Nul n'entre ici s'il n'est footballeur !

Trip Start Oct 17, 2007
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Trip End Apr 04, 2008


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Flag of Brazil  ,
Wednesday, February 27, 2008

Rio de Janeiro, c'est le Pain de Sucre, le Christ du Corcovado, et beaucoup d'autres "cartes postales". Mais c'est aussi le Maracana, le stade le plus mythique du monde, la plus belle et grande église du Dieu Football, l'arène des légendes du ballon rond. Même s'il ne fait "plus" que 100000 places (contre 200 000 à as construction), il reste LE monument du football.

Aller à Rio et ne pas aller au Maracana était absolument impensable. C'est comme venir à Paris et ne pas monter à la Tour Eiffel. Alors dès qu'on a posé le pied au Brésil, j'ai cherché les clubs qui y jouent, les dates des matchs, les compétitions brésiliennes. Las, à cette période de l'année, le footbal brésilien est en rodage, il se chauffe pour offrir aux fans une année d'émotions, de joies, de peines pour ses supporters et ses "torcidas" (association de supporters). Mais même en rodage, le football brésilien reste unique.

Comprenez : le début de la saison est consacrée aux championnats d'états. Le championnat de l'état de Rio, le championnat de l'état de Sao Paulo, etc etc. Le championnat de l'état de Rio se déroule en 2 phases : la Taca Guanabara et la Taca Rio. 12 clubs y participent. Les vainqueurs de chacune des phases se rencontrent en finale pour déterminer le champion de Rio. Et seulement après démarre le championnat national. Bon, vu comme ca, c'est comme si pour se préparer avant le championnat, Lyon faisait un championnat de Rhône-Alpes contre des petites équipes comme Grenoble, Bourg Peronnas, ou même Saint-Etienne.
Mais là, c'est pas le cas. A Rio, sur les 12 clubs, il y en a 4 dont les fous de foot ont déjà entendu parler. Des clubs qui évoquent des matchs fous, des joueurs de légende, des stades en feu. Flamengo, Fluminense, Botafogo, Vasco de Gama. La dernière fois que le titre de Champion de Rio a échappé à un des ces 4 là, c'était en 1966. Les rivalités sont énormes et les cariocas plus que passionnés, portant fièrement leurs couleurs tout au long de la semaine (ils doivent avoir des penderies pleines de maillots...). Au milieu des rivalités, le derby le plus chaud, le plus passionné, celui qui met Rio au bord de la crise cardiaque, c'est le FLAxFLU, le derby entre Flamengo et Fluminense, sur fond de combat social entre les riches de Fluminense et les laborieux de Flamengo. Malheureusement, nous le manquons. Ce n'est pas grave, car avant même d'arriver à Rio, nous avons un avant gout de la folie foot.

Dimanche 24 février: nous sommes à Ilha Grande, et l'après midi plage se termine mornement sous la pluie battante. Comme tout le monde à la plage quand il pleut, nous nous réfugions dans un bar top classe, toit en toile-tables de jardin en plastique (avec les pieds qui se tordent, vous voyez?)-bières en canette (genre 33 Export). Heureusement, il y a une TV, heureusement, il y a un match de foot, heureusement, il y a des supporters. C'est la finale de la Taça Guanabara, la 1ère phase du championnat de Rio. Ca pourrait passer pour un évènement mineur de la vie sportive, mais non, pas du tout !! Flamengo contre Botafogo, les images montrent un Maracana plein comme un oeuf, noyé dans la fumée et les drapeaux. Au terme d'un match spectaculaire, engagé (3 cartons rouges et 2 bagarres générales tout de même) et d'un très haut niveau technique, Flamengo l'emporte 2 à 1.

