D'un continent a l'autre ...

Trip Start Oct 17, 2007
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Trip End Apr 04, 2008


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Flag of Brazil  ,
Wednesday, March 12, 2008

De Brasilia a  Salvador de Bahia
1500 kilometres  - 24 heures de bus
Si proches et si lointaines.
 
Nous arrivons a Salvador le 12 mars. En provenance de Brasilia avec une courte escale marche a Lencois dans le parc national Chiapada Diamantina.
On arrive a Salvador apres etre passes par des paysages aussi monotones et similaires que la jungle touffue, les palmiers et la terre rouge bresilienne.
 
Nos trajets en bus nous ont permis de decouvrir dans chacune des contrees les paysages de chaque region, de chaque latitude.
Depuis que nous sommes entres au Bresil, il faut avouer, le paysage nous semble bien monotone...Terre rouge sanguinolente de la derniere pluie. Vegetation touffue laissant difficilement apparaitre l horizon. Soleil voile a son coucher par des nuages bas. Laissant a  peine filtrer ses derniers rayons avant de mettre la foret vierge dans le noir complet et les humains imaginer les pires creatures errant dans ces forets touffues...
 
Nos escales au milieu de cette jungle sont autant de decouvertes. Ce n est pas la monotonie de la jungle mais bien les zones de population du Bresil qui nous offrent des contrastes etonnants !
 
Brasilia nous a ouvert les portes d une ville nouvelle. Ville batie de toutes pieces en 3 ans de temps pour y heberger au plus vite la nouvelle capitale bresilienne. Construite au debut des annees 60. Elle ne nous est pas apparue si nouvelle que ça... Brasilia a deja  vecu malgre sa jeunesse. Les batiments n ont deja  plus la  reluisance qu ils devaient avoir a  leur origine.
Malgre l aspect deja deteriore de nombre de ses constructions, la ville fremit d une activite bouillonnante et constante de capitale.
 
On sent qu ici des choses se passent. Des decisions sont prises. Des contrats se signent et des actions sont mises en oeuvre.
Les habitants de Brasilia nous le font sentir. On les retrouve en grand nombre en train de manger un plateau repas au Patio de Comidas du centre commercial Patio Brazil qui concentre l activite des achats de la ville.
Hommes en costumes sombres. Telephone coince entre l epaule et la joue et commandant leur dejeuner d un signe de tete. Femmes fraichement manucurees, tailleurs cintres, cheveux lisses, talons et bouts pointus. Grandes, fines. Tout en elegance de la femme active d aujourd hui que nous connaisssons dans nos capitales europeennes. Et que nous avons croisees a Rio, Sao Paulo et en Argentine et Chili dans les grandes villes. Lyceens et collegiens se partageant une pizza a grands renforts de gloussements de rire. Des peaux claires, voire tres claires, des blonds, des chatains, des bruns. Peu de metis, pas de noirs. Ou si peu.
 
Les habitants de Brasilia nous replongent dans les ambiances de nombre de grandes villes de plus de 500 000 habitants par lesquelles nous sommes passees. On y ressent une ebullition et une agitation de cite en activite.
 
Le 12 mars, apres avoir parcouru 1500 kilometres au travers de cette jungle touffue, nous arrivons a Salvador de Bahia.
Etat du Bahia. Situe dans la region du Nordeste bresilien.
Salvador de Bahia...
Un nom qui a un pouvoir evoquateur aussi fort que celui de Rio de Janeiro. Salvador et sa Baia de Todos os Santos, ses couleurs chatoyantes, ses images de bahianaises en costumes traditionnels, ses eglises, ses ruelles etroites, ses batiments coloniaux colores...
Et... sa MUSIQUE ! Le nom de Salvador de Bahia evoque la musique a tous les coins de rues, a tout instant de la journee, en toute occasion...La musique aux accents africains, envoutante, prenante, qui vous emmenerait dans les ruelles aux rythmes des percussions et de mouvements de jambes et de bras incessants et saccades !
Et ces images ne sont ni trompeuses ni fausses...

