C'est quoi une ville sud-americaine ?

Trip Start Oct 17, 2007
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Trip End Apr 04, 2008


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Pousada Vila Zen

Flag of Brazil  ,
Friday, March 7, 2008

Quand on pense à une ville Sud Américaine, les mêmes images nous reviennent toujours : villes tentaculaires, insalubrité, pauvreté, bouchons, violence. Si si si, c'est exactement ce à quoi vous avez pensé en lisant le titre. Bien évidemment, ce n'est pas faux. Pourtant, il y a beaucoup d'autres choses à voir dans ces villes. Si les pays ont été en partie façonnées par la colonisation, les villes ont été littéralement façonnées par les colonisateurs, au point de reproduire le modèle connu dans la mère patrie. Ancrés dans le passé, elles cherchent aussi à trouver leur futur, dans des tentatives audacieuses, mais aux résultats... décevants.
 
 
La 1ere chose qu'on voit, c'est ça. Les villes sud américaines sont grandes. Très grandes. Pourquoi ? L'absence de réformes agraires, entre autres problèmes, a provoqué un afflux massif de population dans les villes principales du continent. Lima, Buenos Aires ou Santiago regroupent ainsi au moins 30% de la population de leur pays respectif. Au Brésil, 17% des 190 millions d'habitants vivent à Sao Paulo, Rio de Janeiro ou Brasilia. Le phénomène est toujours d'actualité, à un degré moindre. Il n'empêche, les grandes villes concentrent toujours une partie gigantesque de l'activité des pays, et ne cessent de grandir (Sao Paulo devrait compter 25 millions d'habitants en 2025). Evidemment, cette croissance effrénée a des conséquences. Les villes sont globalement incapables de loger ces populations très pauvres qui arrivent. Elles enflent donc, par patés de maisons entiers sur les extérieurs. Elles enflent d'autant plus que les constructions qui s'ajoutent sont des constructions de fortune, bois, moellons, tôles ondulées et ne comportent pas d'étages. Ces quartiers ajoutés s'étendent à perte de vue. Elles sont donc grandes par la population, par l'importance qu'elles incarnent pour leur pays, mais aussi par leur étendue ! Voila l'image de la ville tentaculaire !! On s'en rend particulièrement compte lorsqu'on entre dans ces villes en bus. Il faut plusieurs dizaines de minutes à allure normale entre les 1ers faubourgs et et le centre de la ville. Les 2 exemples majeurs étant Lima et Sao Paulo : là, il faut plus de 2 heures (je dis bien à allure normale !).
 
Ce qui saute aux yeux, c'est que les structures urbaines ne sont pas du tout prévues pour de telles populations.
Les autoroutes se déversent directement dans les centres villes, se transformant au passage en avenues apocalyptiques. Il est vain de chercher le concept « boulevard de ceinture » ou périphérique. Les transports en commun (bus) appartiennent à de très nombreuses compagnies privées, qui desservent chacune plusieurs lignes selon leur taille. Privées, elles doivent donc être rentables, et font donc toutes les mêmes parcours, ceux qui leurs assurent un maximum de passagers. Double effet :
- les centres villes sont hyper engorgés, la circulation est infernale, et il n'est pas rare de voir 5 bus de compagnies différentes faisant la course sur une même avenue pour ramasser le maximum de passagers ;
- des quartiers entiers, très peuplés mais sans activités, ne sont pas desservis et restent enclavés, ilots collés à la ville mais sans liens avec elle.
Quant au métro...il y a autant de lignes à Lyon (4 pour 1,5 millions d'habitants) qu'à Sao Paulo (4 pour 17 millions d'habitants), et 2 de plus qu'à Rio (12 millions d'habitants), sans parler de Lima qui n'en a pas. Les services de voiries sont débordés et des montagnes de détritus jonchent les trottoirs. La pollution, de fait, est énorme, d'autant plus que la croissance effrénée de ces villes a parfois enfermé des usines, des aéroports (ou des marchés aux bestiaux comme à Buenos Aires) quasiment dans les centre villes.
 