Quand on arrive à Rio le lendemain, les rues sont pleines de gamins qui portent le maillot Rouge et Noir, et chez les marchands de journaux, les posters célèbrent Flamengo "Bi-campeao Taça Guanabara". Au centre d'informations touristiques, on nous renseigne enfin : le prochain match au Maracana, c'est mercredi soir, Flamengo contre Cienciano (club de Cuzco, Pérou) en Copa Libertadores (équivalent de la ligue des champions). C'est comme ça que Mercredi 27 février, nous sommes dans le métro à 20h30, entourés des supporters de Flamengo, pour notre rencontre avec le mythe.
 
Le Match
1h avant le match, il n'y a encore pas grand monde. Le paradoxe est là : la Copa Libertadores est moins prestigieuse que le championnat de Rio, et les cariocas se déplacent moins en semaine. Nous, on est à quelques rangs d'une petite fanfare. Les gens s'y rassemblent pour danser avant le match, histoire de se décontracter, je suppose ?! L'ambiance est très sympa, pas de fouille à l'entrée, de grands sourires nous accueillent, le placement est libre. En revanche, la police circule en quad dans l'allée circulaire en bas des gradins, et il est interdit de monter sur son siège. Pendant tout le match, les consignes sont parfaitement respectées, et jamais nous ne nous sentirons "oppressés".

Au coup d'envoi, le stade est à moitié plein. A moitié plein, ça veut quand même dire plus de 50000 personnes de 7 à 87 ans sur-motivés, qui chantent, dansent, scandent les noms des joueurs, sifflent les adversaires, et font du bruit comme 2 "Stadio Olimpico" de Rome, 5 "Parc des Princes", et 55000 "Stade Louis 2".
Le virage supérieur au dessus de nous est occupé par la "Raça Rubro-Negra", considéré comme le meilleur mouvement de supporters au Brésil (il compte 60000 membres, tandis que Flamengo aurait plus de 35 millions de supporters au Brésil). Ce sont eux qui lancent les chants, agitent une mer de drapeau Rouge et Noir et allument des dizaines de fumigènes. Le match débute donc dans cette ambiance colorée et bon-enfant. Flamengo prend très vite le contrôle du match, bien aidé par les Péruviens prudemment disposés en 3-4-2-1 (en gros, 3 défenseurs, 4 milieux défensifs, 2 milieux vaguement offensifs, et 1 attaquant abandonné 20 mètres devant ses partenaires - ça devient technique, là non ??). Mais les héros sont fatigués, et ni le talentueux latéral Leonardo Moura, ni l'appliqué Ibson au milieu, ni le physique attaquant Souza ne parviennent à faire de grandes différences. Tardelli, l'autre attaquant, se signale par un manque de réalisme dans le dernier geste digne de Dugarry. Ce sont même les Péruviens qui se montrent dangereux sur leur 1er ballon dans la surface adverse avec un tir qui oblige Bruno à une belle horizontale. Mais voila, à force de ne rien faire, les Péruviens s'exposent à leurs propres erreurs, et sur un corner mal dégagé, Souza se retrouve seul en pleine surface, légèrement excentré sur la droite, et propulse un parpaing qui laisse le goal sans réaction.
D'un seul coup, le stade s'embrase, le bruit est tellement soudain que je reçois comme un coup derrière la tête - ah non, c'est le coude du gars de derrière. Comment ils font autant de bruit, pardon, de BBBRRUUUUUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIITTTT, je sais pas
. Ca faisait 43 minutes que les supporters chantaient sans interruption, on se disait "ça va se calmer bientot" mais non. Tout le monde est encore debout, en train d'applaudir et de chanter quand les Péruviens sortent enfin de leur 30 mètres et obtiennent un corner. C'est le moment que choisissent Fabio Luciano et Ronaldo Angelim (les défenseurs centraux de Flamengo) pour faire un pierre-ciseaux-feuille et Bruno pour faire une Arconada. Vassalo, l'attaquant solitaire, place sa tête, et PAF, 45ème minute, 1 partout, la balle au centre. Le Maracana se fige, le supporter reste coi, interdit pendant au moins 30 secondes, puis, pour mieux comprendre ce qui vient de se passer, s'achète une bière et décide de chanter.

