"Longue Journée" - Ali

Trip Start Apr 01, 2010
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Trip End Ongoing


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Where I stayed
Tam Ho

Flag of Vietnam  ,
Sunday, July 11, 2010

    Incapables que nous sommes de prévoir quoi que ce soit à l'avance, nous décidions sur un coup de tête de quitter la charmante et paisible petite bourgade de Ho Chi Minh City (Saigon) pour visiter le delta du Mekong seulement quatre jours avant l'expiration de nos visas. Nous achetons en fin de matinée dans une agence de voyage des billets de bus pour Vinh Long et attendons 14h, l'heure à laquelle un taxi doit venir nous chercher pour nous déposer à la station de bus. 13h45, je décide que j'ai faim. Je fais promettre au rabatteur du restaurant que le Pho Bo (soupe au bœuf) peut être prêt en moins de 5 minutes. Pari tenu. Après m'être sacrément brulé la gueule, nous courrons à l'agence de voyage où nous attend déjà le taxi. Celui-ci file à travers les rues typiquement vides de la capitale (NOT!) et fini par piler devant une mini gare routière. Il descend avec nous, un peu paniqué, nous pointant du doigt le "bus for you" qui s'apprête à partir, et fonce acheter nos billets qu'on pensait déjà s'être procuré trois heures plus tôt en déboursant 8$ chacun. Il revient et nous pousse dans le mini bus en nous tendant les billets à 3,5$ pièce. Assis sur de tendres et délicats strapontins en pin (ou autre bois de torture), nous serrons les fesses à l'idée de passer les prochaines 4h30 à 90 degrés.
    Heureusement, le véhicule tortionnaire nous dépose quelques kilomètres plus loin à une "vraie" station de bus pour prendre un "véritable" bus. Là nous patientons 45 minutes sous un soleil de titane en interrogeant tous les conducteurs qui se garent devant notre arrêt: 
-"Vinh Long?
-Hun?!
-Vính Lòng?
-...?
-Vïnh Lõng?!
-?!
-Vînh Løng!!!
-Ahhh! Vĩnh Long!
-Hum... Yes...
-No no no. Later."
    Finalement le bon bus arrive et on se jète charognareusement (si si c'est dans le dico) sur nos places pourtant attribuées, mais elles sont déjà occupées. On déloge les squatteurs ("Monsieur, monsieur, c'est ma place!") et ceux-ci se font virer du bus (je pense qu'ils avaient des billets pour le suivant). Bonheur! Sièges inclinables, AC, bouteilles d'eau, le grand luxe! On dort immédiatement. 
    Lors d'un arrêt, j'appelle au téléphone le propriétaire d'un "homestay" (maisonreste) qui m'explique qu'arrivé à Vĩnh Long il faudra prendre une moto-taxi jusqu'au ferry Machinchouette puis il viendra nous chercher de l'autre coté de la rivière.
    Après cinq heures de route, le conducteur appelle l'arrêt: 
-"Vĩnh Long!" Je confirme: 
-"Ving Long?". 
-"No no, Vĩnh Long!". 
-"D'accord..."
    Seuls à descendre on se fait littéralement attaquer par les conducteurs de moto-taxi.
-"We are going to Hoa Ninh village.
-...?
-Hõä Nînh? Høå Níñh?! Höą Nìńh!?!
-Ah yes yes yes! You need take ferry.
-YES!"
    Vingt minutes de négociations plus tard nous montons à l'arrière d'une moto chacun, nos énormes sacs dans le dos et filons dans la nuit noire. Ils nous déposent à l'embarcadère, on monte sur le bateau. J'appelle notre futur hôte pour lui dire qu'on est en chemin. Il sera là dans 10 minutes. De l'autre côté on se fait à nouveau attaquer par des moto-taxis, la plupart complètement ivres. 
-"Someone is coming to get us."
-Where you go?
-Hoa Ninh.
-OH! Very far! 50km!
-Ouais ouais c'est ça... He will be there in a few minutes."
On attend. Je rappelle.
-"Where are you?
-I am here.
-No, WE are here.
-You are where?
-HERE! On the other side of the ferry Machinchouette! It's called... An Binh.
-Oh! You very far! 50km!
-You're joking right?! YOU told us to take the ferry!
-You not take ferry Machinchouette! You take ferry Trucmuche!
-I'm going to murder a taxi driver.
