Uyuni, désert de sel, etc.

Trip Start Nov 14, 2008
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Trip End Jan 09, 2009


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Where I stayed
Gran Hotel, Sucre

Flag of Bolivia  ,
Thursday, December 11, 2008

Bonjour à tous,

La Bolivie est vraiment une terre d´aventures, et c´est mon dernier voyage d´aventures, je le jure!

Nous avons quitté La Paz vendredi dernier pour Uyuni et l´excursion dans les déserts de l´altiplano, par le bus de nuit le plus confortable possible dans ce pays. Dix heures de route nous attendent, et je constate que mon siège inclinable est cassé et que je glisse constamment vers le bas. Vers minuit, je n´ai pas encore dormi, et André me cède galamment son siège.

Nous sommes un peu inquiets par les dimensions des autres passagers du bus. Nous devrons partager le jeep avec quatre autres personnes et nous nous imaginons coincés entre d´ immenses Polonais ou des Australiens format texan. Heureusement, nos compagnons de voyage sont des Français minces et très sympathiques.

Pendant trois jours, nous évoluons entre 3,600 et 4,800 mètres dans des paysages fabuleux. D´abord, le plus grand désert de sel du monde, immense banquise blanche à perte de vue, d´où émergent quelques îlots rocailleux qui de loin, avec la réverbération, semblent flotter, et sur lesquels des cactus géants montent la garde. Le long de la route qui nous amène au gîte, de petits groupes de vigognes, si gracieuses, broutent quelques rares herbes et lichens.

Près du gîte, propre, au confort rudimentaire, il y a une nécropole pré-colombienne : des momies, certaines assez bien conservées, dans de petites grottes. En route, nous rencontrons des troupeaux de lamas et d´alpacas venus s´abreuver à l´étang.

Le lendemain, longue piste pour rejoindre le désert du Sud-Lipez : nous montons au-delà de 4000 mètres. Des montagnes colorées selon une palette subtile d´ocre, de rose, de jaune et de blanc, des vigognes, des lagunes striées de lisières blanches qui ressemblent à des bancs de neige, en realité des dépôts de borax.Sur ces eaux tranquilles, des centaines de flamants roses marchent lentement, le bec dans l´eau, à la recherche de nourriture. La dernière lagune est la plus spectaculaire : elle est d´un rose soutenu, strié par les bancs de borax. Cette étonnante couleur, qui varie du rose au rouge sang selon la lumière, est attribuable à des algues microscopiques dont sont friands les flamants qui la peuplent.

Le deuxième gîte, à 4,500 mètres, est vraiment très primitif et nous dormons dans un dortoir avec nos quatre compagnons de voyage. Réveil à quatre heures du matin (la croix du Sud trône encore dans le ciel constellé), et en route vers les geysers. Le diable, qu´on appelle ici le Seigneur des ténèbres, joue un grand rôle dans les légendes et le folklore indigène. Eh bien, ces geysers sont la bouche de l´enfer, là où le diable souffle par tous les orifices des vapeurs de souffre. Nous évoluons dans la cuisine du diable, entre des marmites gigantesques où bouillonnent des potions toxiques de couleurs rougeâtres ou métalliques.

Repos bien mérité dans une piscine alimentée par des sources chaudes, avec vue sur lagunes peuplées de flamants roses,en attendant le petit déjeuner réconfortant. L´excursion se termine à la Laguna Verde ( 4,800 mètres) qui devrait en être le point culminant. L´eau devrait être d´un turquoise foncé, sur fond de volcan. Mais pour qu´elle ait cette couleur, il faudrait qu´un fort vent brasse cette soupe minérale qu´est l´eau de la lagune (le chauffeur a énuméré tous les minéraux qu´on y trouve, mais j´ai oublié), malheureusement, le temps est au calme. Nos compagnons de voyage débarquent avec armes et bagages à la frontière chilienne, nous laissant toute la place dans le jeep. Sur le chemin du retour nous faisons plus amplement connaissance avec le chauffeur/guide et avec sa femme, tous deux des indiens ou métis. Un couple charmant et intéressant. À quelques dizaines de kms de Uyuni, nous essuyons une tempête de poussière tellement violente que Christian doit arrèter le jeep faute de visibilité.

Mardi matin, nous prenons le bus pour Sucre (prononcer "soucré), en passant par Potosi. Parcours hallucinant où nous sommes secoués pendant sept heures sur une route de terre (qui tient plutôt de la piste) en réparation, qui traverse plusieurs cols de montagnes et frôle constamment des précipices. De Potosi (4,000 mètres), la route jusqu`à Sucre est pavée et longe d´abord une vallée fertile avant de s´enfoncer dans une vallée encaissée entre des montagnes si abruptes qu´on a toujours l´impression d´être devant des murs infranchissables.

Décidément, involontairement cette fois, nous suivons un parcours Che Guevara. Nous logeons au Gran Hotel, superbe maison coloniale, avec vue sur un très beau patio plein de plantes vertes, de meubles de pierre et de poteries. En prenant des photos, André a découvert ce matin une plaque attestant que la chambre sept était occupée par le Che lors de ses séjours à Sucre. En tous cas, il n´avait pas des goûts très prolétariens.

Le lendemain de notre arrivée à Sucre, nous nous sommes précipités au bureau d´Aero Sur pour acheter des billets d´avion vers La Paz : trois quarts d´heures de vol au lieu de 14 heures de bus de nuit! Mais nous sommes peut-être tombés de Charybde en Scylla. Car la piste est située entre deux chaînes de montagne et s´achève au bord d´un précipice. La visibilité doit être bonne pour que les avions décollent. Or, depuis deux jours, la vraie saison des pluies est commencée, et il tombe des trombes d`eau toute la nuit et toute la journée, sauf pendant une petite fenêtre de beau temps, entre 10 heures et 15 heures. Le vol est prévu pour 11 heures. Mon dernier voyage d´aventures, je le jure!

Hasta luego,

Jocelyne (et André qui prépare ses belles photos pour vous...)
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