Même la mi-temps est un spectacle ici ! Rien ne s'arrète, la fanfare reprend ses tambours et accompagne les chanteurs, et tout le monde descend en bas des gradins pour discuter, danser, bouger, bref, faire n'importe quoi, mais pas rester assis !!!

La 2ème mi-temps démarre fort, Flamengo ne voulant pas douter trop longtemps. Très vite, on se retrouve avec un match typiquement sud américain, avec des équipes coupées en 2, et un ballon qui passe sans arrêt d'une surface à l'autre. Mais les brésiliens se heurtent systématiquement au mur des Péruviens (c'est pas pour rien qu'ils descendent des incas...). Ces derniers marquent même un second but toujours par Vassalo, mais l'arbitre le refuse pour un hors jeu manifestement inexistant.  Le supporter commence à s'impatienter, il reste 20 minutes de jeu, et le poteau trouvé par une frappe de Tardelli est loin de le calmer. Le jeu de Flamengo se disloque, les péruviens agrémentent la partie de quelques semelles bien viriles, contribuant à réchauffer une atmosphère pourtant déjà pesante. Les insultes fusent, les sifflets aussi, et certains joueurs sont affublés de liens de parenté peu recommandables. Ca gronde, ca mugit, on sent que le supporter est prêt et près à deverser sa haine, et nous nous demandons si nous souhaitons voir ça. D'ailleurs, pas mal de gens se dirigent déjà vers la sortie.
Et puis, et puis... à la 43ème minute, Marcinho, qui avait remplacé Tardelli, se sort d'un cafouillage pour aller tromper de près le gardien péruvien.

Maintenant, je sais ce que c'est que d'être assis sur un volcan en éruption. Le stade se lève littéralement, les bras se projettent en avant et après cette seconde de silence,
LA CLAMEUR retentit, 55000 gorges qui hurlent leur bonheur au ciel, les yeux exorbités, le corps pris de tremblements convulsifs. C'est la catharsis ! Le stade comme un exutoire pour ces 55000 personnes, venant de tous les quartiers, du bourgeois Ipanema à la favela Rocinha ! Et les hymnes rassembleurs retentissent soudain de nouveau, agitant le peuple Rubro Negra et l'emmenant dans la divine communion en la cathédrale Maracana. Nous sommes en transes, dansons en rythme, tapons dans nos mains pour la gloire des 11 joueurs qui ont porté les couleurs à la victoire.

La fin du match est anecdotique, le spectacle est dans les tribunes, il se poursuit plusieurs minutes après le coup de sifflet final. De la station de métro, nous entendons encore le stade qui rugit, et la station lui répond, forte des milliers de supporters qui rentrent chez eux, profondément heureux. Et nous comme eux, nous rentrons à l'hôtel, et pouvons nous dire :

UMA VEZ FLAMENGO, SEMPRE FLAMENGO !!!!!!!


PS :
Dans un Flamengo ideal, on aurait pu voir un tacle de Junior, qui récupére le ballon, le passe à Zico , le "Pelé Blanc", qui met tout le milieu adverse sur les genoux avec une passe milllimétrée pour Bebeto qui déborde et centre pour Romario qui marque, sous les ordres de Mario Zagallo, l'homme aux 4 coupes du monde (2 en tant que joueurs, 2 en tant qu'entraineurs).
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Hotel Ferreira Vienna

Comments

anso
anso on

trop fort !
euh non en fait moi je crois que je préférais encore la collection V&C hiver 07 / printemps 08 ...

futurpapa
futurpapa on

Waouh
On sent bien que ce commentaire là était rédigé par Charly ... au lendemain d'une defaite de l'OL en 8ième de CL : t'avais le moral !
Alors supporter du Flamengo maintenant ?

olitere
olitere on

Ca y est, on a retrouvé Charles
Mais bon, j'ai rien compris à ce message, et je crois que je préfère le yéti au supporter de foot!

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