoindre Poon Hill (3200m), et son panorama exceptionnel sur la chaine des Annapurnas. Nous attendent sur 6 jours : 30 heures de randonnées, 15000 stone steps à monter… et à descendre.
On a partagé notre premier jour de marche avec Ross, un anglais de Winchester accompagné de sa future épouse, une indienne qu’il a rencontré il y a quelques mois. Bien que l’on souhaite être seul au contact de la nature, les premiers pas dans le désert montagneux réveille notre instinct grégaire : on se rassure en groupe au milieu de personne. Nous avons marché près de quatre heures pour atteindre un Lodge au confort sommaire. Peu importe : en montagne la vie est rythmée par le soleil. On dort dès qu’il se couche. Il nous réveille à ses premières lueurs. Premier plaisir de la journée, l’ouverture des rideaux. Vue instantanée et vertigineuse sur la vallée. Sensation étrange lorsqu’au loin, on ne peut voir la terre qu’en regardant vers le bas, à l’infini. Ici les flancs sont si abrupts qu’ils laissent peu de possibilités aux habitations, et les maisons sont clairsemées. Si la montagne est bien verticale, la végétation qui l’habille dessine des bandeaux successifs bien horizontaux. Jusqu’à 1500m, on longe les torrents agités au milieu des rizières en remontant des vallées encaissées. Entre 1500 et 2000m c’est subitement la jungle. Celle des fougères accrochées aux arbres charriés par les glissements de terrains, des papillons aux variétés infinies. On imaginerait facilement un tigre du Bengale surgir de ce décor si les braconniers n’avaient pas été aussi méticuleux. Et partout, de l’eau. La montagne est comme une éponge saturée. L’eau se condense, ruisselle, perspire de la roche, chute, blanchie en moussant ou traverse les chemins. La pluie aussi. Tous les soirs, lorsque le soleil s’éteint, les vallées refroidissent et laissent les nuages redescendre. Ils se condensent, il pleut. Averses ou orages violents, c’est selon. Passés 2500m, le fond de l’air devient froid. Les horizons se dégagent. Il ne reste que quelques arbres. Le vent est partout. Nous parvenons à 3000m. L’oxygène est plus rare. L’effort physique fait mal à la tête. Tout est humide. Au soir de ce troisième jour, nous nous offrons une chambre au « Hill Top ». WC et salle de bains personnels : le luxe. Coupure d’électricité au plus fort de l’orage, nous rejoignons la chambre à la bougie. Nous n’avions jamais vu de nuit aussi noire, ni d’éclairs aussi blancs. A Kathmandou, on regrettait notre confort parisien. Ici on regrette notre chambre de Pokhara où l’on peut s’allonger dans des draps suffisamment propres. La perception du confort est tout à fait relative. Au matin du quatrième jour, lever 4h30 pour gravir les 250m qui nous séparent de Poon Hill et admirer les premiers rayons sur les Annapurnas.
Dernier point : le seul moyen de ne pas perdre un ballon ici c’est de le jouer dans les airs. Le sport des villages est donc le Volley Ball.
La descente sera très dure pour les mollets ! Elle prendra trois jours.
La couleur : le blanc des sommets
Le bruit : le grondement permanent des torrents
Le toucher : notre bambou stick
Le gout : le Dal Bath, spécialité composée de riz, soupe de lentilles, pommes de terre et légumes frits
Pour découvrir le Nepal préservé, on dit qu’un trek en montagne est l’idéal. Ici aussi, la civilisation défigure les plaines. Jugeant l’expédition pour le camp de base de l’Annapurna trop exigeante (4095m), on choisit de rejoindre Poon Hill (3200m), et son panorama exceptionnel sur la chaine des Annapurnas. Nous attendent sur 6 jours : 30 heures de randonnées, 15000 stone steps à monter… et à descendre.
On a partagé notre premier jour de marche avec Ross, un anglais de Winchester accompagné de sa future épouse, une indienne qu’il a rencontré il y a quelques mois. Bien que l’on souhaite être seul au contact de la nature, les premiers pas dans le désert montagneux réveille notre instinct grégaire : on se rassure en groupe au milieu de personne. Nous avons marché près de quatre heures pour atteindre un Lodge au confort sommaire. Peu importe : en montagne la vie est rythmée par le soleil. On dort dès qu’il se couche. Il nous réveille à ses premières lueurs. Premier plaisir de la journée, l’ouverture des rideaux. Vue instantanée et vertigineuse sur la vallée. Sensation étrange lorsqu’au loin, on ne peut voir la terre qu’en regardant vers le bas, à l’infini. Ici les flancs sont si abrupts qu’ils laissent peu de possibilités aux habitations, et les maisons sont clairsemées. Si la montagne est bien verticale, la végétation qui l’habille dessine des bandeaux successifs bien horizontaux. Jusqu’à 1500m, on longe les torrents agités au milieu des rizières en remontant des vallées encaissées. Entre 1500 et 2000m c’est subitement la jungle. Celle des fougères accrochées aux arbres charriés par les glissements de terrains, des papillons aux variétés infinies. On imaginerait facilement un tigre du Bengale surgir de ce décor si les braconniers n’avaient pas été aussi méticuleux. Et partout, de l’eau. La montagne est comme une éponge saturée. L’eau se condense, ruisselle, perspire de la roche, chute, blanchie en moussant ou traverse les chemins. La pluie aussi. Tous les soirs, lorsque le soleil s’éteint, les vallées refroidissent et laissent les nuages redescendre. Ils se condensent, il pleut. Averses ou orages violents, c’est selon. Passés 2500m, le fond de l’air devient froid. Les horizons se dégagent. Il ne reste que quelques arbres. Le vent est partout. Nous parvenons à 3000m. L’oxygène est plus rare. L’effort physique fait mal à la tête. Tout est humide. Au soir de ce troisième jour, nous nous offrons une chambre au « Hill Top ». WC et salle de bains personnels : le luxe. Coupure d’électricité au plus fort de l’orage, nous rejoignons la chambre à la bougie. Nous n’avions jamais vu de nuit aussi noire, ni d’éclairs aussi blancs. A Kathmandou, on regrettait notre confort parisien. Ici on regrette notre chambre de Pokhara où l’on peut s’allonger dans des draps suffisamment propres. La perception du confort est tout à fait relative. Au matin du quatrième jour, lever 4h30 pour gravir les 250m qui nous séparent de Poon Hill et admirer les premiers rayons sur les Annapurnas.
Dernier point : le seul moyen de ne pas perdre un ballon ici c’est de le jouer dans les airs. Le sport des villages est donc le Volley Ball.
La descente sera très dure pour les mollets ! Elle prendra trois jours.