-What?
-Nothing. How do we get to you?
-You take ferry Trucmuche again, then moto-taxi to ferry Machinchouette."
Par respect pour les lecteurs, je censure la réaction d'Aurélie à l'annonce de cette nouvelle. Pour sa défense, elle voyage depuis plus de 10 mois.
Rebelote: mauvais ferry, négociation avec les motos, traversée de la ville avec nos gros sacs sur le dos, arrivé au bon ferry. Longue, longue attente. Il arrive, on le prend, on arrive. Aucun signe d'un homme d'une cinquantaine d'année. J'appelle:
-"Where are you?
-I'm here.
-Oh putain, pas encore!
-One minute." Il raccroche. Le téléphone d'un jeune garçon à côté de nous sonne. Il me le passe. C'est notre hôte.
-"This is my son. You go with him and his friend."
    On monte à l'arrière des deux motos qui nous attendaient puis s'en suit l'expérience la plus merveilleusement terrifiante que j'ai vécu depuis le début de mon voyage. Après environ 30 mètres sur une vraie route, les motards prennent une minuscule tangente boueuse qui s'enfonce dans la jungle obscure. Le chemin zigzag à travers la dense végétation et mon visage, qui cherche au dessus de l'épaule du conducteur dans le faible faisceau des phares à anticiper quelque peu sur le prochain violent virage, se fait à plusieurs reprises fouetter par de lourdes feuilles de bananier. Le passage par endroits ne fait pas plus d'un mètre de large et le conducteur le connait un peu trop bien à mon goût.
    J'aperçois soudain devant nous un minuscule pont bombé en dos d'âne au dessus d'un canal. Le pont fait à peine 50cm de large et n'est constitué que d'un planché plus ou moins plat. Pas la moindre rambarde. Le jeune homme qui a à peine eu le temps de s'habituer au poids supplémentaire à l'arrière de sa moto prend de l'élan à la vue du court pont. Je sers les dents et les fesses et me fais le plus stable et léger possible. Ça passe! Merci mon Dieu! A mon plus grand bonheur, on s'enfonce à nouveau dans la jungle.
    Mais quinze mètres plus loin arrive un autre pont, identique au précédent si ce n'est qu'à travers celui-ci on aperçoit l'eau par de larges trous que mon nouveau meilleur ami s'évertue à éviter tout en maintenant une vitesse suffisante pour garder l'équilibre. Ça passe encore. Halleluia! Faites que ça soit le dernier... Bonne blague!
    Le suivant est mon préféré : toujours 50cm de large mais cette fois-ci 20 mètres de long et pratiquement la voute d'un demi cercle. Il faut prendre beaucoup plus d'élan. Pendant les 10 mètres de la piste de décollage le moteur hurle et je choppe des hémorroïdes instantanés. Le dénivelé est tel que mes oreilles se bouchent presque. A mi chemin - donc au sommet de la montagne - je fais l'inventaire du contenu de mon sac et me demande si mes biens méritent que je me noie à essayer de les sauver. Probablement pas... Miracle! Ça passe toujours. Je t'aime jeune homme qui conduit comme un barjo sur ces chemins débiles.
    Après ce troisième pont les suivants (une vingtaine) sont une partie de plaisir et je jubile véritablement sur chacun d'entre eux. Finalement, on arrive, chancelants, trempés de sueur, et on est accueillis à bras ouverts par la voix du téléphone, un grand sourire aux lèvres, manifestement habituée à récupérer les gens blancs comme des linges. 
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Comments

Alistair's mother on

I think I got this by mistake. Is there some way of retrieving it from Anne-Marie's in box? Or are we both never to sleep again?!

alili
alili on

I knew you'd love the biking though the jungle part! But don't worry Mum, we were wearing helmets (though come to think of it, what we probably needed was life jackets...)

shaun on

j'adore :p

puceron en chine on

j'adore cette aventure kiss from pas trop loin en fait :)

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