Question d'argent

Trip Start Jan 28, 2011
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Trip End May 28, 2011


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Where I stayed
Koala Den

Flag of Bolivia  ,
Tuesday, April 5, 2011

Potosi... ville dont l'économie n'est alimentée que par l´exploitation du Cerro Rico, montagne ayant fourni l'argent du monde depuis presque 5 siècles.  Effrayante visite, moment édifiant. Une ville qui s'accroche à cette montagne, qui ne la mènera qu'à la mort...

Un peu d'histoire

Aux dires de l'histoire locale, au au temps des Conquistadors, la mine était recouverte d'une couche d'argent pur à 97%.  Pendant longtemps, les mines appartenaient à l'état bolivien, qui vendait des parcelles à des groupes de mineurs.

Ne la trouvant plus assez rentable, l'état a abandonné la mine aux locaux il y a quelques années.  Ceux-ci ont fondé des coopératives de mineurs, qui travaillent chacun un coin de la mine, tentant d'extraire les minéraux qui restent.  Cela signifie qu'en cas de maladie ou de blessure (lire, de décès), les mineurs et leurs familles se retrouvent sans source de revenu. 

Aujourd'hui, seulement quelques milliers de personnes travaillent dans la mine. C'était beaucoup plus au temps des Espagnols, durant lequel les mineurs-esclaves travaillaient par roulement de 12h pendant 4 mois, sans sortir. A la sortie on leur bandait les yeux pour éviter les brûlures. À cette époque, les rues de Potosi étaient pavées d'argent.  Il est même dit qu'il y avait assez d'argent pour construire un pont entre la Bolivie et l'Espagne, et tout de même continuer d'extraire le précieux métal. 

Aux dires des Boliviens, Potosi était un centre économique de luxe, dont les proportions démographiques ont même déjà dépassé Londres et Paris.  On y retrouvait les dernières tendances européenes.  Eh bien !  Ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui...

Aujourd'hui?

Aujourd’hui le Cerro Rico est vide de la presque totalité de ses richesses et Potosí a perdu son
importance. Cependant, une poignée de mineurs, un peu plus d’un millier, a fait le choix de continuer à creuser. En arrivant à Potosí, nous faisons la connaissance de Raynaldo. Autrefois mineur, il nous explique avoir vu trop de gens mourir jeunes. Pour continuer à gagner sa vie, il a fondé une agence d'ex-mineurs qui offrent leurs services et leurs connaissances des galeries du Cerro Rico à qui veut y descendre.

En entrant dans la mine, à plus de 4300 m d’altitude, c’est le froid qui nous frappe. Mais ce froid laisse peu à peu sa place à une chaleur étouffante, à mesure que nous descendons. Pas d’ascenseur, évidement.  Nous suivons notre guide dans une dédale d’échelles en bois et de trous de souris. La température dépasse allégrement 30°C par endroits, et il n’est possible de tenir debout que dans très peu de galeries.  

Au bout d’une d’entre elles, on nous emmène auprès d’anciens collègues, toujours mineurs. La poussière rend la respiration difficile. Deux hommes creusent et remplissent les chariots à un rythme á en faire péter les plombs á un chef syndical. Plus loin, nous croisons quatre autres hommes qui poussent les wagons remplis de minerais.  Deux types de wagons existent : les environs 1 tonne, et les environs 2 tonnes.  Le travail est routinier : excaver, remplir les wagons, les pousser á la sortie.  Á la fin de la journée, Timide, Prof, Grincheux,Atchoum, Simplet, Joyeux et Dormeur retournent manger de la soupe chez Blanche-Neige.

Nous retrouvons le soleil à 13h, après 2h30 passées sous terre. Comment imaginer que les mineurs y passent plus de 10 heures par jour ? En 500 ans, plus de 8 millions de personnes sont mortes dans le Cerro Rico. Dont beaucoup d’enfants. Et en dépit de l’acharnement de ces hommes, cette mine d’argent est le passé de leur région.

Et alors...?


Leurs conditions de travail sont celles que l’ont aurait imaginées disparues depuis longtemps. L’âge des mineurs varie de 12 à 45 ans, puisque bien peu parviennent à vivre plus longtemps. Notre guide nous explique que pour supporter plus facilement la demande physique, les mineurs consomment un sac de feuilles de coca à toutes les quatre heures.  Cela leur permet de mieux endurer la soif, les courbatures, l'altitude et... la faim, puisqu'ils sont dans les mines pendant huit à dix heures sans manger.

Les mineurs vénèrent un drôle de personnage, El Tio, aussi connu par le sobriquet de ''Mononcle'' !  El Tio représente les forces du mal et du péché qui habitent sous terre.  Les mineurs sont chrétiens et polythéistes en dehors des mines, mais se font un devoir de vénérer le diable sous-terrain.  Celui-ci devient non-seulement leur protecteur au sein des tunnels de son domaine, mais aussi le guide qui leur révèle où se trouvent les filons d''argent.  Ainsi, les mineurs saupoudrent de la coca sur la statuette de Tio, le décorent de papiers multicolores, partagent une cigarette et boivent avec lui, à sa santé.... de l'alcool à 96%.  Pour ne pas offenser El Tio, tous les touristes doivent eux-aussi prendre part au rituel. 

Ça brûle dans la gorge, à 96%.  Mais au moins, pendant le temps des fëtes, ils ont un service Llama-Rouge, oú un conducteur désigné vient pousser les wagons á la place du mineur en état d'ébriété.

Un autre aspect particulier est la présence de mineurs au sein des mineurs.  Clarifions : des enfants, au sein des mineurs.  Puisque le travail de mineur se transmet de père en fils, et que c'est souvent le seul revenu familial, dès qu'un mineur ne peut plus travailler, il passer le flambeau à son fils aîné, tant et aussi longtemps que celui-là a atteint les douze ans que commande l'éthique.  Douze ans, et une enfance déjà enmurée entre les tunnels et les wagons.
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Comments

Louis on

C'est bien la preuve que l'argent fait le bonheur...

Janine on

Ah! non...l'argent ne fait pas le bonheur
les conditions 'minières' sont terribles et le dravail ardu:
excaver, remplir les wagons, les pousser jusqu'à la sortie. En plus les mineurs y passent plus de 10 heures par jour ?

Mine d’argent certes, mais pas sans la sueur des hommes!!!

Heavy...Caramba!!

Merci de partager tout ça avec nous

Janine on

lire: travail et non dravail...Désolée, c'est l'émotion!

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