Nous arrivons a Salvador par une chaude voire cuisante apres midi. Les paves sont brulants et la chaleur passe au travers des semelles de nos baskets a toutes epreuves.
L humidite nous tombe dessus avec sa jolie robe de moiteur qui nous incruste le sac a dos au t-shirt et au short et nous laisse une petite pellicule degoulinante le long des bras et du front...
 
On se sent ecrases. Il est 16 heures. Une heure de plus a supporter cette fournaise et le soleil devrait nous offrir le repit merite d un coucher vers 18 heures et d une petite brise de bord de mer rafraichissante.
Ragaillardis par cette perspective, nous partons a  la decouverte de Salvador en constante effervesence de musique, de fete et de tambour !

Le soleil commence sa lente descente vers la baie. Les paves sont toujours aussi brulants. Nous partons a plein regime vers la decouverte de Salvador.
La chaleur n aura pas raison de nous ! Nous en avons dompte d autres et supporte des pires !
 


Le pas...
Notre pas...est decalle. Nous le sentons tres vite. Si vite. Notre pas est rapide, beaucoup trop rapide.


Malgre le passage de la basket tout terrain a la tong, nous marchons trop vite. Nous avons adopte un rythme de grande ville. Et nous nous trompons.
Le pas des bahianais est lent. Trainant. On dirait bien que la chaleur ou la moiteur les pousse vers les bancs a l l ombre, vers les rebords de fenetres pour s y accouder, vers les trottoirs pour s y poser quelques instants...Les mains supportent les hanches bien souvent pour mieux aider le pas nonchalant. Le long des rues, les commerçants et les habitants ont pousse des chaises ou des petits bancs sur le trottoirs pour s y poser et contempler le challand.  


Des odeurs meconnues s echappent des multiples petits stands de rues tenues par des bahianaises en tenue traditionnelle...Une multitude de jupons blancs et une coiffe coloree autour de la tete, visage noir d ebene... Elles proposent des beignets qui sortent tout juste de la gamelle d huile de palme qu elles touillent devant elle. Ils fremissent encore dans vos mains de l huile brulante dans laquelle ils ont ete rissoles. Des beignets comme on pourrait en deguster sur les trottoirs de Lagos au Nigeria. En Afrique. La meme recette, les meme ingredients.
 

Le soleil se pose enfin sous son voile nuageux sur la Baia de Todos os Santos.
Le repit va enfin arriver et nous offrir quelques heures de fraicheur avant la fournaise du lendemain. Les trottoirs du Pelourihno nous attendent.  



Malgre la fraicheur, nous sommes les seuls qui semblont avoir repris un gain de vitalite. Le rythme des tongs le long des trottoirs ne s est pas accelere.
Mais celui du son, oui...Le son commence a s'echapper de toutes les petites gargottes de la vieille ville. Et les tongs sur les trottoirs s affolent vers le bruit. Comme si la musique appellait l agitation ! Le son des percussions. Le son de la Samba, de la Bossa Nova ? Non, le son des percussions africaines, qui emmenent dans une sarabande folle de tremoussages tribaux une procession de musiciens et de danseurs le long des ruelles de Salvador...
Les tongs langoureuses et nonchalantes des habitants de Salvador se mettent a palpiter et a fremir au son des rythmes endiables de la nuit du Pelourihno.
Il faut dire que le rythme, ils l ont dans le sang et les popotins s agittent. Ce rythme que nous ne pourrons jamais avoir aussi bien que les bahianais, eux l ont, car eux descendent en grande majorite des esclaves africains et ce son la , il leur est inne !  


Car a Salvador, on a le sentiment d etre passes sur un autre continent et d avoir rejoint l Afrique sans avoir pourtant quitte le sol bresilien.
 


Odeurs de beignets a l huile de palme. Rythmes de percussions endiables.
Lutte de Capoiera angolaise. Certaines messes se font en langue Yoruba, l une des ethnies majoritaires de l Afrique de l Ouest. Les chants de Capoiera et de Comdomble sont en Yoruba aussi.
 
Peaux noires, fesses rebondies, seins opulents, cheveux crepus.
 