Chomage, pauvreté, pouvoirs publics insuffisants, concentration gigantesque de population et hyper-proximité des plus riches et des plus pauvres : le terreau est idéal pour la violence. Quelques exemples de ce que les gens nous ont dit un peu partout :
-Quito : « Ne soyez pas dans les rues après 21h »
-Guayaquil : «  Dans les bus, gardez vos gros sacs à dos sur vos genoux (!) »
-Valparaiso : « N'allez pas au dela du port, même moi (le gérant de l'hotel), je n'y vais pas »
-Sao Paulo, Rio : « N'ayez rien avec vous, ne passez pas dans telles et telles rues, et prenez un taxi dès la nuit tombée »
-Salvador do Bahia : « faites attention aux enfants, aux mendiants, et à la foule ».
Tout est dit. La violence est latente, constante, et connait parfois des convulsions extremes, lors des crises économiques (les enlèvements de Buenos Aires) ou lorsque la police entre dans les favelas.
Le tableau n'est pas vraiment réjouissant.
 
Mais s'arrêter à ça, c'est oublier que ces villes sont pour certaines des perles architecturales, façonnées par les hommes et 500 d'histoire un peu particulière.
 
 
En dépit de l'image que nous en avons, les villes sud américaines sont en réalité bien plus ordonnées qu'il n'y parait. Plus encore, il y a entre les villes d'Amérique Latine une cohérence inattendue qui surprend d'autant plus qu'elle s'exprime d'un bout à l'autre du continent, alors que leurs localisations semblent parfois incompréhensibles. Comment ce phénomène a-t'il pu se produire ?
 
 
Avant Christophe Colomb, il y a 2 Amériques Latines. L'Amérique Latine Andine, qui s'étend du nord du Chili/Argentine jusqu'à la Colombie, en passant par la Bolivie, le Pérou et l'Equateur, est occupée par des peuples socialement et politiquement organisés. Les Incas, dernière civilisation pré-coloniale, rayonnent sur toute la région, construisant des routes et des villes pour asseoir leur domination. La localisation des villes répond plus souvent à des impératifs mystiques que fonctionnels : Cuzco ou Arequipa sont situés en plein milieu de montagnes très hautes et difficiles d'accès, mais ces endroits ont des significations précises : Cuzco est pour les Incas « le centre du Monde », et Arequipa fut fondé par un dignitaire qui y trouva l'air bon et dit « Ari, quepay » qui signifie « Restons » (sur le même modèle, Mexico fut fondé à l'endroit ou un roi Aztèque trouva un aigle mangeant un serpent sur un cactus, comme cela lui avait été demandé par un dieu...). Voici d'ou viennent ces villes aux situations surprenantes, aux localisations illogiques qui heurtent notre esprit cartésien !
Le reste de l'Amérique Latine est peuplé de tribus indiennes non organisées socialement et politiquement. Elles ne contruisent pas de villes, c'est pourquoi il n'y a pas de villes « pré-coloniales » dans la partie sud du Chili et de l'Argentine, ou au Brésil. Les colons ont donc pu choisir les sites de construction avec leur bon sens.
 
Mais peu importe. Car le colon n'a pas non plus une mentalité de conservateur de musée. Conserver les emplacements, passe encore, mais conserver les villes, non. Celles que le colon espagnol va trouver dans les Andes vont disparaitre « sous » le plan colonial. Bientot, toutes adoptent ce plan, conformes a celui que les colons utilisent dans les cités qu'ils fondent (Lima). Le schéma est répété à l'infini : une place rectangulaire figure le centre de la ville, avec la Cathédrale/église et le palais de l'autorité royale présente (c'est en fait la place des 2 pouvoirs), et autour, un plan en damier avec des « Cuadras » qui font toutes la même taille. La ville est plate. Les batiments sont de belles batisses coloniales, avec des façades colorées et des encorbellements blancs. Plus simple et pratique, c'est pas possible. C'est le plan de toutes les villes, de l'Equateur au Détroit de Magellan. Seules les villes situées sur des topographies difficiles font exception : Valparaiso, coincée entre la mer et les collines, a un plan beaucoup plus anarchique.
Finalement, ces villes ressemblent beaucoup aux villes espagnoles, car Barcelone et Madrid aussi ont un plan en damier !
 
