Le village en ville

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Flag of China  , Jiangsu,
Sunday, September 6, 2009

Dimanche 6 septembre

 Visite de LUZHI (prononcer laotzeu) 
 aux environs de Shanghai. Comme toutes les villes chinoises elle prospère avec des
tours et des avenues, des industries, des voitures et des motos qui nous paraissent
aussi anarchique qu’improbable. Mais un petit quartier  autour canal demeure inchangé comme si les
siècles n’y laissaient que sa poussière. Bien entendu les chinois sont d’habiles
commerçants aussi l’entrée du quartier est payante, mais c’est de bonne guerre
car avec le billet, vous avez droit à visiter quelques maisons de maîtres qui
valent largement les 6 euros du ticket.

Donc, les gondoles louvoient sur une eau un peu douteuse, conduites
pas des femmes en costume traditionnel. Avec un peu de chance l’une ou l’autre
vous charmera d’une chanson non moins ancestrale. Tout est sujet d’observation
dans ces ruelles, les pierres que le temps a mises de guingois, laissant un
pavement mouvementé, incertain mais si poétique. Les ponts  qui eux n’ont pas bougé, bien calés entre les
deux rives,  montent les passants sur
leur dos découpent leur silhouettes sur le ciel pour bien les montrer à tous.

Dans ce village à l’abri du siècle, le plus grand plaisir
des jeunes filles est de jouer les princesses nonchalantes sous les branchages
et tout au long des rues, de grandes robes blanches s’étalent sur les bancs, devant
les objectifs. On se croirait dans une légende même s’il faut une pince à linge
pour faire tenir le corset. Je suis mauvaise langue il faut bien s’amuser, et
se déguiser est un plaisir bien innocent. Comme autrefois les boutiques n’ont
pas encore de vitrine, ce ne sont que des espaces ouverts sur la rue que l’on
referme le soir en faisant glisser des planches dans une rainure. L’éclairage est
rare et si la poussière s’y met alors il faut beaucoup de talent pour dénicher
un trésor. Et pourtant  il y en a, car  au entre les boutiques de tofu qui pue, les
loueurs de costumes plus ou moins défraichis, on peut voir de magnifiques
pierres, gravées dans les parois du canal, pour attacher les barges et d’authentiques
lieux de mémoires nous montrent  le
passage des siècles. Ici les restaurations n’ont jamais cessé, il semble que
depuis des générations on reconstruit toujours à l’identique, il est impossible
de dater quoi que ce soit, mais après tout si la forme est belle, le bois usé
qu’importe si le meuble a 10 ou 100 ans. Seul les arbres ne trichent pas et il
en est deux de plus de mille ans ! Un musée du riz montre des outils aux
courbes d’une pureté rare, comme si son efficacité était une conséquence de sa
simplicité. La pureté de la forme est dictée par la fonction, rien n’est à
rajouter. Le soleil rouge se couchera haut sur le canal, très tôt, vers six
heure, à cause de l’humidité qui baigne le pays.

Lundi Shanghai.

A peine arrivé devant le magnifique musée rond de la place
du peuple, me voilà abordé par un groupe de jeunes qui veulent tous être sur la
photo, il me convoque en photographe, je leur tire le portrait et la discussion
devient bien vite fraternelle. Ils m’invitent à assister à une cérémonie du
thé. C’est le genre de chose qui ne se refuse pas. Me voilà donc parti avec mes
compagnons. Ici tout le monde, même s’ils ne le montrent pas toujours, est
intrigué par un européen,  en plus un
petit bonhomme français c’est romantique et bien inoffensif ! Le groupe
semble mener par une jeune femme qui parle, fort et bien, l’anglais, les autres
la suivent docilement. Elle s’avérera très délicate.

Nous arrivons dans une galerie marchande où ils savent se
trouver un salon de dégustation du thé très réputé. Accueillis par une armée d’hôtesse
en costume rouge, nous voici enfermés dans une minuscule pièce aveugle et grise,
nous sommes cinq devant une table, derrière laquelle officie la prêtresse qui
ne parlent que le chinois, je suis proposé à la place d’honneur ma traductrice
se met à coté de moi et la cérémonie commence par choisir un lucky number il en
existe 3 en Chine 6-8-et11. Nous choisissons le 6 donc nous allons tester 6
sortes de thé. Il me faudrait longtemps pour vous détailler l’ensemble, car  nous étions partis pour une demi heure et deux
heures après nous étions toujours là.

La cérémonie du thé, a contrario de celle du Japon où elle
représente avant tout une expérience spirituelle toute intérieure, est en Chine
plutôt un partage social qui aurait la vertu de rapprocher les êtres vivant et
de leur transmettre des valeurs de quiétude, de paix et de bonne conduite. J’ai
donc été initié à différentes saveurs de thé, chacun nécessitant des récipients
différents, des temps d’infusion variés, et aux vertus particulières à chacun.
J’ai eu un petit cours de chinois car les caractères impliquent non seulement
un sens mais aussi une action ? Ainsi le caractère «  thé » est
un toit sur un homme juché sur un arbre. Le toit représente le ciel protecteur,
l’arbre l’enracinement dans la terre et l’homme en son milieu est le cœur, conclusion
le thé touche le sentiment. Le caractère « goût » représente trois
bouches il faut donc pour « goûter » le thé boire sa tasse en trois gorgées
(je vous rassure la tasse est minuscule).

Après cette intéressante expérience qui ne saurait trop me
dire combien les jeunes chinois sont accueillants aux étrangers, il ne me
restait plus que quelques minutes pour aller revoir la peinture chinoise au
musée. Fait intéressant ce jour là j’avais oublié mon appareil photo à la
maison. Il n’y a pas de hasard.

A plus 
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