Depuis que nous sommes arrives au Bresil, on se sent comme faisant partie de la masse ;la population bresilienne est si metissee. Nos peaux europeennes passent inaperçues contrairement a ce que nous faisions comme taches blanches dans les foules des pays andins. L etat de Bahia et la ville de Salvador nous replace a nos positions de blancs , de bananes pelees comme on nous appelait au Nigeria.
 
Parce que contrairement a tous les lieux explores jusqu ici au Bresil, ici, tout nous rappelle l Afrique...les peaux, les sons, les odeurs, les rythmes...
Un autre continent...
 
 
Salvador, dorenavant simple capitale d état, a ete la premiere capitale de l empire colonial portuguais du Bresil. Elle a concentre toute l activite commerciale de l empire durant de longues decennies. La ville a egalement ete le point d entree au Bresil de quelques 3 millions de noirs africains debarques sur le nouveau continent comme esclaves pour y exploiter les mines d or, de diamant et les plantations de cacao.
 
L esclavage est abolit au Bresil depuis 1888.
Pourtant, a Salvador, on a le sentiment que les noirs sont libres, certes, mais sont toujours asservis...Comme si le poids de leur ancienne condition les maintenait a un niveau social sous les autres. Est-ce du a leur passe d esclave ? A leur couleur de peau ? Au fait qu a l abolition de l esclavage en 1888, la liberte leur a ete rendue mais rien dans la societe coloniale n etait fait pour les accueillir en tant qu hommes libres ? Que aucune cle ne leur a ete donnee ou tendue pour prendre les renes de leur liberte ?
Que au-dela de la liberte, ce joli mot, rien n a ete mis  en place dans le monde colonial de l epoque pour les faire travailler, les eduquer...
Livres a eux-meme...  


En 2008, 120 ans apres l abolition de l esclavage au Bresil, on a le sentiment que les noirs ne se sont pas sortis de leur carcan de servitude. Ou pas totalement. Ou mal...
Qu ils font partie aujourd'hui d'un autre Bresil...
Un Bresil qui marche a une autre allure que celle de Rio, Sao Paulo ou Brasilia.
 
 
 Et si on les comptait ensemble ? ou la rubrique Vivre avec nous
Cette fois-ci, ce ne seront ni les eglises, ni les paves, ni les quarts de pizzas...
Cette fois-ci, je vous emmene dans notre bus Brasilia a Salvador.
24 heures et donc une nuit a bord. Sieges inclinables donc bonne nouvelle. Tout va bien et le voyage se presente bien, voire sous ses meilleurs hospices.
Jusqu a ce que je repere une petite bete sur la vitre. Que je me fais une joie d'ecraser a plein kleenex. Deux minutes plus tard, une seconde. Deuxieme ecrasage.
Soit. Charles en fait de meme de son cote. Il semblerait que la taille des bestioles augmente. Troisieme de mon cote. Quatrieme pour Charles...
24 heures plus tard, nous n oserons pas vous faire le decompte du nombre de ... cafards que nous avons ecrases...Car il s agissait bien d une invasion de cafards. Et lorsque vous etes bloques pendant 24 heures sur le siege d un bus sans moyen de bouger, que vous devez y dormir et que les cafards sortent des interstices...Je vous laisse imaginer !!!....
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Comments

olitere
olitere on

Beau Brésilien?
Hum, bon, la fille qui a chaud, elle, je la connais, par contre, sous le beau brésilien il me semble repérer une connaissance qui a beaucoup trop de poils sur le visage!!!

asalvaire
asalvaire on

c quoi cette barbe?
on dirait antoine dis!!! charles reprends toi je t'en prie! SI JE PORTE DES CHEMISES A FLEURS C QUE JE SUIS EN AVANCE DE DEUX OU TROIS LONGUEURS...

ameliepoggi
ameliepoggi on

WOUAH
Le serre tête !!!!!
Charly, t'as promis de pas te raser avant de me voir, j'espère bien que tu garderas aussi le serre tête ce jour là

Cool les petits, plus que 15 jours avant de vous voir !!!!

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