Il est intéressant de noter que le même phénomène se produit au Brésil, le colon portugais ayant adopté ces plans très simples. La seule différence est qu'il est beaucoup plus difficile d'entrer dans les terres au Brésil (végétation trop importante, tribus dangereuses), et que les portugais fondent donc d'abord les villes sur la côte, à des endroits qui permettent d'accoster facilement et ou il est facile de construire des ports. Mais les côtes ne sont pas toutes « faciles », ce qui donne des villes à moitié plates et à moitié sur collines (Rio, Salvador) qui ressemblent furieusement à Lisbonne ( y compris l'ascenseur qui relie la ville haute à la ville basse, ou le Bondinho).
 
Finalement, la seule différence entre les pays « hispaniques » et le Brésil, c'est le degré de conservation du patrimoine coloniale. En Equateur, au Pérou, au Chili et en Argentine, nous avons observé que les maisons coloniales étaient entretenues et mises en valeur, que les centres villes étaient bien conservés et n'avaient pas été trop défigurés par les vagues de construction moderne des années 60 et 70. En revanche, le patrimoine colonial brésilien est beaucoup moins visible. Rasé dans de nombreuses villes, il a été souvent défiguré par des constructions récentes, et le Centro de Rio comme le Pelourinho de Salvador offrent un mélange indigeste de belles maisons et d'ignobles immeubles type « Moche-les-Grands-Clapiers ».
 
Quant aux villes nouvelles, elles perpétuent la tradition des plans en damier (Campo Grande, Foz do Iguaçu), mais sans le charme colonial, et en mode vertical, préfigurant les « villes planifiées ».
 
 
Mais en termes de planification, il y a 1 modèle. Connu du monde entier, c'est la référence des villes modernes. BRASILIA !
 
 
En 1955, le projet de la création de Brasilia n'est pas une nouveauté. C'est inscrit dans la constitution de 1891. Même un prêtre italien, Dom Bosco, a révé qu'une nouvelle civilisation allait voir le jour au Brésil, entre le 15ème et 20ème parallèle. Toutes les conditions étaient donc réunies pour aller poser du béton là ou il n'y en avait pas besoin. En 1956, le visionnaire / dépensier (rayez la mention inutile) président Kubitschek décide que "c'est le moment, c'est l'instant", et dote simultanément son pays 1) d'une nouvelle capitale, 2) d'une dette abyssale que les brésiliens n'ont pas fini de rembourser.
 
3 hommes sont chargés de faire jaillir du sol la cité du futur : un urbaniste (Costa), un paysagiste (Burle) et un architecte (Niemeyer). 3 hommes et des millions de paysans pauvres  du Nordeste, qui vont travailler 24h/24 pendant 3 ans. 3 ans pour une ville classée patrimoine historique en 1987 (seulement 27 ans après son inauguration) ; 3 ans pour une ville qui déclenche les commentaires dithyrambiques des guides et des spécialistes ; 3 ans qui firent de 3 hommes des démiurges, demi-dieux créateurs ; Brasilia, ou 3 ans pour un chef d'oeuvre. A voir.
 
 
Le plan de Brasilia a été imaginé par Costa. 1 avion : 1 queue, 2 ailes, 1 nez. Dans la queue, rien, dans les ailes, tout, dans le nez, les pouvoirs législatifs, executifs et judiciaires.
A notre arrivée, nous ne voyons... rien, car nous entrons par la queue. Nous sommes sur une gigantesque 6 voies, l'Eixo Monumental. C'est l'axe de l'avion, qui va de la tête à la queue. Nous tournons ensuite à droite, sur une gracieuse 2x2 voies déjà encombrée. Je ne vous donne pas le nom de la rue, il n'y en a pas. Ici, les adresses sont déterminées en fonction de la position par rapport aux 2 axes, l'Eixo Monumental et l'Eixo Rodoviario (qui figure la ligne des ailes). Notre hotel est donc au W3 SUL 705 BLG casa 51. Nos 3 génies n'étaient pas des poètes...mais des géants, sans aucun doute ! Car les dimensions et les proportions de la ville sont inhumaines ! La visite à pied devient une épreuve d'endurance. Et de sprint quand il s'agit de traverser une rue (en fait, une autoroute !). Brasilia est une ville pour les voitures, pas pour les hommes. Nous continuons pourtant, traversant les « superquadras » tous plus moches les uns que les autres, passant devant des immeubles des années 60 ou 70 déjà en ruine, trébuchant sur les trottoirs défoncés. Nous devons maintenant traverser l'Eixo Monumental, la fameuse 6 voies. Pas de passages souterrains, pas de passages piétons, il faut prendre son élan et prier un grand coup... et nous voila dans le « fuselage », c'est-à-dire le terre plein central qui sépare les deux 6 voies de l'Eixo. Le terre plein en question fait au moins 200m de large. Au (très) loin,  nous voyons vaguement des batiments, mais c'est surtout le vide qui domine. Un malaise commence à nous prendre. La tour de la TV est proche, il parait que la vue est très belle de sa plate-forme située à 75m de haut.
 
Et nous voyons. Notre malaise se confirme. Ce terre-plein nu, pelé, s'étend  devant nous à perte de vue, encadré par des échangeurs autoroutiers. Au loin, l'autre grand axe et la station de bus municipaux. Encore plus loin, des machins et des trucs de béton. A gauche, on « voit » l'aile gauche, à droite, elle se devine plus qu'autre chose. Peu importe, ce ne sont que des amas de batiments, petits, grands, gros, fins, sans cohérence. Un chaos organisé sur papier. Et toujours cette bande de pelouse, en dessous de nous, avec des bassins...sans eau (c'étaient le rendez-vous des moustiques propageant la dengue). A quoi sert un paysagiste si son imagination se limite à planter de la pelouse ? Avec tous les arbres qui ont été rasés ici, en replanter quelques uns eut été de bon gout, et ça aurait apporté un peu de vie à cette ville qui parait sans ame. A quoi sert un urbaniste s'il oublie qu'une ville est d'abord un leiu de vie des humains ? Les dimensions gigantesques de Brasilia en font plus une ville « pétrole et moteurs » que « hommes et jambes » !
Bien sur, il y a de la perspective, mais c'est la perspective du vide ! Nous descendons de la tour de TV (ignoble tour en fer, soit dit en passant) réellement choqués. 40 minutes là-haut ne nous ont apporté aucune satisfaction, aucun soulagement à notre malaise. C'est d'un pas affligé que nous nous dirigeons vers les monuments de Niemeyer.
Avant, il faut parcourir 3 kms sous le cagnard brulant et sur le terre-plein pelé, traverser l'autre 2x6 voies, l'Eixo Rodoviaria, en passant par le terminal de bus, ou des gamins sniffent de la colle.
1ère étape : les ministères. Il y en a 8 ou 9 de chaque coté de l'Eixo Monumental. De loin, c'est beau comme des briques de Lego vertes posées les unes derrière les autres. De prêt, c'est beau comme des préfabriqués verts posés les uns derrière les autres.
2ème étape : la Praça dos Tres Poderes (Place des Trois Pouvoirs), qui réunit les pouvoirs executif (Palais présidentiel), législatif (les 2 assemblées) et judiciaire (tribunal fédéral suprême). L'indépendance de chacun est bien respecté (chacun son batiment) mais ils sont réunis dans ce petit espace, représentant le « cerveau » du pays ( et aussi le nez de l'avion). Tout un symbole !
 
Mais les symboles sont dangereux, on peut en trouver partout et leur faire dire ce qu'on veut !
Par exemple, symboliquement, nous pourrions imaginer les « esprits » de chaque pouvoir se retrouvant au centre du triangle constitué par les 3 batiments, pour mener le pays vers un avenir radieux.
Ainsi, l'esprit « executif » sort de son palais présidentiel et voit... la 6 voies. Alors soit il termine sous un 38t, soit il reste gentiment dans son salon. A noter que la fameuse Praça dos Tres Poderes est donc en fait la Praça dos Dois Poderes, et ça n'a plus grand chose de remarquable !
L'esprit « législatif », lui, est tranquille. Les 2 coupoles (qui sont les 2 assemblées) sont sur la place, le chemin est court. Mais que voit-il en sortant ? 2 immenses tours de béton dominant, que dis-je, écrasant les assemblées et tout Brasilia, se dressent devant lui, l'empêchant d'aller au rendez-vous ! Cruel symbole, ces 2 tours abritent... l'administration des assemblées. Le législatif est bloqué par l'administration.
Il reste encore l'esprit « Justice ». Il tente de sortir du palais et PAF, se cogne aux poteaux de béton qui semblent encercler le tribunal. La Justice est en prison. Terribles symboles !!
Au delà de ça, les batiments, pris individuellement n'ont rien d'inoubliable. Si le Tribunal Suprême et le Palais Présidentiel se ressemblent beaucoup -2 parallélèpipèdes de béton bas-, cette pseudo-cohérence est ruinée par l'ensemble « Assemblées », mélange disgracieux des lignes courbes des coupoles et des lignes droites, dures et verticales des tours. La Praça n'est pas autre chose qu'une plaque de béton jonchée de monuments plus ou moins heureux, dont les plus voyants semblent figurer une pince à linge debout et un decapsuleur/barrette/ouvre-boites penché. C'est tout dire...
 
Mécaniquement, nous nous dirigeons vers la Catedral Metropolitana, autre « chef d'oeuvre » d'Oscar Niemeyer. Oscar, c'est vraiment le roi du symbole. L'entrée souterraine doit rappeler les catacombes de Rome, ou se cachaient les premiers Chrétiens. Les arches de béton courbées qui font la forme génerale rappellent quant à elles un calice à l'envers (un calice, oui, mais pourquoi donc à l'envers ??), ou la couronne d'épines du Christ (chacun choisit). Toujours est-il qu'en y entrant, j'ai l'impression d´être dans la salle des fêtes de Saint Julien Molin-Molette. C'est tout juste si je cherche pas la buvette. Aucune solennité ne se dégage de cette cathédrale. Un signe ne trompe pas : alors qu'une église invite naturellement à la discretion, les gens qui entrent ici continuent de parler fort et se comportent comme s'ils étaient au guichet de la Poste. Les anges pendus sous la coupole ressemblent à des gadgets en plastique kitsch, les vitraux blancs font un éclairage au néon. Si Dieu existe, il n'est pas ici !
 
La suite ? Nous errons dans Brasilia, regardant les murs lépreux des HLM, les parkings dont le bitume a cédé la place à la terre rouge, les routes avec des trous si grands que je pourrais m'y allonger. Brasilia a couté les yeux de la tête aux Brésiliens, mais à force de mauvaises conceptions et d'inentretien, il faudrait engloutir des sommes gigantesques pour la remettre à neuf, alors qu'elle n'a que 50 ans. Par ailleurs, l'argent englouti dans ce projet explique sans doute en partie les inégalités criantes dont souffre ce pays. Juscelino l'a t-il fait pour son pays, ou pour sa renommée ?
 
 
Brasilia, c'est une leçon. La leçon qu'un beau plan ne fait pas une belle ville, que les symboles ne font pas une ame, et que la ville doit se mettre à la dimension de l'homme, et non l'inverse. En oubliant ça, Burle, Costa et Niemeyer ont créé une ville froide car sans passé, expression d'un modernisme qui n'a déjà plus d'avenir. Planifiée, ordonnée, rationnelle, elle ne sera pourtant jamais aussi belle que Rio, Lima, Valparaiso et toutes les villes qui ont pris le temps d'avoir une histoire.
 

PS : si les accents apparaissent mal, ou si les photos sont dans le desordre, ne nous en voulez pas, Travelpod semble avoir des problemes en ce moment !
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